CHAPITRE XI
Comment les institutions changèrent à Rome avec le gouvernement.
i.(OMME le tribunal domestique supposoitides mœurs , l'accusation publique en supposoit aussi; et cela fit que ces deux choses tombèrent avec les mœurs , et finirent avec la république (i).
L'établissement des questions perpéttielles , c'est-à-dire du partage de la juridiction entre les préteurs , et la coutume qui s'introduisit de plus en plus que ces préteurs jugeassent euxmêmes (2) toutes les affaires , affoiblirent l'usage du tribunal domestique; ce qui paroîtpar la surprise des liistoriens , qui regardent comme des faits singuliers et comme un renouvellement de la praticjue ancienne les jugements que Tibère fit rendre par ce tribunal.
L'établissement de la monarchie et le changement des mœurs firent encore cesser l'accusation publique. On pouvoit craindre qu'un malhonnête homme , pi([ué des mépris d'une femme, indigné de ses refus, outré de sa vertu même , ne formât le dessein de la perdre. La loi Julie ordonna qu'on ne pourroit accuser
(i) .tudicio lie moribns (quod antea quidem in aotiquis legibus positum erat, non autem f'reqnenfabatur) peiiitùsabolito. Leg. XI, §. II, cod. de repud. • — (a) Judicia extraordinaria.
lO DELESPRITDESLOIS.
une femme d'adultère qu'après avoir accusé son mari de favoriser ses dérèglements ; ce qui restreignit beaucoup cette accusation , et l'anéantit pour ainsi dire (i).
Sixte-Quint sembla vouloir renouveler l'accusation publicpie (a). Mais il ne faut qu'un peu de réflexion pour voir que cette loi , dans une monarchie telle que la sienne, étoit encoi'eplus déplacée que dans toute autre.