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LIVRE XII, ClIAP. XVIII. l

mourir ses enfants : ils ne furent condamnét à aucune peine. « Ceux qui ont voulu, dil « Denys d'Halicarnasse ( i ) , changer cettf « loi à la lin de la guerre des Marses et d« « la guerre civile , et exclure des charges les « enfants des proscrits par Sylla , sont bien « criminels. »

On voit dans les gueri-es de Marins et de

Sylla jusqu'à quel point les âmes chez les Ro-

Imains s'étoient peu à peu dépravées. Des

choses si funestes firent croire qu'on ne les

[reverroit plus. Mais , sous les triumvirs , on

voulut être plus cruel , et le paroître moins :

bn est désolé de voir les sophismes qu'employa

i|.a cruauté. On trouve dans Appien (2) la for-

[nule des proscriptions. Vous diriez qu'on n'y

i d'autre objet que le bien de la république ,

ant on y parle de sang froid , tant on y montre

l'avantages , tant les moyens que l'on prend

ont préférables à d'autres, tant les riches se-

ont en sûreté, tant le bas peuple sera tran-

uille , tant on craint de mettre en danger la

ie des citoyens , tant on veut appaiser les sol-

ats , tant enfin on sera heureux (3).

Rome étoit inondée de sang quand Lépidus

iompha de l'Espagne : et, par une absurdité

ns exemple , sous peine d'être proscrit (4) il

donna de se réjouir.

— i(i) Liv. VIIl, p. 547. — (2) Des guerres civiles , IV. — (3) Quod felix faustumque sit. — (4) Sacris «ji-iejiulis dent hune diera : quisecùs faxit, inter.proiptos este.

l6S DE l'esprit des LOIS.

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