‹ De l'esprit des loixChapitre 260 sur 313 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

De» lois civiles propres à mettre un peu de liberté dans le gouvetuement despotique.

vJuoiQUE le gouvernement despotique, dans sa nature , soit par-tout le même , cependant des circonstances , une opinion de religion , un pri'jugé , des exemples reçus , un tour d'esprit , des manières , des mœurs , peuvent y mettre des différences considérables.

Il est bon que de certaines idées s'y soient établies. Ainsi , à la Chine , le prince es t rega rdé comme le père du peuple; et, dans les commencements de l'empire des Arabes , le prince enétoit le prédicateur (i).

Il convient qu'il y ait quelque livre sacré qui serve de règle, comme l'Alcoran chez les Arabes, les livres de Zoroastre chez les Perses, le Védam chez les Indiens, les livres classiques chez les Chinois. Le code religieux supplée au code civil , et fixe l'arbitraire.

Il n'est pas mal que, dans les cas douteux, les juges consultent les ministi'es de la religion (2), Aussi , en Turquie , les cadis interrogent-ils les mollachs. Que si le cas mérite la mort, il peut être convenable que le juge particulier , Ls'il y en a , prenne l'avis du gouverneur , afin

(i) Les califes. — (2) Histoire des Tattars, troisième Ipartie, p. 277, dans les remarques.

lyO DE L KSPUIT DES LOIS.

que le pouvoir civil et l'ecclésiastique soient encore tempérés par l'autorité politique.

Page 1