‹ De l'esprit des loixChapitre 261 sur 313 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Continuation du même sujet.

1^'est la fureur despotique qui a établi que la disgrâce du pert^ entraineroit celle des enfants et des femmes. Ils sont déjà malheureux sans être criminels ; et d'ailleurs il faut que le prince laisse entre l'accusé et lui des suppliants pour adoucir son courroux ou pour éclairer sa justice.

C'est une bonne coutume des Maldives (i) que , lorsqu'un seigneur est disgracié , il va tous les jours faire sa cour au roi , jusqu'à ce qu'il rentre en grâce ; sa présence désariiae le courroux du prince.

Il y a des états despotiques (2) où l'on pense que de parler à un prince pour un disgracié , c'est manquer au respect qui lui est dû. Ces princes semblent faire tous leurs efforts pour se priver de la vertu de clémence.

Arcadius et Honorius , dans la loi (3) dont j'ai tant parlé (4), déclarent qu'ils ne feront

(i) Voyez l''rancois Pirard. — (2) Comme aujourd'hui en Perse, au rapport de M. Chardin. Cet usage est bien ancien. « On mitCa-vade, dit Procope, dans « le château de l'oubli. 11 y a une loi qui défend de « parler de ceux qui y sont enfermés , et même de « prononcer leur nom. "—(3) La loi V, au code ad i'eg. Jii/. 7/z^y.— (4) Au chapitre VIII de ce livre.

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