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LIVRE IV, eu iP. II. lia

mandoit dans Baïonne, écrivit au roi (i) : « Sire, je n'ai trouvé, parmi les habitants et 0 les gens de guerre , que de bons citoyens , de « braves soldats , et pas un bourreau ; ainsi eux « et moi supplions votre majesté d'employer « nos bras et nos vies à choses faisables. » Ce grand et généreux courage regardoit une lâcheté comnie une chose impossible.

Il n'y a rien rpie l'honneur prescrive plus à la noblesse que de servir le prince à la guerre: en effet, c'est la profession distinguée , parceque ses hasards, ses succès, et ses malheurs même, conduisent à la grandeur. Mais, en imposant cette loi, l'honneur veut en être l'arbitre; et, s'il se trouve choqué, il exige ou permet qu'on se retire chez soi.

Il veut qu'on puisse indifféremment aspirer aux emplois, ou les refuser; il tient cette liberté au-dessus de îa fortune môme.

L'honneur a donc ses règles suprêmes, et l'éducation est obligée de s'y conformer (2). Les principales sont qu'il nous est bien j.ermis de faire cas de notre fortune , mais qu il nous est souverainement défendu d'en faire aucun de notre vie.

La seconde est que, lorsque nous avons été une fois placés dans un rang, nous ne devons

(i) Voyez l'Histoire de d'Aubifîué. — (2) On dit ici ce qui est, et non pas ce qui doit être : l'honneur est un préjujTé que la religion travaille tantôt à détruire , tantôt à régler.

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rien faire ni souffrir qui fasse voir que nous nous tenons inférieurs à ce rang même.

La troisième , que les choses que l'honneur défend sont plus rigoureusement défendues lorsque les lois ne concourent point à les proscrire, et que celles qu'il exige sontplus fortement exigées lorsque les lois ne les demandent pas.

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