‹ De l'esprit des loixChapitre 77 sur 313 · T. 1 V R I-. V , CHAT. XIX · texte numérisé non relu

T. 1 V R I-. V , CHAT. XIX

perciirs suivants (1) furent obliges do l'achever, ]K)ur tempérer le gouvernement militaire.

Ainsi Procope , coneurrent de Valence à l'empire, n'y entendoit rien, lorsque, donnant à Hormisdas, prince du sang royal de Perse, la dignité de proconsul (2) , il rendit à cette magistrature le commandement des armées, qu'elle avoit autrefois; à moins qu'il n'eût des raisons particulières. Un homme qui aspire à la souveraineté cherche moins ce qui est utile à l'état que ce qui l'est à sa cause.

Quatrième question. Convient-il que les charges soient vénales? Elles ne doivent pas l'être dans les états despotiques, oîi il faut que les sujets soient placés ou déplacés dans un instant par le prince.

Cette vénalité est honne dans les états monarchiques , parcequ'elle fait faire comme un métier de famille ce qu'on ne voudroit pas entreprendre pour la vertu; qu'elle destine chacun à son devoir, et rend les ordres de l'état plus permanents. Suidas (3) dit très bien qu'Anastase avoit fait de l'empire une espèce d'aristocratie en vendant toutes les magistratures.

Platon (4) ne peut souffrir cette vénalité. « C'est, dit-il, comme si, dans un navire, on

( I ) Coustantin. Voyez Zozime , liv, II. — (a) Aiuraian. MarcelKn. , lib. XXYI, More veterum, et civilia, et bella rectnro. — (3) Fragments tirés des ambassades de Constantin Porphyrogéaete. — (4)Rcpublique , liv. "VIII.

l'jS DE l'esprit des LOIS.

<■ faisoit quelqu'un pilote ou matelot pour son « argent. vSerolt-il possible que la règle fut mau- « vaise dans quelque autre emploi que ce fût « de la \ie, et bonne seulement pour conduire «une république? » Mais Platon parle d'une république fondée sur la vertu, et nous parlons d'une raonarcliie. Or, dans une monarchie, où, quand les cliarges ne se vendroient pas par un règlement public, l'indigence et l'avidité des courtisans les vendroient tout de même, le kasard donnera de meilleurs sujets que le choix du prince. Enfin, la manière de s'avancer par les richesses inspire et entretient l'industrie (i); chose dont cette espèce de gouvernement a grand besoin.

Cinquième question. Dans quel gouvernement faut-il des censeurs? Il en faut dans une république, où le principe du gouvernement est la vertu. Ce ne sont pas seulement les crimes qui détruisent la vertu, mais encore les négligences , les fautes , une certaine tiédeur dans l'amour de la patrie, des exemples dangereux, des semences de corruption; ce qui ne choque point les lois , mais les élude ; ce qui ne les détruit pas , mais les affoiblit. Tout cela doit être corrigé par les censeurs.

On est étonné de la punition de cet aréopagite qui avoit tué un moineau qui , poursuivi par un épervier, s'étoit réfugié dans son

(i) Paresse de l'Espagae ; on y donne tous les emplois.

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