‹ De l'esprit des loixChapitre 85 sur 313 · LIVRE VI, or AP. V. Kj · texte numérisé non relu

LIVRE VI, or AP. V. Kj

r gcment stupide , et l'Impératrice entreprei liante à l'excès ,, elle servoit l'insatiable ava- « rice de ses domestiques et de ses confidentes ; « de sorte que , pour les gens modérés , il n'y < avoit rien de plus désirable que la mort. »

« Il y avoit autrefois, dit Procope(i), fort « peu de gens à la cour ; mais sous Justinien , « comme les juges n'a voient plus la liberté de « rendre justice, leurs tribunaux étoient dé- « serts, tandis que le palais du prince reten- « tissoit des clameurs des parties qui y solli- « citoient leurs affaires. » Tout le monde sait comment on y vendoit les jugements , et même les lois.

Les lois sont les yeux du prince ; il voit par elles ce qu'il ne pourroit pas voir sans elles. ^'eut-il faire la fonction des tribunaux ? il travaille non pas pour lui , mais pour ses séducteurs contre lui.

Page 1