‹ De l'esprit des religionsChapitre 110 sur 222 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

D'autres erreurs touchant le mystère de l'Eucharistie.

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Les Chrétiens avaient été long-temps d'accord sur ce sacrement ; tous confessaient qu'à ce tibto festin , où Jésus convia ses Apôtres , il avait dit, en leur présentant du pain et du vin : Buvé* if mangez , ceci est mon corps , ceci est mon seing. Et néanmoins il se rencontra , par la suite , àes hommes d'un esprit indopile , qui prétendirent commenter ces paroles , et en changer le sens et l'efficacité. Luther s'imagina qu'elles ne produisaient point une transsubstantiation parfaite, comme on l'avait cru jusqu'alors ; que , malgré le changement des espèces au corps de Jésus-Christ, le pain et le vin demeuraient encore \ En sorte que quelques Luthériens , qui comprenaient mal un système déjà peu intelligible par lui-même , renou-

1 Traité de la captivité de Babyloive.

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elèrent la doctrine de l'impanation , supposant , ivec Bérenger, que, sans que le pain ni le vin changent de nature , ils deviennent corps et sang ie Jésus-Christ. Mais Luther condamna cette fausse interprétation ; et , pour exprimer son sentiment d'une manière sensible , il dit que le corps de Jésus-Christ se trouvait avec le pain , de même que le feu se trouve avec le fer rouge. Rien ne signale mieux les hérésies de l'entendement que ces défaites bizarres auxquelles les réformateurs ont eu recours.

Cependant il parut de nouveaux sectaires , qui , aillant beaucoup plus loin , rejetèrent tout-à-fait le Qens littéral. Zwingle avait essayé d'attaquer la j>ré$çnce réelle , que Mélancton et Luther respectaient encore ; mais Calvin porta le dernier coup , ^t décida que des paroles aussi formelles , ceci est 3RQti corps , ceci est mon sang , n'étaient qu'une ^pression figurée. Cela , disait-il , ne signifie rien 4tQtre chose, sinon que Jésus-Christ, sans avoir besoin d'opérer de changement dans les espèces , se -donne à nous par un effet de sa puissance : c'est j>ar la foi et par la vertu du Saint-Esprit que nous ^recevons sa grâce et l'application de ses mérites.

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