CHAPITRE IX
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r 1 Qu'il faut se garder de crier trop légèrement à l'hérésie. • I ?
C'est un grand scandale , lorsque la religion met y au nombre des motifs de division , des choses qui |F ne sont par elles-mêmes d'aucune importance.
L'Eglise latine traite les Orientaux d'idolâtres, parce qu'ils refusent de croire qu'il y ait des paroles plus spécialement opérantes que d'autres , et qu'ils adorent les symboles , du moment où l'on commence les prières du sacrifice. En effet , il arrive même assez souvent aux Eglises d'Orient d'omettre les paroles sacramentales , et à peine les trouvet-on chez les Syriens dans quelques-unes de leurs liturgies manuscrites ' : mais cela vient de ce que l'Eglise primitive n'avait point déterminé le moment de la consécration à ces seules paroles, ceci est mon corps, etc., et que, suivant l'ancien usage, on la fixe encore, en Orient, à la séparation du pain et du vin destinés à Ut copnmunion des fidèles \
1 Hist. du Christ, des Indes par la Croze*
* C'est à tort que les Protestans ont cherché à se prévaloir
DES RELIGIONS. 4t)3
Pourquoi donc les Catholiques , parce qu'ils ont ttribué à certains mots la vertu d'opérer le chan- [ement des espèces , voudraient-ils assujettir à leur ite le reste des Chrétiens , et tenir pour hérétiques ;eux qui , de même qu'aux premiers siècles , regardent encore toutes les prières de Foblation ;omme sacramentales ? Si les peuples du Levant voulaient examiner aussi sévèrement la liturgie des domains , il n'y a pas de doute qu'ils ne les accusassent , à leur tour, d'avoir fait plusieurs changemens. De quel droit , leur diraient-ils , avez-Vous supprimé, dans la communion , l'une des espèces ? Vous apportez , il est vrai , en votre faveur, de fort bonnes raisons ; mais elles sont philosophiques et non dogmatiques; elles n'ont d'autre force que celle* du raisonnement; et ce n'est pas, vous le savez , une autorité qu'on puisse opposer à la lettre. C'est sage à vous d'avoir repris Calvin lorsqu'il prêtait aux paroles de Jésus-Christ un sens figuré; mais craignez que nous ne vous reprochions aussi ces fausses subtilités * dont vous vous servez pour abroger la communion du vin.
de la créance des églises d'Orient ; elles ne sont pas d'accord
avec les Occidentaux sur l'instant de la consécration , mais
toutes admettent la présence réelle,
1 Les Latins ont cru se tirer d'affaire , en disant qu'après
que le pain est changé au corps de Jésus-Christ, le sang doit
s'y trouver, ainsi que dans tout corps humain; d'où ils ont
conclu que le vin était inutile.
ig4 DE l. 1 ESPRIT