‹ De l'esprit des religionsChapitre 115 sur 222 · CHAPITRE XM · texte numérisé non relu

CHAPITRE XM

Opinions de Jansénius.

Jattsénitrë , évéqtfe d 1 Ypreé , écrivit dans urt $efls 1 opposé ati moliniâme ; il s'attacha à prouver * c(tie l'homme , s'il àô possède la grâCé? , fëSte dan$ Timpuissance ; qu'il n'est pas plas libre de faire le bien sans elle , qu'il n'est libre de ne le pas faifre quand elle est en lui. Il n'y a eu de libre que le premier homme : depuis Adam , notre volonté est sans cesse entraînée , soit par la grâce , soit par la chair , tellement que' floûS rt'arvôiis nulle part au mérite de nos bonnes actions. Le libre arbitre , en style janséniste , ne detance pas là grâce , mais c'est la grâce qui devance le libre arbitre. On suppose deux sortes de grâces : Tune , qu'on appelle grâce suffisante , et qui n'a aucune force ; l'autre , qui est la grâce efficace , et sans laquelle on ne peut rien , quoi qu'on fasse : toute prière est même inutile , si elle n'est inspirée par cette grâce.

Mais l'Eglise, sans foudroyer ses enfans égarés ,

1 Le Saint-Augustin de Jansénius.

ig8 de l'esprit

n'eut à leur opposer à tous qu'une même croyance, celle qu'elle avait enseignée dès le commencement. Il ne lui fallut point deux professions de foi pour confondre deux sectes ennemies. Lorsqu'elle présentait la grâce , comme un appui que le Ciel donne à l'homme , c'était en même temps faire voir qu'il a besoin d'être aidé. C'est ainsi que, pleine d'une sagesse admirable , qui éclata surtout en cette occasion , elle parvint à abaisser l'orgueil de ceux qui rejetaient le secours du Ciel , et força les autres à s'estimer assez pour mépriser une prédestination qui dégrade l'homme et le désespère.

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