CHAPITRE XIV
Schisme entre les Docteurs de l'Inde.
L'école des Brames n'est pas moins livrée à la discussion. Parmi eux, mêmes ruses , mêmes équivoques. Ils attribuent la source du mal à la concupiscence , fille du principe charnel , sans cesse agissante et pleine de péchés , par laquelle , selon eux , le monde est enveloppé \ comme la flamme
1 Bhaguat-Geeta.
par la fumée , le fer par la rouille ; et , en conséquence , ils supposent que de Brama seul peuvent venir les bonnes œuvres. Ou bien , admettant une opinion toute contraire , ils estiment que nos qualités, bonnes et mauvaises , proviennent de qualités inhérentes aux principes de notre constitution ; que c'est la Nature qui produitles actes de l'homme, et non pas Dieu.
D'autres , et ceux - là sont en grand nombre , soutiennent que celui qui n'est point poussé par le désir, quand même il s'engage dans l'action , doit être regardé comme ne faisant rien. L'œuvre d'un Yogêe ou Saint, qui n'agit , disent ces Quiétistes,que dans un esprit de dévotion, et a toujours Dieu poufr objet , se réduit absolument à rien ; ils le comparent à la lumière paisible d'une lampe placée dans un lieu où le vent ne pénètre point. Il serait difficile, sans doute, de donner l'idée d'une quiétude plus parfaite.
Un docteur plus éclairé que les autres , lorsqu'il eut réfuté ces sentimens et ceux des sophistes * , qui prétendaient que toute la Nature n'est qu'illusion , s'appliqua lui-même à donner des notions plus exactes sur le système des actions humaines \ Il considère dans l'action trois points : la volonté
1 Bédang.
■ Le Shaster Néadirsen.
de Dieu , le pouvoir de l'homme et les causes fortuites. Mais Gontam est le seul qui ait raisonné si juste ; les autres docteurs de l'Inde sont tous en général ou Molinistes ou Jansénistes.