‹ De l'esprit des religionsChapitre 122 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Propositions fausses.

Il n'est aucune proposition de Spinosa qui ne soit la. conséquence manifeste des principes ci-dessus. La manière dont il a discuté les miracles fait voir surtout quelles idées confuses il avait de la Divinité. Pour soutenir, dit-il, que Dieu puisse quelque chose contre les lois de la nature, il faudrait aussi soutenir qu'il peut agir contre sa propre essence. La destruction des causes naturelles est impossible , par la raison que tout ce qui se fait dépend de lois

* Traité des Cérémonies superstitieuses des Juifs.

qui enveloppent une vérité et une nécessité éter- ] nelles \ Spinosa conclut ensuite que les miracles, tels que le peuple les conçoit, loin de conduire à la connaissance d'un être supérieur, sont plutôt dans le cas de nous faire tomber dans l'athéisme; que c'est, au contraire, l'harmonie de la nature qui atteste l'existence de Dieu. Nul doute, si la Divinité n'est que le Destin , que celui qui suppose un acte extraordinaire ne soit l'athée des matérialistes : mais s'il existe un Dieu distinct de la matière, qui opère librement , on sait alors de quel côté est j l'athéisme.

Page 1