CHAPITRE IL
Doctrine de Spinosa.
Les anciens matérialistes s'imaginaient que l'Essence divine était répandue dans le monde * qu'elle était lame de l'univers; et ce sont précisément les opinions d'après lesquelles Spinosa a essayé d'interpréter la religion. Cependant , comme il n'osait encore renverser ouvertement toutes les idées religieuses, il fut obligé d'écrire d'une manière ambiguë; sa doctrinese ressent beaucoup delà gêne où il était; quelquefois même il parle de Dieu dans le sens de la tradition. Mai» c'est aussi une ruse t afin qu'on ait d'abord moins dç défiance , et que la séduction
soit plus facile ; car il rejette toute opération ar- > bitiraire , ainsi que cette autorité royale ' que le ■ peuple met en Dieu. Sa Providence n'est , suivant loi , que Tordre de la nature ; il confond son essence avec les lois éternelles et immuables de l'univers t si bien qu'en analysant le système de S pin osa, on voit qu'il n'admet qu'une puissance matérielle , t mue par des lois de nécessité.