CHAPITRE PREMIER
Tentation de l'Homme.
Les Ecritures de tous les peuples rapportent également la tentation du premier homme, sa chute, et le juste châtiment dont elle fut suivie. Mais , disent les philosophes , Dieu dont la prescience s'étend sur toutes choses, ne pouvant ignorer que Thomme succomberait, il était donc inutile de le tenter. C'est à peu près comme si Ton disait que la nature a eu tort de faire des mains à Phomme , par la raison qu'il s'en sert pour attenter à sa vie , et à celle de ses semblables. Il ne s'agit pas de savoir si
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Dieu prévoyait les suites de son commandement, mais bien s'il était nécessaire. Or, sans F épreuve qu'il contenait , l'homme n'eût été que l'esclave du bien , au lieu que depuis sa chute , et au milieu du péché , la vertu nait encore de cette même liberté' qui le mit dans la puissance de désobéir.