‹ De l'esprit des religionsChapitre 155 sur 222 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Circonstances où la Loi religieuse est opposée à celle de la

nature.

A Rome , lorsque les Vestales avaient exercé trente ans leurs fonctions , on leur permettait de se marier : la Déesse n'exigeait que le sacrifice de I leur jeunesse. C'est précisément en cela qu'on vio- I lait le droit naturel ; il était absurde d'approuver le mariage lorsqu'il n'a plus de but légitime, quand il devient, en quelque sorte, une prostitution. Platon * ne tolère à un certain âge la licence du sexe , que parce qu'il a plus égard à ce qu'on ne puisse procréer des enfans de mauvaise race , qu'à la sainteté des mœurs ; d'ailleurs c'est , pour ainsi dire , une récompense qu'il accorde aux femmes qui ont contracté , dans leur jeunesse , des mariages avantageux à la république. Mais pourquoi celles qui ont gardé jusque-là le célibat tireraientelles de leur stérilité même le droit d'y renoncer?

* Liv. III de la Rcpubl.

Pourquoi , après avoir fait à la Divinité une offrande inutile, en faire une à la Nature, qui ressemble bien plutôt à un outrage ?

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