‹ De l'esprit des religionsChapitre 162 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mauvais effet des distinctions religieuses , par rapport

à l'application des Lois.

Cest une conséquence des distinctions de PInde, que, pour un même délit, les peines diffèrent selon la condition du coupable. Il arrivera, par exemple , que , dans un cas semblable , le Brame ne sera point condamné , parce qu'il est sorti du visage de Brama ; tandis que le Sooder, à cause qu'il est sorti de ses pieds , sera mis à mort.

L'attouchement au pudendum d'une fille , par un homme d'une caste supérieure à la sienne, n'entraîne point de condamnation ' ; au lieu que le même attouchement , par un homme d'une caste inférieure, est puni de mort. En ce cas , on ne punit point le crime, mais la condition de l'homme; ce qui est une confusion manifeste des principes.

C'est encore par la même raison qu'un^romme qui a commerce avec une fille d'une caste égale à

Code des Lois des Gentous, chap. XIX ; sect. 5.

DBS RELIGIONS. *6i

la sienne, doit l'épouser; que si elle est d'une caste supérieure, on le fait mourir; d'une caste inférieure , il n'est point réputé coupable '.

L'adultère emporte toujours la peine capitale. Mais le Brame, à cause de sa sainte origine, en est quitte pour avoir les cheveux coupés ; et quand il y a récidive, il est alors seulement banni du royaume *.

SB

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