‹ De l'esprit des religionsChapitre 174 sur 222 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Dans quel cas la Religion est opposée aux principes

naturels.

Lorsque la religion prescrit des devoirs, il faut qu'ils soient universels : les exceptions de vertu ne sont que des crimes. Un homme, de quelque religion qu'il soit, a droit à la justice et à la bonne foi des autres hommes.

La loi des Parses, qui voulait que les médecins fissent Fessai * de leurs remèdes sur des malades d'une autre religion , avant de les appliquer aux Mazdéiesnans ou fidèles , était contraire à la justice naturelle, qui ne fait acception de personne. Celle des Hébreux n'était pas moins injuste , lorsqu'elle permettait l'usure envers les étrangers : en Cette occasion, comme dans beaucoup d'autres, elle se trouve en opposition avec le droit divin. Et de mmée encore de ces fausses maximes, dont les

1 Jargard VIL Si un médecin , après avoir tué trois infidèles , traite un Mazdéiesnan et le tue aussi, on le coupera par

morceaux.

*j6 DE L'ESPRIT

Catholiques ont quelquefois fait abus : que les promesses faites à des hérétiques sont nulles; qu'on en est dégagé, par cela seul qu'ils ne pensent pas comme les orthodoxes.

Page 1