‹ De l'esprit des religionsChapitre 189 sur 222 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Pourquoi les anciennes langues sont expressément consacrées

à l'usage du culte.

Il est à remarquer qu'aucun peuple n'a célébré la liturgie en langue vulgaire ; on a pensé que les langues primitives étaient plus pures et plus convenables pour offrir à la Divinité les vœux et les prières des hommes. Les Parses ont conservé, dans leur office , la langue zend ; les Indiens , le samscrit; les Musulmans, le vieil arabe : les Chinois ne prient point dans la langue ordinaire , non plus que les Tartares et les peuples du Japon. En Amérique , on a retrouvé deux langues bien dis* tinctes ; et chez les insulaires d'Otahiti , Cook dit qu'on ne parle point à la Divinité le même langage qu'aux hommes. Les hiéroglyphes de l'Egypte , qui n'avaient plus qu'une expression religieuse ,

le principe éternel , le jour ne doit être considéré que comme une cessation de la nuit; or, il était encore tout simple de commencer à mesurer le temps par l'état habituel du monde. Mais cela même est dépendant de la tradition dogmatique.

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étaient d'anciens caractères, jadis en usage parmi le peuple.

Mais peut-être n'a-t-on point assez réfléchi sur la cause d'une telle coutume ; du moins on n'en a donné aucune raison. Il fallait dire que les peuples , ayant perdu le souvenir de la langue primitive , crurent toujours plus sainte celle dont l'origine se rapprochait davantage des premiers temps.. Le long usage que Ton a fait d'une langue, pour célébrer la gloire de Dieu , devient aussi pour elle un titre de sainteté , en même temps qu'elle rend témoignage de l'ancienneté du culte qui la perpétue.

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