‹ De l'esprit des religionsChapitre 193 sur 222 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Dépravation religieuse.

À Rome, on fêta long-temps les Dieux à la manière des Gaulois , au bruit des lances et des boucliers, et le peuple alors était vertueux. Mais, de l'instant où l'on introduisit les divinités de l'Asie , et avec elles leurs infâmes mystères , les Romains perdirent une partie de leur austérité et de leur vaillance ; ils cessèrent d'être les mêmes. Recevoir

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tous les Dieux de la terre, c'était rassembler les vides de toutes les nations. Les danses impudiques des prêtres de Vesta, qui réjouissaient la populace de Rome , auraient excité la fureur de ses premiers citoyens; comment eussent -ils supporté la vue d'une troupe d'hommes qui couraient les rues parés des habits du sexe? Ce n'est pas ainsi que Ton sert le Dieu des sages et des héros : sous Auguste, Lucrèce ne se fôt point tuée, Virginius n'eût point immolé sa fille.

Hais rien n'égale les abominations de l'Inde et de l'Egypte ; ici la religion pasait avoir épuisé toutes ses ressources à corrompre les peuples. Dans certaines occasions , les Indiens regardent la prostitution des femmes comme expiatoire ; ils ont fait des temples le théâtre des débauches des Brames et du peuple. En Egypte, la dissolution était telle, que les femmes de Bubaste et de Canope, après s'être abandonnées à la plus horrible impudicité , finissaient par s'offrir au bœuf sacré et aux boucs que l'on nourrissait dans le temple. Il eût mieux valu , pour ces peuples , avoir perdu toute idée de religion , que de la convertir en de si affreuses pratiques : la vie sauvage n'est - elle donc pas mille fois préférable à la vie licencieuse et corrompue ?

DES RELIGIONS. 3oi

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