CHAPITRE IL
Comment les Dogmes se sont conservés au milieu de
l'IdoUtrie.
Indépendamment des Juifs , qui les maintenaient dans toute leur pureté, ils eurent encore de zélés défenseurs dans les philosophes. Le paganisme ne consistait plus qu!en de vaines pratiques et d'abominables mystères ; on eût dit que la religion ne s'était réservé que le droit d'amuser, ou plutôt de corrompre les hommes, tandis qu'elle abandonnait à la philosophie le soin de les instruire. Dans ses écoles , il n'y avait ni autels , ni simulacres ; les idoles sont des médailles frappées à la superstition des peuples ; mais on y apprenait à connaître l'essence divine sous ses véritables traits , à l'honorer par des vertus. Ainsi, les dogmes de la philosophie étaient les mêmes que ceux de la religion primi-
DES RELIGIONS. 2gg
tive , et sa morale était aussi conforme aux préceptes de la loi.
Si Socrate et Platon, ont parlé le langage de la vraie piété; s'ils semblent avoir, en quelque sorte, pressenti le grand mystère de la Croix , c'est qu'ils avaient fait une étude particulière de la doctrine du premier âge , dont celle des Chrétiens est une suite nécessaire. Unité de Dieu dans les premiers temps , unité de Dieu dans la philosophie , unité de Dieu dans le christianisme : suivant que Ton s'est écarté de ce dogme , on est tombé dans des erreurs plus grossières.