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CHAPITRE VII

Fausse sagesse des Chinois.

Il n'y a que l'esprit de parti qui ait pu faire un éloge si pompeux des Chinois. Si les philosophes tenaient tant à nous offrir en exemple une nation qui vit à peu près sans Dieux et sans religion, il fallait donc peindre celle-ci telle qu'elle est, ignorante, voluptueuse et lâche, et non lui attribuer des vertus qu'elle n'a point. Le moyen de croire à cette haute antiquité d'un peuple dont les histoires ne sont que des livres d'enchantemens , et qui nV jamais su prédire une éclipse ni dresser un calendrier? En effet, le cycle de soixante années des Chinois, sur lequel Vossius fonde leur antiquité, est si évidemment faux , qu'on ne saurait même le rapporter à aucun événement astrologique. N'estil pas impudent aussi de vanter l'agriculture d'an

DES RELIGIONS. 3û5

empire où la famine se fait sentir à chaque instant, et (Tune manière si horrible? La mauvaise foi des Chinois dément tout ce qu'on a dit de leur morale; quant à leurs lois , il est difficile d'en imaginer de plus mauvaises. S'il peut être bon quelquefois de rendre le père responsable des actions de ses enfans, il est toujours injuste de rendre les enfans responsables de celles du père , et surtout en Chine, où il a sur eux droit de vie et de mort. Ce droit, si odieux par lui-même, a reçu une telle extension, que, soit que les parens n'aient pas le moyen de nourrir leurs enfans, ou qu'ils naissent difformes , on ne fait aucune difficulté de les détruire. On les étouffe dans un bain, ou on les abandonne aux cochons qui courent la nuit dans les rues.

On ne civilisera ces peuples qu'en les rappelant à la vraie religion : Confucius leur a donné dé beaux préceptes, et ils sont néanmoins demeurés barbares.

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