‹ De l'esprit des religionsChapitre 201 sur 222 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Différence entre les principes <T établissement de la Religion

chrétienne et de la mahométane.

Ces deux religions ont également pour objet l'unité de Dieu , et , sous ce rapport , le mahométisme est préférable aux religions païennes qu'il a remplacées. Mahomet fit revivre le dogme primitif dans toute sa pureté. Voici de quelle manière il s'appuie sur les Ecritures du peuple Juif: Je suis venu , dit-il , pour rétablir la seule véritable religion ', celle qui a été professée par Adam, Noë, Abraham, Moïse, Jésus.

Mais les moyens qu'il a employés sont bien dif-

1 Koran, chap. de la Vache. Mahomet s'imagina que le christianisme avait besoin d'une réforme , à cause du grand nombre d'hérésies qui s'élevèrent de son temps. Il avait surr tout en horreur celle des Collyridiens et Marianiles , qui voulaient associer la sainte Vierge à la Divinité, et en faire une des personnes de la Trinité; c'est même ce dont il se plaint dans le chap. V de la Table. Au jour du jugement, Dieu dira : O Jésus , fils de Marie , as-tu ordonné au peuple de ^adorer , toi cl ta mère , comme deux Dieux?

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férens de ceux qui servirent à l'établissement dn christianisme. Il n'opéra de conversions que par la ▼oie des armes ; c'est en exterminant les infidèles qu'il parvint à régner sur de vrais croyans. Nous vous avons donné un pouvoir absolu sur les infidèles ', tuez-les ou vous les trouverez , et ne contractez aucune alliance avec eux. Menaces terribles qui contrastent merveilleusement avec celles que renferme l'Evangile! Lorsqu 9 il se trouvera des personnes qui ne voudront ni vous recevoir , ni vous écouter, dit Jésus à ses Apôtres, secouez, en vous retirant, la poussière de vos pieds, afin que ce soit un témoignage contre eux.

Ces deux religions doivent nécessairement en* core différer dans le dessein de leurs auteurs. Le Christ, adressant au monde entier la parole, envoie ses apôtres prêcher toutes les nations ; Mahomet déclare, au contraire *, que le Koran ne lui a été inspiré en langue arabesque, que pour prêcher les habitans de la Mecque, et'ceux qui habitent à i'entour de cette ville. D'où il résulte que le christianisme, ayant des principes d'institution universels , convient à tous les hommes , tandis que l'islamisme, lié aux usages particuliers de la nation chez laquelle il a pris naissance , n'a pu se répan-

1 Koran , chap. des Femmes.

' Koran y chap. du Conseil. •

DES RELIGIONS. /3l3

dre chez les autres peuples , sans produire de fâcheux résultats.

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