CHAPITRE VIL
Pratiques d'enchantement qui servaient à entretenir
l'ignorance.
Tout concourait à retarder le progrès des connaissances. A mesure que les hommes découvraient de nouvelles propriétés dans la nature , ils en attribuaient les effets à une cause merveilleuse , et par suite les enchantemens firent partie des qualités mêmes des choses. Cette fraude religieuse se retrouve chez tous les peuples, notamment chez ]es Gaulois. Leurs prêtres , habiles dans Part de connaître les plantes , dès qu'ils se furent une fois assurés de leurs vertus spécifiques, feignirent que toute leur efficacité tenait à la manière mystérieuse de les employer : et le peuple , toujours avide de prestiges , ne douta plus quelles n'eussent vraiment un mérite surnaturel. Il y avait des herbes , comme la verveine, qu'on ne pouvait arracher que d'une main , et après avoir offert un sacrifice; d'autreà qui n'avaient de prix qu'autant qu'on les ramassait, la tête et les pieds nus , vêtu de blanc et à jeun , observant surtout de détourner la vue.
Si Ton avait étudié la nature pour elle-même, on en aurait retiré de plus grands avantages ; mais outre que le culte eût perdu de sa considération, le peuple serait bientôt devenu aussi savant que ses prêtres.