‹ De l'esprit des religionsChapitre 72 sur 222 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

De l'application des Cérémonies du Christianisme dans

l'esprit des rites païens.

Ce n'était pas assez que les Chrétiens retinssent des pratiques visiblement étrangères à leur religion; il a fallu qu'ils appliquassent encore leurs propres rites au dessein de l'ancien culte. Ceux , par exemple , que les Jésuites ont converti à la Chine, continuent à rendre un hommage religieux aux tableaux de leurs ancêtres : ils allument aussi des cierges devant l'image de Confucius , brûlent à ses pieds des étoffes de soie ' , et attachent toujours beaucoup de prix aux expériences que l'on fait subir aux animaux destinés à l'oblation : mais aces coutumes se joignent les pratiques du christianisme, qui servent à expier ce qu'elles ont d'idolâtre. Les Cafres appliquent un fer rouge sur la langue de l'accusé pour se convaincre de son innocence; les Chrétiens de la Cafrerie usent en-

1 Conformité des cérémonies chinoises avec l'idolâtrie ■recque et romaine.

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vers leurs esclaves de la même épreuve , y ajoutant seulement des bénédictions et des prières.

Les Égyptiens , qui consultaient le bœuf Apis sur les débordemens du Nil , perdirent nécessairement cette coutume lorsqu'ils embrassèrent h religion chrétienne. Mais les Coptes ont cherché dans leur culte de nouveaux présages, et, en conséquence, ils ont institue des messes solennelles qui leur tiennent lieu d'augure , et remplacent le bœuf Apis. Ceux des Égyptiens qui professent le mahométisme , et les Turcs eux-mêmes y assistent très-dévotement.

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