‹ De l'esprit des religionsChapitre 75 sur 222 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Principaux points de différence entre la discipline romaine

et celle des Grecs.

Les Celtes, ayant en horreur toute sorte de mutilation , reçurent le baptême sans le lier à ces barbares pratiques qui affligent encore l'Orient , et ses progrès furent d'autaut plus rapides, que les peuples du Nord avaient eu autrefois une formule de régénération à peu près semblable '. Les Gaulois , les Germains , qui s'étaient toujours distingués des autres nations par leurs bonnes mœurs , qui ne connaissaient ni la polygamie , ni le divorce, donnèrent à cette occasion au texte de l'Evangile une interprétation toute différente de celle des Grecs : en cas même d'adultère , les Latins ne permettent que la séparation des époux. Les prêtres de la Celtique , qui passaient leur vie au milieu des bois , et la plupart n'entretenaient aucun commerce avec les femmes , transmirent aux prêtres chrétiens leur aversion pour le mariage. Il en est de même de cette autorité absolue que les ministres

1 Le baptême d'Odin.

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du christianisme retinrent des anciens prêtres cfÉsiis. Comme les Druides avaient autrefois réglé toutes les affaires delà nation , qu'ils élisaient les rois et conservaient ensuite sur eux la prééminence , les Barbares , accoutumés à cet énorme pouvoir, lorsqu'ils eurent embrassé la religion chrétienne , accordèrent sans peine' le même empire au nouveau sacerdoee : au lieu qu'en Orient, le prince donne ou refuse à volonté le patriarchat , intervieqtmême dans les discussions de l'Eglise ; chez les Latins, Tévêque de Rome , substitué aux droits du grandprêtre des Druides , conserve la suzeraineté sur tous les rois de sa communion. On ne peut donc attribuer cette opposition qu'à l'influence des opinions antérieures ; et ce qui le prouve mieux encore, c'est qu'à mesure que nous avons laissé derrière nous ces temps d'ignorance et de barbarie où le paganisme agissait plus directement , les papes ont considérablement perdu de leur crédit. Telle a été cependant l'origine de la puissance temporelle de l'évêque de Rome et de son clergé , puissance qui contraste tant avec la dépendance des pa- I triarches grecs , et l'état d'avilissement où se trouvent les ecclésiastiques en certains endroits de l'Orient \

* Il y a des pays où les grands emploient les prêtres a« service de la table.

DES RELIGIONS. l3

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