‹ De l'esprit des religionsChapitre 93 sur 222 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De l'unité de Morale.

S'il était vrai que la plus sublime morale ne fut qu'une affaire de climat , et qu'elle ne soumît pas l'homme également sous toutes les latitudes , il s'ensuivrait que , dans le même pays , l'espèce humaine différant encore sensiblement d'un individu à l'autre , chaque personne devrait aussi avoir sa morale particulière. Car, du moment que Ton prétend en modifier les lois suivant les inclinations naturelles des peuples, c'est une juste conséquence que chacun puisse de même les corriger à son gré , d'autant que la nature souvent n'aura pas mis plus d'opposition de goûts et de caractère entre deux nations éloignées , qu'entre deux hommes nés sous le même ciel et dans la même ville. Or , convenir

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d'une morale individuelle, n'est-ce pas à peu prèscomme si Ton disait qu'il ne peut ni ne doit en exister aucune. Nous ne craindrons donc pas d'affirmer que l'unité de morale est un point de doctrine aussi essentiel que l'unité de Dieu j qu'il n'y a point de vérités dogmatiques qui se lient mieux ensemble, et qu'on ne saurait même les séparer dans la croyance religieuse, sans en renverser l'ordre et l'économie.

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