‹ De l'esprit du subjonctif dans la langue française, ou Analyse logique, grammaticale et philosophique de ce mode, comparé à l'indicatif, etc. Ouvrege indispensable ... Par Charles Appert, professeur de BellesLettres ... Dédiée à l'Académie françaiseChapitre 11 sur 44 · RÉTABLISSE PAS · texte numérisé non relu

RÉTABLISSE PAS

Cet homme inquiet et ambitieux, tremble toujours que le Roi ne soit pas content de ses services.

y appréhende que ce méchant homme ne perde pas son procès.

(i) Beaucoup de personnes , dans le langage familier , semblent coufondre les substantifs : an , jour, matin, soir, avec année, journée, matinée et soirée; chacune de ces expressions , dans le premier cas, marque , comme dans le second , une des divisions du temps en époque ; mais , en y réfléchissant un peu, nous nous apercevrons que les dernières, tout en désignant l’époque, en déterminent la durée; c’est ce qu’on ne saurait exprimer avec les premières. Ainsi donc, si nous voulons désigner une de ca» époques, sans en spécifier la duree, nous dirons : il vient le MATIN et le soin ; le sovn de l an, etc. au contraire , si nous voulons marquer ,. outre l’époque , la durée du temps qui la constitue , nous dirons : il passe les matinées ei tes soiHÉBSià la maison, et le reste delà journée Use promène, y . , n Ée dernière a été heureuse. C’est comme s’il y avait, tant que le soin et le matin durent, il reste à la maison ; et , durant le reste a un , fl se promène , etc. , etc.

Remarques.

Dans le premier cas , Vous ne désirez pas , par l’emploi du verbe principal, ce qui fait l’objet de l’affirmation exprimée par le verbe subordonné , et , pour cette raison , vous vous servez de l’explétif ne, après le sujet du second verbe.

Dans le second cas , au contraire , vous ne désirez que ce qui fait l’objet de l’affirmation, exprimée par le verbe subordonné ; c’est pour quoi vous employez ne pas, aptès le sujet de ce verbe.

5.° Lorsque (1) les verbes craindre, trembler et APPRÉHENDER sont les mots d’affirmation d’une proposition négative ou interrogative , on ne place point l’explétif ne après le sujet du second verbe; mais , si la proposition principale est interrogative et négative , en même temps, on doit se servir de la particule expléûve ne, après le sujet du second verbe.

(1) Lorsque et quand , qui paraissent être synonymes, dans 1» gens général , ne peuvent être confondus , lorsqu'il s’agit de les employer. En effet , quand marque plus directement un rapport de temps , sans spécifier ni le lieu ni l'action qui marquent la c.rcoustance , ou le cas fortuit de l’occasion qu’on trouve renfermée, tout à la fois, dans lorsque. Ainsi nous dirons : il faut travailler qVjtND on est jeune , c’est-à-dire , pendant le temps qu’ on est jeune , etc.; il faut être docile Lonsqtfon nous reprend à propos, c’est-à-dire, lorsque l'occasion s'en présente. De la même manière nous dirons; on

Exempl es.

Craindre j employé négativement ou interrogativement , sans l’explétif ne.

Ceux de vos compatriotes qui étaient compris dans Pamnistie , (x) ne crai-

gnaient pas que Pautorité

les INQUIETAT*.

Craignez-vous que j e vous fasse tort, et que je vous

Page 1