‹ De l'esprit du subjonctif dans la langue française, ou Analyse logique, grammaticale et philosophique de ce mode, comparé à l'indicatif, etc. Ouvrege indispensable ... Par Charles Appert, professeur de BellesLettres ... Dédiée à l'Académie françaiseChapitre 3 sur 44 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pour bien ^en tendre l’esprit , comme Tern- ' ploi d’un Mode, dont le propre est de repré- * senter dans les langues , toutes les abstractions ou vues particulières de notre intellect, pour ne point les confondre avec les affirmations simples et positives de la pensée ou proposition, il est indispensable de bien connaître :

1. ° La nature et les propriétés du verbe en général, et de ce mode en particulier.

2. ° L'Espèce de proposition à laquelle ce mode . appartient spécialement; ainsi que les différents rapports de convenance et de disconvenance, qui peuvent exister entre lui et les modes d’affirmations qui le gouvernent.

Sans ces connaissances sommaires et préliminaires, que les grammairiens (1) ont négligé de donner jusqu’à ce jour, il est impossible, aux Français même les plus éclairés (2) , de pénétrer

(1) Je n’entends parler ici que des grammairiens avoués par la littérature française ; quant aux autres , je n’ai rien à leur reprocher: ils sont assez à plaindre d’avoir écrit, ou de s’ètre cru obligés

d’écrire.

Et Van doit pardonner V essor d’un mauvais livre ,

A ' l’auteur malheureux , qui compose pour vivre.

( Misanthr. )

(2) En effet , combien de personnes , ( j’ose dire instruites ),

blessent la grammaire dans le langage usuel ' il n’est pas rare

Je génie de ce mode par excellence , et en meme temps si difficile à connaître, puisqu’il est de sa nature de signifier dans quatre temps seulement , tous les rapports et toutes les idées partielles ou modes renfermés dans tous les autres temps de la conjugaison , plus les vues particulières ou abstractions de l’esprit, auxquelles ces différentes affirmations peuvent donner lieu.

C'est , sans doute , pour cette raison , que quelques grammairiens philosophes ont cru remarquer dans ce mode unique, un nouveau verbe, et l'ont appelé, pour ne point le confondre avec les autres formes de la conjugaison , verbe subordonné y etc.

Mais, étant bien persuadé qu’il est plus facile, et plus sûr de conserver et d’améliorer, que de renverser pour édifier de nouveau, je respecterai religieusement. , dans ce traité , les erremens des anciens grammairiens , qui sont encore restés de nos jours les meilleurs et les plus suivis ; et , tout en fuyant le néologisme (i) grammatical >

d'entendre dire, dans les premiers salons de Taris, et même aa Barreau : on voudrait que vous fassiez cela ; la cour a ordonné que l'on INFORMAT * sur les lieux ; je suis fâché qu’il n’ a pas cela,; nous ne doutons pas que le Roi arrive ce soir ; je ne cornais point de méthode qui soit plus simple ; etc. ; etc. Pour On voudrait que vous fissiez cela ; la Cour a ordonné qu’un informerait sur les lieux ; je suis fâché qu’il n’ ait pas cela; nous ne doutons pas que le Roi n’arrive ce soir ; je ne sache point de méthode qui soit plus simple ; etc. , etc.

* Voyez la note , poge 8.

{a) Quelque* .philologues modernes ont voulu rendre raison de

j’essaierai , par des preuves et des raisons matérielles, d’éclairer un sujet sur lequel on a déjà beaucoup écrit , sans pouvoir le tirer de l’obscurité ou semblent l’avoir plongé toutes les arguties scholastiques.

toutes les irrégularités et difficultés de la langue française ; mais cette prétention , souvent ambitieuse , d’expliquer par des analogies, des règles de grammaire absolument arbitraires, a multiplié, comme l’observe très -bien le savant Duclos , le9 définitions inutiles et les distinctions sophistiques,

L’AUTEUR regardera comme contrefaçon tout exemplaire qui ne sera pas revêtu de la signature suivante.

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