‹ De l'esprit du subjonctif dans la langue française, ou Analyse logique, grammaticale et philosophique de ce mode, comparé à l'indicatif, etc. Ouvrege indispensable ... Par Charles Appert, professeur de BellesLettres ... Dédiée à l'Académie françaiseChapitre 41 sur 44 · J- VL · texte numérisé non relu

J- VL

Athalie est la meilleure tragédie que nous avons sur la scène française. Le misantrope est la plus belle comédie que Molière A faite.

La récompense la plus insigne et la plus honorable qu'un grand homme attend de ses concitoyens , c’est leur estime.

Après le diamant , la vertu est la chose la plus précieuse qu’il y a au monde, et, cependant , sans la vertu , le diamant n’aurait aucune valeur : pourquoi faut-il qu’on s’en serve pour la corrompre !

La plus belle vertu que l’homme PUIS posséder , c’est la bienfaisance ; le plus affreux de tous les vices que les hommes caressent , généralement, c’est l’ingratitude.

Le meilleur soutien qu’un Roi peut avoir contre ses ennemis, c’est le cœur de ses sujets.

Cette jeune demoiselle est la femme la plus spirituelle que je connais au monde.

Ce jeune homme est le peintre le plus habile que j’Ai jamais vu ; il est cité comme le premier.

La modération et la modestie sont les plus belles qualitées Qu’un homme bien élevé peut posséder.

Après une affaire comme celle — la , le plus court parti que vous avez à prendre , c’est de vous expatrier. L’amour-propre ne pardonne jamaisà l’orgueil humilié.

Le plus beau et le plus noble spectacle qu’il y A pour la vertu , c’est une conscience sans tache et sans reproche.

Croyez- moi, votre paresse est la- moindre chose dont votre maître se plaint.

Ce malheureux est tellement affaibli par la maladie , que le plus léger bruit qu’on fait lui donne le transport.

Le plus perfide de tous les animaux domestiques que je connais , c’est le flatteur- Le plus cruel de tous les animaux féroces que nous connaissons , c’est le tyran.

L’homme le plus malheureux qui est au monde , est celui qui a perdu toute pudeur et toute modestie ; qui, par ses turpitudes et ses impudences, s’est dégradé aux yeux de ses semblables, sans, cependant, pouvoir se rendre agréables les vices qui le déshonorent.

Ce bon vieillard est si sensé, qu’il n’existe personne dont on doit plus rechercher l'avis et l’approbation ; je ne connais personne qui fait plus de cas des gens de bien, que lui.

Sans cesse vous vous plaignez de ce jeune homme ; je ne sais pourquoi ; car , je n’ai rien ru qu1 on peut blâmer dans sa conduite.

îe sais que Voùs êtes malheureux , et il rfy <a rien que je ferai pour Vous secourir ÿ yous pouyez compter sur moi.

Il n’existe point de pays ou l’on vit plus librement qu’en Angleterre, et il n’y a que dans ce pays ou les hommes ne sojst pas obliges de sc défier de leurs semblables.

Parmi tous les braves généraux qui ont honoré les fastes de la gloire, il n’en est aucun qui ait -plus de droit à notre admiration et à notre reconnaissance , que celui qui a versé son sang pour le salut de la patrie.

Il n’y a pouvoir quelconque qui m’obligeat* a le recevoir dans ma maison ; ainsi , qui que ce soit qui me fasse appeler, vous n’avez qu’à dire que je suis trop occupé pour paraître, et que , d'ailleurs , je ne reçois personne depuis long- temps.

Il y a peu d’hommes qui ne se plaisent à s’entendre flatter, et il n’y en a point qui se plaignent de l’exagération des louanges qu’on leur prodigue.

On peut dire que le chien est le seul animal dont la fidélité est à l’épreuve.

La France n’est pas le seul pays où les arts. produisent de belles choses.

Si vous ne saisissez pas cette occasion , l’unique que vous pourrez trouver, vous êtes un homme perdu, et personne ne vous plaindra.

Cette honnête famille est la seule de cette

ville qui ne fait point parler d’elle j aussi , estelle généralement aimée et respectée de tout le monde.

Votre ami n’est pas le premier homme que j’AiE vu sacrifier ses intérêts à son amour-propre.

Croyez- moi, si vous vous mariez, choisissez plutôt une femme que vous aimiez , quoique sans fortune, qu’une femme riche qui ne soit point de votre goût.

Mon cher ami, je m’adresse k vous, comme à la seule personne de qui je puisse espérer quelque secours.

Mon ami trouverai -je sur cette route une auberge où je ruis me reposer? A deux lieues d’ici vous en trouverez une.

L’homme de bien est celui qui fait le sacrifice de ses intérêts et de ses opinions au bien public. De tels hommes sont bien rares ! Car quel est l’homme aujourd’hui qui fait le sacrifice de ses intérêts et de ses opinions à l’amour de son prochain ?

Pourra-t-on me citer un homme qui ne soit prêt à tout entreprendre pour servir ses intérêts ? Non ; l’intérêt est donc le mobile de toutes nos actions.

Si jamais je deviens vieux, je veux me retirer dans une campagne, où je vivrai tranquille loin du tumulte de la ville.

Je cherche un ami qui veut se charger de me dire la vérité ; je ne puis le trouver.

Vous devez donner au tribunal des raisons qui lui paraîtront justes et plausibles.

Nous donnerons au tribunal des raisons qui lui parassent justes et plausibles.

Enfin j’ai trouvé un ami qui veut bien se charger de me dire la vérité, et de m’éclairer sur tous mes défauts.

TROISIÈME CACOLOG IE.

Sur l’emploi des temps du Subjonctif , etc. ( Voyez chap. 3. )

l.° 11 semble que ce serait une faiblesse naturelle à tous les peuples, que d’aller éclairer l’obscurité des siècles les plus reculés, pour y chercher l’origine de leur civilisation.

Je suppose , un instant, qu’il s’agit de l'étude d’une langue qui vous est tout-à-fait étrangère, c’est-à-dire, de l’art de peindre, par de nouvelles gammes de couleurs, les différons portraits qui se combinent dans l’intérieur de votre imagination , pour en former des tableaux ou des discours. Croyez - vous que de la connaissance

seule et isolée de ces portraits ou mots qui les représentent , put* jamais résulter celle de la langue que vous désirez connaître ? Quel est donc celui qui ignore que les chefs - d’œuvre des Raphaël , des Rubens , représenteront plus que des images? Lorsque tout y brille des feux du génie , et décèle aux yeux éblouis, par tant de créations diverses , la nature elle-même qui à choque instant semble naître et s’embellir sous leurs pinceaux immortels !

Préférez des expressions où l’analogie PUT* unie à la clarté.

Il semblerait , à entendre cet homme , qu’il EST plus facile d’acquérir des sentimens de libéralité sur les confins de la Tàrtarie, que de s’en justifier chez les peuples les plus civilises de I’Europe.

Il semble que les habilans des côtes septentrionales de la Tartarie soient une espèce particulière d’hommes , qui ne sont tous que des avortons ( Buffon ).

Lorsque j 'aurai ordonné qu’il s’en tra. , il devra partir sur-le-champ , et se rendre auprès de son gouverneur ; il faudra que celui-ci ait l’attention d’étudier les dispositions de son élève, s’il veut qu’il profitera de ses leçons , et s’il désire qu’il fit des progrès rapides , dans les connaissances qu’il se propose de lui enseigner.

Lorsque je verrai votre ami , je lui expliquerai mes raisons ; il faudra bien qu’il se rendît a,

ia force de la vérité, il ordonnera probablement, que ses domestiques iront au devant de vous , et qu’ils seront à votre disposition aussi longtemps que vous resterez dans le pays.

Il convient qu’un professeur se mette à la porle'e de ceux qui l’écoutent, et qu’un écrivain se rende assez clair et concis , pour que tous les lecteurs peuvent le comprendre à la première lecture.

Si mon ami apprend que je suis dans le besoin, il craindra , sans doute , que je n’ARRASSE la trouver pour lui emprunter de l’argent ; car , il nJest mon ami, qu’autant que je pourrai moimême lui rendre ce service.

Gette dame désire que vous serez content de votre voyage ; elle souhaite aussi que vous vous porterez mieux que lorsque vous êtes parti.

Ce jeune homme a trop mal fait ses devoirs, pour que je lui permisse d’aller jouer avec scs camarades ; et il s ’ est trop mal Comporté , pour gué je prisse sur moi de l’excuser (î)*

Je doute que les larmes d’Andromaque AIENT fait sur l’esprit des spectateurs l’impression qu’elles y ont faite , si elles avaient coulé pour un autre fils que celui qu’elle avait d’Hector. Il n’y a

(i) Voye?. la première exception au f 3 , nrnnt do corriger •'m. phraren ,

( lôo )

aucune femme qui ne HASARDE sa propre vie pour défendre celle d’un enfant chéri (1).

Je crains bien que cet homme ne me laisse dans Tembarras , et pour cette raison je persiste à lui refuser ma signature (2). Pour des choses de cette importance , la méfiance ne peut être, taxée de défiance. ( idem. )

D’après ce que j’ai appris , je ne pense pas que cette affaire AIT réussi sans votre protection: en vérité je me serais trouvé fort embarrassé si vous n’ étiez point venu à mon secours. ( idem. ) Si tout ce que vous m’avez raconté est vrai vous devez craindre que Monsieur votre père ne vous reçoive mal, si vons alliez le trouver sans l’en prévenir ; car vous ne devez pas ignorer qu’on doit plus de respect à son père. ( idem. ) Doutez-y ous,comme moi, que votre ami refuse de venir avec nous à la campagne , si nous l’y invitions ? ( idem. )

Ce philosophe n'a employé aucune fiction qui ne fut* l’image de la vérité, et qui ne servît à

(1) Sous-entendu , si elle Était menacée. Dans ce cas, le temps du verbe subordonné doit plutôt correspondre avec la locution conditionnelle sous-entendue, qu’avec le verbe de la proposition principale , qui n’est qu’une dépendance immédiate de la supposition si elle était menacée. ( Voyez la a.' excep. du § 3. )

(2) Ici, on devine bien qu'il y a de sous-entendu: si je lui laissai* ma signature; car, sens cela, le verbe craindre serait employé sans motif.

la faire aimer, même de ceux qui la craigne ( 3.* excep. §. 3. )

Dieu a entouré les yeux de tuniques fort minces, transparentes au-devant, afin qiï on put* voir à travers. ( idem. )

A bien vous regarder tous les deux, on croirait que votre ami a dix ans moins que vous; quoique vous fussiez son cadet de près de six ans. ( idem. )

Cette dame s’est toujours montrée très-élégante et très-recberchée dans sa toilette , quoiqu’elle h’eut* qu’une très -médiocre fortune. La folie est de tous les temps, de tous les âge» et de tous les états. ( idem. )

Pourquoi n’êtes-vous pas venu me voir à la campagne? Vous auriez trouvé mon jardin fort agréable, quoiqu’il ne valut* pas le vôtre à beaucoup près. ( idem. )

Ce brave homme ne pourrait pas faire mon affaire , quoiqu'il parut* très-robuste et trèshonnête. ( idem. > •

Un dirait que votre ami voulut* nous empêcher de passer ; à son air menaçant, on dirait même qii il en eut le pouvoir; nous ne saurions faire un pas qu’il ne vînt au-devant de nous pour s’opposer à notre passage. ( Voy. excep. 4. 3. ) -

Vous me parlez toujours des connaissances de Monsieur votre cousin ; vraiment il ne saurait

passer pour savant, quoiqu'il FÎT pour le paraître. ( idem. )

On ne doit plaisanter qu’avec ses égaux , vous k savez. Vous ne sauriez faire la moindre plaisanterie que votre maître n’en parut* trèsmécontent. ( idem. )

■Qu’en pensez-vous ; On dirait que le temps VEUILLE changer, et se mettre à la pluie? Je ne suis pas de votre avis; on croirait , au contraire , qu’il VOULUT* se maintenir beau pour toute la journée. On i dirait que vous en AYEZ de l’humeur ; auriez - vous le projet de nous Contrarier ? { Voyez le N-* $. 3. excep. 4* )

A entendre parler cette nouvelle Corinne, ne dirait- on pas qu’ellë eut reçu de la nature le dt>n de plaire et de charmer? Peut-on l’entendre sans l’aimer, et l’aimer sans etre heureux? Quelle âme belle et noble! Quelle pureté dans les sen*timens qu’elle inspire ! ! ! ( idem. )

Votre son h r est bien la plus maussade créature que je connaisse ; on ne saurait lui dire un mot plus long que l’autre (1) , qu’ aussitôt elle ne prit la motiche; c’est un vrai fanfaron de vertus. ( idem. )

Croyez-moi, la véritable noblesse est dans i'hon-

(1) Cette locution appartient tout-à-f, it au style familier de 1» conversation. Chaque style a ses figures.

ncur, et non dans les honneurs; il vaudrait mieux pour un homme de qualité qu’il perde la vie , que de manquer un seul instant à ce qu’il doit h la justice et à la vérité ; du moins il saurait mourir à propos , ( 2.* règle 5. ) t >

Lycurgue , ee célèbre législateur r avait dé -

fendu qu’on éclaire ceux qui sortaient le soir d’un festin , afin que la crainte de ne pouvoir se rendre chez eux. Les ait empêchés, de sÜenir-

vrer- ( idem y

. Ce misérable , ayant appris que j>’allais vous voir, craignit probablement que je vous pisse connaître ses turpitudes ; car il me ht dire qu’il désirait que je lui pardonnasse son insolence, et que je voulusse bien le recevoir chez/ moi. Si , sans lui pardonner , je lui ai permis de revenir à la maison ^. c’est que j \ai craint qu’il ne commît de plus grandes, bassesses^ ( .idem )*

. • La personne dont vous me parlez, * était r le plus habile peintre de son temps ; mal§LjfPks£ fâcheux que ses hautes connaissances dans l’art qu’il exerçait, aient été ternies par son inconduite et son libertinage. ( idem. y

L’économie est une seconde providence; quelque' fortune qu’on eut* acquise , il est prudent de vivre sans ostentation et sans faste ; car le défaut d’ordre entraîne la ruine des plus grandes fortunes. ( Voy. régi. & 3. > -nombâ U* ***%

Lorsque vous serez admis chez le' prince utffica, que vous eussiez élé accueilli par lut.

pour qae toutes les personnes de sa suite viennent vous saluer. ( idem ).

Vous êtes donc bien pressé? Attendez au moins que votre Notaire eut* reçu vos rentes , pour lui demander de l’argent.

On ne doit jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire la veille. Si vous ne vous présentez pas à l’instant , on doutera , demain, que vous fussiez arrivé ce soir , et que vous eussiez fait votre voyage en si peu de temps. ( idem ) .

Tous les gouvernemens étaient vicieux, avant que le Christianisme ait adouci et perfectionné l’esprit humain. Les vices qui se glissent dans la religion en font naître d’autres dans le gouvernement. Une bonne religion est toujours ia conséquence d’une saine philosophie.

Lorsque votre maître entra dans la classe, il parut étonné que vous ayez terminé , en si peu de temps , les devoirs qu’il vous avait donnés ., ( Bègle 4 $. 5. )

Vous pouvez m’en croire , J ignorais que votre oncle ait demeuré en Amérique avant le mariage de votre cousine. ( idem. )

Pour des raisons à moi connues , je ne voulais pas aller à la campagne , quoique irotre ami m’EUT engagé à l’y conduire, et qu’il m’EUT* dit qu’il comptait sur moi. ( idem. )

J’ai été témoin de leur réconciliation; ces deux amis se sont embrassés , quoiqu’ils se soient juré , deux jours auparavant, une haine éternelle.

( idem. )

J’ai autorisé ma fille à acheter ce joli chapeau et cette belle robe , désirant qu’elle FUT aussi bien mise que les autres dames de la société. ( Voyez page g5. 1." observation. )

Monsieur votre gouverneur n’ empêchant pas qu'on ne s’amusât* , pendant les heures de récréation , ne se fâche jamais du bruit que nous faisons. ( idem. }

Le plus grand mérite d’un élève est de remplir, exactement ses devoirs ; votre jeune frère désirant que ses maîtres fussent «ontens de lui,, étudie avec ardeur. ( idem. )

Je viens d’apprendre h l’instant que votre pauvre mère était dangereusement malade ; doutant que votre médecin soit assez habile , je vous adresse le mien ; j?ai la certitude que vous en. serez satisfait. ( idem. )•

Ce méchant homme, ignorant que nous eussions été informé de tout ce qui s’est passé , cherche à nous induire en erreur t et, trouvant mauvais qu’on nous eut* mis en garde contre sa mauvaise foi , il se répand en invectives. ( Voy* page 94» 2.* observation^)

Craignant qu’on eut* oublié de vous prévenir^ je vous fais part de l’arrivée de votre père, et j’espère que vous répondrez bien à toutes lest questions qu’il se propose de vous faire sur votreinstruction. ( idem. )

Doutant que vous fussiez allé faire toutes vos

dispositions pour partir, je donnai ordre au cocher' de dételer. ( idem . )

Désirant que vous puissiez aller à la comédie ce soir, je vous ai fait dîner de meilleure heure. ( Voy. page q5. 3.e observation. )

La prudence est la mère de la sûreté ; ne voulant pas qu’on vous surprenne , vous auriez dû vous tenir sur vos gardes. ( idem. )

Je suis resté à la grille des Tuileries pendant deux heures, attendant que le Roi soRTE^pour lui présenter mon placet ; j’ai eu le bonheur de pouvoir le remettre moi-mème à Sa Majesté. ( idem* ) Un véritable ami est celui dont l’âme habite deux corps : craignant que son ami ne s’expose trop , il le suivait par-tout , et le soutenait dans les plus grands dangers. ( idem. )

Ce malheureux époux , désespérant que les médecins puissent guérir sa femme, est allé se précipiter dans un puits. ( idem * )

Cet ‘homme avait levé le masque; se souciant peu qu’on le méprisât* ou qu’on F estimât* > Tl s’était mis à fréquenter les plus mauvaises sociétés de la ville. ( idem . ) ,

Je ne vous ai pas fait prévenir de mon arrivée, ne présumant pas que vous ayez besoin de me parler ; mais aussitôt que j’ai su que vous aviez •à me parler , je me suis empressé de me rendre à vos désirs. ( idem. )

Craignant que votre tuteur, dan$ un moment

de mauvaise humeur, ne vous grondât, j’avais pris le soin de lui écrire , pour lui certifier les raisons qui vous avaient obligé à rester plus long-temps à la campagne. ( Voyez page g6. 4-’ observation. )

Souhaitant que vos cousins AIENT étudié leur leçon , avant d’aller à la promenade , je restai quelques momens de plus chez votre oncle, (idem.)

Je craignais , et je devais tout craindre de la perfidie de cet homme ; me défiant donc qu’il ait écrit au ministre pour le circonvenir dans cette affaire ; je me rendis chez son Excellence pour l’instruire de tout ce qui se passait, (idem.)

Cet homme méprisable, et perfide tout-à-la fois, niant qu’on Tait prévenu de l’extrême misèrç dans laquelle se trouvaient sa femme et se* enfans , cherchait encore à faire soupçonner ur* de ses fils de mauvaise-foi et d’infamie. La perûdie porte si loin son audace, que bientôt le cœur ne trouvera plus de langage pour pouvoir s * plaindre d’elle ! ! cependant , trouvant mauvais qu’on Tait convaincu d’en avoir imposé par un lâche mensonge , il s’emporta contre le tribunal même de sa propre conscience, en faisant défendre sa porte à l’homme juste et humain qui cherchait encore à le rappeler à ses devoirs. ( idem. )

Ce malheureux proscrit , ne sachant pas que l’autorité ait violé les droits de l’hospitalité , pour s'emparer de tous ses papiers , affirmait qu’il

ignorait entièrement ce dont on l’accusait. ( idem Ignorant que votre ami ait reçu des nouvelles de son père , je lui écrivais pour lui en donner, et l’engager à venir me voie le plutôt possible» ( idem. )

QUATRIÈME CACOLOGIE.

Sur toutes les notes répandues dans f ouvrage , et sur quelques locutions VICIEUSES indiquées par de nouvelles notes.

« Pendant près de neuf cents années (i) , noire

(i) Ah, d'après ce- que nous avons déjà dit, est a la durée du temps ce que le point est i l’étendue ; et , comme on ne peut considérer le point, sans lui accorder une étendue relative, on se sert de ah pour marquer tout à la fois une époque, et déterminer l’étendue do- sa durée comme rapport. Mais le substantif Ahhbe doit être envisagé comme signifiant par lui-même une durée déterminée et divisible en parties. En eflet, nous dirons ; T^trjfàs a douze mois; le siècle a cent ans , et 1 on ne dira jamais: Van a douze mois, le siècle a cent annèbs. Il en est de même de jour, matin , soir, comparés av ec joumee , matinée, soirée, etc.

Cependant le génie d’une langue ne veut pas toujours ce que la raison a consacré en principe; il est des considérations qui paraissent plus importantes , et qui obtiennent la préférence.

,.° Lorsque le Substantif an est suivi d’un adjectif ou modificatif, qui s’y rapporte , on se sert indifféremment de an et de année , comme : Van passé ; Vannas qui vient; Van de Notre Seigneur ;

génie a presque toujours été rétréci sous un gouvernement gothique. y>

Les ans qui se sont écoulés depuis le siècle de Louis XIV , ont suffisamment prouvé l’assertion de Voltaire.

Quelles sont donc ces ténèbres , qui , après tant d'arc* de convulsions politiques et de misères publiques , voudraient encore nous dérober le jour pur de la raison ?

Si nous voyons, à la suite de tant d’orages , la matinée d’une belle Journée! pourquoi vouloir l’obscurcir par les regrets du passé ; n’avons- nous pas assez souffert?

Qui peut dire, aujourd’hui : ce j’ai vécu pendant trente années, y> peut dire aussi : « j’ai souffert durant trente arcs. » Si le malheur rend plus sage et plus vertueux , quel espoir pour les années à venir ! ! !

Quelle génération que celle qui s’élève! leurs jeunes années ont déjà l’expérience d’un siècle;

Vannée de Jnotre Seigneur, etc. mais, si l’adjectif est avant le substantif, on doit toujours se servir de année au lieu de an, et nous disons : la première année , la seconde année , etc.

i.° Après les adjectifs de nombre cardinaux , lorsqu'ils n’ont pas de substantif pour régime, on se sert de an : c’est un enfant de six .ans ; il a plus de sept ans passés , etc.

5.* Avant les adjectifs de nombre cardinaux on doit se servir de An et de année après Van quinzième , et la quinzième année du siècle. Dans le premier cas on emploie souvent l’adjectif de nombre cardinal pour l’adjectif ordinal , et nous dirons: Van Doua n , pour Van vouziÈxe , etc. , etc.

ils seront dignes, sans doute, d’instruire ceux qui doivent jouir de l’e'clat d’une si belle journée. Puisse le soir d’un ajournée aussi glorieuse ne. jamais arriver !

Et vous , détracteurs d’un siècle infortuné r qui votez, 1,’ esclavage pour nous rendre plus heureux ! vous rougirez un jour de vos efforts impuissans : vous voulez étouffer les élans du génie?? L’àmc de la nature ; l’image de la vie ! ! ne savez-vous point que nous ne pouvons rien contre la force des choses et du temps ? Sans lï mort , même- , qui nous débarrasserait du poids des ans ?

D^s imprudens , dites- vous , ont consumé la terre pour vouloir l’éclairer. On se sert mal , d’abord , de ce qu’on ne connaît pas parfaitement ; mats les. années et les malheurs ont formé l’opinion ; c’est elle , aujourd’hui , qui dirige les lumières. Après les infortunes de Phaëton y Jupiter- devait-il éteindre le soleil ? Die* même repoussa les ténèbres. (Voyez page 3l. n. 1.)

On fait bien des sottises lorsqu on est jeune , et qu’on ne prend ocnseilqne de soi-même. Maintenant que l’âge vous a rendu un peu plus raisonnable, j’espère que vous serez plus docile avec vos amis , quand ils prendront la peine de vous corriger et de prémunir votre âme contre les dangers de ce monde. On ne peut s’acquitter envers l’ami charitable qui nous donne ses avis , qu’én les suivant, surtout quand l’expéricnce'nous prouve

«ju’rls sont' ceux de la raison. (Voy. page 55. n.’i.)

■Une amnistie générale rapprocha les deux parties , et ramena la tranquillité dans Athènes , aussitôt un armistice fut conclu entre les deux armées-, et bientôt on n’entendit plus parler que de la paix. La guerre est quelquefois nécessaire, il est vrai ; mais c’est la honte du genre humain qu’elle soit rendue inévitable quand on pourrait l’éviter. O Rois ,* ne dites point qu’on doit la désirer pour acquérir de la gloire, la vraie gloire ne se trouve point hors de l’humanité.

Vous dites que cet homme est rancuneux (1), et qu’il se rappellera toujours le tort qui lui a été fait : croyez-moi , la douleur et la vertu peintes sur son visage , ne nous permettent pas de nous méfier de lui : d’ailleurs je connais sa droiture , et je puis vous assurer que nous serions coupables de nous méfier de la pureté de s< « intentions. On a beau me dire que ses vues ont été jusqu’à présent colorées de spécieux prétextes, je sens , comme malgré moi , que je me défie des doutes que vous m’inspirez, et que je ne pourrai jamais me méfier d’un tel homme. Celui qui se méfie sans cesse des intentions des autres, nous apprend plus à nous défier des siennes, qu’à nous en méfier. ( Voy. page 40. n.° 1. )

Faut-il donc bannir de la physique toutes les

(1) Voytï la nota 1. page 3fl.

( lia )

hypothèses ? Non , sans doute , mais il y aurait peu de sagesse à les adopter sans choix ; et l’on doit se méfier surtout des plus ingénieuses. (Condill.)

L’amour-propre nous persuade aisément que nous connaissons les choses , quand nous avons long-temps cherché à les connaître , et que nous en avons beaucoup parlé. Quelle erreur imitons le sage qui, après avoir long" temps réfléchi sur toutes les connaissances qu’il possédait, finit par dire: ce ce que Je sais le mieux, c’est que je ne sais rien. » Se bien connaître , c’est apprendre à connaître les autres; celui qui Juge, entre toujours pour quelque chose dans un des rapports du premier terme de sa comparaison.

Notre premier objet , celui que nous ne devons jamais perdre de vue dans nos études, c’est la connaissance de l’esprit humain , non pour en découvrir la nature , mais pour en connaître toutes les opérations , et observer avec quel art elles se combinent. Rousseau a dit : « Mon objet est dé connaître l’homme, et ma méthode de l’étudier daûs ses diverses relations. »

J’ai trouvé qu’il y avait dans la méditation des pensées honnêtes , une sorte de bien - être que les méchans n’ont jamais connu , c’est celui de se plaire avec soi-même. ( J. J. Rouss. )

11 faut toujours se souvenir qu’aucune famille sur la terre ne sait son premier auteur, et que par conséquent aucun peuple ne peut connaître sa véritable origine. ( Volt. )

Que sawz-vous si votre vertu qui vous a soutenu contre les attaques de votre cœur, vous soutiendrait encore contre les chagrins domestiques toujours renaissans ? (J. J. Rouss. ) ( Voy. pag. 5. N. 1. )

Malgré (î) que vous hii fassiez des observations fort sages, il continue toujours à tenir la même conduite; il est donc inutile que vous lui observiez toujours la même chose; car, s’il vous a avoué qu’il connaissait ses fautes, vous devez être convaincu, maintenant, qu’il ne veut pas s'en corriger. Ou bien il faudrait croire que quoi qu’il EZf eut* la bonne volante, il ne put* vaincre ses passions et se rendre aux observations que vous lui faites sans - cesse ; c’est ce dont je ne pourrai jamais me persuader; quoique vous m’EN ayez fait plusieurs fois V observation , en me rendant compte de sa mauvaise conduite ; ainsi donc veuillez bien lui observer (a) à l’avenir que je ne veux plus recévoir ces raisons pour excuses. (Voyez page 68. n. î.)

J’ai ouï dire que quelqu’un observant à Voltaire qu’un fait n’était pas tel qu’il l’avait ra-

(i) Voyez pag. 5g. N. 1.

(a) X. a Harpe , dans son cours de littérature , nous offre l’occaaion de prolonger cette Cacologie ; il dit , eu parlant de Mascaron: Je ne dois pas finir sans ouserfer que , parmi les défauts de 'Mascaron , il faut compter ses fréquentes citations des auteurs profanes.

conté : « je le sais Lien , dit- il , mais avouez qil’ii est mieux comme je le raconte , et qu’il ne laisse aucune observation à faire , pas même celle que .vous me faites . » ( idem . )

Observez à ce jeune homme que rien ne con** tribue plus à l’économie et à la propreté, que de tenir chaque chose en sa place : remarquez lui que ces principes . et ces règles, auparavant: inutiles à son instruction , lui deviennent nécessaires, pour mettre de l’ordre dans ses idées et, dans scs connaissances. Considérez-lui enfin que I’ordre est le premier ministre de la providence, F économe de noire temps et de tout ce qui lui est confié ; que c’est par lui que tout doit coin-mencer ,et se maintenir pour exister légitime-ment , et suivant les vues de Dieu. ( idem. )

Je me souviens de ces temps , éloignés $ je vol en rappelle encore avec attendrissement! ces. lieux , autrefois , si ' chers à mon ; enfance , je , les revois toujours avec ravissemens ! ! . ,

tout me rappelle (1) ici les jeux de l’innocence,

— 4.1— - ■■■■.■ I . , ■ . ,.l ■! T fl , <

(1) Rappeler . L’orthographe de ce verbe, dans tous les temps de sa conjugaison, paraît embarrassèr bèaücoup de personnes. Voici une règle qui me parait infaillible , non- seulement pour ce mot, mais encore pour une infinité d’autres.

Les consonnes Z , * , dans beaucoup de verbes , et dans quelques substantifs seulement, ont la faculté de pouvoir se doubler' ou se dédoubler suivant l’occurence, c’est-à-dire, 1a place qu’elles occupent dans la structure graphique du mot,

tes plaisirs toujours purs que goûtait mon jeuîlO âge ! ombrages frais et délicieux , témoins de mon bonheur passé , vous souriez encore au cœut de votre ami ! vos souvenirs charmans exaltent et réchauffent son âme flétrie. Il s’en rappelle toujours de ces momens pleins d’ivresse, où dans la nature entière vous étiez tout pour lui : rien ne pourra les' effacer de sa mémoire» Vos toits hospitaliers lui sont toujours chers, et, jusqu’aux derniers soupirs , il s 'en rappellera avec enchantement. ( Voyez page 78. n. 1. )

ï .° Si la voyelle qui suit une des deux consonnes dont nous Venons de parler, est un e muet , cette consonne se double , commet tha.nceLt.erie , coutellerie, j’ appellerai, je rappeLLe, j’annu lierais, nous nivenerons , il e'tinceLLe , Us étincellent , que je jéTTe , it cacher t era , nous acherrenons , que tu projerres , etc.

a." Au contraire , si la vpyelle qui suit une des deux consonnes l, t, est sonore au lieu d’ètre muette, ces consonnes se dédoublent toujours , comme : chaticetier , coutetier , appeler , rappelions , j’ annulai, il nivcLa , vous étinceliez , tu jerais , cacherez, vous acheriez , ils proféraient , etc. , etc.

Il en est de même des verbes atteler , amonceler , chanceler > dételer, renouveler , ficeler , etc. qui font au présent: j’attelle, j’amonceiiB , je chancelle , je dételle , je renouvelle , je ficelle , etc.

N.* les verbes tenir , venir , prendre , et leurs composés , comme appartenir , convenir , entreprendre , etc. suivent la même rènle pour Iç redoublement de la lettre n , comme : que je tienne , que tu viennes , qu'ils conviennent , etc.

Il faut excepter de cette régie, les verbes levet , mener , achever , promener, et dépecer, et tous leurs composés , qui prennent nn accent grave sur la pénultième au lieu de doubler la consonne, comme: il lève, je mine, j'achève, ils promènent , tu dépères , etc.

( Voy. d’Olivct , page 79 de sa prosodie. )

ÎO

Monsieur votre père , pour marquer son contentement à votre sœur , vient de lui donner un maître de danse et un maître de dessin , et il lui ,a promis, si elle continuait à faire des progrès, de lui donner, pour 1’année prochaine, un maître de chant, Vraiment , je crois que votre sœur sera un jour une demoiselle très-distinguée par ses talcns et son mérite personnel. Votre fière aîné ne donne pas autant de satisfaction «H votre père ; cependant , pour l’encourager , on vient de 1 ui donner un maître de déclamation et un maître d’armes. J’assistai, dernièrement, à la leçon d’escrime, et je fus étonné des dispositions que mon-, tre votre frère. Je ne doute pas que lorsqu’il aura une plus forte corporence (1) il n’acquière cette vigueur et cette vivacité qu’on ne peut obtenir que de la force dirigée par l’adresse. Cet exercice, quoiqu’un peu violent, pour son âge, le dispose à être un jour fort et bien 'corpoté.

( Voy. page 82. n. x. )

Cet homme , qui n’a d’autre mérite que d’étre né le fils d’un prince , et qui 11e fait rien pour sc rendre digne d’un pareil litre, ne décesse (2) de se plaindre de la perversité du siècle , des injustices qu’il en éprouve , et de nous vanter ses titres de noblesse. Enfin , du matin jusqu’au

(1) Voyez page 81. N. 1.

(2) Voyez page 84. N. 1.

soir , il n* EN déparle (1) pas. II ignore , sans doute , qu’il vaut mieux être sans noblesse que d’être sans vertu , et que le Roi peut toujours nous ennoblir, lorsque nous nous sommes anoblis par nos belles actions ; tandis que nous ne pouvons pas toujours nous recommander de nos vertus , lorsqu’il nous a ennoblis . Souvent il reste peu de choses des honneurs , lorsqu’on a ôté son habit ; mais l’honneur véritable ne se dépouille jamais ; voilà la vraie noblesse : elle s’acquiert ; ne se donne pas , et se vend encore moins.,

( Voyez page 85. n. 1. )

Il brouillasse depuis ce matin , et je crains bien que le soleil ne soit assez fort pour dissiper une brouine aussi épaisse. En tout cas j’ai décidé que nous ne partirions pour la campagne que demain matin ; il faut espérer qu’il ne brouillassera pas comme aujourd’hui. ( Voyez page 86. n. î. )

Ne me parlez plus de cet homme , ni des affaires que nous avons eues ensemble; il en a trop mal agi avec moi, pour que je puisse jamais en entendre parler sans éprouver un sentiment d’indignalion. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est.

(i) On peut dire: parler d’une chose; mais déparler d’une chose n’est pas français. Ce verbe , usité dans le style familier , seulement , ne peut s’employer qu’avec la négative sans complément , comme : il ne déparle point ; il n’a point déparlé . On doit donc dire ici : il ne cesse d’en parler.

qu’il en use ainsi avec toutes les personnes qui le connaissent , et que, bientôt, il ne trouvera plus âme qui vive, qui veuille se lier à lui. ( Voyez page 86- N. 2. )

Comme votre ami n’a point encore contracté l’habitude de se lever matin, depuis qu’il est ici; pour le rendre matinal (î) j’ai pris le parti de Y éveiller tous les matins avant cinq heures; cependant, ce matin , l’ayant éveillé deux heures plutôt qu’à l’ordinaire, il s’est plaint de me voir trop matineux , et voulait se rendormir; mais, aussitôt qu’il eut aperçu l’étoile matinale , il pensa à se lever et à venir avec mot faire un tour de jardin. ( Yoy. page 87. N. 2. )

Le seul mot de liberté de commerce et de penser, éveille toute industrie, anime l'espérance, et rend chaque sol plus fertile : comme si les sueurs de l’esclave frappaient la terre de stérilité!! Ce nom seul de liberté, en éveillant le . courage, éveille dans l’âme des idées de grandeur et de prospérité, qui, bientôt, la rendent fière delà faculté de penser. Tant de fortune, de gloire et d’ambition éveillent , enfin, l’Europe assoupie et humiliée. Les peuples qui., depuis long-temps, avaient perdu leur dignité, et oublié leurs droits, Réveillent, comme en sursaut, d’une si longue et si pénible léthargie; les sentimens généreux qu’inspi-

(1) Voyez jjage 87. N. 1.

reht la patrie et l’orgueil national, s’ éveillent avec plus de force dans le cœur de chaque citoyen, et, bientôt, les beaux jours d’Athènes , de Sparte et de Rome s éveilleront au milieu de nous, avec plus d’éclat et de splendeur. Puissent ces idées éveiller ^ dans chaque âme bien née, des sentiment précieux

et chers à la patrie comme â l’humanité ! ! \

Mais que dis -je! Le soupir seul d’un désir vertueux, a déjà réveillé le génie du mal et de la tyrannie. Tourmenté par les remords et la soif ardente de nuire et de dominer la moindre agitation le réveille ; ses succès bientôt éveilleront sa fureur ! ! Puissent ces craintes légitimes éveiller en nous assez de courage et de dévouement pour nous opposer à ses cruels attentats, et le reveilh-r^ enfin, au milieu des frémisse mens d’horreur qu inspirent scs insignes turpitudes et ses criminels

desseins ! *

( Voyez page 87. N.. 2. )

Pendant long- temps ces heureuses eonirées

seront infectées par les brigands, les vagabonds et les aventuriers de tous genres. Rien ne nous en donne plus l’assurance, que l’existence de ces préjugés honteux et révoltans qui infestent généralement l’esprit de ses habitant , qui préfèrent dormir , ou, plutôt, croupir dans une lâche et perfide oisiveté , que d’exercer leur raison k se rendre plus heureux et plus digne du climat qu’ils habitent. ( Voy. page 88. N. 1. )

Celui qui, quelquefois, ne veut avoir a faire

à personne, se trouve avoir à faire à tout le mondèf mais il est toujours moins dangereux d’avoir à faire à tout le monde , que d’avoir à faire à une seule personne; sur-tout lorsqu’on n’a à se reprocher que d’avoir été sévère sans blesser la vérité. Une personne , aveuglée par la vengeance, ne veut avoir à faire qu’à ses passions, et , pour les satisfaire , elle s’égare encore davantage. Dans le inonde , au contraire , on trouve toujours des hommes justes et équitables, qui, ne voulant avoir à faire qu’à la vérité et à la raison, s’empressent de nous rendre justice et de nous réhabiliter dans l’opinion , que l’aigreur de la nôtre aurait pu indisposer. ( Voyez page 89. N. 1. )

Et ne devrait-on pas, & des signes certains, i . Reconnaître le coeur des perfides humains !

( Racine. )

S’empresser de rire et de plaisanter sur tout Ce qui nous arrive, de crainte d’êlre obligé d’en pleurer, en y réfléchissant trop, est un sentiment qui m’a souvent dirigé. C’est à lui, sans doute, que je suis redevable du désir que j’ai toujours formé, que ces chats dont parle Racine, sous le nom de perfides humains , et qu’on rencontre partout, sans pouvoir les distinguer des pauvres souris qu’ils croquent si inhumainement, ne pouvant changer d’espèce, fussent au moins distingués par la longueur de leur poil, comme la nature

'distingue par la longueur des soies , le chat An gola des autres chats. Peut- être , serait-il pru- , dent , alors , de donner aux autres les* défenses *du hérisson pour se garantir de certains Angola , qui trouveraient encore le moyen de s’approcher, et d 'en imposer aux souris les mieux prévenues. ( Voy. page 90. N. 1» )

C’est avoir une très- mauvaise opinion des hom- • mes , et, néanmoins, les bien connaître , que de croire , dans un grand poste , leur en imposer par des caresses étudiées , par de longues et stériles louanges. Ce ne sont pas les louanges qui en imposent y ce sont les belles actions et la manière de les raconter. Les titres r a dit Voltaire, ne servent de rien pour la postérité ; le nom d’un homme qui a fait de grandes choses en impose plus que toutes les épithètes. Cela est si vrai que de bien des seigneurs très-hauts et très-puissans , il n’y a que le nom qui vaille quelque chose ; lorsque vous les voyez de fort près c’est moins que rien; de loin ils en imposent'.; cependant il n’y a là que de quoi imposer au vulgaire grand et petit ; car le vulgaire se compose des sots de toutes les conditions ; on peut toujours, par de l’éclat et des airs de grandeur , imposer à ces sortes de gens.

Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire. (Bon,.)

( Voyez page gi. ». 1. )

Vous avez beau vous lever sur vos argdts(t') vous tl imposerez jamais à qui que ce soil gavant . de vous targuer comme vous le faites , et de donner des avis , vous devriez tâcher d’inspirer du respect et de la cbnduite. Vous n’dtes qu’un misérable Argoteur , sans talent et sans esprit , vous n’avez même pas celui de vous taire lorsqu’il le faut. ( Voyez page 92. n. 1. )

Cet homme , avec un revenu conséquent , ne' se trouve pas encore assez riche ; scs dettes sont conséquentes y et tout le monde ignore comment il fera pour se libérer envers tous ses créanciers.

Il paraît qu’ils sont nombreux , et qu’il doit des sommes conséquentes à chacun d’eux. S’il désire sincèrement se libérer envers eux , il se verra obligé de vendre les plus conséquentes de ses propriétés , sans cela il ne pourra jamais sortir du grand embarras où il se trouve de puis si longtemps ( Voyez page g3. n. 1. )

Le climat influe beaucoup sur la disposition habituelle des corps , et par conséquent sur les caractères ; cependant on a remarqué que si le climat influait sur le caractère des hommes, le gouvernement avait bien plus d’ influence encore que le climat. BntTon semblerait vérifier cette assertion , en assurant que le climat et la nour-

(1) Voyez page 92. n. r.

riture ont pen d’ influence sur les animaux libres. Il n'en est pas de même des hommes qui vivent en société ; leurs esprits ne demandent qu’à s’instruire : quoique arides dans les commencemens, ils deviennent bientôt féconds par l’action des sens , et ils se laissent influencer par tous les objets capables de susciter en eux quelque fermentation. ( Voyez page g5. n. i. )

La malice de l’esprit tentateur, et son apparution sous la forme d’un serpent , sont des conceptions qui confondent la raison de l’homme le plus éclairé, comme la modestie et la pudeur de la femme la plus vertueuse. Le meilleur goût tient à la vertu même, sa disparution fait toujours place à un goût factice et guindé , qui n’est plus que l’ouvrage d’une imagination déréglée et abusée. ( Voyez page C)6. N. 1. )

On £ éviterait bien des soucis et bien des peines si l’on se livrait moins à l’emportement de scs passions. On éviterait aux autres la douleur de nous dire des vérités pénibles pour eux comme pour nous; par ce moyen on s'éviterait plus d’une fausse honte , et plus d’un aveu sans sincérité. Voilà, comme en évitant les plus grands désagrémens, on les éviterait aux autres qui en sont toujours plus ou moins affectés, suivant l’intérêt qu’ds nous portent. ( Voyez page 9.7. N. 1. ) L’austérité républicaine n’est pas de mise en ce pays ; il y faut des vertus plus flexibles , et

qui sachent mieux se plier (i) aux intérêts des

(i) On confond, assex généralement, les deux verbes plier et ployer, pour les employer indifféremment l’un pour l’autre.

Plusieurs écrivains ont prétendu que le second de ces deux verbes appartenait exclusivement au sens figuré , à la poésie et à la prose soutenue. Cependant , d’après les classiques et l’usage actuel , on ne saurait le définir d'une manière aussi absolue.

Plier. Au propre , c’est mettre en double par plis , de manière qu’une partie de l’objet oïl étoffe se rabatte sur l’autre , et nous disons : pliez ce papier en deux ; pliez ce mouchoir ; etc.

Ployer. Dans le même sens, c’est disposer un objet flexible en forme d'arc , de courbure , de manière que les deux bouts de eet objet- se rapprochent plus ou moins , et nous disons : «e jonc ploie parfaitement. Pouvez-vous plotbr cette branche ? etc. , etc.

Le papier que voua plissez , ou auquel vous faites contracter des plis , vous le pliez ; le papier que vous ne faites que rouler vous le ployez. Ployer, se dit plus particulièrement des corps raides et élastiques qui fléchissent sou* l’effort , et tendent , par cette même propriété , à se rétablir dans leur premier état.

Plier et ployer s’emploient quelquefois l’un et l’autre dans ls sens de courber, fléchir, céder, mais alors plier indique un effet plus approchant du pli rigoureux. Ainsi en marchant vous ployez le genou ; dans une génuflexion profonde vous le pliez. Sous le fardeau qui fait ployer un homme fort , l’homme faible plie.

Une armée ne fait que ployer , tant quelle résiste et s’efforce de reprendre ses positions ; mais, aussitôt qu’elle succombe, qu’elle «'enfonce, elle plie-, il ne lui reste plus que la retraite.

Le Marchand plie ses étoffes pour leur faire tenir moins de place dans son magasin , en en diminuant le volume ou l’étendue apparente ; car , en les dépliant , il les étend , etc. Le même Marchand ploie sa marchandise , pour la soustraire à la vue , car, en la déployant, il l’étale, il la montra.

Ce que nous venons de dire sur plier et ployer , peut nous «ervir de définitions pour les deux mots déplier,, déployer qui marquent absolument ( quant ïu sens propre ) deux affirmations opposées aux premières.

amis ou des protecteurs. Quant à moi je ne saurais me plier à des habitudes aussi rigoureuses, et si, par fois, j’ai Pair de me plier à ces usages, c’est plutôt pour les imiter que pour m’y assujétir ; car , dans ce monde , il faut apprendre un peu de tout , en pliçvnt son caractère au bien et au mal , c’est-à-dire, à la règle commune. Un objet plus noble qu’on se propose encore en cela , c’est de rester maître de soi-mème , d’accoutumer ses goûts et ses passions à l’obéissance, et de plier tous ses désirs au vœu général.

Faites-moi le plaisir de ployer ces étoffes avec soin , et en les ployant n’oubliez-pas de les auner afin que je sache si j’ai mon compte. Vous plierez également mon linge, de manière à ce que tout soit en ordre dans ma commode et dans mes armoires.

On ne doit parler mal (l) de qui que ce

(1) Parler mal et mal parler ne sont point du tout synonymes , quoique beaucoup de personnes confondent cea deux locutions , et les emploient indifféremment.

C’est parler mal que de blesser les loi* du langage , du style ou de la prosodie. La servante de Molière, dans les Femmes savantes , parle mal lorsqu’elle dit : j‘ avons.

Ton esprit , je l’avoue , est bien matériel :

Je n’est qn’un singulier j avons est pluriel.

C’est mal parler que de manquer de respect à quelqu’un j de

ftoit et i surtout des absens ; car , alors , on attaque des personnes qui ne peuvent, se défendre et nous répondre; c’est une lâcheté, qui doit toujours finir par nous faire mépriser.

On est toujours sûr de mal parler lorsqu’on cherche -a passer pour avoir plus d’esprit qu’on en a véritablement : V esprit qu'on veut avoir gâte cAui qu'on a. C!cst pour cette raison , sans * doute , que les. femmes qui n’ont poin* autant de prétentions que nous au bel esprit ? parlent et écrivent généralement bien y lorsqu’elles ont l’usage de la bonne société. Tout coule de sotirce elles Madame de Sévigné ; tout est affectation çbez Voiture et Balzac (2)*

Ce 11’est pas imiter (1) un bon exemple que de copier cette méchante femme dans toutes

commettre des indiscrétions, ou de tenir des propos inconsidérés; de blesser le6 mœurs , la justice ou la vérité , et nous disons, proverbialement :

IL vaut ' mieux se taire que de mal v aller.

Parler bien est à bien parler ce que parler mal est à mal parler.

(1) Imiter un bon exemple n’est pas français : on suit le bon

exemple de quelqu'un , et on imite l'exemple ou le modèle d'un maître à écrire ou à dessiner. Cependant on peut dire: imiter quelqu'un ; mais on ne dira jamais , en parlant d’une exemple ou d’nn modèle: suivez cette exemple y ce modèle , etc., etc. Four imitez cette exemple , etc.

Bossuet à dit :

Imitez un si bel exemple , et Ïuissez-LE à vos descendons. Suivez un si bel exemple eut été préférable et préféré.

(2) Je suis loin de confondre ces deux auteurs ensemble; Voiture ttveit du mérite ; Balzae n’avait que de l’enflure.

scs actions ; c’est une véritable larrons (1) qu’on (a) ne connaît pas assez ; elle jouit (3) de la plus mauvaise réputation dans le pays qu’elle

(1) Lamne n’a jamais été français, quoique beaucoup de personnes sc servent de cette expression ; on doit dire : une Larrvnrsse.

Un larfbn prend en cachette ; il dérobe ; le fripon prend par finesse , il trompe ; etc. , etc.

(ï) Beaucoup de personnes se servent de /.'avant l'indéfini personnel on , sans règle et $ans mesure. Plusieurs grammairiens ont cru y voir une des parties essentielles du discours ; l’analyse s’y refuse. Quant à moi , je l’appellerai caractère euphonique pour une articulation qui doit toujours se placer avant on toutes les fois que ce pronom se trouve précédé des sons pleins si , où, ou, et, ou qu’il se trouve suivi de l’articulation Ke ; et nous dirons: « L’on oient ; où L'on vous dira ; 'et L'on vous pendra ; oui , L'on conçoit ce que vous dites , etc. , etc. ? Pour prouver que ce caractère est purement euphonique dans ces propositions , il suffit de faire observer que toutes les Ma - r (jçul a t i o n qu’il sert & représenter, se trouve immédiatement placée après os, on ne doit jamais s’en servir avant ce pronom , comme: si oit lisait, ou on le lira j et ojv le fera , etc. — La Harpe , dans les deux vers suivant nous ofire une faute contre oette règle :

Il n'est que les grands cœurs

Qui sentent la pitié que L’on doit aux malheurs.

Il n’est , ici , est pour il n’y a. La raison quelquefois est esclave de la rime ,

{3) Jouir. Ce verbe , suivant l’acception qni lui est propre , est toujours actif intransitif , et se prend toujours eu bonne part. Jovir de tous les plaisirs des sens , est une chose dont tons les hommes sont aisément capables. On ne travaille que pour jouir; •e/te alternative de peine et de jouissance est notre véritable vocation (J.J.Rouss.). D’après ces exemples, jouir et jouissance ne peuvent être pris en mauvaise part ; c’est donc parler mal que de dire : cette personne jouit d’une mauvaise santé , ou d’une mauvaise répu-

vient de quitter. — Vous voyez bien ce bel hôtel? Eh bien , c’est -là où (1) elle demeure depuis qu’elle est ici. Comme une dèhontèe (2) et une effrontée qu’elle est, elle a acheté ce fond (5)

tation. Certes il ne peut y avoir ici aucune analogie ou rapport de convenance , entre jouir et les complémens qui sont l'objet do son affirmation. — S’il est des malheurs dout le souvenir cause une

sorte de jouissance aux hommes sensibles et vertueux , la ma •

ladie et la mauvaise réputation ne sauraient être de cc nombre.

(1) C'est là où. Là où, signifiant dans cet endroit , ne peut être français ; car deux adverbes de lieu no peuvent être nécessaires pour marquer la même chose au même instant. Tous les grammairiens qui ont eu recours à l’analyse , ont condamné ces locutions: ç est là où je demeure ; c'est là où je veux aller , et ont décidé qu’on devait dire : c'est là çvx je demeure ; c’est là qvs je veux aller. ...

Là où ne peut être toléré que dans le sens de lorsque , et alors il signifie dans le moment qvs : en fait de mots , l’analogie n’a lieu que là ou l’usage l'autorise. Où est ici pour que relatif, et là ( dans le moment) est son antécédent.

(a) C'est à tort que beaucoup de personnes se servent de l’adjectif dé honte pour éhonté. Le premier de ces deux mots ne se trouve dans aucun des bons dictionnaires , et par conséquent ne saurait être français. Éhonté signifie , qui est sans pudeur , sans honte. Éhonté a plus de compréhension et moins d’étendue qu ’ effronté qui marque plutôt la légèreté de l’esprit et de l’indiscrétion. C’est donc une méprise que de confondre ensemble ces deux épithètes : cette fille est une éhontée ; marque quç la corruption est dans son cœur ; • et d'une femme légère et impudente , on dira : c’est une affrontée.

(3) Fonds . Lorsque ce substantif, au propre et an figuré , signifie , terre , sol , bien , propriété , etc. j il prend toujours une S, comme : cet homme est très-riche en fonds de terre ; il vient de vendre son fonds ,• il a un grand fonds d'esprit , etc.

Ce substantif écrit sans S signifie l’endroit le plus bas d’une chose , comme : la vérité est au fond d’un puits. 11 en est d«-

avec l’argent des autres , et , cependant , lorsqu’il lai arrive de ne pas faire honneur à ses engagemcns, elle a l’impudence dû invectiver (1) ses créanciers au lieu de s’excuser près d’eux de son peu d’exactitude. Quoiqu’elle fasse tout à la rebours (2) de l’honnêteté et des conve-

même lorsqu'il est pria au figuré , comme : le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur.

N.* le grand vaisseau de pierre ou de marbre , où l’on conserve l’eau dont on sc sert pour baptiser , s'appelle Fonts et s’emploie toujours au pluriel, comme: le Roi a tenu l'enfant sur les fonts ( sur est ici pour au-dessus. ) L'analogie entre fonts et roNTaine est facile à saisir.

(1) Invectiver que baucoup de personnes font actif transitif, ne peut être que l’autécédent d’une préposition qui est toujonrs contre. Ainsi noua devrons dire : invectiver contre quelqu'un ou quelque chose. — Il Va invectivé - nV. t dpu^jsas français. Ou doit dire : il a invectivé contre lui , etc.

Trévoux dit :

On ne saurait trop invbotiver contre le luxe des femmes.

Il ne faut point invectiver contre les absens.

(2) Vous faites cela r la rebours , est une locution vicieuse qui échappe à beaucoup de personnes. Rebours , au propre , s’entend du contre- poil d’un objet, d’une étoffe, et Ton dit: prendre le rebours du drap pour le mieux nettoyer , etc. On s'en sert plus généralement au figuré, pour signifier le contre -pied, le contraire de ce qu'il faut , comme : tout ce qu'il fait est le rbbovrs du bien ; il faut prendre tout le rebours de ce qu'il dit. Il est toujours substantif masc, singulier, et appartient au style familier. — / rebours, au rebours sont des locutions adverbiales qui renferment une préposition dont le complément e6t le Substantif Rebours pris dans ses deux acceptions, comme: épousseter du drap a’ rebours ; il fait tout a’ rebours ; on peut dire également au rebours ou à rebours du bon sens, etc.

Rebours peut encore être pris adjectivement, il fait Rehanrss

( lfio )

nances, elle prospère, et voilà, sans doute, pourquoi vous voulez L'imiter dans toutes ses actions.

Je crois que votre ami a perdu la tramon ta.de (i). Après avoir manqué au rendez-vous qu’il avait lui-même fixé ; il prétendait encore, après diner, (a) qu’on lui avait joué un tour et qu’on lui en rendrait raison ; que la personne qui l’avait insulté, tandis qu’il jouait aux honchets ( 5 ) pouvait s’attendre à un beau boul-

in féminin et. conserve la même signification que le substantif, en se rapportant à ce qui devrait être: cet homme a un esprit rebovrs ; pour : son esprit est le contraire de ce qu’tl devrait être. Elle est si rbbovrse , etc. Il est moins usité au féminin et ne se dit presque jamais.

(1) On doit dire tramontane. C’est un terme de navigation qui s’entend du nord et de l’étoile polaire , en tant qu’elle sert à diriger les vaisseaux sur mer : d’où est venue la locution familière et figurée, perdre la tramontane , en parlant d’un homme qui se trouble, qui ne sait plus où il en est , ni ce qu’il fait, ni ce qu’il dit : l’indignation , la fureur, le délire s’emparèrent de moi , je perdis la tramontane. ( J. J. Rouss. )

(2) Après -àînée, dîné ou dîner sont souvent pris l’uu pour l’autre. Après-dinée , s’entend de l’espace de temps qui existe entro le dîner et le soir : il passe tous les apres-vînées avec sa femme et ses enfans. Je n’ai point d’affaire cette APnès-vÎNF.r. — Mais lorsqu’on se sert de cette locution daus un sens tout-à-fait absolu, on supprime le trait d’union et on en fait un complément masculin, comme: où votre sœur ira-t-elle passer l’ apres- dîner? C’est dans ce cas seulement qu’on peut se servir de dîné pour diner, car tous les deux sont masculins. La même différence existe entre apjès-soupée , après souper ou soupd ; après-midi et après midi , etc.

(3) Honchets pour Jonchets est une faute. En effet , on ne reconnaît plus l’analogie orale et graphique qui existe et doit .na-

( iGi )

vari (1) lorsqu’elle rentrerait chez elle , après souper ; que son intention e'tait d’y aller et de la forcer à demander excuse (2) pour toutes ses ‘

turellcraent exister entre jonc, joncher, jonchets. D’après le dictionnaire étymologique de Ménage , ce jeu est fort ancien , et l’on se servait autrefois , pour le jouer, de petits brins de joncs, auxquels ont succédé de petits bâtons d’ivoire ou d’os. Cependant , il est plus probable que la cause aura été appelée du nom de son effet, et que jonchets , par conséquent, dérive plutôt de joncher que de jonc ; car, alors, on eût dit joncets } mais , comme tous ces mots appartiennent à la même famille , il est peu important de connaître , précisément , le vrai générateur , etc.

(1) Boulvari ou hourvari, comme on le dit généralement , ne

sont pas français, on doit dire : hourvari , en aspirant le h. C’est une expression figurée pour indiquer un grand bruit , un grand tumulte : il y a eu là vn étrange hourvari, etc. Ce mot s’est d’abord dit des cris répétés du chasseur qui rappelle ses chiens, lorsqu'ils sont hors des voies. <

(2) M.r Girault Durivier , en parlant de la locution demander excuse , dit que c’est un vrai galimatias qui choque également Je bon usage et 1a raison. Cependant beaucoup de personnes , qui ne prennent pas une offense pour une excuse , s’entendent parfaitement en.se servant après demander, de l’objectif excuse au lieu de pardon, que l’on confond généralement dans cette locution. On demande , dans l'intention d’obtenir ou d’exiger ce qui nou* fait besoin. A-t-on besoin des excuses d’une personne qu’on a offensée ? Peut-on les lui demander ? Peut-on les exiger d’elle ? Si cela était, les offensés joueraient un triste rôle. L’oll'euseur près d’eux 11e peut donc éprouver d’autre besoin que celui d’obtenixson pardon , et pour y parvenir il fait ses excuses ou il s’excuse, afin d’avoir ensuite le droit de demander P au von j car il est rare, qu’on pardonne à une personne qui ne nous a fait aucune excuse. Si l’excuse est la monnaie dont on paie le pardon , ce doit être une absurdité bien étrange que de demander excuse à celui qui doit nous accorder son pardon ; car, avant de donner, il doit r< revoir quelque chose en échange de ce qu’il donne : C’est demande!

impertinences. Vraiment , je crois que la peur d’être obligé de se battre l’a rendu fou tout-àfait. .

J’ai eu bien du mal (1) à persuader à votre jeune frère qu’il avait eu tort de se ranger de (2) l’avis de son cousin j mais l’expe’rienee vient de

de l’argent à un marchand pour lui acheter sa marchandise. Ainsi, les baladais du boulevard qui croient dire une grosse sottise , en disant : je vous demande bien pardon , si je vous demande excuse , «ont pLt« d'accord arec le bon sens qu’ils ne le pensent; cependant , ils ont dit au public de rire , et tout le inonde eh rit , c’est-à-dire , les badauds. Il y a des badauds partout , mais on a donné la préférence à ceux de Paris. — Les bons écrivains ont toujours dit : demander pardon et faire des excuses. L’offensé seul pourrait demander et même exiger des excuses , ou qu’on b’ excusât près de lui ; mais l'amour-propre offensé se tait, ou demande réparation ; il croirait trop s’humilier en demandant des excuses.

(i) Tai eu bien du mal, pour fai eu bien de la peine ou des peines , est une locution que la liberté seule de la conversation peut permettre ou tolérer ; on doit toujours éviter de l’écrire ; car avoir du mal ne peut signifier absolument avoir de la peine. Ainsi donc: on a bien du mal à vivre; j'ai eu du mal à me procurer votre adresse ; sont des locutions vicieuses quoique généralemeut employées. On doit dire : on a bien de la prix s à vivre ; etc. , etc. , etc.

(a) On confond généralement se ranger de avec se ranger à , et réciproquement.

D’après les meilleurs écrivains et l’académie , se ranger du parti de quelqu’un , c’est s’unir avec cette personne contre uu autre parti d’un intérêt contraire , comme : ranoeons-novs du parti des destins et des dieux. — Se rangera, d’après les mêmes autorités, s’il s’agit d’un avis ou d’une opinion , c’est déclarer positivement qu’on l’adopte : tout le monde se rangs a’ votre avis , a votre opinion , etc, • •

me donner raison J’espère qu'à l’avenir il voudra bien consulter les personnes qui ont plus d’expérience que lui. Heureusement que le danger dans lequel il s’est jeté n’est pas immi~ nent (i), et qu’il s’est déjà trouvé dans des circonstances pis (2) que celles-ci. Ce qui me

(1) Éminent, e-, imminent, e. La nuance délicate qui constitua la différence qui existe entre ces deux adjectifs échappe souvent aux esprits les mie"X exercés, toutes les fois que ces deux mots peignmt également l'idée d’un malheur , d’un péril , d’un danger très-grand et inévitable. — Imminent vient du latin imminere qui signifie être meuacé de près , être à l’instant même de tomber duns le danger, et nous dirons de César , entouré de ses assassins : il était dans un péril imminent. Mais pour marquer l’éloignement du danger, du péril , qui, quoiqu’évident, grand et inévitable , no se trouve pas toujours au moment de nous saisir , nous changeons imminent en éminent, et nous disons : considérez mieu x ; vous vous mettez dans un danger émisent. Celui - ci s’envisage avec crainte , l’autre s’envisage toujours avec effroi.

(2) Rien n’est plus commun que d’entendre pire pour pis , et réciproquement.

Pire est toujours un adjectif des deux genres au comparatif, et au superlatif lorsqu'il est précédé de l’arti.ie. 11 prend une s au pluriel , comme : les gouvernemens seraient peut-être tires , s’ils venaient à manquer d’opposition.

Les tires des ennemis des Rois , ce sont les flatteurs qui en font <les tyrans. Les tires des ennemis des peuples ce sont les tyrans ; donc les flatteurs sont les pires de tous les ennemis.

Pis est un modificatif invariable. Il exprime le contraire de mieux pour des objets d'une nature indéfinie , indéterminée, sous le rapport du genre et du nombre, comme lorsqu’il se rapporte à rien, ce, eela , le, il, etc., etc., comme: rien n’est Pis qu'un mauvais gouvernement. Ce que vous dites est pis encore , etc. , il peut être employé comme un indéfini : Is pis de l’affaire est ,que.... il met les choses au ns.

( iG4 )

fait plaisir encore, c’est qu’il est bien portant (t) et qu’il paraît n’être nullement affecté de ce qui vient de lui arriver.

Ce» te gèanne (2) , qui a près de sept pieds droits (3) de haut, dépense beaucoup d’argent pour se subsla 'lier (4). Fixez- la (5) bien et vous

Il fait encore les fonctions d’adverbe: il en dit ns que pendre ; au ris aller , ou pis faire .

Tant Pian, de mal en ruiB , sont des locutions vicieuses, on doit dire : tant pis , de mal en pis.

(1) Portant-e , ne peut être un adjrctlf verbal dans le sens de $e porter bien ; ainsi : cette dame est bien portant!! est un barbarisme , on doit dire : cette dame se porte bien.

Portant ne peut être adjectif verbal que dans le sens des deux exemples suivans : U a été tué d’un coup de pistolet à bout portait ; su figuré , et très-familièrement : il lui dit des injures à bout PORTANT , pour en face.

(2) Quoique p usieurs écrivains se soient servi de géanne ponr géante , les meilleures autorités sont et seront toujours pour le dernier aussi long -temps qu’on écrira géant au masculin avec un t final.

(3) Pied droit est un terme d’architecture pour signifier la partie du jambage d’une porte ou d’une fenêtre , etc. , etc. Pied droit est encore l’opposé de pied gauche. — Ici il s'agit d’une mesure géométrique de 12 pouces de Ion et l’on doit écrire pied-de-Roi , qui est le nom de cette mesure ; on prononce pied v'roi , par et que l’e sans accent , renfermé dans la préposition de , se trouve précédé d’un son plein p etc. j etc.

(4) On doit prononcer et écrire sustenter, quoique quelques auteurs ( la Fontaine entre autres ) écrivent subs tante r, qui autrefois se prononçait ainsi , en faisant sonner le é ; il n’en est pas moins vrai de dire que la prononciation et l’orthographe de ce mot ont changé , et qne les premières autorités l’écrivent et 'le prononcent sustenter , ici on doit dire : pour sa subsistance ; sustenter ne pouvant être un verbe réfléchi. ( Voyez Richelet , Péraud , Trévoux et Y Académie ).

(5) Fixer, pris dans le sens de regarder, est une faute grossière;

verrez qu’elle a au moins dix-huit pouces de plus que voire frère le tambour-major. Voyez , elle vient de désagrafer (1) son manteau, pour vous montrer la beauté de sa taille. Gomme elle est brillante , et bien habillée ! ! Toutes ces chaînes que vous lui voyez au cou , ne sont pas d’or, mais bien de similor ; c’cst un métal (2) qui imite parfaitement l’or. L’homme qui la fait voir • a Pair bien minable , (5) et aurait besoin de se faire habiller de ne a F. (4) Il est vrai que son

car fixer n’a jamais voulu dire autre chose que rendre fixe , stable , constant, se déterminer-, mais de ce qu’on a dit fixer ses regards, pour regarder avec une attention toute particulière , plusieurs Gascons, dit Voltaire, hasardèrent de dire : j’ai fixé cette dame , pour j'ai fixé mes regards ou mes yeux sur cette dame ; delà est venu le mauvais usage qu’on fait généralement du verbe fixer, en lui donnant la signification de regarder. ( Voyez Voltaire questions encyclopédiques ).

(t) D’après les meilleurs dictionnaires, désagrafer est un barbarisme , on doit dire dégrafer , lorsqu’il s’agit de détacher une chose qui est attachée avec une agrafe , et nous disons : dégrafer un habit, une jupe, etc.

(2) Métal indique un métal quelconque , pur , simple ; métail, une composition de métaux , ou un mélange dau lequel il entre quelques métaux; l’or est un métal-, le similor est un métail.

(3) Minable , ne se trouve dans aucun auteur ni dans aucu i dictionnaire , c’est un vrai barbarisme , et on doit toujours se servir de misérable.

(/,) A’ nerf et de neuf sont deux locutions adverbiales qui ne signifieut pas absolument la même chose. — A’ neuf se dit de choses qu’on raccommode, et qu’on renouvelle, comme: refaire un bâtiment neuf. — Remettre un tableau a' neuf, etc .— de neuf signifie qu'on a laissé le vieux pour prendre du neuf : Ce Seigneur vient de faire habdler ses gens de NEUF , pour dire qu'il leur a fait prendre des habits naufs.

habit rapièceiê (1) , couvert de lambeaux de différentes couleurs , contraste assez bien avec le manteau royal que cette Géanne porte avec beaucoup de noblesse. Remarquez-vous que ce qu’elle porte à la main , est une serviette à linteau (2) qu’elle aura sans doute échangée contre son mouchoir dans quelque taverne. Enfin ce mélange apparent de luxe, de pauvreté et de profonde misère, loin qu’on lui porte envie t3), iir-pirc , au contraire , des seniimens outra gaux (<>) pour la société.

Ce sourd-muet (5) est un être bien malheureux

(1) Rapiécer, rapiécetef , rapetasser.*- Rapiécer, c'est mettre ou remettre de» pièces. Rapiiceter , c’est remettre sans cesse de nouvelles pxces , ou mettre beaucoup de petites pièces. Rapetasser , c’est mettre grossièrement des pièces et les entasser.

(1) Linteau . — On .-appelle de ce nom une pièce de bois dont on se sert pour soutenir la maçonnerie. Liteaux , au contraire , se dit des raies colories qui traversent les toiles d’une lisière à l’autre; 011 doit donc dire: des serviettes ou des nappes à liteaux.

(3) D'après le P. Bouhours , porter envie ne peut se dire que des personnes , et envier des choses t on ne doit pas snriEn. le bien d’autrui ; le sage ne porte envie à personne . Je ne sais jusqu’à quel point cette remarque est juste ; mais je sais que de très-bons écrivains ont fait usage du verbe envier, eu parlant des personnes comme des choses ) c’est au lecteur éclairé à décider.

[n) Outrageux et outrageant sont français pour signifier le même adjectif. Outra 'eux se dit également des personnes et des choses, tandis qn 'outrageant ne peut se dire que des choses , c’est de ce dernier qu’il faut se servir ici.

(5) On confond généralement soard-müet avec sourd et muet . Je vais tâcher de résumer ici les excellentes raisons que nous dodue M.r Butet , dans son manuel des amateurs de la langue ,

sur la terre; il est perclu { i)de tous ses membre^ depuis près de dix ans. La vie qu’il mène doit lui paraître bien ennuyeuse (2; et bien cruelle: car

sur la différence qui existe entre ces deux dénominations . — cc Sourd et muet , dit il , désigne un individu muet en même » temps qu’il est sourd , mais chez lequel le mutisme est indo- » pendant de la surdité . — Sourd-muet convient à une personne » muette , en même temps qu’elle est sourde , mais chez laquelle » le mutisme n’est qu’une conséquence de la surdité. Ou pourrait » rendre l’ouïe au sourd et muet, sans qu’on eût lieu d’espérec » qu’on pût lui donner l’usage de la parole ; si l’on faisait entendre » un sourd-muet , il est plus que probable que bientôt il expri- » merait ses idées à l’aide de signes articulés. Ainsi ces deux » dénominations différent en ce que l’une est un terme composé » ( sourd-muet ) , et l’autre un terme complexe d’une proposi- » tion, ( sourd et muet), etc. , etc. Il se pourrait faire que ce qu’on » doit appeler ordinairement un sourd-muet fût un sourd et muet', » c’est-à-dire, qu’étant sourd de naissance, il fût en mèine-temps, » indépendamment de cette infirmité , muet par vice d’organisa- » tion ; mais cette rencontre fortuite et indépendante dé ces deux T) infirmités, existe peut être une fois sur mille, quand l’inverse » a lieu dans le cas contraire : voilà pourquoi on doit dire » l’institution des sourds-muets, et non l’institution des sourds y> et muets , etc. , etc. » Qu’on rectifie les idées , et le langage prendra la forme convenable à la rectitude dos conceptions.

(1) On doit écrire perclus et non perclu ; car le féminin de cet adjectif est percluse et non perdue. Le « final au masculin doit être considéré comme une pierre d} attente et non comme un caractère orthographique, etc.

(a) On risque de se tromper grossièrement si l’on emploie ennuyeux et ennuyant indifféremment. — L’opinion de M.r La veaux, quoique contraire à celle qu’ont émise Ja plupart des grammairiens sur ce sujet, me paraît être sans réplique ; la voici : oc en- » nuyant indique assez , par sa terminaison active , qu’il doit » être appliqué à une action ; et ennuyeux par sa teiminaison » indique une qualité inhérente au sujet auquel on l’applique.

il n’est au monde que pour souffrir !

Faites-moi le plaisir d 'éclairer (x) ce Monsieur;

*> Ainsi l’on peut dire, suivant les circonstances, ennuyant ou s ennuyeux des choses et des personnes. Un homme ennuyeux ■» est un homme qui , par sa simplicité , par sa sottise , par s l’habitude de bavarder ou d’importuner de toute autre manière, » a tout ce qu’il faut pour ennuyer. Un discours ennuyeux est y> un discours long et diffus , qui , n’ayant ni suite ni liaison , ni a intérêt , ne peut être lu ou entendu sans causer de l’ennui. Ua a homme ennuyant est nn homme qui ennuie actuellement par sa » présence , scs discours ou de quelqu’autre manière. Un discours » ennuyant est nn discours qui ennuie actuellement , soit parce •a qu’il est mal fait, soit parce qu’il est mal débité» Un homme » peut être ennuyant , sans être ennuyeux , c’est-à-dire , qu’il a peut , par défaut d'attention et de jugement , faire des choses » qui ennuient , quoiqu’en général il ait toutes les qualités néces- » saires pour être agréable , et qu’il le soit ordinairement ; etc. etc.

Il n'y a pas d'homme qui ait assez d’esprit pour n' être jamais

JSnytJTAltT.

Une autre preuve , dit M.r Girault Duvivier , qu’ ennuyeux se dit d’une qualité particulière au sujet auquel on l’applique , c’est qu’on fait ennuyeux substantif , et qu’ennuyant ne l’est jamais :

TjC plus souvent ici l'on parle sans rien dire ;

Et les plus BtnrvTEVx 'savent s'y mieux conduire,

( Volt. )

(i) Éclairer. Ce verbe est tout à la fois actif transitif et actif intransitif, suivant la nature de l’affirmation que l’esprit a en vue.

i,® L’Acadéinio veut que ce Verbe soit actif transitif, toutes les fois qu’il e’t pris au figuré et qu’il signifie: communiquer de la lumière à l’esprit, avertir l’âme ou le coeur, et Rousseau a dit: r la vive et tendre amitié qui nous unit dès le berceau s nous a, a pour ainsi dire , éclair* le cmvn de bonne heure sur toutes a les passions. »

o." L’Académie veut encore que ce verbe devienne actif intransi Hf , c’est-à-dire, qu’il soit sans régime direct, toutes les fob

( ïfc) )

il pourrait lui arriver quelque malheur ; ee qu’il porte est casuel (1) , et la moindre des choses pourrait le faire tomber.

Ce chien est de bonne guette (2); aussitôt qu’il

qu’il signifie apporter de la lumière a' quelqu'un , ou faire en. sorte quJil voie clair , en approchant de lui la lumière ou en V accompagnant avec la lumière , etc. , et nous devons dire : éclairez a' Monsieur ; éclairez a' ces Dames ; éclairez-LEVR , etc., et non: éclairez Monsieur , ces Dames ; éc lairez-les , etc., en effet, éclairer , ici , est employé pour un verbe transitif suivi de son régime direct, puisqu’il est pour apporter de la lumière , et par conséquent ne peut être suivi que du dernier complément qui convient à ce même verbe apporter ; car , s’il en avait nu autre, il cesserait de le représenter dans l’objet de son affirmation. Ainsi un verbe concret peut renfermer tout à la fois un verbe , un attribut et un régime direct : éclairer peut donc signifier être apportant de la lumière , et dans ce cas , il ne peut être suivi que du dernier complément a ’ quelqu'un qui est le seul qui convienne à l’objet de son affirmation.— Je n’ai eu recours à l’autorité, eu . citant l’Académie , que parce que MM.» Laveaux et Furetière sont d’une opinion contraire à cet usage , et que les meilleures raisons peuvent toujours paraître suspectes lorsqu’elles se trouvent en opposition avec celles de deux philologues aussi célèbres. •— ( Voyez Chapsal , dict. gramm. )

(1) Casuel, pour cassant , est un barbarisme. L’idée de modification attachée à cet adjectif se trouve renfermée dans les mots : fortuit , accidentel , qui peut arriver ou n’arriver pas: Je ne sais si cette spéculation vous réussira , cela est fort casuel. On dit également que le casuel d’une boutique est très-considérable , pour signifier la vente sur laquelle on ne compte pas absolument, qui peut arriver ou n’arriver pas , etc. Ainsi , dire que la porcelaine est casuelle y c’est se servir d’un mot pour un autre, on doit dire: fragile ou cassante , etc.

(2) De bonne guette n’ost pas français , on doit dire de bon guet : les oies sont de bon guet , etc. Guet se dit de la fonction d’un soldat placé on sentinelle, être an guet ; faire le guet ; etc. Guet

ientend le moindre bruit, il se met à aboyer. Ce fut en vain, dernièrement, que pour l’appaiser, quelques gardes-nationaux (1) lui jetèrent des morceaux de franchipane (2); il continua toujours à aboyer, et après avoir flairé (3) ce qu’on lui jetait, il s’avançat , comme un furieux, sur les personnes qui cherchaient à le corrompre.

se dit encore d'un certain nombre de soldats qui font la de nuit , pour voir si tout est tranquille : guet à pied ; guet à cheval , etc. , etc. — Guette est un terme de charpentier pour une demi- croix de S.*- André posée en contre-fiche dans les pans de bois de charpente. Ainsi, dire qu’un chien est de bonne guette , c’est dire une absurdité.

(1) Garde nationaux n’étant point un substantif composé, doit être écrit sans trait d? union. — Lorsque ces deux mots sont employés pour signifier un ou plusieurs individus, faisant partie ds , la garde nationale , il doit être du masculin : un garde national ; quelques gardes nationaux , etc. Mais si nous nous servons de ces deux mots , dans un sens collectif, il devient substantif féminin , comme : la garde nationale ; les gardes nationales , etc.

(») On doit dire frangipane ; franchipane est un barbarisme.

(3) On confond souvent fleurer avec flairer. — Fleurer est un verbe . intransitif qui ne peut être suivi que d’un adverbe ou d’un régime indirect , comme : cette soupe fleure son ; cela fleure comme baume. Dans ce cas , il signifie répandre une odeur quelconque , exhaler une odeur ; il renferme donc son régime direct.— Flairer , au contraire , est un verbe transitif qui peut toujours être suivi d’un objectif, ainsi nous disons: flairer une rose s ces chiens flairent le gibier , etc. Dans ce cas , il signifie, au propre, sentir par l’odorat , etc. Ainsi , ceux qui disent : cela flaire comme baume , s’expriment mal , car flairer doit être suivi d’un régime direct puisqu’il est actif transitif ; on doit dire : fleure comme baume , etc, ( (jramoi, des gramm. )

TABLE des MATIÈRES.

Fages.

jVoTioxg pkélimixaires. — Su Verbe en général 7

Su Subjonctif

Ses différentes espèces de propositions

Le Subjonctif appartenant à la proposition svborvonitêe ....

Chap. I.er Ç. 1. Ses verbes qui gouvernent le subjonctif , etc.

Remarque. — Subjonctif ou infinitif

Observations sur le verbe ordonner

$. 3. Avoir besoin , se rendre digne . etc

§. 3. Supposer , attendre , entendre , etc. , etc

§. 4. Se soucier, s’inquiéter suivis de que

$. 5. Se l’emploi de ne négation et explétif.

Note (1) sur ne explétif

§. 6. Craindre , trembler , appréhender, etc

Note (1) sur an , année s jour , journée , etc

Remarques sur le §. 6 »

Note (il sur lorsque et quand, etc

Note (1) sur amnistie et armistice

Ç. 7. Empêcher interrogatif et négatif. ,

<5. 8. Nier, disconvenir, désespérer .

Note (i) Rancunier , et non rancuneux

§. q. Prendre garde , se donner de garde , etc

<5* 10. Se défier avec ou sans ne

Note (1) Défier et méfier- synonymes

<5. 11. Tarder, impersonnel ;

Note (il sur la dénomination impersonnelle

(. 13. Il semble dans le sens affirmatif.

Remarques. On dirait, signifiant il semble...

Note (1) la proposition subordonnée avec le subjonctif ou

l’indicatif.

<j. i3. Tenir, impersonnel, etc. , etc.....

§. 14. Être gouvernant le subjonctif.

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