LA MATERNELLE ASSISTANCE DE MARIE
Oui ! c'est ici la plus douce, la plus suave consoîntïon de l'âme religieuse, dans la voie du sacrifice. Vita! duîcedo f Mais comment parler de ce mystère d'amour, de joie, de paix, de céleste douceur, de ravissante vie? Marie est pour tous les enfants de l'Eglise, les âmes rachetées par le précieux Sang di JÉSUS, une mère, une amie, une protectrice une conseillère, une reine pleine de bonté, une médiatrice pleine de sollicitude, un cœur tout amour ! Ah ! Marie ! Qui réussirait à dire ce qu'elle est pour nous, pauvres exilés, aurait fait un prodigt inouï. Mais cela ne se peut. Marie est un cœur d'une incomparable tendresse, d'une inexprimable dévouement. Marie, c'est le chef-d'œuvre de l'amour du cœur d'un Dieu qui esl fOD Fils. Il faut nous ai-ètpr f'aus ce discours ; mais de
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grâce, que jamais, jamais notre cœur ne s'arrête à contempler, à louer, à aimer ce cœur unique, ce cœur de mère, à se reposer en ce cœur, à vivre dans ce cœur, notre vie, notre unique vie en Jésus 1
Eh bien ! Marie, l'unique Marie, est tout cela d'une manière merveilleuse, ineffable, pour tous les enfants de l'Eglise, Mais elle l'est d'une manière tout à fait à part, reconnaissons-le, proclamons-le avec amour, pour l'âme cengieuse, pour l'épouse de son Bien-Aimé, pour la victime du Cœur de son Bien-Aimé, car toute âme religieuse porte à bon droit ces titres magnifiques : épouse, vict»!ïje dîi Coeur de son Bien-Aimé. Aussi, voyons au BQCSSg sommairement (car ce que nous aurions à èUe en détail sur ce beau sujet demanderait cent et mille volumes), voyons comment Marie est la vraie protectrice et quelquefois même la fondatrice des ordres religieux, et de quelle manière touchant» elle est leur mère, leur reine, leur directrice, leur conseSlèro, leur avocate, leur amie, leur consolatrice, leur modèle, enfin tous les biens réunis. Jetons un coup d'œil sur l'histoire.
Le Carmel paraît être l'ordre religieux le plus ancien. Quelques auteurs paraissent en douter, mais comment pourrait-on lui refuser cet honneur, puisqu'il a ses premiers fondateurs dans l'Ancien Testament lui-même? Or, qui est la gloire du Carmel? C'est Marie, Regina décor Carmeli^. L'Eglise, dans ses offices, s'en explique formellement. L'ordre du Carmel, c'est l'ordre spécial de Marie.
i Invocatioa agouté« aux litanies de la très sainte Vierge dans les monaildrat da Carmel.
Après cet ordre si privilégié , plaçons celui de saint Benoît. Il est le plus célèbre en Occident. Or, c'est Marie qui a été la promotrice de ce grand institut monastique. Il faut voir avec quelle piété une illustre fille du saint patriarche, la R. M. de Blémur a montré que Marie l'avait préparée elle-même à sa grande et glorieuse mission. Elle rappelle la vision de la Très Sainte Vierge au B. Alain de la Roche, dans laquelle cette Mère d'amour déclare ellermême que la source des grandeurs de saint Benoît et la gloire qu'il possède d'être le patriarche des religieux d'Occident, sont un effet de sa piété envers elle*.
Passons à l'ordre si justement célèbre des Chartreux. — La tradition qui se rattache au sanctuaire de Notre-Dame de Casalibus nous apprend assez ce que Marie, dès le commencement de ce vénérable institut, montra de sollicitude, de tendresse et d'amour pour ces saints solitaires.
Quelques années plus tard, nous sommes en présence ne l'ordre de Cîteaux, de cette admirable réforme dont saint Bernard fut la plus grande gloire. Or, à qui faut-il rapporter l'honneur de cette institution religieuse? A Marie, toujours à Marie. Non-seulement les plus anciens écrits de l'Ordre, mais la bulle même d'un pape, l'attestent "^ Du reste, nommer saint Bernard, n'est-ce pas rappeler un des plus dévoués serviteurs de Marie et dire ce que fut cette Mère d'amour, pour tous ses monastères?
hous arrivons à saint François et à saint Dominique. Chacun de leurs grands ordres a un berceau dont le nom est
< IjCS Grandeurs de Marie, [ar la M. Je Blcinur. liv. I, chap. Lvu, — - Bull« h Gr^goii-ç X, en li76.
d'une douceur infinie, pour les enfants des deux saints patriarches : Notre-Dame de la Portioncule et Notre-Dame de Fouille.
Deux autres ordres sont célèbres, dans le siècle qui vit naître ceux des Frères Prêcheurs et des Frères Mineurs, ce sont les instituts des Servites et celui de la Rédemption des captifs. Marie demanda elle-même, dans diverses apparitions, la fondation de l'un et de Tautre. Tous les Religieux connaissent la pieuse histoire des Sept nobles Florentins et celle de saint Pierre Nolasque.
Mais voici apparaître au xvi* siècle une nouvelle milice, pleine d'ardeur et de sainte vaillance. C'est la Compagnie de JÉSUS. L'Eglise avait besoin de ce puissant secours. Saint Ignace se présente avec ses intrépides soldats du Christ. Il doit faire cependant, avant d'engager le combat, sa veillée d'armes, suivant les règles de la chevalerie chrétienne. Or, c'est dans un sanctuaire de Marie, à Mont-Serrat, qu'il se prépare à combattre les ennemis de Dieu et de la sainte Eglise.
Depuis ce grand siècle qui fut témoin du Concile de Trente, desmiliers de congrégations diverses ont été fondées; mais toutes, sans exception, sous un nom ou sous un autre, se font gloire d'honorer spécialement Marie et de la reconnaître pour leur Souveraine. Il est impossible de les nommer toutes ici; et parce que notre vénération est égale pour toutes, nous n'en désignerons aucune en particulier; mais il n'en est pas une seule qui n'acclame avec joie et bonheur Marie, sa très douce espérance.
Ah ! qu'elles cul icison I Ls reN)nnaîssance leur en fait d*abord un devoir. Toutes le? béoéaiclions dont elles jouis-
sent, toutes les grâces reçues viennent-elles d'ailleurs quft des mains et du cœur de cette tendre More? Chaque membre en particulier ne doit-il pas à son amour sa vocation religieuse? Oui ! c'est à l'amour de cette Mère aimable qu'il est redevable d'avoir quitté les vanités du siècle et de s'être voué à Dieu. C'est pourquoi si les instituts veulent prospérer et faire l'œuvre pour laquelle ils existent, qu'ils aient soin d'avoir pour Marie la plus sincère, la plus vraie, la plus affectueuse dévotion ! Qui travaille sans Marie travaille vainement. JÉSUS lui-même n'a pas voulu faire sans Elle l'œuvre pour laquelle il venait ici-bas, l'œuvre de notre Rédemption — Donc, dans tout ce qui concerne la vie intime comme la vie publique des congrégations monastiques, constitutions efc règles à créer ou à perfectionner, ou à ramener à la ferveur première, — direction des noviciats, admission des sujets, profession, élections, fondations nouvelles, — difficultés à résoudre, épreuves à traverser, — persécutions a subir de la part du monde; — dans tous ces cas, dans ce qui intéresse une famille religieuse, que toujours Marie soit sou étoile, toujours son espérance, toujours le secours qu'elle implore ! Si l'institut s'occupe de quelque œuvre de zèle : orphelinat, petites écoles, pensionnat, soin des malades, des vieillards, des infirmes, etc., qu'il fasse aimer Marie, qu'il la fasse honorer et glorifier par toutes ces âmes et qu'il soit assuré, d'une assurance inébranlable, que cette Reine généreuse rendra tant de zèle, au centuple, en biens spirituels. C'est l'histoire de toutes les congrégations ferventes. Ah ! certes, Bi Marie est bonne envers elles avant qu'elles aient rien fait pour son honneur, dés Tcur berceau, dès leur naissance, quels se doiveni; pas écre zoii ùn^O'ir^ oa sollicitude et àou
maternel dévouement, quand ses enfants, toutes les âmes religieuses, répondent à ses vues par leur ferveur et leur reconnaissance !
Ne pouvant nous étendre davantage (et c'est une peine pour nous), nous supplions l'àme religieuse de lire ici (ou en tout autre temps, mais dès qu'elle le pourra, si elle ne l'a déjà fait, et même alors de lire de nouveau et souvent) quelques-uns des chapitres que le P. Poiré, jésuite, dans sa Triple Couronne de la Mère de DieUj ou la R. M. de Blémur, dans son livre les Grandeurs de Marie^ ont consacrés aux bontés de cette incomparable souveraine. Celte lecture est du miel dans la bouche.
Marie est donc la protectrice spéciale des instituts religieux. Admirons maintenant comment elle est le modèle parfait de chaque âme religieuse.
Ici encore c'est en bien peu de mots que nous sommes forcés de traiter ce beau sujet.
Marie a pratiqué éminemment toutes les vertus religieuses. Marie a été le modèle parfait des âmes vouées à Jésus par les saints vœux. Mais qui ne le sait ?... Pauvreté, chasteté, obéissance de Marie ! Humilité, modestie, silence, mortification, fidélité, charité de Marie ! tous les panégyriques de cette aimable Mère retentissent des louanges que tant de vertus lui méritent ^ Le ciel et la terre l'acclament comme
i Non-seulement Marie a pratiqué les vertus religieuses , mais c'est une ancienne tradition conlirmée par de graves auteurs, l'.ibbé Rupert, par oxoniple (Comra. in Cant., lib. V, Patrol., t. CLXVIII, col. 918), et Denis ieCJiartreux ^in 1 sent. dist. 16, q. 2), qu'après l'Ascension de N.-S., Marie dirigea une commuuauié de viergea 3t qu'elle-oiéme , la diviae Maîtresse de la pwteciioa , avait
étant un parfait miroir de justice et de sainteté. Mais après tant d'acclamations, ni la parole humaine ni les cantiques angéliques n'ont assez dit à quel degré de perfection elle s'est élevée, dans la pratique de ces vertus. Il faudra toujours en revenir à nous contenter d'avoir dit que tout en Elle est ineffable, et à nous taire, donnant par ce silence même le dernier témoignage de notre admiration.
Ce que nous confessons de notre impuissance à dire ses vertus religieuses regarde aussi son esprit de victime. Ah ! dans la voie du sacrifice, Marie ne se sépare pas de Jésus. La victime parfaite après Jésus, c'est Marie. Avec Lui, elle s'offre au Père ; avec Lui, elle s'immole: toutes les dispositions de JÉSUS sont les siennes. On peut dire qu'avec Lui elle ressuscite et qu'avec Lui aussi elle monte au ciel, sa vie sur la terre après l'Ascension de Jésus, étant toute céleste. Marib victime de Dieu dans l'unité de son adorable sacrifice, et Marie victime du cœur de Jésus ! quel sujet de méditation, de contemplation, de louange, d'admiration ! et pour l'àme religieuse, quel doux et aimable et mille fois attrayant sujet d'imitation U
Donc, que l'âme religieuse vive d'union avec Marie I Avec elle, cette voie de crucifiement et de mort, dans laquelle la
fiaitle« vœux religieux. On dit que ces heureuses vierges étaient au nombre de cent vingt. Sainte Marthe, sœur de Lazare , qui fonda plus tard en Provence, dit le Bréviau'e romain (au 20 juillet) , une communauté de pieuses femmes, aur.iit clé du nombre. C'est ce que dit expressément la M. de Blémur (Grandeurs de la Mère de Dieu, IV* partie, ch. xlv). El il ea serait de même de sainte Mac J.^îoir.a. Ohl l'heureuse communauté qui avait pour supérieure Marie! — t Nous nvons essayé de traiter ce beau sujet dans le? chapitres xx , xxi ut xxil de l'ouvrag» intitulé : dt l'Union à U.S. Jésus-Christ dans sa vie de Vi€t\m€é
rolonté de l'Epoux divin l'invite et l'attire, cette voie qui Q'est autre quo la voie douloureuse du Calvaire, sera facile à suivre. Le glaive de l'iramolntion, le feu ardent de l'holocauste seront à sa nature délicate et rebelle moins douloureux. La raort, la mort parfaite à tout l'humain viendra, il le faut bien ; mais, sous le regard si doux de Marie, en sa compagnie tout aimable, la mort sera plus douce.
Nous le disons à toutes les âmes consacrées : Vivez d'union, vivez d'intime union avec iMarie* Mais assurément toutes celles qui ont quelques années de profession, ont fait déjà l'aimable expérience de cette union et des biens merveilleux qu'elle procure aux vrais enfants de cette unique Mère.
Nous le disons donc surtout aux novices. Ah ! ces chères âmes, délicates et faibles encore, qu'elles aient soin de toujours se tenir auprès de leur très douce Mère ! Bientôt nous leur dirons quelle est l'idée exacte qu'elles doivent se faire du noviciat ; or, cette idée est grave, austère, mais elle est vraie. Qu'elles se cachent donc amoureusement sous le manteau, bien près di\ Cœur de la Reine d'amour !
Mais il nous faut ici céder la parole sur ce sujet à un des maîtres des novices les plus autorisés qui furent jamais, le célèbre Thomas à Kempis. 11 s'adresse précisément aux jeunes âmes qu'il avait à former à la vie parfaite. Ecoutons-le. Ces paroles sont une heureuse et délectable transition au deuxième livre de cet ouvraga:
\ Nous avons pareillement traité ce sujet spécial dans un petit ouvpaj»e intitulé: la Vie d'union avec Marie, Mère de Dieu. 1 vol. iu-18 de 410 paj^es, 5* édii.
« Quand vous serez dans la tribulation, si vous voule! avoir quelque soulagement, allez à. la Mère de Jésus, allez à Marie. Si, dans sa malice, l'ennemi travaille à vous détourner des louanges de Jésus et de Marie," mettez une nouvelle ardeur à invoquer Marie, à saluer Marie, à honorer Marie. Oui, glorifiez toujours Marie, inclinez-vous en l'honneur de Marie, recommandez-vous à Marie. Demeurez en votre cellule avec Marie, observez le silence avec Marie, réjouissezvous avec Marie, affligez-vous avec Marie, travaillez avec Marie, veillez avec Marie, priez avec Marie, marchez avec Marie, asseyez-vous avec Marie. Avec Marie, cherchez Jésus; avec Marie, portez Jésus entre vos bras ; avec Marib et Jésus, établissez votre séjour à Nazareth. Allez avec Marie a Jérusalem, tenez-vous avec Marie au pied de la croix de Jésus. Avec Marie, pleurez Jésus; avec Marie, ensevelissez Jésus; résuscitez avec Marie et Jésus ; montez aux cieux avec Marie et Jésus : que tous vos désirs, en un mot, soient de vivre et de mourir en la société de Marie et de