I. Elle est simple
Nous avons défini précédemment* la simplicité en disant qu'elle est l'unité. En effet, la simplicité ne voit que Dieu seul en toute chose, sa volonté, son bon plaisir, ses intérêts, sa gloire. L'obéissance simple est donc celle qui ne voit que Dieu dans le Supérieur, la volonté de Dieu dans celle de son Supérieur, et qui exécute cette volonté sainte en vue de Dieu, pour son amour et pour sa gloire. Son regard ne se porte jamais ailleurs Aussi, point de jugement, de comparaison, d'hésitation, de pourquoi^ de comment. Mais Dieu le veut : tout est dit.
Saint Grégoire semble avoir dépeint cette obéissance simple, dans ces paroles :
« Le vrai obéissant est celui qui ne pense jamais à examiner les vues de son Supérieur, qui ne discute point les
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commandements qu'il reçoit, de façon à aimer les uns et et dédaigner les autres; quia soumis simplement toute la conduite de sa vie à celui qui est au-dessus de lui. Sa joie est d'obéir, et il trouve bien tout ce qui lui est commandé; car il ne sait pas juger, celui qui a appris quelle est la vraie obéissance ^ »
Aussi non seulement il ne désire pas que son Supérieur lui dise la raison qu'il a de lui commander telle chose ou telle autre, mais au contraire, il n'est jamais si heureux que lorsqu'on lui indique purement et simplement ce qui est à faire. Il estime que l'obéissance est aveugle.
Saint Louis de Gonzague disait que d'attendre l'exposé des raisons de son Supérieur , ce n'est pas le considérer comme le représentant de Dieu, mais comme un maître habile dans la sagesse mondaine qui réussit plus ou moins à persuader ce qu'il veut. Tous les saints ont aimé cette parfaite subordination de l'esprit et du jugement.
C'est ainsi que l'obéissance est simple.