AVANT-PROPOS XIX
munautés déchues? Ah î certes, pressons-nous,
hâtons-nous de nous mettre à l'oeuvre, et ne rendons plus vaine et illusoire la magnifique et glorieuse grâce de notre vocation !
Dans tous les cas, et lors même que nôtre ferveur porterait des fruits de bénédiction dans la sainte Eglise, ne devons-nous pas, dans les temps si tristes que nous traversons, nous exciter à des sentiments plus généreux et à des oeuvres plus parfaites? Voyez l'état delà société civile ; voyez la multitude de ceux qui conspirent contre l'ordre et la paix ; voyez surtout les angoisses, les tribulations de l'Eglise. Que de mal dans le monde, que de crimes provoquent la colère de Dieu!... Or les âmes religieuses sont, par vocation et par état, médiatrices devant sa Majesté irritée, en faveur du monde coupable. Mais pour exercer ce ministère de réconciliation, quelle sainteté intérieure ne faut-il pas ! Et l'exercerions-nous efficacement si nous ne nous présentions devant Dieu qu'avec l'état de grâce ordinaire qui nous rend sans doute agréables à ses yeux, mais qui évidemment ne peut suffire pour soustraire à sa juste et efiroyable vengeance les infortunés pécheurs?
A toutes les époques les âmes qui lui sont consacrées par la sainte profession ont été des victimes de propitiation, en union avec Jésus, notre unique Médiateur, et avec Marie la Reine de l'expiation ; mais dans ces temps désolés, où nous sommes accablés par tant de sujets de tristesse, où nous voyons Ijim piété et le sacrilège régner et triompher dans la