‹ De l'espritChapitre 25 sur 58 · I> DE X.*B8PRIT · texte numérisé non relu

I> DE X.*B8PRIT

jour» irréparable » potir quiconque veu^ se sendre sapérieur en quelque science ou. eu quelque art que ce soit. Or, de. ce nombre de cinquante qui, diyisé par celuijdesdiyers genres d'étude y ne donnerait qu'un ou deux bommes dans cbaque genre, si je déduis ceux qui n*ont pas lu les ouvrages , yécu avec les hommes les plus propres à les éclairer, et que, de ce nombre ainsi réduit, je retranche encore tous ceux dont la mort, les renyersemens de fortune oudWtres accidens pareils, ont. arrêté les progrès; je dis que dans la forme actuelle de notre gouyemement, la multitude des circonstances dont le concours est absolument nécessaire pour former de grands bommes, s'oppose à leur multiplication , et que les gens de génie doiyent éti^ aussi rares qu'ils le sont.

Cest donc uniquement dans le moral qu'oA doit cbercber la yéritable cause de ^Inégalité des esprits. Alors , pour rendre compte de la disette on de l'abondance des grands bommes dans certains siècles ou certains pays^on^'a plus recours aux influences de l'air, aax. différens éloignemens où les climats sont du soleil , ni à tous les raisonnemeas parefls qui , tonjonrs ré-

DISCOUBS III> CUAPITAB XXYII. SlS

pétés, ont toujours été déioentis par Texpé* rience et Thistoire.

Si la dififérente température des climats avait taut d'influence sur les Âmes et sur les esprits ^ pourquoi les Homains (i) y si magnanimes , si audacieux sous un gouvernement républicain » seraient^ils aujourd'hui si mous et $i efféminés ? Pourquoi ces Grecs et ces Égyptiens qui, jadis recommandables par leur esprit et leur vertu f étaient l'admiration de la terre , en sont-ils au« jonrd'hui le mépris? Pourquoi ces Asiatiques, si braves sous le nom d'Éléamites , si lâches et si vils du temps d'Alexandre , sous celui de Pers«8 , seraient-ils , sous celui ^e Parthes , de-^ Tenus la terreur de Rome , dans un siècle où les Romains n'avaient encore rien perdu de leur courage eX de leur discipline ? Pourquoi les La?

(i) En avouante que les Romains d'aujourd'hui ne ressemblent point aux^anciens Romains, quelques-uns prétendeiit* qu'ils ont ceci de commun, c'est d'être les maîtres du monde. « Si l'ancienne Rome , disent-ils , lé conquit • par ses vertus et sa valeur , Rome moderne l'a ■ reconqub par ses ruses et ses. artifices politi- « qaes; et le pape Grégoire VII est le César de « cette seconde Rome. «

tl4 DS I.' ES PRIT.

cédémonieus , les plus braTcv et les plas tct* tueux des Grecs, tant qu'ils furent Jreligîeiu obwrTBteuH des lois d« hyttutgm y perdirentilf Tme et l'autre de ces répatationâ lûnqttej après il guerre du Péloponaèfiey ils eiuwit laissé introduire Tor et le luxe cheft eux ? Pourquoi ces aucîeus Cattes, si redoutal^es dux Gaulois ^ |i*auraîeiit-iis plus le même courage ? Pourquoi ces Juifs , si souvent défaits par leurs ennemis, montrètent-ilsy sous la couduite des Mjkcbidbées , un ooumgt digue des nations les plus belliqueuses ? Pourquoi les sciences et les arts , tour à tour culliTés et négligés c)iet diiSérens peuples , ont-ils successivement parcouru presque tous les climats ?

Dans un dialogue de Lucien : «t Ce nest point en Grèce , dit la Philosophie , que je fis ma première demeure. Je portai d'abord mes pas vers Tlndus ; et findien , pour m'écoûter, descendit humblement de son âé* phant. Des îndes, je tournai vers FÉtbiopie; je me transportai en Egypte ; d'Egypte je passai à Babylone ; je m'arréttû en Scytbîe , je revins par ta Thraiie. Je conversai avec Orphée , et Orphée m'apporta en OfèGe^»

DISCOURS III, CHAFIT&B XXVII. ai5

Pourquoi la philosophie a-t-elle passé de la Grèce dans l'Hespérie , de THespérie à Coostantinopleet dans T Arabie? £t pourquoi, repassant d'Arabie en Italie, a-4-eUe trouTé des asiles dans la France, l'Angleterre, et jusque ^ le Bord de TEurope ? Paurqiyai netroBvel-on plus de Phocion à Athènes , de Pélopidas àThèbes, de Décîus à Rome ? La température <]e ces climats n'a pas changé : à quoi donc attribuer la transBsigration des arts, des scimces , du courage c^de la Tcrtu , si ce n'est à des causes morales ?

C'est à ces causes que nous devons Vexplication d'une infinité de phénomènes politiques qtfon issaie en J^ain d'expliquer par lé physiipe. Tels sont les conq«étes des peuples du nord , Fesclavage des Orientaux, le génie allégorique de ces mêmes nationé , la sujpérîoritié <ie certains peuples dans eertains genres de scieaces: supériorité qu*on cessera, je pense, 'i'attribaer à la différente température des climats, lorsque j*tturai rapidement indiqué la canse de ces principaux eObts.

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