‹ De l'espritChapitre 28 sur 58 · II · texte numérisé non relu

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sance n'est , à cet égard , enchaînée par çid- ^e préjugé , cpielque superstition ou quelque établissement particulier.' Tel est à la Chine rétablissement d'un tribuns^ d'histoire : tribuaal «gaiement sourd jusqu'à présent ai^ prière» comme aux menaces des rois (i).

^elqu^fois vendu leur patrie ; s'il est forcé de sacrifier ainsi la vérité à la vanité de descea^ans souvent aussi coupables que leurs ancêtres; comment , en ces pays , un ministre ferait41 le bien public ? Quels obstacles ne mettraient point à ses projets des gens puissans , infiniment plo^^ intéressés à la prolongation d'un abus qu'à la réputation de leurs pères ? Comment , dans ces gouvernemens , oser demander des vertus k vn citoyen? oser déclamer contre la méchanceté des hommes ? Ce ne sont point les hommes qoi sont méchans , c'est la législation qui les rend tels , en punissant quiconque fait le bien et dit la vérité.

(i) Le tribunal d'histoire, dit Frérj^j est composé de deux sortes d'historiens. Les nii» sont chargés d'écrire ce qui se passe au dehors du palais , c'est-à-dire tout ce qui concerne le* affaires générales , et les autres, tout ce qui se passe et se dit au dedans , c'est-à-dire toutes les actions et les discours du prince , des mi-

Ce que je dis de Thistoire , je le dis de Téloqueoce. Si l'Italie fut si féconde en orateurs, ce

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nistres et des offîcien. Chacun des membres, de ee triJiunal écrit sur une feuille tout ce qu'il a appris. U la signe et la jette sans la communiquer à ses confrères y, dans un grcuid tronc placé au milieu de la salle où Ton s'assemble. Pour faire connaître l'esprit de ce tribunal, Fréret rapporte qu'on nommé T»sou-4-cbong fit assassiner X-cbouang-chong, dont il était le général(c'était pour se venger de l'affront que ce prince lui avait fait en lui enleyant sa femme). Le tribunal de iliistoire fit dresser une relation de cet événement, et la mit dans ses archives. Le général en ayant été informé , destitua le président, le condamna à mort , supprima la relation et nomma un autre président. A peine celui-ci tut-il en place , qu'il fit faire de nouveaux mémoires de cet évén«nent pour remplacer la perte des premiers. Le général , iustruit de cette hardiesse , cassa le tribunal , et en fit périr tous les membres. Aussitôt l'empire fut inondé d'écrits publics , où la conduite du général était peinte avec les couleurs les plus noires. D craignit une «édition , il rétablit le tribunal de l'histoire.

Les annales de la dynastie des Tang rapportent un autre, fait à ce sujet. Ta-i-t-song, second

2 44 DK i^'espait.

n*est pas , comme l'a soutena la savante imbécillité de quelques pédans de collège, que le toi de Rome fût plus propre que celui de Lisbomie ou de Constantînople à produire de grands orateurs. Rome perdit an même instant son éloqorace et sa liberté ; cependant nul accident arrivé à la terre n'avait , sous les empereurs , changé le climat de Rome. A quoi donc attribuer la disette d'orateurs où se trouvèrent alors

empereur de la dynastie des Tang , demanda un jour au président de ce même tribunal qu'il lui fît voir les mémoires destbés pour l'histoire de son règne. « Seigneur, loi dit « le président , songez que nous rendoos nn « compte exact des vices et des vertus des soo- « veraîns; que nous cesserionsd'étrelibres sivous « persistiez dans votre demande... £h quoi ! loi « répondit l'empereur, vous qui me. devez ce que « vous êtes, vous qui m'étiez si attaché, voudriei- « vous instruire la postérité de mes fautes, si j'en « commettais ?... U ne serait pas 9 reprit le pré- « sident, en mon pouvoir de les cacher. Ce « serait avec douleur que je les écrirais ; mai^ « tel est le devoir de mon emploi , qu'il m'o- « blige même d'instruire la postérité d» la con- « versationquevous avez aujourd'hui avec moi. »

DISCOURS III, CHAPITRE XXIX. a45

les Romains , si ce n'est à des causes morales * c est-à-dire , aux changemens arriYés dans • la forme de lerir gouyemement ? Qui doute qu'en forçant les orateurs à s'exercer sur de petits sujets (i) y le despotisme n'ait tari les sources de l'éloquence ? Sa force consiste principalement dans la grandeur des sujets qu'elle traite. Sapposons qu'il fallût autant d'esprit pour écrire le panégyrique de Trajan , que pour composer les Catilinaires : dans cette hypothèse même , je dis que par le choix de son sujet , Pline serait resté fort inférieur à Cicéron. Ce dernier avant à tirer les Romains de l'assoupissement où Catilina voulait les surprendre , avait à réveiller en eux les passions de la ^ïaine et de la vengeance ; et comment un SQJet si intéressant pour les maîtres du monde

(i) L'air de liberté que Tacite respira dans sa première jeunesse , sous le règne de Vespksien, donna du ressort à son âme. « Il devint ,

• dit l'abbé de La Bletterie , un homme de

• génie ; et. il n'eût été qu'un homme d'espf it

• s'il fût entré dans le monde sous le règne de " Néron.

a46 DE L^ESPHir.

B^aiirak-il pas £ût déférer k Gicéron la paUne de l'éloquence ?

Qa*on examine à quoi tiennent les reproches de barbarie et de stupidité que les Grecs , les Romains et tous les Européens ont toujours faits aux peuples de l'Orient; on verra que les nations n'ayant jamais donné le nom d'esprit qu'à l'assemblage des idées qui leur étaient utiles , et le despotisme ayant interdit dans presque toate l'Asie, l'étude de ta morale , de la métaphysique » de la jurisprudence , de la politique, enfin de toutes les sciences intéressantes pour l'immanitéyles Orientaux doivent, en conséquence, être traités, de barbares, de stupides, par les penses éclairés de l'Europe, et devenir étemellement le mépris des nations libres et de la postérité.

DISCOURS in, CHAPITRE XXX. ^l^J

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