CHAPITRE X
COHBISB I/OW MX «UJBT A. SB MiPBBW** SUR LBS MOTIFS QUI ITOUS DÉXBRBDVIIT*
IJifBmére idolâtre son fils. Je l'aime » dirait' elle^jK?^ liû-méme. Cop^dant > répondra-t-oa vous ne prenez aucun soin de son éducation, et ^ous ne doutez pa^ qu'une bomie édn* cation ne puisse infiniment .contribuer à son bonheur : pourquoi donc ,- sur ce sujet » d' consulto^i-YÔus point les gens d'esprit, et o«
lisez-YOus aucun des ouvrages faits sur cette matière ? C'est , répliquera-t-elle , parce qu'en ce genre , je crois en savoir autant que les auteurs et leurs ouvrages. Mais d'où naît cette confiance en vos lumières ? Ne serait-elle pas l'effet de votre indifférence ? Un désir vif nous inspire toujours une salutaire méfiauce de nousmêmes. A-l-on un procès considérable , on voit des procureurs , des avocats ; on en consulte un grand nombre y on lit ses factums ? £st-on attaqué de ces maladies de langueur, qui sans cesse nous environnent des ombres et des horreurs de la mort , on voit des médecins , on recueille leurs avis , on lit des livres de médecine, on devient soi-même un peu médecin? Telle est la conduite de Tintérêt vif- Lorsqu'il s'agit de l'éducation des enfans, si vous n'êtes point susceptible du même intérêt , c'est que vous ne les aimez point pour eux-mêmes. Mais, ajoutera cette mère , quels seraient les motifs de ma tendresse ? Parmi les pères et les mères , répondrai-je, les uns sont affectés du sentiment de la postéromanie ; dans leurs enfans , ils n'aiment proprement que leur nom : les autres sont jaloux de commwder ; et dans leurs enfans , ils
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n^aitnent que leurs esclaves. L'animal se séjure de ses petits , lorsque leur fiiiblesse ne les tient plus dans sa dépendance ; et Famour paternel s'éteint dails presque tous les cœurs , lorsque les ènfeus ont , par leur âge ou leur état , atteint Tindépendaâce. Alors , dit le poète Saadî , le père ne voit en eux que des héritiers avides : et c*est la cause , ajoute ce même poète , de Tamour extrême de Taïeul pour Ses petits-fils ; il les regarde comme les ebnenris de ses ennemis.
n est enfin des pèreS et des mères qui , dans leurs etifàus, n'aperçoivent qu*un joujou et t{U*une occupation. La perte de ré joujou leur serait insupportable : mais \&st affliction proaverait^elle qu'ils aiment un enfant pour lutméme ? Tout le monde sait ce trait de la vie de M. de Lauzun : Il était à la Bastille; là , sans lîrres , sans occupation , en proie à l'ennui et k l'horreur de la pris^on , il s'atisé d'apprivoiser tme araignée. C'était la seule conisolation qui lui restât dans son malheur. Le gouverneur de la Bastille , par une inhumanité commune aux hommes accoutumés â voir des malheureux (i), '"" ■ il .. ■. ■■<■ ...I I .. É ■ ^ »
(a) L'huhitude de voir des malheureux ,
DISCOTTHS lY, CRAPETRK X. Spg
écTQàe cette araignée. Le prisonnier eu ressent un chagrin cvâsant, il n*est point de mère que la mort de son fils affecte d'une douleur plus violente. Or , d'où yient cette conformité de sentimens pour des objets si différens ? Cest que , dans la perte d'un enfant , comme dans la perte d'one araignée y on n'a souvent à pleurer que l'ennui et le désœuvrement où l'on tomhe. Si les mères paraissent en général plus sensibles à la mort d'un enfant que ne le serait un père, diitrait par ses affaires , ou livré aux soins de Tambîtion , ce n'est pas que cette mère aime plus tendrement son fils ; mais c'est qu'elle fait vbe perte plus difficile à remplacer. Les méprises de sentiment sont , en ce genre > très- Iréqaentes. On cbérit rarement un enfant pour lû-méme. Cet -amour paternel (i), dont tant
rend les bomraes cruels et mécbans. £n vain disent-ils que , cruels à tegret , c'est le devoir qui leur impose la nécessité i^'étre durs. Tout homme qui, pour Tintérét de la justice, peut, comme le bourreau , tuer de sang-froid son 'Semblable, le massacrerait certainement pour ^feoii intérêt personnel, s'il ne craignait la potence, (i) Ce que je dis de l'amour paternel peut
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de gens font parade et dont ils se croient t1- Teoient affectés , n^est le plus souvent en eux qu*uA effet ou du sentiment de lapostéromanie,
s^appfiqaer à cet amour métaphysique, tut Timté dans nos anciens romans. On est , en ce Ijenre» sujet à bien des méprises de sentiment. Lorsqu'on imagine , par exemple , n'en Yooloir qo*à Tàme d'une femme , ce n'est certainement qu'à son corps qu'on eki -veut; et c'est, à cet fgard, pour satisfaire et ses besoins et surtout «a duriosité , qu'on est capable de tout. U preuve de cette Tenté , c'est le peu de sensibiiitê que la plupart des spectateurs marquent w tbeàtre pour la tendresse de deux époux, lorsque ces mêmes spectateurs sont si vivement éams de Famour d^un jeune homme pour nue jeune fille. Qui prodoirait en eux cette différence de sentiment, si ce nesont les sentimens dii^ fêrens qu'ils ont eux-mêmes éprouvés dans ces deux Mtoations ? La plupart d'entre eux ont senti que, si Ton fait tout poiur les faveurs désirées , Ton lait peu pour les fiiveurs obtenues; qn'en ^t d'iamonr, la curiosité une fois satisfaite, Ton se console aisément de la perte d'une infidèle , et qu'alors le malheur d'un amant est ^»^s-supporfahle. D'où je conclus que ramoor
f»« peut jamais être qu'un désir déguisé de h jouissance^
DISCOURS ITyCHAPITRB X. 4oi
OU deTorgùeil de commander , ou d'une crainte de Tennui et du désœuvrement. '
Une pareille méprise de sentiment persuade aux dévots fanatiques, que c'est à leur zèle pour la religion qu'il^ doivent la haine qu'ils ont pour les philosophes , et les persécutions qu'ils excitent contre eux. Mais , leur dit-on , ou l'opinion qui vous révolte dans l'ouvrage d'un philosophe est fausse , ou elle est vraie. Dans le premier cas y vous pouvez , animés de cette vertu douce que suppose la religion , Ihi en prouver philosophiquement la fausseté; vous le devez même chrétiennement. ' « Nous n'exi- « geons point , dit saint Paul , une obéissance « aveugle ; nous enseignons , nous prouvons , « nous persuadons. » Dans le second cas , c'està-dire, si l'opinion de ce philosophe est vraie ^ elle n'est point alors contraire à la religion : le croire, serait un blasphème. Deux vérités ne peuvent être contradictoires : et la vérité , dit l'abbé Fleury , me peut jamais nuire à la vérité. Mais cette opinion, 'dira le dévot fanatique, ne paraît pas se concilier avec les principes de la religion. Vous pensez donc , lui vépliquera't-on , que tout ce qui résiste aux çf^
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forts de votre «sprit , et ce (jue Vous ne poun» concilier avec les dogmes de votre reli^on, est réellement inconciliable avec ces méam do^es ? Ne savez-vous pas que Galilée (i)
Ci) Les persécuteiirs 4e Qalilée,se aiv«»t, sans doQte , animés du zèle de la zeli^o» > tt furent la dupe de cette croyance. J'avouerai cependant ^ue , s*ils s*étaient scrupuleusement examinés , et qu'ils se fussent demandé pourquoi l'É^se se réservait le droit de punir , par raflreux Supplice du feu, los jcrreiw^ ^v» homme ^ lorsque , fusant trouver au crime ja^ asile inviolable près des autels^ elleae déclaraiti pour ainsi dire , la protectrice des assassins ; s'ils se fussent encore demandé pourquoi cette même É^^ise , par sa tolérance , semÛait favoriser les forfoits de ces pères qui nutî^eiit nous pitié l'enfant que , dans les temple 9 les copcerts et sur le tbéà^e, ils dévpuent au plaisir de quelques oreilles déUcates ; et qu'enfin iU eussent aperçu que les ecclésiastiques encoarageaient eux-mêmes à ce crime les pères dén^tui^ , en permettant qpe ces victimes infortunées fussent re,çues et chèrement gçigées dans les églises : alors ils seraient nécessairement convenus que le zèle de la religion n'était pas l'unique sentiment qui les animait. Ils auraient senti qu'ils ne faisaient du temple le refuge du
DISCOURS lY» CHIPITRB X. ^oZ
fut inclignemeiit traîné daos les prisons de Tiaquisition , pour avoir squtenu que le soleil
crime, que polir oonseryer pte ce moyen un plus grand cr^t sur uqe infinité d^hommes , qui respecteraient , dans les moines ^ les seuls protecteurs qui pussept les soustraire à la rigueur des lois ; et qu'ils ne punissaient , dans Galilée , la déconcerte d'un nouveau système , que pour se yenger de l'injure involontaire que )eur faisait un graqd homme , qui peutêtre en éclairant Phumanité , en paraissant plus instruit que les ecclésiastiques , pouvait diminuer leur crédit sur le peuple. Il est Vrai que , méihe dans l'Italie, on ne se rappeUe qu^avec.hprreur le traitement cpie l'inquisition iità ce philosophe. Je citerai» pour preuve de cette vprité, un morceau d'un poème àa prêtre Benëdetto Menzini. Ce poëmç , imprimé et vendu publiquement à Florence , est i^pporté dans le Journal étranger. Le poète s'acbesse aux inquisiteurs qui condamnèrent Galilée : « Quel était , leur dit-il , votre aveu- « glement , lorsque vous traînâtes indignement
■ ce grand homme dans vos cachots? Est-ce
■ là cet esprit pacifique que vous recotiimânde • le saint ttpôtre qui mourut eu exil à Pathmos ?
■ Non : vous fûtes toujours "sourds à ses pré- « ceptes. Persécutons les savans : telle est votre
-4o4 UB l'espbit.
était Immobile au centre eu. monde ; qne son système scandalisa d* abord les imbéciUes , et leur parut absolument contraire à ce texte de rÉcriture : Arféte4oi, soleil? Cependant d*lia- 3iles théologiens ont depuis accordé les principes de Galilée avec ceux de la religion. Qui TOUS assure qu'un théologien , plus heureux ou plus éclairé que tous , ne lèvera pas la contradiction que yous croyez apercevoir entre votre religion et l'opinion que vous condanmez? Qui vous force , par une censure précipitée , d'exposer , si ce n'est la { religion , du moins ses ministres , à la haine qu'excite la persécution ? Pourquoi toujours empruntant le seconn de la force et de la terreur , vouloir imposer silence aux gens de génie, et priver l'humanité des lumières utiles (qu'ils peuvent lui procurer ?
Yous obéissez , ditez-vous , à la religion. Mais elle vous ordonne la méfiance de vous- ■ ■ ^^^-^ ' '
« maxime. Orgueilleux humains , sous un ex- « térieur qui ne respire que l'humilité , vous « qui parlez d'un ton si doux , et qui trempez « vos mains dans le sang , quel démon funeste « vous introduisit parmi nous ! •
DISCOURS IV, CHAPITRE X. J^oS
mêmes et Tainfour du prochain. Si vous n'agissez pas conforméinent à ces principes , ce n'est donc pas l'esprit de Dieu qui vous <iniinè(i)? Mais,direz-vous, quelles sont donc les divinités qui m'inspirent? la paresse et l'orgaeiL C^t Ift paresse , ennemie de toute contention d'esprit, qui vous révolte contre des opinions que vous ne pouvez , sans étude et sans quelque fatigue d'attention , lier aux principes reçus dans les écoles ; mais qui , philosophiquement démontrées , ne peuvent être théologiquèment fausses.
Cest l'orgueil , ordinairement plus exalté dans le bigot que dans tout autre homme , qui lui fait détester dans l'homme de génie le bienfaiteur de l'humanité , et qui le soulève contre des vérités dont la découverte l'humilie.
(i) Si le même dévot fanatique, doux à la Chine et cruel à Lisbonne , priôche dans les divers pays , la tolérance ou la persécution , selon qu'il y est plus ou moins puissant , comment concilier des conduites aussi contradic-» toires avec l'esprit de l'Évangile, et ne pas sentir que , sous le nom de la religion , c'est l'orgueU de cQpimander qui les inspire !
4o6 DS I.' ESPRIT.
G'e^ donc cette même paresse et ce mlaie orgueil qiM, se déguisant (i) à ses ye«x fo«s l'appar^joce 4I11 z^je (a)« en font le persécutear 4fif Ifpm^^t^ ickirés # et ^ ». diuis )*)
■^••^wr
(i) Si l'on en excepte la luxure y de tous ks péc^s le moiias :DUJi#il^le à r^umamté , aaais ^tû cQttsiâte.daus wx acte ^'il est impsoftsiWe de se dissimuler à soi-même , on se fait illusîop sur tout le reste. Tous les vices , à nos yeux, se transforment en autant de vertus. L'on prend en «oi le dé^ir des grandeurs pour irélévation dans Tàme , Tavarice .pour économie , la nédifijince pom' ajçAçtw: de la vérité , et rkomeor pour un zèl/e louable. Aussi la plupart de ces passions s'allient-elles «comn^unément avec la î)igoterie.
'(3) Ceux des théologiens cfui croyaient les papes en .droit île jdisp^ser des trônes , s^imaginaient aussi être animés du pur z^e dej^xçr ligion. Ils n'apercevaient pas qu'un motif secret d'ambition se mêlait à la sainteté de leurs intentions ; que l'unique moyen de commanclei' aux rois était de consacrer l'opinion qui donnait au pape le droit de les déposer pour cas d'hérésie. Or^ les ecclésiastiques étant les seuls juges de l'hérésie , la cour de Rome , dit Fabbé de Longuerue, en faisait trouver à son gré dans tous les princes qui lui déplaisaient.
DtSCOUllS IV, ÇHIPITIIE X. 407
TEspagne et le Portugal , ont forgé les chaînes ,
bâti les cachots et dressé les bûchers . de Tinqui^îtfon.
Au reste , ce même orgueil , si redoutable dans le déyot fanatique , et qui , da^s toutes les religions , lui fait , au nom du Très-Haut , persécuter les honiihes de. génie ^ arme quelquefois contre eux les gens en pjàçe.
A l'exemple de ces pharisiens qui traitaient de criminels pe^x qui n'adoptaient point toutes leurs décisioi^s , que de visirs traitent d'ennemis de la nation ceux qui n'approuvent point ayenglément leu)r conduite ! Induit à cette erreur par une mépr^e de sentiment conimune k presque tous les hommes, il n'est point de visir qui ne prenne son intérêt pour l'intérêt de la nation : qui ne soutienne, sans le savoir, qu'humilier son orgueil , c'est insulter au public ; et que blâmer sa conduite , avec quelque ménagement qu'on le fasse , c'est exciter le trouble dans l'^UU:. Mais , lui dirait-on, vous vous trompez vous-même; et, dans ce jugement, c'est l'intérêt de votre orgueil , et non Tintérét général que vous consultez. Ignorez-vous qu'un eitoyeil , s'il est vertueux , ne verra jamais avec
4o8 DC L* ESPRIT.
indilTéjrence les maux qa occasionne une maovaise administration ? La législation qui dr toutes les sciences est la plus utile , ne doitelle pas , comme toute autre science , se perfectionner par les mêmes moyens ? C'est en éclairaAt les erreurs des Aristote , des Averroës , des Avicenne , et de tous Ip^ inventeurs dans les sciences et les arts , qu*on a perfectionné ces mêmes arts et ces mêmes sciences. Vouloir couvrir les fautes de l'administration du voile du silence , c'est donc s'opposer aux progrès de la législation , et par conséquent au bonheur de l'humanité. C'est ce même orteil, masqué à yos propres yeux du nom de hiea public , qui yous fait avancer cet axiome , qu'une faute une fois commise , le divan doit toujours la soutenir , et que l'autorité ne doit point plier. Mais ^ vous répondra-t-on , si le bien public est l'objet que se proposent tout prince et tout gouvernement , doivent-ils employer l'autorité à soutenir uxie sottise PL'axiome que vous établissez ne signifie donc rien autre chose , sinon : J*ai donné mon avis ; je ne veux pas qu'en montrant au prince la nécessité àt changer de conduite , on lui prouve trop chi'* remçnt que je l'ai mal conseillé.
Au reste , il est peu d'homraes qui échappent aux illusions de cette espèce. Que de gens faux de bonne foi , faute de s'être examinés ! S*il en çst pour qui les autres ne soient , pour sûnsî dire , que des corps diaphanes , et qui lisent également bien , et dans leur intérieur , et dans l'intérieur d*autrui, te nombre en est petit. Pour se connaître , il faut s'observer , faire une longue étude de soi-même. Lés moralistes sont presque les seuls intéressés 'à cet examen, et la plupart des bommes s'ignorent. '
Parmi ceux qui déclainent avec tant d'emport^ement contre les singularités de quelques hommes d'esprit', que de gens ne se croient uniqueiuent animés que de l'esprit de justice et de vérité? Cependant, leur dirait-on , pourquoi se déchaîner avec tant de fureur contre un ridicule qui souvent ne nuit à personne ? Un homme joue le singulier ? riez-en , à la bonne heure : c*est même le parti que vous prendrez î^vec un homme sans mérite. Pourquoi n'en userez-vous pas de même avec un homme d'esprit? C'est que sa singularité attire l'attention du public : or , son attention ^me fois fixée sur un homme de mérite , il s'eA
occupe , il TOUS oublie, et yptre orgueil en est blessé, VoU|t quel est en tous le principe se* prêt y et du respect qup tous ^tliect^ pour Tusage , et de votre Itainè pp^r le singulier.
you9 mç^direz peu|-étre : L'çxtniordinaire frappe ; il ajoute ^ la célébrité de l'homme 4>>pri|, Iç mérite çknplç p% modèle en est moins eftiiQié? et c'^st \me injustice dont je le y^Pê^ f eji dccri4ii( b si|:»gularijté. Hlais Fenvie, répon4]:iM-j^ , n^ vç^is f^i(«eljie pas apercevoir Fa/Fectation où F^fecjtatîon i^'est pas ? En g^ néra| , }ç4i boT^mes supérieurs y sont peu sujets i u|i c^actère p^^^^e^ P% mé^itatil peut fiyqir ^e (a siuigol^rité ; m^is jania^ il i^t la joiiera. I^'a^ctsitiou fl« I4 singularisé ^ 4onc très*rare.
Pour soutçi^ir le pçrspnxiag^ de aingulier , de f^elle activité faulril être doué ? QfieUe conn^issai^ce du i^ondç faujt-il avoir ^ et pour çboisif préci|(ép[|ent un ridicule qui ne nous rende ni iuj^ri9$^)je4., ni odieux aux autcea hommes , et ppt^- adiipter ce ridicule à notse c^raç^re, et U propoitionuer à i^otr^ wntef Car en/ia , ce n^est q^i'aicec une telfe dose de génie qu'il e§t permis .d*avoif un tel ridicule-
DISCOURS IV, CHiPlTKE X. ^t%
k-t'OU cette dose? il Êiut en confrenir; alors , loig de ncps 9|iii^ , vb rididû.*]Dte nous sert. I^rpqsie i^aiép flpspeiid «n^ ejaf^s , pour adp^ir le iiiomtf;ie qiii y^p à Le^rs portas , ee héros se |w»iirjpU ., p9ir ]^ copseil 4^ J^ ftibyile , d'un gA^ewi ^ÎU jette dans Ig gu^e d^ CerJ^e^
ttPQfqpms » lie sx^keHefi^ doit |n^ cmm^^ jet^ ^^^ -fo gueole de fe^^e i^ |^t|^ d'un sî^**? cnle^ L» i^pid^nce l'exige , et mém^ l^uwauilié IV^nne. yU n^is^ }u^ l^PiPfne uarjÎBity il 4^yi!iJit toiiipi:^», par 4}i}^aes ^%9^es «pt|î^i ad^vcir Ikiimi^ 4<l 3f.6 pofipitoy.es^. H ^t vf^i H»'i <5et égw:4 W Pl^l»^ »>« fif» ^ la i^atu^ , *ï <lu?eUe « pq^ryii c^ngci^e hofps(|e de la ^pse
Ubç prévue c^JiiAe q^i^ c'f!§| reo^i^ qiii , «OUI le nfim de jii^tice se d^h^ipe eo^t^e lef ndÎGnkt.desgeii3 d'fitiftxUf ^^ qne M>.ute sin- Çolavicé ne nous bleese poiait en eux. IXne sin* goiarké gsQssîfèae et qui ;fiatte , par exemple i 1a Tanité de l'homine médiocre en lui (ûsaiit ^P^cevfMuc dans les gens 4e mérite des ridÂcnles doi^t il etf exeôpt , en hù pemsu^daAt que les
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gens <f esprit sout fons et qae lui seul est s>g'- • est une singoLirité toujours très-propre à koi concilier sa bieiiTeillance. Qu'un homme d'oprît y par exemple , s'habille d*uiie uianièrefingulière, la plupart des hommes qui ne distifigueut pcMnt la sagesse de la folie et ne k i^ coniiirissentqu*à Fenseigne d*nne perruque plu on moÎHB longue , prendront cet homme pour un fou , ils eu riront , mais ils l'en aimeront davantage. En échange du plaisir qu'ils trooyent à s'en moquer , quelle célébrité ne ki donneront-ils pas ? on ne peut rire sonrenl d'un homme sans en parler beaucoup. Or, ce qui perdrait un sot , accroît la réputation d'nn homme de mérite. On ne s'en moqoe pai sans avouer, et pent'-étre même sans exagérer sa supériorité dans le genre où il se disdngne. Par des déclamations outrées, l'envieux , à son insu , contribue lui-même à la gloire des gens de mérite. Quelle reccmnaîssance ne te dois-je pas ! kii dirait volontiers l'homme d'esprit ; que ta haine me fait d'amis ! Le public ne s'est pas long-temps mépris sur les motifs de ton aigreur : c'est l'éclat de ma réputation, et son ma singularité qui t'offense. Si tu l'osais, tu
DtSCoÙ&S lY, CHAPIT&E X. 4'3
oiierais comme moi le singulier , mais tu sais qu'une singularité affectée est une platitude ians un homme sans esprit : ton instinct t'avertit ou que tu n'as pas ; on du moins que le public ne t'accorde pas le mérite nécessaire pour jouer le singulier. Voilà quelle est la Traie cause de ton horreur pour la singularité "(i).
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(i) C'est à la même cause qu'on doit attribuer l'amour que presque tous les sots croient affi* cher pour la probité , lorsqu'ils diseut ; « Nous « fuyons les gens d'esprit^ c'est mauvaise oom- « pagnie ; ce sont des hommes dangereux. « — Mais f leur dirait-on , l'Église , la cour , « la magistrature , la finance , ne fournissent m pas moins d'hommes répréhensibles que les K académies ; la plupart des gens de lettres ne « sont pas même à portée de faire des ^ipon- « aeries. D'ailleurs , le désir de l'estime , que « suppose toujours l'amour de l'étude , leur . sert à cet égard de préservatif. Parmi les gens « de lettres , il en est peu dont la pn>bité ne « soit constatée par qtaelqne acte de vertu. m Mais , en les supposant même aussi fripons « que les sots , les qualités de l'esprit peuvent « du moins compenser en eux les vices du «< cœur; maïs le sot n'offre auciXn dédomma- « cernent. Pourquoi donc fuir les gens d^esprit ?
4l4 1)S I.*|18PRIT.
Ta ressembles à ces femmes contrefaites , qui. crismt sans cesse à l*indécence contre tout balûiiement nouyesK et propre k marquer U Caille, ne s'aperçoirent pas que c'est à leur difformité qu'elles doi?ent leur respect pour les anciennes modes.
Notre ridicule nous est toujours caché; ce n*est que dans les autres qu'on l'aperçoit. Je rapporterai à ce sujei un falf asses plaisant , qui, dit^on, est arrivé de nos jours. Le duc àt Urraine donnait un grand repas k toute sa cour; on avait servi* le souper dans un vestibule , et ce vestibule donnait sur un parterre. Au npili^u du souper , une femme croit voir usie'^araignée : la peur la saisit , elle pousse on cri , quitte la' table , fuit dans le jardin et tombe sur nh gazt^n. Au moment de sa cbute , elle entend rouler quelqu'un à ses côtés ; c'était le premier ministre du duc : « Ah! monsieur, « lui dit^lle, que vous me rassurez l et que
« Ceçt que leur présence hpmilie , et qu'oo « prend en soi ppi;r amour de la vertu ce qui « n'est qu'aversion pour les hpsuimes iiipè- « rieurs. »
DliCOUIL^ ITy CH4¥ITRK X. 4^^
j'ai de grâces à vous rendre ! je craignais d'avoir fait une impertinence. -»- £h ! madame , qui ppuirait y tenir ? répond le ministre. Mais , dites-moi, était-elle bien grosse ? — Ah ! monsieur /elle était affreuse, — Volait-ell^'', ajouta-trU , près de moi ? — Que Youlez-Yous dire ? une araignée yoler.? — £h quoi ! rqirit-il , c'^st pour yne firaign^f q^e YOQç fntfi» c« traiii4à ? allez, mitdame » y«as êtes jfOL^ foUe; je croyai9 qpi^ c'était iine pkj||i¥^-sp^rî#. » (Celaitfstllidç^îre 4e tofif les honu^cif . 0» ne peut svpfftrXfix ^on ridicule dai^s autrui S on «'Ipjurie réçijproquenient ; et dans pe im^nde « c» u*^ }%m^ g^'m^e yanit^ qui se mo^p^e 4e l'autre. Au^^i » 4*api'èfl Salomon p estrPm toujours teigit^ 4e a'é(irier : Tout est Tiaaffé. Cest k çettç Tanit^ i^9Q Menniei^ la plupAxt de HbQS mépnae^ de sentiment. Mai$ i comoMs c'^t surtoat fax sMitière de /Bposeila i^« cette méprise est plus CM»leiiieii| aperçue « iq[m^ avoir exposé qiielqves-iines de.s err^^rs où non^ jette la profonde ignorance 4e ^oas-iiiénie^ $ il est encore utile de montrer les errefirs où cette, même ^orance de no^s-mémes pi^écipitci queli^ qa^otf |ç« aytres.
4i6 DE l'espait.