‹ De l'espritChapitre 48 sur 58 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

DES COKftBULS.

l,ouT homme qu'on consulte croit toujou^ set conseils dictés par Famitié. II le dit ; h plupart des gens le croient sur sa parole , et leur aveugle confiance ne les égare que trop wavent. Il serait cependant très-facile de se détromper sur ce point ; car enfin on aime p«tt de gens , et Ton veut conseiller tout le monàf Où cette manie de conseiller prend-eDe ^ source ? dans notre vanité. La folie de presqo' tout homme est de te croire sage, et beancou} plus sage que son voisin : tout ce qui te coofirme dans i^tte opinion lui plaît. Qui nous consulte est agréable i o*est un aveu d'infériorité qut flatte. D^aiUeurs , que d'oceasio9s Yiajblréi du consultant ne nous donne*t-il pas d'étaler no^ maximes , nos idées , nos sentimeiis , de parlrr de nous , d'en parler beaucoup , et d'en parler en bien? aussi, n* est-il personne qui n'en f^'

Discouns ly, chapitre xi. 4^7

fite. Plus occupés de Tîntérét de notre Tanité que de l'intérêt du consultant, il nous quitte ordinairement sans être instruit ni éclairé ; et nos conseils n'ont été que notre panégyrique. C'est donc presque toujours la yanité qui con* seille. Aussi yeut-on corriger tout le nlonde. Cest à ce sujet qu'un philosophe répondait à un de ces conseillers empressés : « Comment « me corrîgerais-je de mes défauts , puisque tu « ne te corrigps pas toi-Uïéme de Penyie^e cor- « riger ?» Si c'était en efîet Tamitié seule qui donnât des conseils , cette passidn , comme toute passion yiye , nous éclairerait , nous ferait connaître quand et comment l*on doit conseiller. Dans le cas de l'ignorance , nul doute , par exemple , qu'un conseil né soit très-utile. Un ayocat , un médecin , un philosophe , un politique , peuyent , chacun en leur genre , donner d'excellens ayis. Dans tout autre cas , le conseil est inutile ; souyent même il est ridicule , parce qu'en général c*est toujours soi qu'on propose pour modèle. Qu'Hun ambitieux consulte un homme modéré , et lui propose ses yues et ses projets : Abandonnez-les , lui dira celui-ci ; ne yous'exposez point à des dangers ^

4lS I» L*BftFBIT.

à àm chagrins tans aonabre , et tivrei^tois ^ déS occii|HitipBs douces. Peal-étre , lui ré(fr> q«era FainhâBetix , entre des fiasskns et èe» caractères différens , si f avais encore n& émx à frire, péttt*^tre me rendrais^je à Yctre ails : nMÛa If s'agit) mes passions données , flioa c»nictère fermé, et mes habitudes prises, dfsn tirer le meilfear parti possible pour ipon Imsfaenr. Cest snr te point ^e je tous eonsnlle. En Tain sjoBterait-î^ ifne, le caractère nue feis fermé , il est impoSMble ^en changer; qae bf phnsir* d'nn homme modéré seraient insipides pcmr «1 amhîtienx ; et que le niinistre disgracié menrt d'ennui. Qnelfnes raisons qo^il aUègne , Thorame modéré lui répétera foa/onrs : « n ne Êmt p«a être ambitienx. > Il me stmUe featemfre nn médecin dii« à son malade: « MoBsienr , n'ayes pas la fièvre. » Les tieOlards tiendront le même langage. Qa'nn jeaoe hmteie les erâmlte snr la condaite qn*il doit tenir : Fiiyez , lui diront->ils , tout haï , toor ^»eolacle^ tonte assemblée de femmes, et toirf amusement frivole; occupez* vous tout entier' de votre fertme : imîtet-nous. Biais, léur'rf^ pli^cm le jeune homme , je suis entore très'

DiscouBS ly, gHapitbb XI. 4i9r

sensible au plabîr ; j*aime les femmes avec fureur , comment y renonce^ ? vous sentez qa*à mon âge ce plaisir est un besoin. Quelque chose qu'il dise , im vieillard ne comprendra jamais que la jouissance d'une femme soit si nécessaire au bonheur d'un bomrae. Tout sentiment qu'on n'éprolive plus est un sentiment dont on n'adméft point l'ensfeiiee* Le yiéSlard ne cherche plus le plaisir y le plaisir ne le cherche plus. Les objets qui l'occupaient dans sa jeunesse se sont insensiblement éloignés de* ses yeux. L'homme alors est comparable'' ati yaisseam qui cingle en hante mer , qui perd insensiblement de vue les objets qui rattachaient au rivage , et qui lui-même disparait bientôt à leurs yeux. Qui considère l'ardeur avec laqneUe chacun se proposepour modèle ^ croit voir des na^' ^ geurs répandus 9uruâ grand làt, et qu^, emportés par des conrans divers , lèrentla tétesn-dessn» de l'eau , et se crient les uns aux autres : C'est moi qtt'H hxLt suivre , e% c'est là quil faut aborder. Retenu lui-même par des chaînes «far-» raîn sur un j rocher , d'où il contemple leur folie : Ne voyez-vous pas ^ dit le sage , qu'en" traînés par des courans contrwrtt f vont utf

4aO DE L ESPRIT.

pouvez aborder au même endroit ? Conseiller à un homme de dire ceci , de faire cela , c'est ordinairemeni ne rien dire , sinon : Pagirais de cette manière , je dirais telle chose. Aussi et mot de Molière : f^ous êtes orfiçre, monsieur JossCf appliqué à Torgueil de se donner pour exemple , est - il bien plus génér^ qu'on ne l'imagine. Il n'est point de sot qui ne youlût diriger la conduite de l'homme du plus grand esprit (i). U me semble voir le chef des Natchès (i) y qui , tous les matins ^ au lever de l'aurore , sort de sa cabane , et du doigt marque au soleil son frère , la route qu*il doit tenir.

Mais, dira-t-on, l'homme que l'on consulte peut sans doute se faire illusion à lui-même , attribuer à l'amitié ce qui n'est en lui que l'effet de sa vanité ; mais comment cette illusion passet-elle jusqu'à celui qui consulte? comment n'est-il pas à cet égard éclairé par son intérêt?

(i) Qui n'est point écuyer ne donne point de conseils sur l'art de dompter les chevaux. Mai< on n'est point si défiant en fait de monde : sans l'avoir étudiée , on s'y croit très-saTant , et en état de conseiller tout le monde.

(3) Peuples sauvages.

C'est qu'on croit volontiers que les autres prennent à ce qui nous regarde un intérêt que réellement. ils n'y prennent point; c'est qi»e la plupart des hommes sont faibles, ne peuvent se conduire eux-mêmes, ont besoin qu'on les décide, et qu'il est très-facile, comme l'observation le prouve , de communiquer à de pareils hommes la haute opinion qu'on a de soi. Il n'en est pas ainsi d'un esprit ferme. S'il consulte , c'est qu'il ignore : il sait que , dans tout autre cas, et lorsqu'il s'agit de son propre bonheur, c'est uniquement à lui seul qu'il doit s'en rapporter. En effet, si la bonté d'un conseil dépend alors d'une connaissance exacte ,du sentiment et du degré de sentiment dont un homme est affecté , qui peut mieux se conseiller que soimême ? Si l'intérêt vif nous éclaire sur tous les objets de nos recherches, qui peut être plus éclairé que nous sur notre propre bonheur ? Qui sait si , le caractère formé et les habitudes prises , chacun ne se eonduit pas le mieux possible, lors même qu'il parait le plus fou? Tout le monde sait cette réponse d'un fameux oculiste : un paysan Va le consulter; il le trouve à table, buvant et mangeant bien : Que faire pour mes

4>3 DK l'eSPHIT.

yeux? lui dit le paysan. P^ous ahstemr de m, reprend l'octiliste. M€âs il me semble^ reprend le paysan en s*approchant de Ini , que vos yeux ne sont pas phu sains que les miens , eteepenitaU i^ous buvez ^ . . . . Oïd praiment^ âest que famé fniettx boire que guérir. Que de gens dont le boohenr est , comme ceini de cet oculiste , attaché k des passions qni doivent les plonger dans les plus grands midhenrs; et qui cependant, si je l'osedirCi seraient fous de YouR)îr être pins sages f n est même des hommes, et Texpétience (x) ne Ta que trop démontré, qui sont assez malheureusement nés pour ne ^pouvoir être lienrenx que par des actions qui les mènent à h GrèTC. Mais, répliquera- t-^m, il est aussi des hommes qai , faute ^nn sage conseil, tombent jonmellementdans les &ateê les plus grossières; un bon conseil sans doute pourrait ks leur faire éviter. Biais je dis qa*ils en commettraiait de plus ocnsidérables encore , s'ils se lÎTraîeiit

(i) Si, comme le dit Pascal y lliahitnde est une seconde et peut-être une première natnre , il faut avouer que Fhahitude du crime une fbii prise , on en commettra tovte sa vie.

DISCOURf IV, CHAPITRE XI. 4^3

iudi&tinctement aux -couseils d'autrui : qui ies «uit arveuglémeat n'a qu'une coodaite pl^ioe d'iuconséqaence^ , ordviair^ment plus 6ii»eftt« que les excès même des passions.

En s'abandoanant à son caraetère, on s'épargne au moins les efforts inutiles qu'on fait ^ur y résister. Quelque forte, que soit la tempête y lorsqu'on prend le vent arrière, on soutient sans fatigue l'impétuosité des mers ; msj» , si l'on veut lutter contre les vagues^ «i prêtant le flanc à Torage , on ne toonve pnjrtonit qu'une mer rude et fatigante.

Des conseils inconsidérés ne nous précipitent que trop souvent dans des abîmes de malheurs. . Aussi devraif-on souvent se rappeler ce mot de Soerate : « Puissé-je , disiût ce philosophe , « toujours en garde contre mes maîtres et mes « amis , conserver toujours mon âme dans une « situation tranquille, et n'obéir jamais qu'à ■ la raison , la meilleure des conseillères ! » Quiccmque écoute la raison » non-seulement est sourd aux mauvais conseils, mais pèse encore à la balance du doute les conseils même de ces gens qui, respectables par leur âge , leurs dignités et leur mérite, mettent cependant trop

4^4 ' ^K l'esprit.

d'importance à leurs occupations, et , comme k héros de Cervantes,' ont un coin de folie aaquel ils yeulent nous ramener. Si les conseils sont quelquefois utiles , c'est pour se mettre a état de se mieux conseiller soi-même : s'il est prudent d'en demander, ce n'est qu'à ces gea$ sages (i), qui, connaissant la rareté et le prix d'un bon conseil, en sont et doivent toujours en être avares. En effet, pour en donner d'utiles, avec quel soin ne faut-il pas approfondir le caractère d'un homme ? Quelle connaissance ne faut-il pas avoir de ses goûts, de ses inclinations , des sentimens qui l'animent , et du degré de sentiment dont il est affecté ? Quelle finesse , enfin , pour pressentir lès fautes qu'il veut commettre , avant que de s'en repentir ; pour prévoir les circonstances où la fortune

(i) Chaque siècle ne produit peut^treque cinq ou six hommes de cette espèce ; e! cepeu' dant, en morale comme en médecine, on consulte la première bonne femme* On ne se dit .pas que la morale, comme toute autre science , demande beaucoup d'étude et de méditation. Chacun croit la savoir, parce qu'il n'est point d'école publique pour l'apprendre.

âbît le placer, et juger en conséquence si tel défaut, dont on voudrait le ccMrriger, ne se changera pas en yertu dans les places où vraisemhlablement il doit parvenir! Cést le tableau effrayant de ces difficultés qu» rend l'homme sage si réservé sur l'article des conseils. Aussi n*est-ce qu'à ceux qni n'en donnent point qu'il en faut toujours demander : tout autre conseil doit être suspect. Mais est-il- quelque signe au* quel on puisse reconnaître le& conseils dé l'homme sage? oui, sans doute, il en est: Toutes les passions ont un langage différent;. On peut donc, par l'énoncé des conseils, reconnaître le motif qui les donne. Dans la plupart des hommes, c'est , comme je l'ai dit plu» haut, l'orgtieil qui les difcte ; et les conseils de l'orgueil , toujours humilians , ne sont presque jamais suivis^ L'orgueil les donne , l'orgueil y résiste. C'est l'enclume qui repousse le marteau. L'art de les faire goûter , qui , de tous les arts, est' peut-être , che^ les hommes , l'art le moins perfectionné-, est- absolument ihconnu à V^ot^ gueil. Il ne discute point. Ses conseils sont -des décisions , et ses décisions sont la preuve de aon ignorance. On dispute sur ce qu'on sait »

on .Irandie sur ce qu'un ignore. Morleb , dirait TolontîerftPorifueiUeuXy écontez-moi : saptérîeiir en esprit aux antres hommes^ je parie; qu'ils flxécntent et croient en mes lumières : me zépKqiHV > c'eat m'ofFenaer. Aussi jitoajoors pieÎD d'iw respect profond pour iuirméme , qui relate à ses conseils est un entêté anquel ilfrat des rflatteors , et no^ -dea ainis. Snperbe , lia répondrah-on , sur qtiî doit tomber ce reprodie, si ce n'est sur toi-même, qui t'empoi^tes avec tant de yiolence contre ceux qui ne fialtent:pdat ta pi:ésomptîon par une déférence aveugle a tes décisions ? Apprends que c'est le vice de Tha* meur qui te sauve dn vice de la âatteiie. D'sûl' leurs , que veux^tu dire par cet amour pour la flatterie que tous les bommes se reprocheot réciproquement, et dont on accuse principalement les grands et les rois? Chacun, sans doiite, hait la louange lorsqu'il la croit &QSSe ; on n'aime donc les flatteurs qu'en qualkédiadmirateurs sincères. Sons ce titre» il est impossible de ne les point aimer , parce qae chacun se cr#it louable et yeiit éfi« loué. Qui dédaigne les éloges , souffre du moîaf qu'on le loue sous ce point. Lorsqu'on dé-

DISCOURS lY, .CI1A.VITRK XI. 4'7

teste 4e -ftitteur , c!est qu'on ]fi |:econnait poujr %€^. Dan^la flânerie , x^j^'est donc p^s lalouaoge, m^ la 4fiusseté gui cho^p^. Si r^iooime (i'es|]^it parait iiQjQiqs ^nsil>l^ aojx éloges , q'est qu'U en s^per^^t .plus souTent Ifi £u:^s^té : x^ais qvi'ua flatteur adroit le loue, persiste à le loxier^ et mêle quelques JbUi^es aux élqgçs qu'il lui donne* l'Jipin^e d'esprit en sera tôt .ou tard la dupe. I](^pui^ l'artUian jusqu'aux pri|\c/qB , tout aime la .loi^ange , et par conséquent la flati^er^ ^droite. Mais , 4ii^ant-on , n'a-t-on pas m des rois supporter ayi^c reconnais^unce les dures représentations d'u9 conseiller vertueux ? GM , sans douter niais ces princes ét94i9nt jalonx 4^ leiur gloire ; ils étaient apioureux du bien public ; leur. caractère les forçfiit d'appel^ à lenr cour des Jiopnmes aiximiés ûece^te m^V^ passion I c'esttà-dire des lunnmes qui ne leur dominassent que d(çs conseils favorables au^ peuples. Or , de pareils conseilJlers flattent un prince ^ctueu?i; » d^ m.oi^ 4anfi l'objet d^e sa passion , s'ils n» le flfitt^t pas .tpv^our? duM les ipo^iens qu'il psend pour la satisfaire : une pareille liberté ne rolfense donc pas. Je dirai de plus qu'une vérité dure peut quelquefois

4^8 DS i.''bsvrit.

le flatter : c'*est la morsure d'une maitressei Qu'un homme s'approche d'un avare , et lui dise : Voua êtes un sot , yous placez mal votre argent, voilà Femploi pins utile qnc vous en pouvez faire ; loin d'être révolté d'une pareille franchise , l'avare en saura gré à son auteur. Eh désapprouvant la conduite de l'avare, on le flatte *daus ce qu'il a de plus cher, c'est-àdire, dans l'ohjet de sa- passion. Or, ce que je dis de l'avare, peut s'appliquer au roi vertueux. A l'égard d'un prince que n'animerait pobt Tamour de l'a gloire ou du hien puhlic , ce prince ne pourrait attirer à sa cour que des hommes qui , relativement k ses goûts , ses préjugés, ses vue», ses projets et. ses' plaisirs, l^ourraient l'éclairer sur rohjet de ses désirs : il ne serait donc environné que de ces hommes vicieux auxquels la vengeance puhHque donoe }e nom de flatteurs (i). Loin de lui fuiraient

(i) «t La plupart des princes, dit le poète « Saadi , sont si indiflérens aux hons conseils; ib m ont si rarement besoin d'amis vertueux, que « c'est toujours un signe de calamité publique « lorsque ces hommes vertueux paraissent à « la cour. Aussi n'y sont-ils appelés qu'à Fei'

tous les gens vertueux. Exiger quUl les rassemblât près de son trône , ce serait lui demander l'impossible; et vouloir 'un effet sans cause. Les tyrans et les gtands princes doivent se décider par le même motif sur le choix de leurs amis ; ils ne diffèrent que par la passion dont ils sont animés. '

Tous les hommes veulent donc être loués et flattés : mais tous ne veulent pas Têtre de La même manière ; et c'est uniquement en ce point qu'ils sont difFérens entre eux. L'orgueik leux n*est point exempt de ce désir : quelle preuve plus forte que la hauteurs avec laquelle il décide, et la soumission aveugle qu'il exige? Il n'en est pas ainsi de l'homme sage : son amour-propre ne se, manifeste point d'une manière insultante : s'il donne un coaseil , il n'exige point qu'on le suive. La saine raison soupçonae toujours qu'dle n'a pas considéré un objet sous toutes ses faces. Aussi l'énoncé de ses conseils -est-il toujours remarquable par quelqu'une de ces expressions de doute , propres

« trémité , et dans l'instant où communlioen^ « l'état est sans ressource. »

4^0 Vfi L*B8PAIT.

^ marquer la situattoo de Tàme. Telles aoDtcc» phrase* : « Je croîs ^pie vous derez vous oob- « daire de telle manière : telest mon avis ; tek » sont les iQOïti£s mut lesquels je me fonde : mais * n'ad<^te^ rien -sans examen » etc. » Cest à cette manière de conseiller qn'on reoonndt rkomme sage , lui seul pent réussir ai^près de l'homnie d*eflprit ; et , s'il n'a pas toujours le ^méme succès ai^wès des |;ens médiocres , c'est que ces derniers , soui«nt incertains , veulent qu'on les axradie à leinr irrésolution et qu'on k» décide ; ils s'en fient |dus à ia sottise qui tranche d'un ton ferme , qu'à la sagene qui parle en hésitant.

L'amitié qui oonaeiUe prend à peu près le ton de la sagesse ; eUe unit seulement l'expression du sentimant à ceUe du doute. Résiste-€-oB à ses avis , va-t-dh même jusqu'il les mépriser : C'^flt alors qu'elle se fait mieux connaître , et qu^près aToir ùljX ses représentations^ cBe s*écrie avec Fylade : « Allons, seigneur y eo- « levons Hernûone. »

Chaque passion a donc ses tours , ses expressions et sa manière particulière de s'exprimer : aussi l'homme qui » par une analyse

DISCOUR» IT, CHAPITRK XIX. 4^^

axacte des pkroses et des expressîoiis dont se •errent le» différentes passions , donnerait le eigtie auquel on peut les reconnaître , mériterait san» doute infiniment de la reconnaissance pu* blîqite. C'est alors qu^on pourrait, dans le fetis' ceau lie sentûnens qui produisent cliaque acte de notre volonté » distinguer du moins le sentiment 'qui domine en nous. Jusque-là les hommes s'ignoreront eau^ménes, et tomber roBt y en fait de seotimens , dans les erreurs les j^ns grossières.

h«/«»<«>%««/«»*l'»<«>«<'*/«ii<*>^>'^«<'M»'%^M«ll«>^/V*<^/«'

Page 1