De l'établissement de la troisième république
Les articles qui composent ce volume ont été écrits sous l'inspirnlion de la doctrine positive sociologique, au l'nr et ii mesure des événements qui. commencés il Bordeaux en février 1871 dans l'Assemblôe nationale, ont eu leur cours Jusqu'aujourd'hui, ou M. Grévy préside paisiblement aux destinées de la république. C'est un cycle achevé, comprenant, comme un grand drame, un nœud à résoudre entre le régime monarchique et répulilicaio, les diverses péripéties ou les hauts et les ba$ de ces deux ré(,nmos, et enlîn te dénouement qui fait des vainqueurs et des vaincus. Seulement, ù la différence des pièces qui se jouent sur le théftlre, on sait ici ce qui vient après le dénouement, et l'on ne conserve aucun dnule sur la prolongation du succès ifD'il a procuré.
Gês événements ainsi (téroulés enseignent d'une manière éclatante quel avantage, en un cerlain concours de circonstances, les obstacles semés sur la roule et qu'il Tant lever un ft un assurent au parti qui ne s'emporte pas coniro eux ni ne s'en laisse décourager. Si, semblable à lu sibylle annonçant à
Enée qae la première xoi^ de safait Ixi rî^Hi-in dm Coté où il s't attend le moins, e>$4-À-dîre d'ïLo^ rLOe
grecque. Tm fnmka Mlmtif (fm*s ■oira'^ rtr\4 jrMùi pOMâHmr ah urée, qaelqoe |>n[Mi*>>tiqiiear x%^\ p^redil que le grand agent da salât repoMi-caln 5<^r^t la composition monarchique de l'Assemblée aat:*:-oaIe. il aarait trooTé bien pea de gens disposes à le croire. Pourtant il eût teiBoigne quelque sagacité divinatrice. ETÎdenunent une monarchie homogène eût fait courir les plus grands risques aux espérances républicaines : mais une monarchie double permettait une stratégie et des manœuvres qui compen* seraient la supériorité numérique des coalisés. Seulement, il fallait savoir se tenir coi quand les deux armées monarchiques étaient réunies et prendre l'offensive quand elles s étaient séparées. Ainsi les obstacles monarchiques accoutumaient à la discipline les républicains ; la discipline qui n'est pas moins la foiN?e des partis que celle des armées. Je ne me détournerai pas de mon chemin pour considéivr co qui serait advenu, si tout d'abord la majorité eût été républicaine. Ces h3rpothèses sont parfois utiles comme exercice sociologique; et, à ce titre, je pense qu\^lles doivent être conservées dans la spéculation. Mais il ne faut se faire aucune iliusion sur leur portée. L^histoire est si complexe et renferme une si grosse part de contingent, que l'esprit humain est incap;ible d y remplir les vides qu'il y ferait par supposition. Ainsi, pour prendre un exem-
PRÉFACE. m
pie concret, imaginons que c'est Botiaparle cl non KIcber qui a été nssassiné en )ïg>'pte pur un Tanallique. Cela su))priinera évidemment le consuhd et ll'einpire, mais ne nous dit aucunement ce qui réaltéra de l'élimination île l'un de ces personnagos fst de la conserviilion de l'autre. S'il esl licite de se ndonner autant de thèmes de ce genre qu'on voudra ni d'y songer, il esl interdit d'y voli' autre chose ne conception rationnelle qui n'iiutorise qu'ellenéme. Laissons donc là on elle doit rester la chi- Boière d'une majorilé républicaine dana l'assemblée ilaeau mois de février 1871.
Au premier abord on put croire tout désespéré la république. Une majorité monarchique Unorme vint a Bordeaux; et il sembla qu'un monarque n'eût qu'à se baisser pour prendre la couronne. La république, il esl vrai, occupait la place ; ^toutefois, née dans un jour d'émeute, elle n'étuit en IposMSsion que d'un titre provisoire qu'aucun vote F légal n'avait encore sanctionné. On pouvait l'écarter [' eomme un simple accident, et se débarrasser de I celle inti'use, dont les atl.iches étaient sans solidité f M doiitlesuH'rage universel, il Tiiislantméme, tenait l bien peu do compte. Mais il fallait se décider sur-le- L«l>ainp, se charger loyalement des plus rudes et \ plus tristes besognes, et prendre toutes les respon- I sabililés de l'incertain relèvement de la France.
A ce point de vue qui est celui de la restauration I monarchique, rien n'était plus pressé que de faire