‹ De l'établissement de la troisième républiqueChapitre 50 sur 102 · DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

DE LA LIBERTÉ

telle fraction de la communauté sont d*en mésuser. Je crois qu*en général, mal advient à ceux qui en mésusent.

Ce n*est pas dans rbostilité intime et certaine de l'Église contre le libéralisme laïque et dansla détermination de rétouffer, si elle peut^ par la liberté qu'il octroie à tous, qu'est la difficulté la plus grave. Elle gît dans le salaire que l'État alloue au clergé. On dira que ce ne sont pas les mêmes personnes cléricales qui émargent au budget et qui seront à la tête des nouveaux établissements d'éducation. J*en conviens ; mais le clergé, tant séculier que régulier, forme un seul corps qui obéit à une impul* sion unique; car son gouvernement esta. Rome. L^entière influence (et elle est grande) que donne au clergé sa qualité de corps constitué et salarié, sera mise au service de ceux de ses membres qui entreprendront réducation publique. Si le clergé était obligé de pourvoir à son entretien par les contributions volontaires des fidèles^ au lieu d'être pourvu sur les fonds de Timpôt commun, il aurait de moins à employer pour ses établissements pédagogiques, la somme qu'il reçoit annuellement. De ce fait, il y a donc inégalité flagrante entre lui et les associations laïques qui pourront se former. Seul, TÉtat est en mesure de lutter contre lui.

Ce n'est pas tout. A la prépondérance acquise par là au clergé, il importe d'adjoindre une autre condition qui est loin d'être sans poids dans nos circonstances. Dansinos conflits, le miniâtèrederinstruciioti publique, tout laïque qu'il est, est disposée se coaliser avec rÉglise contre les dissidences. Pourquoi? C'est que la politique réactionnaire et la politique de rÉglise sont entièrement liées lune à l'autre ; in-

DE l/ENSEM;NgMEî»T StTPÉRIEim. Sti

lliiencc^ funeâle qui a toujours empêché l.i liberté philosophique de pénétrer dans VUnivcrsilc, condamnée de la sorte à une infériorité croissante. Ce qui se passe aujourd'hui même est caractéristique. Certes, la liberté de l'enseignement supérieur, interprétée par tes interprètes que nous lui connaissons, n'aurait que Tnveur el protection pour les établissements cléricaux, que tiainc et ruine pour les établissements indépendants.

Avec le salariat du clergé, la difficutlé exige des Iransaclions. Elle n'en aurait pas besoin, si l'Église était séparée de l'État et si le temporel et le spiriluel se tenaient loin, l'un des aflaires religieuses, l'autre des aiTaires laïques, Mais il n'en est rien. La question n'est pas venue; elle viendra. Les esprits n'y sont encore préparés ni d'on côté, ni de l'autre. lÀ ob l'État laïque l'emporte, il entend maîtriser l'élise; là oii l'Église a la haute main, elle entend subordonner l'État laïque. Enlxo ces deux tendances, la formule de M. de Cavour est seule vraie : L'Église libre dans l'État libre. La liberté de l'enseignement supérieur, si elle est accordée, contribuera, je le pense, à promouvoir dans les esprits la séparation dont cette formule est l'expression.

Je conçois que l'inégalité constituée, dès le début, en faveur du clergé par le salariat, détourne de bons esprits d'accorder la liberté de l'enseignement supérieur, el qu'ils préfèrent conserver le monopole universitaire. Néanmoins, je ne puis me ranger de leur câté. En effet, si le salariat du clergé crée une difRcultéconsidérable, considérable aussi estladiftl culte créée par l'alianguissemenl de renseignement supérieur ofliciel. Rien que la liberté, la vraie et ^eine liberté, appliquée de façon oud'autre, ne peu

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