‹ De l'établissement de la troisième républiqueChapitre 49 sur 102 · IÔ · texte numérisé non relu

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Iruts Eioll ici leurs à qui l'entrée de la France n'esl pas rermée, rjui y voni i>l vinnnoril, si lion leur semble, gI ([ui, li'ul l'n se Tiiisunl l'un il l'autre les gros yeux, s» puuMent d'un commun efl'urt et par la coalition de leurs trois parlis vers l'objet désiré. Vruimenl, l'eltv IripUt compétition f> la couronne pur-devant une assemblée fort embarrassée, compélîlion oii chacun prête h son compétiteurune pari d'influence cl de crédit, est quelque chose d'originul et qui ne ïVliiil pas encore i-u.

L'un nous ruppelle l'unlique royauté et se» sertîces durant un patmé qui ne peut plus se reproduire; mais il ne nous piu-le pas des trois clmtes foudroyanles de 1793, de I8li5 et d(^ I8.'J0. L'autre est moins arriéré : monarcliie parlenientaiie, souveraineté nationale, drapeau tricolore, il accepte tout; mnis son parti lui fait tort; quelle créance ujuutei' à ces hommes jetés dans une réaction effrénée, persécuteurs de ce qu'ils avaient préconisé durant le régime impérial, subtils aux subterfuges, et, pour comble d'indignité, mettant leur main dans la main des bonapartistes. I^e troisième se fait fort de rnniener la prospérité malérietle qui signala le règne du père; oui sans doute, il y eut de la prospérité matérielle, mais en escomptant l'avenir, en grevant, dumnt celte prospérité, le budget et la dette au lieu de les atténuer, en désorganisant l'armée, en assurant h la Prusse la victoire de Sadowa et ses suites, en déclanuit la guerre, quand la prudence et la paix élaipiit le plus impérieusement commandées, et en allant comme un buUuciné tout perdre fi Sedan et à Meljs; semblable il ces hanquerouliers qui, pendant un certain temps, étalent luxe et splendeur, mais qui, lu liquidation venue, précipitent leurs trop

aveugles clients dans la ruine, la misère et la honte.

Tout cela est mesquin, bizarre, à peine croyable, vrai pourtant, mais, dangereux aussi. L'être déraison qu'on nomme aujourd'hui monarchie et qui ne peut arriver à ïa réalité de l'existence qu'en se déchirant entre bonapartistes, légitimistes et orléanistes; cet être de raison, dis-je, est le couvert sous lequel la réaction s'est emparée de toutes les fonctions, ministères, préfectures, sous-préfectures et mairies. Pendant ce temps, la république subsiste de nom et de fait, prête à profiter des irréconciliables divisions de la monarchie abstraite, mais menacée aussi à tout instant de périr sous la main de la coalition qui la détient.

Il ne faut pas craindre de voir le péril en face. La situation a de notables ressemblances avec les trois ans de la présidence du prince Louis-Bonaparte ; elle a aussi de notables différences. Commençons par les ressemblances.

Alors, comme aujourd'hui, on avait une république nominale ; on faisait valoir la discordance des trois partis, légitimisme, orléanisme, impérialisme, qui s'étaient ligués autour du président, mais qui s'empêchaient l'un l'autre ; on montrait la durée de la république en 1849, en 1850, en 1851, malgré les intentions non douteuses de ceux qui, de haut en bas, possédaient le pouvoir. Simultanément, une réaction implacable poursuivait et les républicains et les hommes qui se défiaient également du légitimisme, de l'orléanisme et du bonapartisme.

Telle était Tardeur des classes dirigeantes qui menèrent en ces trois années la campagne contre la république, qu'elles ne virent pas Tépée toute droite qui leur était tendue, et contre laquelle elles se pré-

cipitérpiit en aveugles. A l'inslanl, iout changea, la roalilion fut dissoute ; la dispersion, la prison, l'exil furent infligés aux amis dp la veille; pelites brutalités qui, depuis, ayant été pardonnées sans doute, n'ont pus empêché, vingt ans après, une m^ate coalition de se refaire, les mêmes amitiés de se nouer, non sans espérance de se traiter un jour avec autant (le naturel et de vigueur que cela fut fait par les Louis-Bonaparte, les Saint-Arnaud et les Morny.

Nos classps dirigeantes ne sont pas inventrices. I^s voitii qui recommencent le même travail que sous l'égide du prince Louis-Bonaparte ; réaction à outrance, coalition des trois monarchies, amitiés Romprumettuntes, inimiliés insensées conire ce qui veut organiser le présent, non le passé. Ce triste spectacle, nous l'avons vu de IHtK à 1851 ; nous le revoyons sous te régne de la majorité de la chambre.

La politique qu'elles suivirent eut pour résullat rétablissement du régime impérial, déleslable en »a prospérilê, car il était de si mauvaise nature que cette prospérité corrompit les éléments de vitalité et de force de la nation ; plus détestable en ses revers, qui firent ce qui n'avait jamais élé fait auparavant, la mutilation de la patrie et la perte de deux provinces chères et affectionnées. Que produirait. en fait de désastre, la politique toute semblable d'aujourd'hui, si notre malheur voulait qu'elle triomphAt? Nul ne peut le dire, pas plus qu'on ne pouvait, tout en concevant, dès le début, de bien fichcux pronostics, rien préciser sur le mode de ruine que l'empire nous préparait. Seulement, il «t tt noter que la France, non la monarchie ou la république qui, seules, préoccupent les parliis. la France, dis-je, est en péril ; elle n'est plus ce qu'elle

était, alors qu'on fit la désastreuse expérience d'une restauration impériale; elle possédait sa puissance, son intégrité, un grand renom militaire: aujourd'hui puissance, intégrité, fiH)ntière, renom militaire, tout s est englouti dans les hontes de Sedan et de Metz. Rien ne nous défend présentement et ne nous défendra pendant longtemps que la prudence, la sagesse politique, la concorde intérieure, tout autre chose en un mot que la coalition de trois monarchies qui se vengent sur le pays de ce qu'elles sont incapables de s entendre.

A la vue des reniements politiques dont la révolulion de février 4848 fut la cause ou le prétexte, j'ai pu écrire ceci en 1850 : « Il convient à un disciple de la philosophie positive, laquelle insiste particulièrement sur 1 absence de tout principe en notre temps, de faire voir que le changement d'opinion avec le changement de situation est perpétuel au milieu de Tincohérence des partis. » Muiaio nomine (le te fabula narralur; changez les noms , changez les personnes (et encore pas toujours), et vous retrouvez sous vos yeux, en on ample spectacle, ces reniements qui confirment à souhait le dire de la philosophie positive sur rincohérence des partis et le manque de principes.

Heureusement pour la république, heureusement surtout pour la France, la situation de 4874 est grandement différente de celle de 1851. Alors le pouvoir exécutif était passé dans la main du chef même d*un des ti*ois partis, prince qui, comme Ly* sandre, pensait que, si Ton amuse les enfants aTCC des osselets , on trompe les hommes avec des sermonls. 11 ourdit savamment son guet-apens, que la nuit couvrit d une ombre favorable. A Strasboun;,

DE f KrîfiOMBREMENT UES rABBlÈBKl à Bouldt^nn, If! hntuiparl isme av»il mixêriihlemenl ■^«houùooiilre le roi Louis-Philippe; il aurall échoué clo même contre la république, si. resté simple parlicuiier «u simplf? représentant, il avait dlï tenter un coup de main. Mais, tapi dans le pouvoir exéculir, il «0 disposa tous les ressorts pour le succès de sa tiucturne entreprise.

Avoir itllaire i> ladireclion unique d'un homme qui comploteseul, ou avoir alTuire Jila direction multiple d une majorité de coalition qui ne se décide qu'à trois (el ces trois, irrôconciliahles), voilà l'immense ilitTérence entre les deux situnlions.

Avec un Bonaparte sans fol pour président de la république, l'issue inévitable éliiil un coup d'Kliil. Ave» une majorité ciiallsée, l'issue naturelle est la ilissulution. Lii première fut un grand crime contre k France ; car la violence illégale partant d'en haut est le plus funeste des attcnlats et des exemples dans noln; pays troublé par les révolutions. 1^ seconde est une solution réjiulière que nou^ croyons devoir être favorable k la république, mais qui, en tout cas, de quelque façon qu'elle tourne, est mille fuis préférable aux sanglantes brutalités du i décembre.

La quatrième session de l'assemblée nationale s'est terminée par un ajournement général : ajournement de la monarchie légitime qui s'impatiente: iijourneiuenl de lu monarchie parlementaire qui, nous dit la réunion Colberl (I), a, auit) novembre dernier, refusé d'être régente; ajournement de la république qui reste en nom; ajournement du sep-

(I) CMiit uiie rvupîeu île parliiaus do la rumuirc.liiD parkincn-

tennat qui ne sait ce qu'il veut, demandant la veille qu'on se hâte, et le lendemain qu'on diffère. Je suis assuré que du patriotisme anime le gros de chacun des partis monarchiques; mais je suis non moins assuré qu'aucun patriotisme n'est possible à leur coalition; tout s'y neutralise; et cette neutralisation n'y laisse, au lieu de plans, de vues, de directions, que des passions négatives capables de faire du mal, incapables de faire du bien.

U est curieux de remarquer que le centre droit» où prédominent les orléanistes, est le groupe qui a montré le plus de bonne volonté à pactiser avec les bonapartistes, tandis que Textréme droite se façonne plus difficilement à ce contact. Certes, en voyant ce centre, par les mains de son grand chef M. le duc de Broglie, remettre aux bonapartistes tant d'importantes fonctions, on est enclin à soupçonner que plus d'un y regrette lentrainement qui, à Bordeaux, poussa la chambre entière à prononcer la déchéance de Tempereur et de sa race ; et, peut-être même, Mazas ne paraitrait-il plus si effrayant, ni si digne de blâme, si le jeune homme de Ghislehurst ou l'échappé de rUe Sainte-Marguerite (1) se chargeaient d*y conduire pêle-mêle la gauche, la république, voire quelques orléanistes.

Le provisoire dure depuis quatre ans. A la rentrée, on essayera d'organiser, par les lois constilulionnelles, les pouvoirs du maréchal de Mac-Mahon, ^pù, à ce moment, n'aura plus que six ans devant lai. Y réussira<t-on? Cela dépend uniquement de lextrênie droite, selon qu'elle jugera qu'une attente

(1) lie Bunèckil Baaae, coaduuié p«r «n cooscil de 4»me à

IIE L'ENGOMliREMENT DES CARllIÊitES. 321 de six ans légalemfint consacrée convient ou ne convient pas h celui qui pour elle e.st le roi de France. Mais, quand bien même les lois constitutionnoUes se feraient, cela ne serai! encore qu'un provisoire (celui-là de six ans), au bout duquel rendez-vous serait donné pour une lutte îi outrance entre légitimistes, orléanistes, bonuparlisles, républicains, sans compter que tout cet intervalle de six ans sera employé à se préparer au combat. Admirable perspective, qui est la fin de toute la politique du centre droit! Mais l'instinct public se révolte contre d'aussi misérables combinaisons; aucun candidat du trop sublilprovisoirene sort plus de l'urne électorale. Eti ces conditions la république gagne ; mais, ne le ditisiniulons pas, le bonapartisme gagne aussi. Lui (|ui était debout et maître de tout, il y a seulement qualre ans, on n'a pas oublié que c'est un gouvernement parfaitemenl défini : autorité absolue, prérets k poigne, chambres composées de créatures les unes désignées par le préfet, lesautres choisies par le maître, la presse sous l'arbitraire, la prison ou l'exil pour les récalcitrants, un train de grande vitesse ramenant en Angleterre les princes d'Orléans. Voilà le régime, on le connaît, c'est l'ordre, mais avec Leipzig, Waterloo et Sedan en vue. Qu'il cela no tienne, disent les Hdîtles ou les aveugles.

Le provisoire de six mois ou de six ans ne peut recevoir de solution que par la chambre usant du pouvoir constituant, ou par la nation.

La majorité de la chambre est dans une impasse, l/'ne portion de cette majorité demande le trône pour M. le comte de Chanibord. Soit, le retour de lios anciens rois serait, historiquement, acceptable, ï\a condition que cet ancien roi fiH un Henri IV,

322 D£ L'ENCOMBREMENT DES CAARIËRES.

capable de se conformer à Tesprit de la France nouvelle ; il n'en est rien ; et les dissidents empêchent tout vote &vorable à la légitimité.

Une autre portion de la m^yorité réclame la monarchie parlementaire avec un prince d'Orléans pour roi. Soit ; la monarchie parlementaire a certainement des mérites; mais elle eut le tort de sombrer en pleine tranquillité sur une misérable question d'électorat qui ne la touchait ni de loin ni de près ; on s'en souvient ; et les dissidents, se réunissant, ne permettent pas à la chambre de décerner la couronne aux héritiers de Louis-Philippe.

Bt l'empire ? De quelque tendresse que le centre droit, sous l'impulsion du ^ mai, se soit épris pour lui, il ne se décidera jamais à lui apporter l'appoint de ses votes; car ce serait signer l'arrêt d'exil de MM. les princes d'Orléans.

Yoilà les choses infaisables. La chose faisable, c'est la république. La sagesse veut, surtout dans les situations difficiles et pressantes, que Ton fasse la chose faisable, c'est^-dire que l'on se décide pour la voie ouverte et Tissue naturelle. Biais les passions monarchiques et les passîoBS cléricales, celles-ci les pires de toutes, parlent bien plus haut que la sagesse politique.

Obstacles partout, arrêt partout, imbroglio partout. Prenons patience. Plus Tépreuve dure, plus il nous faut pratiquer le sacrifice des divergences individuelles en ^iie du but général, n^avoir qu'une république en présence des trois monarchies de nos adversaires, et obéir a cette sagesse politique dont je viens de parler et qui exige que Ton se décide toujours pour la voie ouverte et les données actuelles de la situation. Prenons patience, et

LKtEHTfi DE L'ENSEIGNEMENT Sl'i-ÉlllElin 3î;i comptons pour beaucoup dans nos chances l'enrumtircnient des carrières.

Dr: LA LIBERTE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR (1).

[Il Dc ^vait pM raliiMincI d'dcaiicr, bar* île* eSurU qui oui produit la troistiUR rijiublique. Ici débali qui onl au |>uur abjcl l'in- •iruclion publique. Lei clËrlcBux (je us dis pat les calholiquei) su tout tnonlrii lei adversoirct djciari* et ■charnti du régime Hpnbijcaiu ; le* radicaux (jo ne dis pat 1m républicain*) ont Isil à rE(Ui« Mlholique luul le mul qu'ili ont |)u. Le (inncipal Uiéilre 4t ta <aU« a «è le dwnntnB du l'éducation.]

Vae proposition Af loi sur celle gi'avf question ii él^ soumise Ji la chambre, qui la discute présentement (2).

i« suis pour la libeité Hp renseignement supi^rirur. Je roHimoncc pur celte déclaration, alin que Uial c« que je veux dire en soit éclairti et précist!^ (I avance.

{t) /ti-ue lie la VliilasojJtie i-unlive, iiumtro do jnnïtcr-rérrier 1S7&.

(3) H. le comte Jiuibarl, qui en pst l'auteur, vient d« mourir. DicD que dilTérenli d'apiaioni ou poUlique cl lurtout en tbiiologïea Bout aiîMii l'un pour Fautre dM apnliinFnle d'amitié. Il m'en doiinu dat preuvu dont je lui al âtc reoconaiMsnt ptndvtt qu'il vivait, al dont je (arde recooaaiaBaucu à ta uémoirc. C'était un bomnw ituillaux el diiLingué. Il est bien (tonnu pnrnii les bolaiiielca pciur di;t Iretauv variés et peur ton léle icienliflquo. (funnt li moi, ecn Giositirt ilu parler du emire dt la france m'a tU iDtt utile. C'ait un dat uieitleun diclioiicuiiret do patois que nous ujuiis. Les didiaiiniires de patois sont des travaux tris recomuiuiidabtei; et nou* •Mnat taîo d'4tre au conidct, eu cola, pour la France.

32i DE LA LIBERTÉ

Je connais les objections, elles sont graves. Je vais essayer de me rendre compte des principales. La première objection, celle qui saute aux yeux et qui s*empare tout d'abord des esprits les moins prévenus, c'est que l'Église, qui demande aujourd'hui la liberté d'enseignement, ne nous la donnerait pas si elle était en possession du pouvoir. Sa demande n'est pas sincère, en ce sens, du moins, qu'elle cache une arrière-pensée qui est : user de la liberté pour essayer de reprendre la domination, puis user de la domination pour interdire à ses adversaires cette même liberté qu'elle réclame aujourd'hui à si haute voix.

Rien de plus exact qu'un tel jugement porté sur les présentes réclamations de l'Église. Le passé en témoigne amplement. Jamais l'Église n*a laissé la liberté de la parole, du livre, de l'enseignement. Tous les hérétiques, tous les libres penseurs ont été persécutés à outrance. Il lui a paru utile d'ajouter aux foudres spirituelles qui lui appartiennent, les exécutions capitales, les bûchers, les tortures, les emprisonnements, les exils. Les persécutions religieuses sont inscrites en traits ineffaçables dans l'histoire des trois cents dernières années» durant lesquelles a commencé et s'est poursuivi le grand procès de la liberté de conscience et de pensée. Mais, direz-vous, cela ne se fait plus; oui, sans doute, et l'on est réduit à n'en débiter que la petite monnaie : fermer à un homme sa carrière, le destituer s'il a quelque emploi, le miner sourdement, dissoudre les associations indépendantes, etc. Les grandes persécutions n'ont plus cours; oui, sans doute, mais à qui doit-on l'inestimable bienfait de la tolérance, si ce n'est à Tesprit d'émancipation

DE l.'ENSEIOflEMENT SUPÉRrEUIl. 3Î5

qui a brisé le joug? Ce qui, en ceci, juge l'Église, c'est qu'elle ne se console pas d'avoir été forcée h la toléranc;e.

Hors de la foi point de salut. L'Église ne se contente pas, ce qui est son droit, de repousser de son Min ceux qui n'admettent pas ses dogmes; niais encore, dépassant cette terre et les rapports humains, elle suppose qu'un pouvoir infini, devenu son bras léculier, leur inHige, dans une autre vie, le cli&tifflent de la damnation. Cette croyance eut, à l'ori- .^ne, sa raison d'^Ire et son utilité, k l'effet d'assu- Kr l'unité sociale par l'unité de la foi. Aujourd'hui... Biais je n'entre pas dans la critique, je constate Mulemenl le décret surnaturel prononcé contre les incroyants. Eh bien ! qu'est la justice humaine envoyant un coupable à la mort en face de la justice divine envoyant une àmc incroyante à i'enfer perpétuel? Et, si l'on mesure l'otfense à la peine, (pielle n'est pas la gravité de l'offense d'incroyance, puisqu'une telle peine lui est réservée? Aussi l'Église l|>ercoit dans les incroyants, non des dissidents, mais des criminels condamnés d'avance, h qui, certainement, il faut refuser, quand on le peut, toute liberté; aussi, dans les préliminaires mêmes de la discussion présente, voit-on les cléricaux secouer la léte quand on demande pour tous la plénitude de la liberté philosophique, et méditer des restrictions. Tu palere iegem tjuam fedsti, dit le premier mou vement ; mais il ne faut pas l'écouter. Ce serait du talion; et lu justice par le talion n'est pasune bonne JBsticc. Le système social des modernes, causé par l'évolution émancipalrice, accorde à tous également une somme de droits et de facultés, sans s'inquiéter si les intentions ultérieures de telle ou

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