DE H LIBERTÉ
dans une certaine limite, des croyances théologiques, et, dans une autre limite, leur abandon.
Pour nous représenter comment les choses se passent, considérons seulement le va-et-vient intellectuel qui est sous nos yeux. Bien que l'Kglisc ne soit pus maîtresse de l'éducation, elle y prend pourtant une largo part; et beaucoup d'esprits sortent de ses institutions façonnés par ses mains. Eh bien, voici ce qui arrive : de ces esprits qu'elle a travaillé à faire siens, une portion, cela est manifeste, lui reste fidèle, et contribue k entretenir la force théologique; une autre portion lui échappe et va grossir la force laïque. El remarquez que cela se produit dans toutes les classes, en haut et on bas, en France et hors de France. Remarquez, en outre, qut> plus la discipline pédagogique do l'Église a été entière, plus la réaction émancipatrice s'est montrée violente. Ce ne sont pas les hommes sortis de ses mains qui furent ses adversaires les plus impartiaux et les plus bénins, témoin les révolutionnaires de la grande révolution, témoin l'Espagne, témoin même l'Italie, qui, dans son émancipation, est la plus modérée.
Le fonds des notions positives s'accroît sans cesse; le fonds des notions théologiques demeure invariable et sans accroissement. Voilà ce qui désormais incline un des plateaux de la l>:danco sociale toujours du même cAlé.
La conséquence nécessaire de la liberté d'enseignement est la plénitude de la liberté philosophique, dans l'Université et hors do l'Université. Aucune réserve ne peut être faite, ni du cAlé de l'Église catholique qui n'est qu'une partie du tout, ni du cûté des autres Églises, ni du côté de l'État.