‹ De l'établissement de la troisième républiqueChapitre 53 sur 102 · DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

qui, en sa qualité de gérant et d'arbitre commun, a pour fonction suprême de proléger tout le monde, (le veiller à Texécution des lois et de maintenir l'ordre.

La philosophie positive professe que la théologie, respectable en raison des consciences qui y appuient leur foi et leur espérance, est devenue incapable de garder Toffice qu'elle eut jadis, et de demeurer la directrice des sociétés. Ce qui, par substitution graduelle, s'enipare de celte direction, c'est la science, entendue au sens le plus général, c'est-à-dire la connaissance, non-seulement de Tordre cosmique, mais encore de Tordre vivant, tant individuel que social. Cette notion capilale doit pénétrer tout enseignement progressif, et la philosophie positive ne se fera pas faute de la soutenir.

En ceci, Toffice de la philosophie positive est tracé d'avance par sa nature même. Sa fonction, à elle, est non point d'enseigner les sciences particulières, mais d'enseigner la science générale, suivant la féconde formule d'Auguste Comte. En Télat présent de dispersion des doctrines et des enseignements, personne ne peut, ni même ne veut combler la vaste lacune qu'elle signale. Aussi, tous les esprits qui sortent des écoles sont-ils, quelque éminence qu'ils possèdent en leurs compartiments spéciaux, incompétents dans la science générale. C'est d'après ces bases qu'il y aurait lieu d'instituer, pour les hommes jeunes, désireux de compléter leur éducation, un établissement où Ton enseignerait méthodiquement et dans un temps suffisamment court, les six sciences selon leur ordre hiérarchique. C'est un projet qu'il faudra mûrement étudier.

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