‹ De l'établissement de la troisième républiqueChapitre 87 sur 102 · SELON LE SUFFRAGE UNIVERSEL · texte numérisé non relu

SELON LE SUFFRAGE UNIVERSEL

dire indéterminée. Le radicalisme , né de ces dégradations mêmes, continuera à en profiter, pour une pari au moins ; mais elles ne lui promettent pas un accroissement plus rapide que la décroissance de son ennemi. Enfin, le cléricalisme, qui s'est laissé déchoir de sa position culminante, travaille à y remonter; le sociologiste, qui le contemple, juge que Teffort n'aboutira pas, vu que les pensées publiques sont comme les pensées individuelles le résultat d'un état psychique essentiellement prédéterminé par les antécédents. Ainsi, de quelque cAté qu'on examine le problème, on infère, à première vue, une sorte d'équilibre oscillant entre des limites qui ne 8*écartent pas assez pour le détruire.

Toutefois le statu quo sociologique y est plus apparent que réel. A la vérité, les croyances, dans leur lutte réciproque, ne feront guère de progrès l'une sur l'autre ; mais ce qui continuera d'en faire de notables, c'est le régime laïque sur le régime théologique. Du moins telle doit être l'œuvre perniîinente du gouvernement républicain ; il est spécialement chargé d'assurer le travail de celte émancipation, comme tout gouvernement réactionnaire est spécialement chargé de l'entraver. Depuis longtemps j'assigne pour terme le point où les croyances seront seulement l'affaire des individus ou des groupes d'individus, sans aucune immixtion ni de ces croyances dans le gouvernement, ni du gouvernement dans ces croyances. Les doctrines religieuses sont discordantes et, par conséquent, incapables d'imposer un type universel ; leur suprême effort en ce genre a été le catholicisme du moyen Age. Au contraire, l'État laïque, quelles qu'en soient les formes monarchiques ou républicaines, tend à se

Page 1