‹ De l'état actuel de la gastrostomieChapitre 15 sur 33 · NE DE · texte numérisé non relu

NE DE

juillet dernier, le malade, à la suite d’ingestion d’aliments lourds, s’aperçut qu’il digérait mal. Puis, peu à peu, cette difficulté s’accentua, et le malade qui, jusqu’à présent, avait pu ingérer solides et liquides sans trop de difficultés, ne peut plus ingérer que des liquides depuis un mois.

Il rejette les aliments immédiatement et dès qu'il les a absorbés ; le lait, en particulier, n’est pas caillé et est rejeté intact. Il n’a jamais vomi de sang et n’a jamais souffert que très peu, au moment de ses régurgitations et au niveau de l’angle xyphoïdien.

Le malade s’est amaigri considérablement par le fait même de l’inanition:

La radiographie ne montre rien de net, le malade n'étant pas arrivé à avaler convenablement son cachet de bismuth, mais les renseignements semblent bien être en faveur d’un obstacle bas situé sur l’æœsophage.

27 octobre. — Gastrostomie par le procédé de Fontan.

12 novembre 1909. — Mort.

14 novembre. — Autopsie : néoplasme situe un peu au-dessus du cardia et s'étendant sur 5 centimètres environ de hauteur. Le rétrécissement est très serré et on note une dilatation située au-dessus. Nombreux ganglions trachéobronchiques. Généralisation au foie ; cinq ou six nodules cancéreux avec taches de bougie superficielles.

On note une myocardite typique avec une pneumonie

congestive des basês qui a dû emmener le malade.

©. OBSERVATION n° 8

J..., 57 ans, Lyon, entré le 29 mars 1910. Siénose œsophagienne : poche avec néoplasme.

ON

Le malade a eu une pleurésie il y a 22 ans. Chancre de la verge, il y a 15 ans, avec ganglion suppuré.

Depuis 5 mois 1/2, gêne progressive de la déglutition, arrêt des aliments à la partie supérieure du thorax. La viande ne passe plus depuis 1 mois 1/2. Il a consulté le D'° Bouveret qui a constaté un arrêt à 25 centimètres des incisives. Pas de vomissements œsophagiens. |

Une radioscopie (D' Arcelin, 24 février 1910) montre un arrêt au niveau de la clavicule et une dilatation au-dessus.

Sargnon constate un arrêt de la tige cocaïnique à 25 centimètres ; elle passe à gauche et pas à droite.

Le malade n’a maigri que de 2 kilogs en un mois ; la tige ne ramène pas de sang.

Agr

9 avril. — Œsophagoscopie : la tige cocaïnique est arrêtée d’abord à 17 centimètres, puis à 21 centimètres, puis à 25 ; une seule fois on franchit ce spasme de quelques centimètres.

Un tube de Brüning, de 7 "/", pénètre à 21 centimètres et rencontre un spasme intense, circulaire ; mucosités abondantes, à peu près pas de sang.

La sonde fine et la tige cocaïnique passés par le tube æsophagoscopique, ne peuvent franchir le spasme.

18 avril. — Le malade s’alimente bien, sauf pour la viande. La tige cocaïnique et une sonde plombée moyenne passent à frottements, mais sans hémorragies.

10 juillet. — Pas d'amélioration. Il entre dans le service de M. Bérard. Ablation d’un goître latéral et très plongeant, car on pensait à une poche œsophagienne.

13 septembre. — Essais très intermittents de dilatation œsophagienne. Pas d'amélioration.

Nouvelle œæsophagoscopie, après dilatation préalable, jusqu’à 25 centimètres (impossible d’aller plus loin). Avec un œsophagoscope de 9 "/" et un mandrin, on pénètre, en

forçant, jusqu’à 23 centimètres, dans une petite poche à

Le

parois rougeâtres, qui se remplit continuellement de liquides alimentaires et nécessite des pompages successifs. On a la sensation, au niveau de la région inférieure de la petite poche, d’une induration résistante (spirrheuse ?). On constate, au niveau de la partie supérieure du thorax, un rétrécissement spasmodique à la limite supérieure de la poche.

10 septembre. — Gastrostomie d'urgence par M. Bérard. Le malade n’avale plus du tout. Pouls : 120 avant opération.

© Anesthésie au Bilroth, procédé de Fontan.

Mort dans la soirée.

À Pautopsie, on trouve une poche latérale droite au-dessus d’une zône cancéreuse circulaire. L’aorte et des ganglions

adhéraient à la tumeur.

P..., 57 ans, entré le 8 août 1910. Spasme de l’æsophage. Néoplasme du cardia.

Fièvre typhoïde à 16 ans. Spasmes œsophagiens très intermittents depuis décembre 1909. Radiscopie par Barjon, en mai 1910 ; estomac fonctionnant bien, un peu petit ; le cachet de Bismuth n’est pas arrêté dans l’œsophage.

Amaigrissement en un an : 8 kilogs.

Il y a quinze jours, à la suite d’une émotion, resserrement brusque médiothoracique, vomissements alimentaires immédiats. On lui a trouvé de l’aérophagie cette année à Vichy.

l'y a quatre jours, il a eu une contrariété très vive (colère) ; en mangeant, il a eu des vomissements alimen-

taires récents. Ce spasme a duré 36 heures, même pour les

liquides. Sensation de brûlure : il la compare à celle d’une fistule à l’anus.

Dilatation : passage facile de la tige cocaïnique après un spasme net de l’entrée de l’œsophage. Les sondes de Bouchard passent très bien.

22 octobre. — Il a mieux mangé depuis et engraissé de 1 kilog en deux mois.

13 novembre. — Radioscopie (D' Barjon) ‘: montre un arrêt du cachet vers la deuxième vertèbre dorsale (rétrécissement assez serré).

Janvier 1911. — Le malade entre à la clinique. Il a beaucoup maigri. Alimentation à la sonde pendant plusieurs jours.

Œsophagoscopie. Au niveau de la région diaphragmatique ou suscardiaque (39'centimètres), un bourgeonnement hémorragique d’aspect néoplasique. Le spasme de l’entrée de l’æœsophage a été facilement franchi avec le tube spatule.

Gastrostomie par MM. Bérard et Vignard (procédé de Fontan). Suites normales, sauf que les sutures superficielles lâchent, et il y a, momentanément, un peu d’incontinence. Guérison de la plaie par épidermisation progressive. Depuis le moment où est survenue l’incontinence, la sonde à demeure est supprimée et n’est mise en place qu’au moment du repas. Le malade engraisse rapidement et reprend toutes ses forces. Comme on lui a parlé d’ulcère peptique, on lui fait à diverses reprises, deux ou trois fois par semaine, des badigeonnages avec du bleu de méthylène à l’aide d’un tube endoscopique de 12 centimètres de long sur 7 "/" de large (Œsophagoscopie rétrograde). On voit ainsi que la région du cardia est rougeûtre, bourgeonnante, et qu’elle saigne facilement.

À deux reprises, on essaie de passer par le haut une fine

sonde pour mettre le fil sans fin, dans le but de faciliter les

badigeonnages. La sonde pénètre dans l'estomac, fait saigner, mais la gastroscopie inférieure ne permet pas de la retrouver.

Fin mars 1911.— Le malade va bien ; il a engraissé. A ce moment, il prend la grippè avec douleurs de la région gastrique et névralgie intercostale inférieure.

L'alimentation se fait toujours par la fistule stomacale.

Le malade présente, de temps en temps, des spasmes œsophagiens avec des régurgitations de salive, s’accompagnant de douleurs thoraciques. Le plus souvent, ces régurgitations manquent et la salive s'écoule dans l'estomac.

17 avril 1911. — L'état fébrile a disparu ; pas de cautéri-

sations. Mort deux mois après.

OBSERVATION n° 10

B..., entré le 21 décembre 1910. Néoplasme du cardia.

Vient pour des troubles gastriques.

Père mort d’un cancer d’estomac, mère morte d’une maladie de foie.

Pneumonie à 40 ans, pas de spécificité.

La maladie actuelle a débuté, il y a deux ans environ, par des douleurs épigastriques qui, quelquefois, avaient été calmées par les aliments.

I y a environ un an, les vomissements ont fait leur apparition, survenant immédiatement après l’ingestion des aliments et principalement du pain. de la viande. Les potages, les purées passent. Enfin, le malade est obligé de boire par petites gorgées. Amaigrissement notable.

On ne sent pas de tumeur. La radioscopie montre que le cachet de bismuth est arrêté au niveau du cardia.

Page 1