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deuxième tube introduit avec mandrin pénètre facilement plus loin et montre une poche garnie de mucosités et de débris alimentaires, avec une dilatation à gauche et un orifice très petit à droite. Cet orifice se trouve à 36 centimètres des arcades dentaires.
On hésite entre un spasme, une compression ou une sténose inflammatoire consécutive au spasme ; pourtant, cette dernière hypothèse semble plus probable, mais comme l’orifice n’a pas été parfaitement vu à cause des débris alimentaires, on ne peut porter un diagnostic absolument ferme. La dilatation méthodique, très difficile au début, puisque la sonde n° 10 seule passe, arrive assez rapidement jusqu’au n° 36, mais, ultérieurement, le malade rechute et la dilatation devient de plus en plus difficile.
Le malade, revu en juillet 1912 va bien, malgré l’absence de toute dilatation.
OBSERVATION n° 14
L..., malade de66ans, présentant, depuis trois mois, de la gêne œsophagienne avec gros amaigrissement et arrêt, pour le cachet de bismuth, au-dessus du diaphragme. La sonde est arrêtée vers 40 centimètres.
L’æsophagoscopie(Sargnon)en position assise sous cocaïne, montre, au-dessus du diaphragme, uue poche œsophagienne cylindrique, peu large, terminée en bas par une paroi sans lumière ne saignant pas, mais infiltrée et rougeâtre. Le malade est très affaibli. La gastro est pratiquée d'emblée par le Professeur Bérard, sous infiltration de novocaïne. L’anesthésie est très bonne pour les parties molles, mais au
moment de la recherche de l’estomac, qui est très petit, on
PO UEEN
est obligé de donner un peu d’anesthésie générale. Suites opératoires bonnes, mais, comme le malade présente des hémorroïdes absolument rebelles et très douloureuses, on est obligé, huit jours après, de faire une dilatation anale. Issue de matières extrêmement abondantes et dures. Affaiblissement progressif et mort, par faiblesse cardiaque,
quinze jours après la gastrostomie.
OBSERVATION n° 15
C..., 63 ans, entré le 20 octobre 1911. SZénose de l’æsophage.
Père mort de bronchite chronique. Mère morte de vieillesse. Enfants vivants et bien portants.
Paludisme à 25 ans, pendant onze mois ; guéri sans accident.
Aucune maladie depuis. Excellente santé habituelle. Ethylisme ancien moyen. L’affection actuelle date de six mois. Depuis ce moment, douleur épigastrique continue, avec quelques paroxysmes peu intenses et survenant à des moments irréguliers. Elle a une prédominance nocturne et correspond dans les reins. L’appétit, au dire du malade, n’a pas diminué. mais il y a des troubles de la déglutition ; les aliments. dit-il, passent mal. Mais, en l’interrogeant, il dit aussi que les solides et les liquides passent également et que jamais il ne les vomit. Renvois fétides, non acides, après les repas. Jamais d’hématémèses. Depuis quatre jours, ila aperçu dans ses selles, à deux reprises, du sang rutilant. Depuis six mois, le malade a maigri de 10 kilogs.
À l'examen, bon état général. La paroi est peu dépres-
MM CCE
sible ; la pression au point épigastrique est douloureuse et on a une sensation de tension à ce niveau : on ne sent pas de tumeur à la palpation. Le foie dépasse un peu les fausses côtes, il est légèrement douloureux ; le malade n’a jamais eu de coliques hépatiques.
Le toucher rectal ne révèle pas la cause de hémorragie rectale.
Aux poumons, bronchite chronique.
Rien au cœur.
Depuis quelques jours, les signes se sont précisés. Les symptômes gastriques ont fait place à des signes æsophagiens nets. Les solides ne passent plus, les liquides passent difficilement.
26 octobre 1911. — Œsophagoscopie (Sargnon).
L’œsophagoscopie est faite en position assise, sous cocaïne. Une petite sonde, passée au préalable, passe facilement.
Le tube, introduit par coulissage dans le tube biseauté, est arrêté vers 34/35 centimètres des arcadés dentaires supérieures. On constate alors un obstacle recouvert d’une
muqueuse non ulcérée ni bourgeonnante. On n’aperçoit
pas lorifice æsophagien, car le pompage des mucosités est
compliqué.
Diagnostic probable de spasme serré ou de néoplasme sous-muqueux, probablement circulaire.
Une grosse bougie n° 40: pénètre assez facilement, mais est arrêtée vers 34 centimètres également.
13 novembre 1911. — /niervention.
Gastrostomie par le procédé de Fontan, sous anesthésie locale à la novocaïne.
Le malade n’a rien senti, sinon l’incision et les sutures des parties extrêmes de la plaie où l'injection anesthésique n'avait pu être poussée.
Lai
22 novembre. — Ablation d’une partie des fils. Nettoyage
de la sonde ; suites immédiates bonnes.
OBSERVATION n° 16
M... 43 ans. Entré le 5 janvier 1912. Polype de l’æsophage el neoplasme concomitent.
Pas d’antécédents héréditaires à signaler. À eu quelques bronchites. L’affection actuelle a débuté au mois de mars 1911 par des vomissements glaireux accompagnés de douleurs épigastriques. Le malade, se couchait sur sa région stomacale pour les calmer.
A partir du mois de juin, survinrent des vomissements alimentaires immédiatements après l’ingestion. Le malade commença alors à maigrir et à être constipé. Peu à peu, il eu quelques vomissements tardifs, le malade a toujours faim. I est entré il y a un mois dans le service de M. Pic. M. Sargnon fait l’œsophasgoscopie et trouve un polype de l’æsophage thoracique supérieur, il l’extirpe partiellement, le 30 décembre, le malade alialt très bien, point de fièvre malgrè son état cachectique avant l'intervention.
Depuis mercredi 3 janvier, il présente une dysphagie presque absolue et des vomissements.
Une grosse sonde passe bien jusque dans l'estomac, mais dès qu’on injecte du lait, il le revomit par son œsophage, malgré la présence de la sonde. De plus, il a vomi à ce moment du liquide et des grumeaux de rétention gastrique.
6 juin 1912. — Un lavage d’estomacayant été fait la veille au soir, le malade va un peu mieux.
Il n’y a jamais eu du sang dans ses vomissements. Il a
perdu 3 kilogs depuis 1 mois.