Dîmes
Nous avons conseillé de changer les dîmes en. une rente pécuniaire; niais cette opération exige des dispositions préalables,- et comme elle ne peut être exécutée à l'instant, il faut fonder, les calculs sur le. système actuel. Les dîmes sont portées dans te budget de 1830 à 2,500,000 de .phénix.
Il y eut cependant une diminution sensible pour les. causes que nous avons indiquées. - La réduction du paiement d'un tiens des produits du domaine-nartienal ne peut pas être maintenue. On avait cru. couvrir. le déficit en imposant le* troupeaux à peu près -d'un million; mais quelque raisonnable que puisse être un tel
isspot, ausakdt que le paya se sera TMdt de sec souffrances, il était onéreux et destructif iaMnédiatesnent après une invasion longue et désastreuse oui avait réduit à la misère la classe de bergers. Aussi a- 1- elle montré presque partout une résistance très -prononcée, et la, perception forcée a* t<- elle occasionné des dépenses si considérables et donné lien a des abus si grands que, selon les renseignemens les plus exacts, elle n'a rapporté au trésor public que la somme de 200,000 phénix. Il sera donc juste de l'échanger contre une imposition très -modique et de revenir à la perception d'un tiers, au lieu d'un quart des produits dû domaine national.
De plus, les enchères devant toujours être fermées avant le commencement du mois d'Avril, les spéculateurs, dans l'impossibilité de prévoir les résultats de la récolte, n'établissent ordinairement leurs calculs que sut une mauvaise on tout au moins une médiocre année; outre ce calcul, ils n'oublient pas de s'assurer un intérêt de quinze à vingt pour cent. Quant aux remarques de l'homme d'état que nous avons rapportées plus haut, l'auteur continue ainsi: „Le gouvernement perd donc vingt pour cent dans une mauvaise année, et soixante pour cent au moins dans une bonne, ce qui porte le terme moyen à quarante pour cent par an. Si au lieu de ce mode de perception on se contentait de nommer un percepteur dans chaque canton, en lui assurant dix pour cent sur le produit de la perception en récompense de ses travaux, et en lui garantissant son maintien dans le même emploi pendant dix ans avec une récompense an bout de ce tente s'il fait preuve d'une conduite et d'une exactitude irréprochables, ea aurait, indépendamment d'un profit sûr de trente pour cent par an, l'avantage d'augmenter peu -à -peu les
dîmes à raison du défrichement des tmxem et du déve* loppemeut de la culture ; car il e*t évident que Je pet* cepteur ne manquera pas d'y travailler pour son p*o* pre intérêt, qui se trouverait être inséparable de celai du gouvernement"
„C'est pendant cet intervalle qu'il faudra s'occuper «ans relâche à obtenir tous les renseignement st&* tistiques qui devront former la base pour l'adoption d'an nouveau système eu remplacer celui des dîmes."
„Les percepteurs dont nous avons parlé, ne seront pas moins utiles en procurant de leur côté des informations qui serviront admirablement au contrôle de* renseignemens donnés par les gouverneurs; mata il faudrait aussi absolument que ceux-ci fussent mieux choisis qu'ils ne l'ont été jusqu'à présent, et qu'ils ne se bernassent pas au rôle subalterne et peu honorable de commis de police, le seul qu'ils remplissent actuel-» Iement, et le seul peut-être aussi qu'ils sachent remplir."
Avec ce changement et ces améliorations on peut v être sur que les dîmes, y compris les vignes et les raisins de Corinthe, monteront de deux millions et rapporteront 4,500,000 de phénix. En y joignant les dîmes très- considérables de l'Eubée, de l'éparchie de Zeituni, celles de l'Àtttque avec les produits des oliviers de ce pays, et de Négrepont, on pourra évaluer le tout à la somme de 500,000 phénix; par conséquent on aura eu, dîmes 5,000,000.