TRENTE-DEUXIÈME SECTION
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Sur la manière d'exécuter les mesures projetées^ et tmporUmee de leur exécution*
Nous MMimés arrivé* à ht Su de nos recherché* sur rétat actuel de la Grèce, et le* moyen* delà restaurer. Le ptytf, «et babitam, ses ressource*, ftea intérêts matériels et taoraax, Ce qu'il fout conserver, améliorer, sa destinée actuelle et son avenir, tout cela se trouve renfermé dans cet examen. Cependant eomme il ne s'agît pas seulement de faire des décrets, mais bien de fonder des lastitutlotas qui ne peuvent se consolider qu'autant quelle* reposent *ur me base légale, et qu'elle* «ont conformes au droit publie da peuplé qu'elles doivent régir, oh pourra élever là question sar la manière dont il faudra s'y prendre pour ne pas bâtir sur le sable, et se prémunir contre la fragilité des constitutions arbitraires que chaque coup de vent peut renverser.
D'après les principes que nous avons développée, le nouveau gouvernement devant être comme la continuation de ceux qui Font précédé, devra accepter ta base du droit public sur laquelle ces autres forent fondés. «Comme cette base est assez large, grâce aux pré-
rogatives que le congrès d'Àrgos avait données au Président, on n'aurait pas besoin d'un pouvoir plus étendu pour rétablir la tranquillité et rendre la paix au pays; après cela on devrait convoquer le congrès national non pour dresser une constitution, mais bieq pour faire passer une suite de décrets ou résolutions tendant : 1° à approuver les décisions du congrès de Londres regardant l'emprunt et les frontières de JâvGrèce; 2° à rêvétir du consentement national les droits et les privilèges de la royauté héréditaire étrangers à la constitution antérieure; 3° à autoriser la vente des biens nationaux; 4° à reconnaître les bases de l'ordre administratif et législatif à établir. 11 ne serait pas difficile dp faire comprendre à une immense majorité de députés, qu'ils doivent reconnaître dès à présent ces principes et abandonner au gouvernement royal rétablissement de tout l'édifice social conformément à ces bases. L'organisation une fois accomplie, le sénat ou le conseil < suprême entrerait en activité, et commencerait par confirmer la constitution définitive, annoncée à la Grèce .par les plénipotentiaires des trois Puissances.
On m'a dit et l'on m?a répété ici que la régence n'étant qu'une puissance provisoire, devait se borner à introduire l'ordre dans le pays,* et à l'administrer conformément aux intérêt? géqéraux ; - mais qu'elle n'avait ni la mission ni l'autorisation popr fondre des institutipns et. accorder des droits, publics; qu'il lui était même défendu de déroger en quelque chose aux privilèges de la souveraineté du roi, et que tout devaitêtre réservé à la décision de Sa Majesté le roi Othon, lorsqu'elle aura atteint son âge de majorité. Il sera peut être nécessaire d'examiner ces idées d'un peu plus près, puisque, sans y voir clair on' court le risque de s'engager dans des détours fâcheux.
l, La régence est revêtue par le traité de Londres
s . de tons les droits inhérens à la royauté; il n'y a pas
de restriction Mae à son autorité. Elle est donc libre, elle est même tenue,' par l'intérêt de cette royauté I qu'elle est appelée à fonder et à défendre en • Grèce, 4e s'établir avec elle ' sûr la base du dfbit public du pays. 11 est vrai que son gouvernement cesse au 1er Juin 1835; il est donc restreint quanta sa durée, mais iT n'est pas provisoire : quant aux prérogatives de la souveraineté, il faut avant tout s'entendre sur ce qu'on doit nécessairement renfermer dans leur cercle. On sait que le roi d'Angleterre est souverain des trois
royaumes aussi bien que l'empereur de Russie l'est de son immense empire. Les Lords les plus hautains le qualifient du titre de leur très -gracieux maître et souverain, et se disent ses fidèles sujets. La souveraineté est donc mise hors du cercle des formes législatives et administratives des empires et des royaumes; elle n'est pas atteinte pour avoir à ses côtés des corps revêtus de droits politiques, et reparait partout ou le pouvoir, soit impérial, soit royal, inaccessible aux attaques, s'élève au-dessus de toutes les autres prérogatives non pas pour les opprimei;, mais pour les réunir et les diriger vers un but commun. Il est donc clair en quel cas on dérogerait à la souveraineté, et qu'en fondant des institutions que réclament le pays et l'intérêt de la royauté, loin de l'affaiblir, on ne fait que Fétablir sur la seule base qui soit assez forte pour lui servir de support. Mais il y aura peut-être une autre, raison qui empêchera la régence de procéder dans ht direction indiquée. Arrivée étrangère au pays et l'ayant trouvé dans l'état déplorable que nous connaissons, elle se trouvera hors d'état de commencer par des mesures qui supposent des connais- II. 21
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sancea qu'aucun . gourerueinttt venu^de loi», ne pourrait apporter dams ces cantates .dont l'intérieur est entièrement iaoonuu à l'Europe. Ces «•ieoâom me paraissent étve sans .réplique et décideront probeUenwnt la question.' La» nouvelle autorité «tr créera donc obligée de commencer j>our ainsi dire de «au veau, «gardant les éeras passés comme mis hors de la qnestioa, et construisant l'édifice social d'après les vues qu'elle aura prises en Europe, et les avis qu'elle sera à même de puiser dans l'expérience des indigènes. Personne ne peut prévoir quel sera l'ensemble dea mesures qu'elle jugera convenable de prendre; mais quiconque cornait le pays et des besoins-, se convaincra aisément qu'an fond ejle* ne pourront pas s'écarter beaucoup de celles que nous avons discutées.
Du reste, comme la régence n'aura pu consulter le congrès national avant d'organiser le pays, et qu'elle doit procéder de sa propre autorité vis -à-» vis d'un peuple qui, loin d'avoir jamais voulu abdiquer ses droits, n'y a même jamais pensé, il me parait du «oins nécessaire qu'après avoir mis l'ordre dans les affaires, elle tache de sortir de l'état provisoire qui a déjà trop long-tems pesé sur les destinées de la Grèce, puisqu'un tel étal, tenant en suspens les questions les plus vitales, laisse leur solution à la charge ds roi. devenu majeur, ou, pour mieux, dise, prépare des difficultés et peut-être des orages à la jeune royauté, •qui devait s'élever paisiblement sous le ciel serein de la Grèce satisfaite et tranquille sur son avenir. flestêtre est* il impossible a tout homnte qui n'afiiete pas au développement du nouvel ordre de ohoues de préciser exactement l'époque où la -régence doit venir* oet accomplissement de son ouvrage; majs quant ai îpanière dont il faut l'amener, elle ne saurait être dou-
teitse. Quelques ctauft et quelques forints qu'on fcunge à donner a* eanseil ou à l'aatomUée • destinée à partieijkér à la léçudatkto,. U faudra finir par le couvaque* .et lui faire ref o&daitre oé qu'on adra fait. Plus oin> rapprochera le «ornant où le etdstnteinent national revêtira leé Nouvelles: institutions, du caractère du droit paMic, pilas -cotte mesuré feerà favorable au bien«étse du pajy» et à l'affertniseement du trône*
Néus n'avotti pas befcoin de faire ressortir1 la gravké de toutes les qdestienfe qui se rattachent à la fixation définitif e du sort qu'on prépare & la Grèce. C'est déjà quelque chtise dé grand et de* glorieux que d'assurer sou repos et son droit à un tel pays, et d'intrtolnire un tel peuple dans Ist grande famille de l'Europe. S|ais l'impertAnoe de l'objet qui nous occupe, augmente à mdsuse. qu'on regarde l'époque actuelle, comme le commencement d'Une ère nouvelle pour rOrienti II n'y à pas de doute que les peuples de ces immenses pays ne verront *dan« Ce qu'on fait pour la Grèce un exemple qu'on leur propose, et le sort qu'on leur prépara à eux-mêmes, si les destinées de leurs empires ohancelans viennent à s'accomplir. Dans ee cas, trois perspectives différentes s'ouvrent devant nos yeux 5 dans la première, le territoire de ces contrées Tiendrait augmenter le domaine de la • Russie , et l'empire d'Orient serait réuni à celui du nordt Nous n'avons pas besoin de dire quelles en £eraien* le* conséquences, puisque personne n'en doute en Europe, soit qu'on dé* sire, soit qu'on redoute un fcemblable développement.- Dans la seconde, nous voyons la répétition des scènes qui ont affligé le monde chrétien, lorsqu' après la prise de Constantinople par les Latins, ces peuples 'se partagèrent les lambeaux de l'empire grée. U n'y aurait de changé que le nom, et les Vénitiens, les Génois, les
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chevaliers de Saint- Jean, les coastes et les ducs des Francs seraient remplacés par les nations qui figurent actuellement sur la scène du monde. Enfin là troisième nous révèle dans le lointain des peuples indépendant et rendus à la civilisation, asses grands pour se suffire à eux-mêmes, ou, en cas de besoin, défendus- contre un conquérant par la jalousie de ses adversaires, et groupés autour d'une nation prédominante, soit par son nombre, soit par son activité et les souvenirs qui se rattachent à son histoire. On comprend que nous voulons parler ici du peuple grec, et l'on devine quel est le sort qui lui serait réservé, si, au grand avantage de l'Europe, aussi bien que des peuples de l'Orient, l'ère nouvelle se déroulait à nos yeux telle qu'il faut la désirer. C'est donc peut-être pour tout l'Orient qu'on travaille sur le petit royaume de la Grèce, et si les destins qui président à son* établissement sont propices, on jetera dès lors le fondement d'un système d'états qui balancera la puissance du nord et de l'Orient. 11 s'agit de pays assez riches et assez étendus pour nourrir une population de 100,000,000 d'habitans, auxquels on peut préparer les chances favorables d'un avenir fondé sur Tordre, le droit et la prospérité. Tout ce qu'il y a de grand et de généreux s'y trouve engagé. Les voeux des âmes chrétiennes pour le rétablissement des autels détruits dans presque toute l'Asie, les désirs de ces hommes généreux qui demandent à voir reparaître les sciences et les arts sur le sol de leur antique patrie, et leur lumière rejaillir sur la nuit des peuples accablés sous le poids de l'ignorance et du despotisme; les espérances enfin des hommes politiques qui pensent à doubler la vie, l'activité et le bien-être de l'Europe avec les trésors, le commerce et l'industrie de l'Orient et de ses peuples
renaissans. Voilà ce que comprend dans sa plus grande étendue la question vitale qui nous a occupé.
Puissent ces feuilles . contribuer à la. montrer dans son véritable jour, et à reveiller la sympathie des peuples pour le pays sacré de l'antiquité, appelé à devenir encore une fois le berceau d'une civilisation qui, sortie de l'Orient, avait mûri sous le ciel hellénique, et après avoir passée aux nations du nord, retourne en ce moment sur les bords de l'Hisse, pour se répandre de là sur les rivages de l'Asie, de la Syrie, de la Palestine et de l'Egypte, qui assistèrent à sa naissance.
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