INTRODUCTION
JLi étài de la Grèce a de nouveau fixé . r attestiez
publique de l'Europe. San- sort vient d'être décidé;
Un trône royal; érigé .sur les débris: delà terre elésèbjÎMy
«les frontières plus> convenables, consenties mêtnè pu*
F ancien naître des-: Grecs, et la nation arétàbHof. partie
droite des gens, connue: elle le fut! déjà» par le faity**
emprunt, suffisant pour! subvenir à ses pmttier» kcsaiÉSp
garanti par les grandes -puissance», auteurs ride- fiettâ
oeuvre inouïe, pour ne pas: dires. mîtaouie use: d^ bupJH
Utique européenne1; une régence, institué**. pat: Je pxtn
nier bienfaiteur, royal; des Grecs; poûr!fottder> leotoniel
erdce de choses, et en'perspeotivè ùnr jeune: rot^quii^M
les sentimens héréditaires : de son, auguste père et! pal»
ses propres qualités, intellectuelle» et inorales, f>résMA6
à son. peuple: toutes les duretés :d*«ui wrepir. boueeu* )é{
illustre. Voilà .bien des chaudes.» d'um 4ac«ès!:ettîtr;ctf
bien des; raisons; pour; justifier les p}uu? hdrdrêaj lequel
rances, qui s'attachent- au sort: d'Une aatioa jadis si
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célèbre et à: sont apparition nouvelle: jwr la acène/d* l'activité, et de la prospérité, ta l'Europe-. . ■ „ ;
Cependant: ai l'op- regarde de plus .près: l'état:, (ta* lequel ou a laissé tomber la Grèce,, par un provisoire l 1
de trois ans , par les fautes d'an pouvoir devenu* subversif 4* tant ordre public, par les passions qu'il a allumées, par la guerre «ivila qui en a été la suite, et par une direction donnée à ses affaires, qui a fini par jeter là Grèce dans une dissolution complète, on commencera à s'apercevoir un peu , des difficultés réelles et presqu'inombrables que la régence de la Grèce aura à surmonter.
Ces difficultés se développeront de plus en pins devant les regards de l'observateur, quand il pénétrera le caractère du peuple grec, capable de tout ce qui est grand et généreux , mais dont le moral a été altéré par M* suite prolongé* d'oppressions et d'adversités? quand il ^apercevra de l'acharnement implacable des partis qvi déchirent là nation, jusque dam le sein des fouilles! qeené Û sera frappé par l'egoïsme et la vanité de tan» dfieespnes1 influons* soutenu* par la ruse et le glaive* «■fin lorsqu'il verra la complication inextricable de» be** MÉna e* de nécessités, qui paraissant surpasser, mémo fos moyens les plus étendus sur lesquels on peut compter* 04*0* joigne enooie à ce tableau Tincapacttér du pins gtaf 4 neasbre * des gens employée dans les différasses attaches de L'adisinis tratton , des finances et dans lea art^ufuifly suit» inévitable de la shuatie* misérable de laquelle la Grèce venait de $ortir, les désordres dans tep idées politique*, réunis an dérèglement des idées moràlea, et qu'en dernier lieu en se représenta les difteultés de sa politique extérieure prévenant de PespritreJ de* la ^psitib» db* puissances protectme* ém cette natiea, au des ageas entayé* pour la diriger 5 qe/on #* représente encore toutes les opinions qui divisent l'Europe, misés e* tondit sut l'étroit* scène éà Navpttey enfin ce froissement de passions et d'intérêts sans rtfâehe fomentés par efc& intettention jouroaJièrav
et Fa» finir* pcnuétre par dfaespéec* d* aalnt de la Grèrâ, conta* de l'état d'an ami* dont 1* nialaAU» d*re*aue mortelle, rend inaiil** tous le* moyen* 910 Fart, l'expérience et lui aeUieibide la pin» emprecaée* pmmraieitf employer four le eaever*
Néanmoins l'importance de la câaae grecque e*t telle, qu'il ne faut pas perdre l'espoir, tant qu'il resta encore dea châtrée* pour aoa avenir. U ne e'agit pa* aealéatént d'établir le repea et le bonheur d'an peupla longtents fenalheureux efc de satiafake ea nfc&sne tes** à Tîmiétêt iaeral et irtdeatriel de l'Europe qui y est pta* intimement lié que jamais, mais aaeore- de fende* aaeo le troae d* la Gréée , an peint . d'appai» à la politique européenne, rapproché dea Empires cbanéelea* de l'Asie^ Le terne eet venu et phwMofr qu'eu a* l'avait etatat, eà l'Europe, quoique embarrassée de tes propres affaires, doive aa charger de «elles de l'Orient et ou peut «être son propre aect sera décidé soils lea mur* de Conafea* tinaple. Or il ect d'un intérêt univerael que la Grèce, soit fortement constituée et préparée pesa lea cataa* traphea auxquelles V Orient ne peu* p*aa échapper, et tont ea qita pourrait postes atteinte: à cette grands} d'humanité eti de politique, oa ea facilitée l'aaf ipliisemeat , doit également fixât l'aiteatien de* peu> ptes et dea cabinet*. C'est sous ce poiat da vue qtft je déaire présenter ee> fetavast sua ïéta* actuel de la Grèce et sur lea voie* et moyen* de ea restajjrationi Ayant- été. *«r lai Houx pendant ftoat le terne 00 H ait taation dont je vie** da parle* s'est développée, ayant ea dea ttaieant avec lea peasoaae* les plus influentes» liaison* qae je devais à mes ancienne» relation* ave* la Gfcèce, et à la part que j'ai prisa aux deraiera évéainaena, n'ayant d'aiUear* rien eu & denteler arfee lea porta* mai* sedemeAt à aervàr ka véritable» latérite
ék fcays tont le sort m'a» été Tchor dépuip màhtettfiincè; jo^Àîn êti^e à même de connaître} et dire Itt'Térité surf les/ chose» et sur les honimfes. En conséquence je corn* nîeneeraipar montrer "de quelle manière la GrèèefAm gouvernement réglé est-tombée -dans l'état* de dissolution, Jdansïequella'régence: la trouve. Voyant dans le cdurs des éVénemens les partis se former et se.cdfebattre, on sera mis à même de '» pouvoir juger -leur nature, "leurs principes et leur 'but. Ensuite je désignerai les' mesures qû'tt^faut "prendre sans retard pour arriver à 'la: pacification du pays et! lés institutions qu'il faut -fonder- pour affermir son repos. *'
Ntftfs • y vei*tms • ' quelles sont les * ressources pnygiifueâ et morales de la nation , de queUe manière elles àtâvent' être- augmentées* et> mises en profit pour satisfaite aux* bfepeii}s' réels* et comment -des matériaux prédeux ^'ofi y trbUTei'de'>toos cotés, on pourra construire ûh édifice social, solide et en état de résister au choc des factions et 1aux dangers extérieurs dont; il pourrait bientôt se trpuvfr menacée.
• ' En .essayant de traiter des matières d'une* telle importance; je dois d'avance solliciter l'indulgence du lecteur et à cause des difficultés dont cet «objet est k&rissé, et' à cause de la langue dont je-me^sais sevvfi i^ris énr Français, quoique cet idiome 'me «oit ^eufa* ttfcliér,' puisque dans l'intérêt de la chose même dont, il s'agit,- je' désire être lu: par ceux; qui sans connaître l'Allemand; s'intéressent au sort de la- Grèce, ou>'p$p; leur position sont appelés à c'y intéresser, •'
D'après le plan que^nous venons de tracer-, il -faudra commencer par mettre^ à découvert le système ^du gouvernement, que le, bonite ? Jean iWy Capodistria avait introduit dans ■ le .pays \ parce .que Jes maèheurs qui l'accablent en sont la/ suite naturelle et ne i peuvent
être détournés» sans qu'on en connaisse la nature et l'origine.
Dans le développement de çe-flyet^me ïacneux j'ai supprimé une foule de faits et de documens dont l'exactitude pourrait être révoqué en doute,, j'y ai même retranché une partie de ceux dont la vérité me fut prouvée. En rapporteur consciencieux je n'admettrai rien dans mon écrit, que je ne tienne pas de sources authentiques^, et <fcs hommes [les phis idfgi&s^d* foi , qui en forent témoins; et n'ayant à écrire l'histoire, je me suis borné à m' appuyer seulement sur les faits qui sont absolument -nécessaires . pour motiver „ les . c<rac\iijûpns auxquelles ce rapport arrive.
HW-
PREMIÈRE SECTION
êmr te syrtèmê du gtmernement 4u oomte
Jean Capodistria.
mâz comte Joanni Tony Maria di Capodistria, issu d'une famille Dalmatienne de la ville de Capo d'Istria, qui depuis longtems s'est établi à Corfn, avait reçu en Italie l'éducation peu soignée d'un médecin Corfiote *). La carrière diplomatique dans laquelle il se trouva engagé depuis ne servit en rien pour suppléer au manque presqu' absolu d'instruction solide, dont il fut privé pendant sa jeunesse, mais elle lai enseigna l'art de connaître et de mettre à profit le côté faible des hommes et de faire respecter ses volontés souveraines, tandis que les honneurs et en quelques sortes les grandeurs,
1) Comme Corfiote il était élevé dans les moeurs et d'après la manière des Italiens, maîtres de son pays, il ne savait pas écrire le Grec moderne, semblable en cela anx „Nobili" de son pays qui se servent exclusivement de l'Italien et qui le méprisent comme l'idiome du bas peuple. C'est pourquoi il écrivait tout en Français et le faisait de suite traduire en langue grecque. Ces traductions peu soignées et fourmillant de gallicismes ont beaucoup contribué à corrompre le style grec, plus pur et plus national dans les actes des gouvernemens précédais.
auxquelles sa câprier* l'élevltit ai regifkuaèi** réveil» lèrent son ambition, sans la satisfaire, et M «lapinèrent le dédain aaae* commsm duos » aphège^oli^»^ ywir *+«t ce qui ne contribue peto* eu grand art île conduit? les liaauaaa et d'en faire 4ee organes prapvea à exé* enter née p lana. Invité à Tenir en Grèce far née se» uiéfté necrè*e d'hommes remarquables, dent A. et 11 Met axa, D* Perrhouén et Thé^doi* Ccdocatreni, feront lee membres le» pins înftnens, puis appelé par ha**, semblée nationale de Troeaèna, oé eea afidéa entent vaincre laa répugnances qni s'élevèrent contre lai ceuuné Corfiete et nomme diplomate rusée, il ne décida à a*y rendre et à se revêtir dn pouvoir auprtoe» evee In faune résolution de ne plus s'en désister.
Avant de partir pour sa nouvelle destination , il ae rendit à Londres pour dissiper la méfiance que le cabinet de 8t. James nourrissait contre lui. Pendent non séjour dans cette ville, ayant entamé nne conversation avec non ami le respectable Jaeobacj Rieo, anr les moyens de s'établir et de se maintenir en Grèce , et celui- ci lui ayant adressé des observations contre deà mesure* violentes qu'il projetait en cas de résistance le comte s'échauffa et les yeux étineelane de courroux, il rompit la conversation en disant: „Eh bien! U fant en non entreprendre une telle affaire , on savoir y réussir complètement s nne fois entré dans le vaisseau* j'y resterai, et soyez sûr que j'échouerai plutôt mon bâtiment eue les rochers, que d'abandonner le t\momp dussent périr équipage et cargaison,"
A son arrivée, la Gréée était accablée par les malheurs qu'entraînent la guerre et l'anarchie. Tous les chefs militaires, les primats, les aoMnta et lea marins, le* set ans, les marchands et les payaaoe, enfin tout le peuple l'attendaient, comme le seul homme capable
deiauve* leur jptrié; Ui étaient prêt» à se *oum»ttt« à ses yoloirtés et à obéir à ses ordres. . Cette résolution d%^wute ;jmé nption aspiwknt à la tranquillité explique le changement presque ; prodigieux, que, son- apparition produisit dans le pays. La guerre civile cesse le même jour de son arrivée et Théodore Griva lui remet les : dèfs t de Paljnidia. Sur une » simple proclamation, tout l'intérieur du pays dépose les ajme*, et partout , ou il n'y avait pas d'ennemis musulmans on voyageait en sûreté , comme aux tems d'une paix profonde.- La piraterie , qui! avait résisté aux : efforts Tennis .des amiraux européens, disparut par suite des mestares proposées par A. Maurocprdato, et exécutées par A. Miaulis, et les brigands du. continent suivirent l'exemple, des pirates.
Les autorités établies par le Président furent reconnues et respectées partout; Hydra et Spezia mêmes renoncèrent aux constitutions municipales - auxquelles elles devaient leur puissance et leurs richesses-» pour recevoir les préfets, les gouverneurs, les chefs de police du Président; enfin le soldat, avant même d'être payé, docile à la voix du nouveau chef, respecta la Jratte et la propriété du paysan, qu'il était dans l'habitude de voler.
L'Europe étonnée, ne comprenait rien à ces évé-
nemens, elle regardait comme l'oeuvre d'une génie supérieur , ce qui n'était .que l'action spontanée d'un peuple confiant, et la conséquence des mesures dictées par des hommes sages et connaissant le pays, dont le comte s'était entouré au commencement de son gouvernement.
Si le Président avait été au niveau de sa réputation et de sa situation nouvelle, il fut devenu le régénérateur do la Grèce et en serait resté le maître. . Sa
taule aurait augmentai» ntmlk&de iynastiti foqdéta pw- les fcdsomsr et'soutenus ^ ratfecfion des ?bupte* >■ Je tâcherai de -déiriontrer les àà*Hra.*«ïsTiesq«els il s'égara j pour se perdre lui-mêrn? etpifrur replonger la Grèce dan» l'état ou il l'avait trwryée. ' .."> :
Avant d'aller à Londres et à- Pari» ^ le Président m rendit à Pétersbonrg , pour mieux connaître le» «entimem de S. M. , l'Empereur Nicolas ,' à Fégard t dé la Grèce. Il y déclara qu'il ne suivrait pas sa nouvelle vocation, s'il n'était assuré du plein consentement* de S. M. et de sa* protection, dans le sentier difficile et périlleux qu'il allait parcourir. 11 eut occasion. de*' se convaincre des sentimens généreux du monarque russe, pour une nation, qui en grande partie, lui dut son sa» lut. II reçut les assurances démandées et la mission de dompter l'esprit anarchique qui agitait la Grèce, en y établissant un ordre stable et conforme à ses. besoins.
Au lieu de prendre ces avis dans 191 sens digne des sentimens * élevés qui les avaient dictés, il se re* garda «comme exclusivement attaché à l'intérêt de* la grande puissance du Nord et crut la servir en abusant de la confiance de sa nouvelle patrie, pour y fonder un système de gouvernement indigne de la Grèce et contraire aux vues comme aux intérêts de son puissant bienfaiteur. Pour le préparer, il tâcha d'entraîner les hommes infiuans dans la direction qu'il s'était proposé de prendre, et chose qui étonnera dans un personnage regardé comme diplomate accompli, il ne chercha pas même de cacher ses sentimens envers des inconnus. La première fois qu'il vit l'amiral Miaulis à bord de la frégate Hellas, il le prit sous le bras et lui dit confidentiellement: „J'ai bien attrapé ces niais de Londres et de Paris, c'est vers le Nord seul que. nous -devons tourner, nos regards, là sont nos seuls amis,: vous me
MtfpriMS* ém 4» JtaM !**»• (fat «fa «M ^M
M*f deves* #t ponvofe» •éteoère tout te qu'a mom fient jmat être t**W,*t JmMrés/9 Le Présidant fit «te semblable* confidences H ivm eaoete «mhm de jKeMM* ment à d'autres, f araonnee, et à de* promets** dlion* Mitai et de çfefcesec* A joignit de» insinuation* malaaeUaaftee# contre ta projeta de la France et de TA»* gleterre^ quelque observé qu'il fût par les tg*M de efea puissances, De cette manière il aemmeaça i ftrfscr Ma seir mode de gouvernante** l'opinion do pays ai 4m taois puissaece* qui gâtaient iéunies pour le protéger fi douée par là eiamma en* ombragea fa je politique de deux d'eetres elle», qui ne tardèrent pu* i s'apercevoir de les desseins et à lai préparer d*a embarras.
Voyons maintenant comment il s'y prit dans linférfeur pour affermir la tranquillité, qui paraissait naître corne par miracle. On croit généralement que malgré les apparences d'une soumission entière 9 il «m* «entra bientôt des obstacles, et dès les premières ee* maines U se vit forcé de prendre des mesurée sévères pour les suripopter. Le fait est que les fonctionnaires de l'administration, les capitaines et les primats rea* ter es* dan* «ne complète obéissance , malgré la répngriaeee qu'ils éprouvèrent contre plusieurs de *e* difcmarehes et le traitement qu'ils essayèrent de sa paît.
Dans le Panhellenion , conseil suprême déliberatif, qu'il avait établi pur les débris du corps législatif et qui hennissait presque toutes les notabilités politiques de la Grèce» il n'y eut d'abord d'opposition à u^9 projets mal flonçus, que de la part dp quelques jeunes membres, eutr'aetrse PsjUas d'Athènes et Fr. Maures, qui ffuseuJ; lui prouver leur attachement en disant librement Iws opinions m sein de ce eouseil. Mr. Psyllas
*H WÊiÊfm atmmi sas oee rtfapatrhas fM lee pkft âgés, eb-devaat rfpité» iMr de» partit, tek {*»; A. «siari; ft. Mensomichali, *qao Ja^e^wes Uf M dk^«sv ,joé eoyaa.-»esn pas *ae wftit kpUfrs Je M* dftnt4 liefeit pat die ses Mèonts d* ditoosoion* Swfii netne «aeaqtf o, abaadeoitt*- feue mm OTtiaotf à tteocpéafcflnc» Mpéném» qoe v**$ M ce*Mift»e« et tâches, far m» aoonissieai irpastio à see mae* lu fs» dtttai 1» pndê éepune frïl * entreprise"
JL» n^ae abonde» négeait dues l'oraée* «rigii It tmiitmat rode qa?il ât épmsrer mx ebef* Itoméliotee et Je jtépris gtftii leur téne^gaa. Loretta pour 1» pro* arièn» fois il ntfa* «m chef* à bord de la frégate rosse» il leur adressa ees paroles: „Je vous conajde, w§9§ Iles **«s des vobors et dos meetewrs" («fefe fil** *Xif^mç *<à yti&mç), e* pas un de cee cfcefii si fers» qoi pendant ternie teu* vie t'étaient battes contre les Torts, peu ne pas .être exposés è leurs affronts, ne se si* visita contre «ne Jette féoeptum. Us se cepteptèretit do f»lfwo explications doœerewie* qtfoô lepr demie le hndnawln, *t toas oepiifèreot les postes fue le Prés** leat leur «signa, «ans jamais emporter d'obstacle* h ses «osâtes, oa désobéir à see ordre».
\j* màne accueil défavorable fat fteerré on* oflU «sers 4a corps de Mr. le générai €be*ob, qui menaient de Poxfédkion de Maerinosoe* per laquelle Ue nvaient délivré la Grèce occidentale. Sauf attendre qae )ew général kd dit les nome des eapitaines qu'U loi p»6» «esta, il s'écria: „Cela n'est pas néeesaaife, je oou* nais déjà ces Messieurs et les expédition* et* ils *f sont distingués depuis leag^tews, *eus oreo eoiHwe we# files bataillé aerf aces avec les Tares, vo«* ave« Tolé des chèvres Et des brebis, voilà vos exploits."
Le génépal honteux 4e eetto réception Mie à 4e»
mSks&m tbtave* m- vxfèâxmntèty tsata^eiféi» te* ift*featati*n*. lie PtbiAAemtitçti^wi ^tjpdwj >4n déclarant qufH koulak, oublier le: passé et £>si< juger senloinent d*aftiès -leur induite fatut*. : S'U y ajaait-jéii le < moindre esjftit ; réfractaire * dans ces - hoosmes qui . la flup&rt avaient été -tes défenseur» ^éroiquescde Misso-» leufeghi, *ik Tau*ai*Bft montré dans; un moment o«u un tel sÉront leur fat fait, mais ils étalent camme les antres fatiqués des désordres èjt des privations; e* n'aspirant* qu'à un* existence assurée dans le on patrie, ils se soumirent tranquillement alors même qa'aujlîeaata rencontrer un- ïnagistrat* supérieur > choisi par le peuple* ils trouvèrent un maître qui dédaignait- même, de les connaître.
Ils avaient montré la même résignation, /lorsque. le comte 'Augustin frère -cadet du président, jeune homme élevé -pour- le couvent' et qui n'avait aucune connaissance de l'art militaire, leur fut. donné comme général en chef , et lorsque pendant l'expédition des Russes -sur Àndrinople , ou l'Albanie et la Thessalie étaient dégarnies de troupes turques, ce général improvisé, resta dans l'inaction à bord • de la frégate Hellas , .- entouré d'un luxe oriental, jouissant sous les yeux de Miaulis et de ses Hydriotes, les délices de sa nouvelle grandeur.- Les généraux Church et Ypsilanti furent, empêchés pendant quatre mois de purger au moins le sol de la Grèce des ennemis, qui étaient restés au-delà de Macrinamos. et des Thermopyles. Après ces expéditions qui réussirent malgré les obstacles que le nouveau maître de la. Grèce leur suscita, on réduisit, la plus grande partie des chefs encore dans tonte la fleur de l'âge dans la classe des invalides (arco/ua/oi). Us obéirent et contens de la tranquillité dont ils jouissaient» se. marièrent. et cultivèrent leurs champs.
Ilkoifjp e«fecplàs^der>folHMM!teçi lai mauttre 4mI le Président <f raife <lfea< Jioiaaftear marquas* de îTéta* dbai* et de leur part il 11*7 eut pas moHMr-tte^Tôttmisiîdtt; •'. 1} afficha ftente «a mépris : souverain î H général ; pourf tont ce4 qrais'élçvait: uri • péd an*dessàs du ' rang :de * labaaieafc et: «fourrier, .déclarant que fous le*' Grées an- dtlàdet quarante; a&s;, ne valajgntrieit et quton né pouvait, rieft faire de la Grèce, tant ^.«pi'an seul- d'eux, resterait ça via.' Telle nié tait : cependant pas vé&tabtemaaff son opinioit, - car il: y avait; parmi- les Grecs* des; tarara?* qn'ilred(întait,;et l'on ne craint paarcettx; qu'on méplat* mais il* y avait un dessein. eacbé daimc* jné(*ta<ipctfc$ et anè-* tout vis» a» vis des. étrangers et de rEuîope.àjla-» quelle il voulait faire croire, que. les Grec* éftai#it?a*-. dessous de toute condition d'ordre, légal i*°#t:*ff£3&'M*
pouvaient être gouvernés que par lui et,avec le,$j9ème qiLÎlATBft. adopté. * :-i; *♦*
VbilÈL des faits et des détails suffisons pour se c#«K vainene >\ que le Président ne trouva ;tii- dft la part ;defr hommes. enr place , ini, de celle des tfapitaints ^U; de ffy mats , aucun obstacle, .à* l'établissement d'un jbrd*e ! Jégffc qu'au contraire jamais nation 4*e \te sopmtt aveojaqtaAf de facilité et de résignation aux! valantes' et m6m# ftPft caprices d'un étranger qu'elle avait :appe!4/pcwr,;dirigeft ses: destinées;; mais en même temfl, on 'se^se» pger$* des premières causes du méco^ntement ,!q*e;Sa qgfti aière.de traiter les hommes ne. tarda pas à,\e?Épit£r, et qàif augmenté par. d'antres raiaona que noqs::ei£ei$nes» fiait -par) le ; perdre. , Ces raison* devaient têty* Jaxtpffc et générales, vu qu'aucun peuple n'abandonne poin^ après tant <de i»i$4r*s un état de paix, pour, ceprjr de nonveaR aux armes , s'il ne «,'y tr*uve,foi;cé pa,r çqu*> mêmes 'coàttie lesqnak «b dirige se9;#ft*f*fe Non** all<*n% démontrer <$ue : la» Çt ec* ; éfe t&mèxmt 4ft ' fbî***pqîfi*
tnte* fera le système An gvéwétnkmtmt qgrfoà leur iètpoe*, ot dane les moyens employé* ponr le firire prévaloir.
Le Président débat* dan» s» carrièro par dissoudre 4e t*tt aeterité privée le eorpe législatif, qui existait attitf le nom do Conseil (tè fàvkivnuhv) , et par faire atièttrë «g prteon d«mx de ees membre* qui «fraient eeé prtfetfe* eentut te eoap d'état,
Pëft do terne apte* il changea lé PanhelbnSon qu'il avalé «h» à la plac* 4a conseil, et eoiame ee change* afeftt n» le ifendit pas sftwofe aesea souple et sentais,, fl lé remplaça par la sénat, sans cependant donner à ce corp* rorgaûlsafioa prescrite par le eongtfès d'Argos ef si** te conformer à set avis dans le en indiqués par là loi de flfttt institution.
Prévoyant qu'un gouvernement arbitraire tel <pVii le projetait , finirait par animer contre lai le» bemmea infttfan*, il tâcha de les ruiner et même de les détruire ? nuit ans il réclama des sommes pour le trésor, qu'il* itftfefit &érs d'état de payer, d'antres fièrent tmnv Méo da*s Um* possessions. On révoquait en chatte fat** titré» de propriétés, et* ea abandonnait la décision à 4é* tribunaux influés par le gouvernement On fâféltltte à d'anttw des prétendais, ety chose incroyable! éti iHâ Môme' jusqu'à iafeimser aux fila, que la mort ém tatif pèrëf le« etttrtaeftt an avenir brillant
Je hésite d# retraces an fait, mais daaft l'intérêt dé là Vérité, je M dois pas le passer sous silence, le fetiànt d'un de ces j-eunes gêna, dent il persécutant le* père*.
Ctatt Chrysaothot, fila du vieax et respectable Sas* effet* <fui tut si peu opposé aa ehef dm gouvernement, 4M éehft4i etttiétftift à le Mté nommer Présidée* ée aétt amëmUée nwkmA* d'Argos, mais Sissiai état*
l'homme loi *pbis. riqh+< et I* phavlallaent dan? 4* plus batte éparçhie «dit Péloponèsoy celle de Castomt *** de trente chefs militaires dat-e<wr~ep*rchie et des paytf voisins, avaient servi sons loi pendant la guerre» et gardèrent potur leur ancien chef un attachement bien prononcé. Le Président crut que f'il ne lui était paf opposé, il pourrait du moins le de Tenir plus tardée! que son fils, jeune homme d'excellentes qualités et dans la force de l'âge, tenterait peut-être ce que la vieillesse du père l'empêchait d'exééuter. C'est pourquoi il s'adressa au fils, en tâchant de l'attires dans; son intérêt et de gagner sa confiance; croyant y aveiç réussi, il fiait par lui dire sèchement: &&*$ tïvaï rj *&• Tv%la aov, iàv mcoTtSvTjç %ov nartç* <nw, „Ce sera ta) bonne fortune, si tu tues ton père." Je ine refusai 4e» croire à une proposition tellement atroce qu'elle sur*» passait tout ce q«% pendant un an, j'avais appris sur le compte du Président; mais le jeune homme, sveeessettr de son père (mort à la suite d'une maladie, entre se* bras , en février 1833) , est d'une respectabilité de ea~ raetère non contestée; et interrogé à diverses reprise* en présence d'hoamaes justement considérés dans le paysy il, revenait teujotm sur le même propos, avec les nié1*' mes mots et circonstances, de manière que je da* mo rendre à la véracité de sa déposition. Une chose qui acherva de me convaincre, fut que parmi tous ceux qui nous écoutèrent, il n'y eut personne qui ne trouvât cette démarche conforme aux principes et an système dn Président.
Si le forfait énorme qu'il demanda, eut été commis, il murait été débarrassé du père, sans avoir à craindre le fils qui, par son crime, aurait été livré à la discrétion du chef de l'état.
Cela étant reconnu vrai, je ne devais plus dotfter
da sens des insinuation* .qu'il ise permit «nver* Elias Matiromkhali, nommé Cazaros, fil» de Jean, dit Cacis! fi t^cba également d» gagner ce jeune homme d'an caractère entreprenait et de sentimens élevés; mais tarit ce qu'il lui proposa et promit, fut accompagné de plaintes contre son père et contre son oncle Pierre, observant qu'il fallait attendre, et qu'aussi long-tems que ces vieux chefs de partis respireraient, on ne pouvait tdmpter sur rien dans l'avenir de leurs fUs.
Telles furent les mesures que le Président employa pour réduire les primats et les chefs politiques. Il est parvenu à les ruiner presque tous. Excepté lès Hydriotes et les Mainiotes, ils ne se sont pas réunis, et ce n'est qu'après sa mort, qu'ils sont tous entrés dans l'opposition, armés contre le frère de leur oppresseur*
Pour comprimer le mécontentement toujours croissant qu'un tel traitement fait à presque tous les hommes distingués, devait fomenter, il lui fallut créer dans l'administration un pouvoir exceptionnel. Non content de gouverner les éparchies par des préfets, des sous-préfets, des chefs de police, des commandans généraux, et des commandans spéciaux, il y envoya des commissaires extraordinaires (Ïxtoxtoi inljQonoi) munis de pleins-pou-voirs, dont l'extension n'était bornée que par ses propres avis et instructions, et s'il. les trouvait ou trop lents ou trop réservés en. marchant dans la direction indiquée, il les changeait contre d'autres agens qui ne lui opposaient aucun scrupule. C'est de cette manière que le vertueux Psyllas d'Athènes, commissaire extraordinaire pour la Laconie et la Messénie, fut remplacé par un G****, l'un des plus grands scélérats de la cour d'Ali -Pacha, parce qu'il s'agissait de détruire la puissante famille des Mauromichalis dans la Maina, par des
intrigues, par des querelles intérieures, et par ces sortes de moyens sur lesquels on cesse d'être scrupuleux, quand on s'est engagé dans de pareille voies.
Mais pour étendre une puissance' irrésistible sur tous les individus et sur toutes les existences, il lui fallait encore deux instrumens,. qu'il put mettre en mou* yement et diriger à son gré ; c'étaient des magistrats ou des Démogeronties de son choix, et des tribunaux, organes des décisions émanées par lui en cas de besoin.
Les communes avaient joui , même sous les Taxes, du droit de choisir librement les autorités ou Démogeronties, qui étaient chargées de l'administration locale.
Chaque année la commune se réunissait dans l'église et après l'office divin, présidé par le curé, elle examinait les actes de l'administration de Tannée écoulée et reconfirmait les Démogeronties, ou les remplaçait par d'autres. Ce droit leur fut oté, et elles se trouvèrent contraintes de choisir leurs magistrats , d'apvès les noms contenus dans une liste présentée par le préfet, et l'on avait soin de n'y porter que des hommes dévoués au Président.
Par cette mesure il y eut partout des magistrats prêts à lui sacrifier tout ce que la commune avait à offrir. Le. même procédé fut mis en usage pour faire élire les Démogeronties des éparchies. Un conseil départemental composé de magistrats choisis par les com» mânes des districts, devait en même tems former le conseil administratif du Préfet.
Pour organiser les tribunaux d'après ses vues, la Président se crut suffisamment autorisé par la décision du congrès d'Argôs, qui ne lui permettait cependant que d'introduire des modifications (tQoiwloylaç) dans l'ordre judiciaire».
Ce fut un avocat des îles Ioniennes, Gennatas, h 2
qu'il chargée» èe eette. organisation. Cet honjme e dana i'éeele Corfio ter Vénitienne, la plu» dépravée et la plus ftTfenoUagia de toutes celles qui onl profané le aaaotnâire des. lois* remplit si bien sa mission, que jamais l'action judiciaire ne fut pic» traînante, plus dis- -pesdieusa, plus arbitraire et plus disposée à suivre goûtes lés impulsions qui lui étaient données du haut. -L'amovibilité des juges et les tribunaux exceptionnels n'y Surent mente considérés que comme des abus secondaires.
- . Cette institution allant au-delà du pouvoir qu'on était voulu lui donner » excita une telle indignation, jfàë même les amis les plus dévoués du Président, tels •que Celocotroni et Perrhouca, lui déclarèrent, qu'il fallait en sacrifier les auteurs de dette monstruosité, cm «e. voir abandonné par le dernier de ses amis.
;.$•?, C'est là le secret de l'exil brusque, auquel i avec Gennatas, fut condamné le comte Viaro, frère afné du Président* homme dur et opiniâtre et associé à oe ministre de la justice dans la création .d'une institution , qu'il avait désignée comme le seul moyen de gouverner la Grèce; mais l'institution leurs survécut, et Mr. Sicelianos, compatriote et successeur de Gennatas dans le ministère de la justice, n'a rien fait pour diminuer les abus, de sorte que le défaut absolu de justice continua toujours -d'accabler ce peuple malheureux.
.Pour rendre ce fardeau encore plus pesant, an fouilla dans le Code pénal du bas empire, remis en vigueur, et l'on en extraya ces formidables lois de lèsemajesté (rtjç xa&o<yi(006toç)y lois tellement vagues et arbitraires, que par leur moyen un simple propos tenu contre le gouvernement, contre son chef et même contre les employés, pouvait être changé en crime d'état; ce fut le glaive suspendu au* chaque tête et pitét A tom-
bar à la velouté du maître. Le ministère de k justice s'était réservé le droit de décider, si le crime de lèsemajesté imputé était du premier, dn- second ou du troisième degré, pour prononcer en conséquence, la détention, l'exil ou la peine de mort.
Avee un tel ordre de choses , aucun mérite , aucun genre d'indépendance, aucune gloire, ni ancienne ni moderne, ne fut compatible, rien ne devait ni ne pouvait compter, qui ne contribuât pas à l'affermir. Ri*a me pouvait être toléré, qui aurait pu faire déstrer an meilleur avenir. C'est pourquoi le Président 'déclara ouvertement, qu'il ne reconnaissait d'autres services, que ceux rendus au congrès d'Argos, ou postérieurement, et que la confiance et les récompenses dues au patriotisme et à l'héroïsme, furent accordées à des hommes nouveaux, étrangers aux exploits et aux souffrances de la Grèce moderne. Même de simples guerriers estropiés, qui venaient chercher des secours, furent renvoyés durement. „J9ai servi ma patrie." „Tu as fait ton devoir." „J'ai tout perdu, même ma santé pour la délivrer." „Ehbten! ta patrie est libre, que veux-tu davantage!" „Je n'ai pas de quoi vivre/* "Prends le violon, prends la flûte, tn pourras encore gagner ta vie." Dans cette même proscription furent enveloppés la hanté civilisation et tout ce qui pouvait favoriser nue direction idéale des esprits. „Vous voulez de ces hauts études, de cette gloire factice, partage des fainéants, tout cela n'est bon qu'A tourner la tété aux maîtres d'écoles et à gâter la jeunesse qui leur est confiée." Alors on ne s'éfennera plus, que le Président eut une aversion prononcée pour Misolottngbi, et pour Athènes , centres de l'héroïsme moderne et de l'illustration ancienne de la €taèee. . Misoleunghr fut abandonnée fc <dlo-snéme et dans ^Fétat- misérable ou les Arabes
l'avaient plongée, aucun soulagement ne fat accordé à ses malheureux habitans.
Pendant la présence du Président dans cette Tille, ses veuves nombreuses) lui remirent des pétitions, par lesquelles elles réclamaient de lui quelques secours pour ne pas mourir de faim avec leurs enfans orphelins, déclarant, que pendant l'hiver, elles n'avaient même pas eu de paille dans leurs huttes construites suri, les ruines de leurs maisons, pour se garantir de la pluie et du froid. 11 les renvoya avec des promesses et .il finit par écrire sur leurs pétitions ces mots, que. les veuves qui se sentaient encore des forces, devaient labourer dans les campagnes, et que les antres, avec leurs filles, pouvaient blanchir le linge des soldats tactiques pour gagner leur vie.
Pour sentir et apprécier toute la portée de ce conseil, il faut savoir que le corps tactique, forihé. du. rebut de la société et qu'on avait recueilli dans les lies et jusque sur les côtes de l'Asie, était regardé comme le centre de cette corruption morale, qui depuis quelque tems envahissait la Grèce comme une peste, et que toute femme qui entrait en relation avec ces militaires, était regardée comme une prostituée. Afin qu'on ne pusse pas douter du sens dans lequel cet avis fut donné, je rapporterai en quels termes il s'exprima en semblable! occasion, vis-à-vis de l'infortunée fille du vertueux Hadschi Michali, qui, dans la guerre de la Candie, avait perdu son immense fortune et la vie.
Lorsqu'après de longues sollicitations elle fut ad* mise à l'audience du Président, pour implorer son assistance, il lui dit: „Tu n'as pas besoin de mes secours; ta ss jeune, tu es jolie," continua-t-il en lui frappant doucement les. joues:- „tu pourras bien gagner ta vie." La malheureuse fille fondait »*n. larmes, m. sortant du
mais au moyen d'une souscription le* .«alla de son 'père lai procurèrent des secours.
L'aversion que le comte Capodîstria portait à Athènes éclata ,en Janvier 1832, lorsque, accompagné de* amiraux des puissances alliées, il s'y rendit, en apparence pour faciliter sa reddition, mais plutôt pour l'empêcher.
Tout était arrangé, les amiraux anglais et français avaient même déjà reçu des cadeaux du gouverneur: ture, comme cela se pratique dans l'Orient, après la conclusion d'une affaire importante; mais avant d'exécuter le traité, le chef Musulman eût encore une longue conversation avec le Président, à bord de la frégate russe. L'ayant terminé il se rétracta en déclarant» qu'il n'avait pas eu de pleins-pouvoirs suffisans pour une telle négociation. Les présens furent renvoyés par les deux amiraux, indignés d'être joués par ce diplomate d'une manière aussi étrange, et Athènes resta aux Turcs.
Le jour suivant, le Président aHa incognito voir les monumens de l'Acropolis. De retour, dp cette in* spection il déclara, que c'étaient des monceaux de pierre* comme les autres, et qu'il n'y avait que la .fantaisie d'hommes exaltés, qui pouvait attacher de l'importance à ces choses-là.
Mr. Cléanthes, architecte du gouvernement, se plaignant peu après à Mr. Meustoxydes de ce délaissement et du danger que les monumens antiques de cette ville ne cessaient de courir, celui-ci, ami et confident du Président, connaissant toute sa pensée, s'indignât et finit par s'écrier: ^Malédiction aux. Turcs» qui ont! laissé une seule pierre de ces monumens.' 11 fallait tout détruire, afin qu'il n'en fut plus question eu, Europe, et qu'on en finît pour ' toujours avec' de telles choses, qui
remplissent de fantaisie les têtes perverses de ce peuple et favorisent les finisses directions des ekprits."
Mais, il' ne saftsalt pas de heurter de cette manière les prédilections des hommes faits, il fallait aussi prémunir la jeupessè centre des influences regardées comme dangereuse* et l'élever dans l'esprit exclusif du système qu'on venait d'imposer leurs pères; c'est pourquoi l'éducation publique fut organisée d'après un plan de Mr. StaSfthr» connu, il y a vingt ans, par un écrit contre les universités de rÂltemagae et après le mauvais suo* cet de ce* ouvrage, oublié dans l'obscurité d'une carrière administrative en Bessarabie. Ce pipa reposé sa» ces deux -principes 9 que l'attondanee du savoir répandu eh Europe (fj mkvftid-ua t% Bèçê&nijç) ne convient peint à la Grèce, et qwe la liberté de renseignement d'est paf non pies profitable à ses intérêts.
' £n conséquence, on organisa des écoles élément faites cFfeistfcuctften mutuelle peur le peuple, mais on mit obstacle à l'établissement d'écoles helléniques dans 1er villes, pour l'étude de la langue et de la littérature gltocqùe ancienne, Je la langue française et des mathé- Étatiques.' On chicana les communes sur le plan d'inatruction, en réclama le drèit de nommer les- préfet seur*; «et telle était déjà la méfiance des communes contre le gouvernement, qu'à Livadia, à Syra et sdl* leurs, en se décida à abandonner rétablissement, plutôt qu'à confier les enfans. à des hommes envoyés pas le Président. Mais comme il était d'une nécessité absolue, d'établir quelque chose au-dessus de l'instruction primaire et du petit nombre d'écoles grecques érigées d'après tes vues du gouvernement, le plan de Mr. Steuwfaa pré* Sentait rétablissement d'une école centrale à Egine, d\me école de théologie à Porros, d'une école militaire à NfcupMe, d'une école des droits à Athènep et d'une éoole
sa
aan«MQ« à Hydre. La médecin* av«e i'étpde de t«ut»i les science* naturel)**, furent entièrement exclu** i l'histoire Ht comprime daim ce bannissement » ou co»* serva de la philosophie le ,.C*iticisme" pour l'école de théologie, tt des mathématique* an ne garda que le ealcnl av«e qitetyues) notion» 4b l'algèbre jet de Urpta nûnétri*.
De ces institutions la aeule école, militaire ,. à Nauh pli*, réussi* on partie,; Leg éeeles de droit «ut de,n»t vipUfton «l'ont jamais .été établies; l'école de théologie à Porros s'est éteinte par le manque fa |ft9f*sfteu?8?et de foins <te la part du gouvernement, çt i-éçôje extraie 4'SgMie déviât, peu déteint i*prde son imtituttan,. foljet d'un genre 4e persécution, / sans exemple dans l^Sj^Qr suies .littéraires:. C est.. le seul établissement Connu -^u l'«u. ait inte/dit de lire; Platon, c'est~àT<tire le 4iaV>gUU 6orgin», dans lequel: on enseigne, . qu'il xaut mien* supporter l'injustice , . que la commettre.; <qu* If*, seul* hommes véritablement malheureux, sont ^ Jipmmes ûtjuates, et que le* âmes de» malfaiteur*, paraissent sprta leur mort devant les juges infernaux pour y êt*e mise* à nu et vue* dans toute leur difformité . morale, et pour être punies comme elles le méritent Ce fut aussi la seule école, où Ifi» élèves, »e soient révoltés «entre l'autorité , parce qu'elle leur refusa l'eoeeigw? meut promis dans le programme»
. Mai* à côté du. désire dtf s'instruire ,. eejui 4e p'e*» richir pW 1a culture du «4l *et fmr.le commères purpis-» MM mn «oies préjudiciable e* système adopta, L»* démarche? et les plans des possesseurs de terres et des cemmercans furent également l'objet d'unq surveillance rigoureuse.
ili. j » *» nomferftida #repriétair«w. ruiné»» auxquels
biens* pour regagner en peu d'aimées leirt aisance et avec le teres leurs anciennes richesses. «La Grèce n*a pus assez de capitaux disponible» j mai» le Prince Can-^ tacousène, tféuni à plusieurs hommes inarquans dn paya, avait .engagé une société, de banquiers de Hollande, à établir une banque en Grèce et de prêter de l'argent aux propriétaires, à un intérêt modique, pour le pays, dfc'8 four cent. Il s'agissait d'établir dès hypothèques et de demander la permission au gouvernement, pour êt*é sur au besoin, de l'intervention légale des autorités et des tribunaux.
Le Président demanda qu'on prêta de l'argent au gouvernement même, dont le chef était, plus à même d'en disposer d'après les vues des préteurs. Comme cela ne leur convenait nullement, il déclara-, que sUla voulaient eu*>mêmes prêter de l'argent aux Grées contre &m gré, ce, serait à leurs risques et périls, qu'il ne ferait rien pour eux et qu'au contraire il userait de son autorité, pour contrarier leur projets. Comme on se plaignait de toutes parts dé ce refus, un des frères du Président, s'oublia au point dé dire: ^Comment pouvez- Vous 'demander de telles choses à mon frère? A présent même que les Grecs sont 'pauvres et ignorans,' il éprouve bien des difficultés pour les gouverner, que serait-ce donc s'ils devenaient riches et éclairés^"
Certes, il faut qu'au nombre des hommes, qui cherchaient ces moyens de rétablir leurs affaires» il s'en soit trouvé , qui étaient mal vus par le Président; et en leur fermant les chemins qui les auraient ^ conduits à Faisante et par celle-ci à une existence indépendante de son autorité, il agissait toufr-àrfait d'après les principes de son système.
Cependant, avec ces précautions calculées, pour tenir éloigné de la Grèce, l'instruction, l'industrie et
as
l'aisance, Je système ne marchait pas encore? pour l'activer il. fallait des hommes entièrement dévoués à la personne et aux vues du Président^ et pour le soutenir, il fallait une surveillance qui* pénétrait jusque dans le sein des familles. •
. Quant aux chefs: du mouvement, qu'il voulait im^ primer à 1» Grèce, il en forma un noyau dans la société secrète et presque mystérieuse du* Phoenix, dont les membres, pour être reçus f devaient lui avoir donné des preuves d'un attachement sans bordes et promettre par seraient de se consacrer entièrement au maintie* de son autorité. En récompense, leur maître les laissait participer 4mx honneurs, aux bénéfices de sa pois* sauce' et aux espérances de son parti, qui n'étaient pas bernées à la .Grèce seule.1 Tous lès membres de la so^ ciété secrète qui avaient coopéré et préparé Favéne** ment du comte à la présidence; ses deux frères Viaro et Augustin, les ministres dont il était entouré, dans les derniers tems, les généraux Colocotroni, Nichas et Ranges, de capitaine au service turc devenu corn* mandant général de la Grèce orientale; plusieurs se* natewrs, Canaris, capitaine de brnlot, promu au grade de contre -amiral, et même un amiral étranger e» faisaient; partie - et étaient dans le secret de ' l'association^ destiné à être le centre et le plus puissant tessoit dfun pouvoir compacte et formidable. Autour de ce cercle étroit, qui ne pouvait renfermer que les moteurs du parti, se groupaient les confidens subalternes. Pour en augmenter le nombre, on n'épargnait ni promesses ni argent, ni distinctions, et avec ces moyens on ne pouvait manquer de les attirer enfouie, chez un peuple tourmenté et appauvri par le despotisme et l'anarchie,, H suffisait de se déclarer dévoué au Président, ou Cybernitique (xvjStçvijTixoç), et de faire quelques preuves
de dévouement^ pour sortir des embarras qu'on arail avec Padministratijen et la police , pour voir finira*. Mail et promptenieat un procès traînant, pour se Mueéf aice è • qae ., peine <iéj& . prononcée, par le juge , ' poÉir arfoie de l'emploi et pour marcher sur la tête de««wi adrar* «rire/ D'autres résistèrent y «oit par principes* soit par calcul en par passion. .Ces derniers jaiats ad*, homneç iegèrdé» caaiihe suspecte en dangereux* formatent te massé appasée* des adversaiçaa du gejwtrpement >(«**«■* TBaj&çvijTmpl) et subirent été tiaitenasrts dàffiarite» à
IDeilà :eett* scission, qui diHsa ia àaJtûmj en deitfc parties hostile*, qui non seulement ebange* der ville» et des villages en camps ennemis:, làinis même raifrla discorde» dans le sein de& faadUas} sources*; féetedatf d» haiile et de- persécutions, qài Jamais Savaient *** teint «; degré d'âpreté et; de véhémence >• que( v*eta Ja fia; du gouvernement du . coaitar Jean et 1 soas • -ceiai de ma frère; Je ne dis, pan que tou? les? emploi mk service du Président* fussent des indwidûs . eorrompaa ek cenpreotip, H y avait parmi jeux un n'ambre d'jhaiiwwia Bfodérés:, qui le servaient avec probité et qujL eurent se soustraire aux instances du maître et de aea . ngeaa» qnandl elles étaient contraires à* leur conseienef ; nfei* la<hombre de joes hommes, diminua prompteraent^ ëtoemc: qui restèrent^ ub changèrent pas le caractère généra^ d'une administration oppressive et riaient*. ' ^ . »
Cependant malgré toute la Bouplësse avec .laqmBf ane partie considérable des employés se) seamettatfciaiix: volantes du Président* il ne pfat jamais se fier atix. Choses originaires , qu'il avait dépossédé* de lama drakg /nt de leur avenir. '...- .u\\:mi
C'est pourquoi il fit Tenir en foule des itegclcvniennaf dee hoipmes qui Savaient pas 4e patate tà-wl»
vir, mai* seulement un chef, et cet, è]**in àfam h* principes de leurs anciens maîtres les „Nobili" 4* Y*) nise, ou Ifeur* successeurs , étaient p^êttr à **é*uter promptement tantes »e» roloaté^s et.pa*Vaien4 ^r^menn très aux antres comme des modèle* et con^ne dw* Uttb titntenttt Pins Us appartenaient à U clause des heapttl} sans aven dan* lemr.payt, plan Us étaient compron»* avec ee» btf&; plus en cmt penvoir «cowpter «a* l*w atifcebemerit, et U est de nojorie^ puUifue, que dan* » propre /résidence , le < Président avsit, nus. à la.tfta de la police uft;ho:mplet échappé dé Zanfth*,an eaohtyl et au>. écart inévitable qni y ; attendes* les etfsasain*
La aorYeillasce i*dispe*4aMe powr soutenir «fe/tal système , devait attendre en même; tofeuh sur les ami* et sur les ftdveieawear mais plus *péola]*jnent smàcf derniers. Peu après l'arrivée du JHr/ésidei# ,: on «ogto mençn à décacheter les lettres coaôées, #>!*., poste i puia en examina aux douantes* et aux ffréfeetafes* lefccapit tainea des batimens dft commerce, et >m£pie.jutqu/ajMf simples passagers, pour savoir s'il spottaient des lettres^ et pou* s'en empares. De cette manière fnt saisie, pat le préfet dis Corindvsur In personne d'un jeune hoimn^ la lettre de Mr. Phannacidi, qui fut eabse de sace** damnation, parce quiïl y; avait exprimé à un ami» UMt poir de voir bientôt changer le gouvernement par 1# choix d'un prince. On détruisait, uns scrupule, Motet les lettres qui traitaient les -affaires publiques? et on n'eut pas même la pudeur d'observer les ménageinens et les égards avec lesquels ' cette perquisition odieuse se pratique en d'autres pays.
En même tems une police secrète» largement payé** fat établie dans tonte la Grèce , qui poussait ses avanfrposles jusqu'à Marseille, Paris, Trieslè, Vienne jet
as
même JusqnW milieu des Tiircs à Athènes et à Cons~
tantirtople. •• ». '■" *»:
On admît et l'on recruta comme membres de «et agence, des employés et des sollicltans, des indigènes et dés étranger*, dé» domestiques des deux sexes, et des ffêtrtn - mêmes , afin d'apprendre $t de découvrir par éé« dé^niêT^l^i secrets de ra confession; j* m'étaU ftfàmè iùùgtétm ii croire que' des fecfclésiaàtïqtie*-*e préfiiSsent à d'aussi viles fonctions, mais le fait me ftit confirmé par des prêtres et métne par unévêque* nr le caractère duquel on l'était mépris an point \ùV lui demander de semblables renseignement, èt> brime nomma et montra à Nauplie un prêtre à barbe blanche et d'une physionomie assez vénérable^ qui était connu pour être lé chef des ecclésiastiques employés par la police secrète, et pour lors, aucun moyen ne fut négligé pour augmenter le nombre de ces ; prêtres à la disposition dit gouvernement. Pendant sa dernière campagne en Homélie^ le prince D. Ypsilanti, prit un prêtre parmi les Turcs, qu'on lui avait désigné comme espion. » 11 se refusa d'y croire et le laissa en liberté dans .sob Camp. Peu de jours après, des lettres qu'il avait écrites au général Turc, pour lui donner des renseignemens sur les forcés et les desseins de ses compatriotes, furent interceptées; alors son crime fut prouvé. Cependant peur épargner à ses soldats le spectacle de l'exécution d'un ecclésiastique, il l'envoya au Président avec les documens nécessaires pour le faire condamnât et punir»
"' Mais de rétour des Termopyles, le prince trouva ce traître dans la bonne grâce du Président, qu'il servit très-bien dans sa „cohorte sacrée", et, le croira-t-on? fteu après il fut destiné par lui, pour occuper, cOmtne vicaire* la place vacante de l'évdque d'Athènes. Alors
on 110 doutera plus, qu'on ait demandé à des précep* leurs des rehseigiiemens, sur les opinions politiques do leurs élèves , obtenu par ceux-ci, dos renseignemenji sur les principes de leurs pareils, et qu'on eût engagé les élèves à se faire les délateurs de leurs maîtres. Le père n'était pas sur de ne pas être dénoncé par son fils, ni l'époux par son épouse. On m'a même cité des hommes, qui, pour gagner les bonnes grâces dm gouvernement, ont été les dénonciateurs de leurs enfans. Il n'y a que les mères, qui ont résisté à la tçn* tation quelque puissante qu'elle fût, de trahir leurs enfans. Jamais, même sous les Turcs, un tel fléau n'avait désolé la Grèce. Les conséquences en ont été trèsdésastreuses. Le Président trouva le peuple grec disposé à recevoir toutes les formes qu'il aurait voulu loi imprimer. Il l'a profondément dépravé; l'élan qui portait les esprits vers l'ordre, l'instruction et mémo vers la perfection, a été remplacé par une indifférence glaciale pour les. actions et les sentimens honorables, et soas sa domination les .Grecs sans devenir des hommes fait*, passèrent de l'enfance à la vieillesse. . .
Voilà les moyens qu'on jugea indispensables pour surveiller. la sûreté d'un tel gouvernement;, pour le défendre, il fallait des mesures arbitraires et sévères conta «eux qu'on avait reconnus pour ses adversaires. Les mettre en jugement ne fut pas toujours trouvé, convenable, quelque sur qu'on fut de les voir condamnés, parce qu'il vaut souvent mieux éviter le scandale d'une «cessation mal fondée, que d'écraser un ennemi C'est pourquoi on préférait ordinairement à les mettre en pri- «°n, ou à les exiler» et le Président avait dès son avéfemeat au pouvoir débuté. dans cette carrière périlleuse. Nous venons de dire, qu'il avait fait emprisonner les kux sénateurs qui protestèrent contre la dissolution
dn corps législatif. Après nu mois 4e détention, «m leur demanda, ails voulaient être mis es jugement, ou en liberté! ils eurent la faiblesse de préférer la liberté à un jugement, et le Président, satisfait qme le premier essai eût réussi, récompensa leur condeseendanee par des honneurs et des places. L'un d'eux, homme de tnen et instruit, fat depuis préfet d'Argos, jusqu'à ce qu'il se crut obligé par sa conscience, de résigner ce poste lucratif et de se séparer entièrement d'un système politique, qu'il n'avait pas tardé de comprendre. Mais le Président après avoir appris ce qu'il pouvait se permettre contre les personnes de ses adversaires, fit usage de ce pouvoir à chaque occasion, où des reneeignemens, même de simples soupçons le réclamaient; et ces occasions se multiplièrent à chaque pas qu'il fit dans la route obscure d'une si déplorable direction. Lee prisons s'ouvrirent journellement pour recevoir des eapitaines, des primats, des négocians, des savans, des prêtres et des artisans, qui, par des liaisons réelles ou supposées, avec l'étranger, ou avec les ennemis du gouvernement, par des propos contre le Président, ou par un caractère aider et insoumis, ou pour avoir refusé leur vote à un candidat de l'autorité, ou leur signature à une adresse demandée, ou enfin pour n'avoir pas accepté une fonction contraire à leurs intérêts et à leur conscience, avaient attiré sur eux, la crainte eu le courroux de leur maître. Suivant l'importance qu'an attachait aux personnages emprisonnés ou à leurs délateurs, on leur destinait pour lieu de détention des forteresses ou les cachots humides de Bouiehi, prison d'état formidable, batte par les Vénitiens, sur un rocher au milieu des flots de la mer, vie* à vis de Nàuplie. • Quand on 1er regardait comme suffisament domptés eu puni*, on feu* conseillait d'invoquer la
grâce et la miséricorde (tè Ifcoç) du Président, de reconnaître leur culpabilité et île promettre 4e *• dV vouer entièrement à son gouvernement» - Ce conseil né fut jasais négligé, et les effets ne s'en firent pas attendre. D'autres personnes qu'il regardait comme plus dangereuses, y restèrent jusqu'après sa mort, malgré tontes les instanees qu'on fit près de l'homme qui tenait leur sort entre ses mains. 11 en fut ainsi des frères Mauromichalis , et il est bien connu que même les démarches qne Mr. Riccord fit en leur faveur, furent infructueuses; cet amiral avait promis à la mère des malheureux princes de Maina, de s'intéresser pour eux, prèi du Président; à son retour à N au plie il fit venir à bofd de son vaisseau le .chef de cette famille illustre Pierre, vieillard aussi respectable par ses senti*- «eus, que par ses malheurs; et après s'être convaincu qu'il accepterait sa liberté comme un bienfait, de la nain du Président, il le conduisit jusqu'à la porte de son ennemi; mais celui-ci refusa de le recevoir, et après «ne demi -heure de pourparlers inutiles, le utalheretQc fait reconduit par des soldats, dans la priton. il faisait finit, beaucoup de monde était accouru pour voir cet illustre infortuné à son passage. Dana la foule* il dirtbgta son frère Constantin et son fils George > tenus tQX-mémes sous la surveillance de la police. Ceux-ci loi tendaient les bras, mais ils furent repousses par bi gardtes. Le vieillard leur dit; „demain mon fils, mon frère, après -demain je serai libre." C'était en effet le vain espoir dont on avait flatté sa misère, quand °Q loi signifia qu'il devait retourner dans sa prison. Le fils «t le frère attendent le lendemain, le surlencta-
*am et le jour suivant, le quatrième jour, le
Résident tombe sous leur» coups! Plus tard il fut reconnu que ces deux homme* persécutés, devenu*
assassins du : chef de l'état, étaient réduits h. la plus grande misère, et que George ne trouvait même plus de pain pour nourrir sa femme. J'ai vu la veuve de ce jeune homme neuf mois après; c'était une femme «d'une beauté simple et touchante, elle avait le coeur encore navré de douleur, parce qu'on l'avait qmpêchée de voir son mari avant son exécution et de lui offrir avec son enfant, une consolation que la barbarie seule peut refuser à un condamné.
Je dirai peu de chose sur les exilés; les hommes regardés comme dangereux, furent relégués soit dans une île, soit hors de la Grèce, les menaçant de prison perpétuelle s'ils osaient y revenir. La police ne présentait jamais soit un ordre, écrit, soit une raison ou motif quelconque. Si les exilés refusaient de s'en .aller an terme fixé, ils étaient emmenés par la force armée.
Le sort d'être relégué ou exilé tombait de préférence sur les habitans de Nauplie. Ni la condition ni le sexe ne pouvaient en garantir. Le vénérable archevêque de Nauplie, fut banni à cause de deux prêtres que le Président avait fait venir de Corfou. Le prélat usant de son droit, avait refusé de les admettre aux fonctions sacerdotales avant qu'ils n'eussent justifié de leurs titres. Le Président regardant cet acte comme un outrage fait à son autorité souveraine, envoya la police pour enjoindre i l'évêque de quitter Nauplie le jour même. Quelques heures après le prélat , accompagné d'une foule immense, qui se désolait sur son départ, fut conduit sous escorte dans une barque et envoyé à Hydre. Bientôt après on fit partager le même sort à la mère de. A. Maurocordato, matrone vertueuse de soixante et dix. ans, d'une santé délabrée par les souffrances , venue à Nauplie pour soigner Madame de Reinecke, sa fille, pendant bm couches.
Un système de gouvernement si violent et si corn* pliqué, ne pouvait être ni conçu ni exécuté dans lo même instant. Dans la première année, son habile auteur, ne fait que .s'essayer et préparer les chances de succès; c'est l'assemblée nationale qui doit lui fournir les armes et , les moyens pour hâter son exécution, et c'est aussi vers cette assemblée que bientôt après son arrivée, ses. regards et ses voeux sont tournés. Pour préparer les élections, il parcourt lui-même les provinces; partout il est reçu comme le sauveur du pays, comme le père :du peuple ; tous les biens, tous les avantages découlant de son gouverment lui sont attribués; même la bataille de Navarin a été livrée par ses ordres. Quelle commune aurait pu refuser de se fier à ses conseils, ou aux personnes que lui, leur père ejt bienfaiteur, leur avait recommandés. On tenta même à faire élire le Président partout, comme le seul représentant du peuple, et on réussit en différentes éparchies.
Cependant le mécontentement .avait déjà pris racine dans les hautes classes de la société, il y avait un nombre assez considérable de personnes qui pénétrèrent ses pensées et y mettaient obstacle. Pour les maîtriser il sut s'attacher le vieux Colocotroni, qui lui-même appuyé par l'autorité et le pouvoir naissant du chef de l'état, commença à lui rendre ces services de main forte, qui ont tant contribué à paralyser et à. ruiner les adversaires du gouvernement. Dès que l'assemblée fut instituée à Argos, on s'aperçut bientôt, qu'elle était son organe, comme elle avait été son oeuvre. Au moins deux tiers de ces membres, étaient ses partisans les plus dévoués. Ils lui accordèrent tout ce qu'il demanda, allant même au devant de ses désirs.
Les autres se turent, soit par crainte d'offenser un chef qui venait de se changer en maître, soit par
résignation k *n< sert qu'Us regardaient commue Inévitable. Il était même impassible d'entrer eti dtatti*- *ton parée que Colecotroni était dans rassemblée ' <êt «a garde l'entourait sou* Je prétexté de là défetfdfg. Lui «même il avait ordre de couper tente 4bjectaoiï qtti ne fat pat^cecrvenu d'avance, et L'exécutait strictement. „Taisez - vous drôles (pçt), lé Président sait tout cela mieux que noué/1 Tel était l'argument banal avèfc le* quel on, rejeta sur leurs bancs de bois les député*,: qm s'étaient levés pour faire quelques objestiotf*. Le Président sortit de cette assemblée revêtu de toutes les prérogatives d'un pouvoir presqu'absolu. Ôft avait bien apporté quelques restrictions* dans les lois et dans les
f tribunaux, il ne devait faire que des modification* (t^e-
noXoylaç)9 et comme on avait oublié de garantir la liberté individuelle contre son pouvoir, on S'àVistf dé l'introduire encore dans le décret; en y mit donc, que le gouvernement actuel étant une continuation du gouvernement précédent, il devait par conséquent se fonder sur les mêmes bases constitutioftélles, o'est-à-dilfe qu'il devait se conformer aux lois existantes stof les garanties personnelles ; mais comme le Président était le seul juge sur ce, qu'on devait regarde* cètâtee de& modification*, eu comme conforme aux décisions de* fcoo- ' gréa antérieurs, ces précautions furent de bien faibles . — digues centre un pouvoir qui avait déjà débordé ttms les droits individuels et politiques et qui allait engloutir toutes Us libertés de la nation.
Il lai restait encore à masquer la physionomie dfan tel gouvernement aux yeux de la multitude qui Jate* ▼ait être trompée par les apparences, et aux yetffc'de l'Europe qui n'avait pas encore cessé de porter à la Grèce, cet intérêt qui Ta sauvée de sa perte.
a Pour y arriver* on fit publier partout lés lefflihgg/É
du maître, pur se* adhérent et «es employés. U était ComMe convenu èntr'eux, dé célébrer Ses vertus, sofa dévouement à la patrie, sa àagess*, sa Modération, et lie vanter le* délice» du boh ordre et de la justice, dont la Grèce commençait à jouir par lui.
J'ai efctéftdu les plus scélérats dés hommes, qu'il avait placés, «'extasier Sut ses vertus. Tel fut le redoutable A. Baios, père de Vàsiliki, épouse d'Ali Ptffcha, un des agèris lerf pitiaf sanguinaire^ et les pltts dépravés de sa cour, que j'ai trouvé' pl&éé à la tête de l'administration de là férine modèle, à laquelle il n'entendit rien, et chargé de Surveiller et de faire élever les jeunes garçons orphelins qui devaient d'abord y apprendre l'agriculture et puis être employé par le Président.
Cet homme était d'un aspect sinistre, d'une physionomie jaune, et avait les yen* étincelahs du tigre, qu'il n'ouvrit entièrement que lorsqu'il prit ma èahne armée d'une hache en fer et la tournant convulsivement dans sa main, me fit remarquer, qu'elle était bien faite pour feindre le crâne d'un ennemi. Pendant qu'if se promenait avec moi dans le jardin négligé de l'institut et à travers d'édifices d'économie vides et délabrés, il ne cessa pas de prôner là sagesse administrative dé son maître, sa probité et la pureté de ses intentions. Il l'appellait l'homme grand , l'homme saint (fyioç Uvâçâç) envoyé par là providence, pdur rendre heureux èe peuple si peu digne d'un chef Si éminent et si Vertueux. ;
Tel était, à peu près, le thème convenu pour tous les employés, et chacun le tournait & te manière, pour faire valoi* son attachement et son zèle. On était Condamné à écouter dix fois par jouir le même texte/ qui à l'hypocrisie des sentimens , joignait encore fa monotonie de l'argument r et bien souvent Tïheptie ilè l'exagération. «<.!.., . «
Efi seççnd lieu venaient les adrepses quand quelque c£i?se était arrivée, qui eut pu faire douter de l'attache.inent de la nation à sou chef, ou quand il fallait monter la machine diplomatique pour porter ou seconder un grand coup.
, . Les modèles étaient ordinairement envoyés des burqatl* de Nauplie aux autorités des provinces et roulaient sur la même phrasiologie. Ils étaient proposés aux habitans convoqués en assemblée, par les préfets et les Démongerontes ; malheur à celui, qui s'opposait ou refusait sa signature et qui par cet acte d'insubordination se rangeait du côté des ennemis du gouvernement. Telle est l'origine du concert d'adhésion aux mesures de l'autorité, de ces démonstrations unanimes de dévouement, mêlées aux louanges les plus oratoires du sauveur et du pare de la patrie; et l'étranger et l'Europe entière que pouvaient- ils avoir à répondre à de telles éruptions universelles des sentimens d'un peuple entier?
U était cependant nécessaire d'empêcher les ennemis de faire éclater des opinions opposées.
Pour arriver à ce résultat, les trois imprimeries qui existaient en Grèce , furent tenues sous la dépendance la plus complète; outre cela on anéantit toute communication avec l'Europe touchant les affaires du gouvernement, et si quelques lettres qui s'y rapportaient, arrivaient jusqu'aux frontières, elles ne pouvaient, échapper aux employés étrangers que le Préçidçnt y tenait à sa solde. De toutes les lettres que inçs amis m'avaient écrites de ce pays -là, depuis deux ans, aucune ne m'est parvenue à Munich, et je suis arrivé en Grèce, aussi ignorant de ses affaires, que le reste du monde et aussi disposé qu,e les amis que le Président avait laissés en Europe, à trouver en lui
le Timoléon de la Grèce moderne , calomnié par ses adversaires. Mais ces manoeuvres destinées à couper toute relation avec l'Europe et à en isoler la Grèce, comme la Chine, ne purent pas empêcher que quelques renseignemens ne passassent dans des journaux étrangers. C'est surtout le courrier de Smyrne, journal rédigé avec talent, dont l'éditeur parfaitement instruit de la marche du gouvernement grec, s'attacha à tous les pas du Président, qui, en revanche, le nommait „le meilleur avocat et le plus grand scélérat de l'Orient." Pour paralyser l'effet de toutes ces publications, il entretenait une correspondance suivie, sur son administration, avec des hommes influens en Europe , surtout avec Mr. «FEynard, par l'entremise duquel les bienfaits et les mbsides de l'Europe, ne cessaient pas encore de lui parvenir. H y faisait ressortir et valoir la pureté de ses intentions, la convenance de ses mesures, les obstacles qu'il prétendait rencontrer à chaque pas, et fui lui étaient suscités par la dépravation dont il accusait la Grèce et par les calomnies de ses ennemis étrangers; et il avait tellement réussi à se voiler aux yeux de l'homme respectable à qui ses confidences furent adressées, que même à présent Mr. d'Eynard, le regarde comme le plus grand et le plus vertueux citoyen que la Grèce ait possédé.
SECONDE SECTION
JCM Nppefitùm contre Ia frçnfaM.
3>i la» Grecs se soumirent, au commencement, cTan çoriunuu aeeord a,u comte Jeaa de Capodifttria, c'était parce qu'ils se fièrent à la renommée européenne, 4 la capacité et à la vert» supposée à 0e chef qu'il* ■'étaient choisi librement Hé attendaient de lui, Fétu* bassement de cet ordre légal, à l'abri duquel, ebaonn espérait rétablir en partie se* perte* et pourrir «a fa* mille. Us crurent que dans ce nouvel état de choses, 1a dévouement à la patrie , et la yertu trouveraient leur récompense , que l'industrie se développerait et que le* arts et les sciences reparaîtraient dans le pays qui le* atait rus naître.
Si, détrompé* dans «et espoir, ils supportèrent sons des formes légales un tel état d'oppression, c'était parce qu'ils ne trouvèrent pas les moyens de la changer. Il y avait aussi beaucoup d'hommes raisonnables, qui regardaient tout état de tranquillité comme préférable aux désordres des tems passés et qui auraient même supporté et plus longtems un état pire encore, par la crainte assez fondée, d'être replongés dans une situation pire que celle à laquelle ils venaient d'échapper/ Cependant l'opposition contre le Président, commença dès le même jour où il entra dans les voies de
l'arbitraire, parce que des hommes prfroy ans s'aper> curant qu'on exposerait tous les avantages acquis par la révolution, gt que, conduite de cette manière , la Grèce resterait ignorante, pauvre, opprimée, sans considération et fans avenir. Le développement de cette opposition marcha de. pas égal avec celui du système contre lequel elje fii* dûrjgée, Le Président avait commencé pur frapper le. corps législatif; la réclamation contre cet f^cte passa inaperçue, parce que le corps qni en fat attejnt n'éteif pas considéré, Jl frappa ensuite les sommités sociales , et le public en fut peu éron. Il s'en tint au résultat de voir opprimer des hommes, jadis oppresseurs eux-mêmes, et ne s'effraya pm* de la portée des moyens dirigés contre, eux, Bientôt la pej> sédition descendit dans le second de la spciété, et la société commença à se remuer, on finit par ne pas ménager même les petites existences ; aucun marchand, quelque modeste qne fut son état, n'était point sûr, de d'être pas le lendemain sacrifié à le* dénonciation de quelques ennemis et. d'être arraché à sa famille. Alors on s'aperçut, qu'il n'y avait nulle -part ni sécurité ni garantie, et la société s'ébranla dans ses fondemens. . Députe Jors, Tppposition fut générale dans toutes Us classes, quj sentaient le besoin de quelque garantie de leur avenir; elle se mapifesta par une méfiance contre toutes les mesures du gouvernement, laquelle tourna bientôt en une résistance contre ses actes; elle était plus forte et plus concentrée en quelques îles, où les geutimens des droits publics pour lesquels en avait soutenu toute la lutte contre les Turcs , furent les plus prononcés, comme à Hydra et à Syra, où les restes des Çhioteg et des Psariotes avaient fondé d'importans établi ssemens de commerce et de navigation et tout en «'occupant de Jenrs affaires, n'avait P«s wWié que ce
fat par une liberté pratique, reconnue même par le» Turcs et par une administration juste et honnête, que jadis leur patrie ruinée s'était élevée à uni haut degré de prospérité.
Cette opposition n'avait encore rien de menaçant, même lorsque Hydra, ouvrait un asile à un journal indépendant, proscrit à Nauplie. On se tint dans les voies légales, on protesta contre l'extension arbitraire que le Président donnait, chaque jour, aux droits à loi accordés par le congrès d'Argos; contre le changement des Démogerontes : en organes dépendans de l'autorité; contre les abus d'une administration oppressive, les délations, les détentions arbitraires, les élections forcées, et contre la dépendance et la servilité des tribunaux. On regarda encore la personne du Président, comme hors de responsabilité. On s'attacha aux personnes danfe les affaires et l'on voulait amener le chef de l'état, à rentrer dans les voies légales, qu'il avait abandonnées. On crut pouvoir y parvenir par la réunion de l'assemblée d'Argos, prorogée pour quelque tems, et qui ne fut pas encore convoquée, quatorze mois après sa prorogation. Les opposans crurent pouvoir compter sur des chances de succès dans le sein du congrès, même parce qu'un grand nombre de ses membres avaient ouvert les yeux sur les conséquences du système établi et sur les dangers dont il menaçait la Grèce.
Presque toutes les îles suivirent l'impulsion donnée par Hydra, et les adresses par lesquelles on réclamait la convention du congrès, arrivèrent même du fond du Péloponèse. La Maina seule était sous les armes pour venger les outrages faits à leurs chefs, qu'on retenait dans les cachots, mais elle fut contenue par des bataillons RoméUotes, établis en Messénie, ainsi qu'en Laconie, pour surveiller leurs mouvemens.
A mesure que l'opposition grandissait, lé Président sentait faiblir sa puissance, laquelle. n'étant secondée, ni par des forces armées considérable*,— ni ^paf le bon ordre dans les- finances, n'avait été en grande partie qu'une puissance morale, et, en Grèce,- des réputation^ une fois attaquées pourrissent dans un mois. Pour mettre le comble à ces embarras, la dernière révolution française venait d'éclater, et ses résultats donnèrent partout de la force et de la consistance à toutes les oppositions contre des torts réels ou imaginaires des gouvernemens. Le Président avait cru pouvoir dompter le mouvement aussi long- tems qu'il était sur d'être secondé par la Russie et que les ministères Wellington et Polignac, qui furent opposés à toutes démarches contre un ordre de choses établi, ne seraient pas renversés; mais, surpris par cet événement, il sentit la nécessité de sertir d'une position , qui de jour en jour devenait plus dangereuse.
Lui aussi, il crut pouvoir se garantir contre les orages qui le menaçaient en convoquant l'assemblée même, qui lui avait rendu des services si éminens. H la convoqua donc, mais en même tems, . il donna aux provinces la permission de faire de nouveaux choix. Cela équivalait à une dissolution, c'est-à-dire à un coup d'autorité, puisque l'assemblée fut prorogée par une loi et elle ne pouvait pas être dissoute sans là rompre. Elle s'était réservé, avec le consentement du Président même, des droits et des décisions pour la . nouvelle réunion, et le chef du gouvernement, qui ne tint son autorité que de l'assemblée, ne pouvait pas la déposséder des prérogatives, que lui-même, avait reconnu à ce corps constitué comme il fut à Argos; mais il ne pouvait plus espérer de retrouver la même majorité, tandis qu'il était sûr de dominer les élections
par t*u*l*8 m*y&* $WQi nimà^nfan-fimo*** et bMrlIws Ba* 4fw pruj»e#H!s, dv* aéduetfaMi (rt wçw 4* f>ôiotar *#» . Jfa forw H fa violence, &ef téwfyat* 4#rafart jwt|fi#? fa* moyen*, puisque, ra*s«|iaMée m*e leûrréon!* , m» connaissait 4'autrf* juge* »ur #a ^«h pMitifm quWfa-ménif.
ËR«ep tf>WI, il fallait fi* 4éeid*r À *gi* °*ve** taweitf fOAANI If 19 Hydriotes, qui prévoyant qu* paj? suite & «4tt* meffWf! arbitraire, le congrus tournerait
contre flux» aortireat do faw repoa ft avff 4m bfttfoffn*
armés aoeendèrent lf # numranianf 4f leur* anife et fa* élection* dan* faa : Ib*. lia étaient m&uf parvenu* * enlever fin gouvernement fa g riche* revenus 4e la dop* «ne 4e Syre, qui f iront vçraéa dans fau?a caisses, pen> 4*nt qw le nombre d* député? fadépeudans , qui ** $éu~ nissaîent à Wydra, augmente»* de jour on jour*
Ce fut alors que Mr. Bondouri, un de? anpfaa*
primats Hydriotes, résidant encore à Nauplie, écrivit h non frère à Qydra, que, d'après des reuseigneniens positifs, qui loi étaient parvenus, lf Président avait réftulu d'armer «on escadre à Poros, Cette lettre fat mmmuniquée aux chefs de Pifa. Jfa étaient persuadée que wt armement était dirigé contre eux, et dans ua «opséil ffompopé des d$u* frères Contourioti, de PuU garis* d'Antonio Krlésiq et de quatre autres primat*, ils résolurent aller au- devant, Sans que les autres ha,** khan* de Hydra, ni les députés qui y étaient réuni*, ai ftueun de* réfugiés et des bannis oui encombraient leur île, en fussent instruits, une escadre bydrio&f sortit df port df Vile, et le lendemain, la nouvelle arriva à, Nauplie, que la frégate Hejlas, les trois bateaux à vapeurs et les autres bâtiment, aveq l'ar*enal, étafant tombé* a» pfuyoir des Hydriotes ; que le fort s'était déclaré pom eu* et quf tpute fa population 4e Paras
et du çoptimrat voisin, len pvfpeu* re«p* comme d*s libérateur*, Le Président en fpt interdit En hwJj heure* » ÏW ennemis pouvaiept JM*wer.p*Mr ttjrre devant
les pertes de Naupije, et ** deu* jpurs, pwr w?r, dans 9an port 9 £* U w pouvait; fliéme plu* twaptof iw s* garnison qu'il avait çompi*pcé à payer en p*pi*j>4|0|)» naie. J} fut <?onnu depuis , que déjà deip; iqois auparavant, le commandant de Palamidia, jfort**e*sp qui do+ mine faehkale , Nanplie et le port, avait offert à Mîau* lis de la lui livrer pour 3000 éçus, qui fqrijiatent fo montant de la solde arriérée de la garnison. C'est alors que le Président s'adressa aux résidens des trois puis* sances, et pour la première fois, réclama leurs secours. L'opposition n'avait pas été mal vue par deux d'entr'eux, ils étaient même censés l'avoir favorisée comme l'instrument par lequel on espérait détruire ce qui fut regardé comme le nouveau parti russe. Ils s'en tinrent donc aux démonstrations de bonne volonté, l'amiral russe, lui-même pris à l'improviste par la catastrophe, n'osa se séparer des deux autres amiraux, puisque ses instructions lui prescrivaient de n'agir que conjointement avec eux. Dans un entretien très -animé, l'amiral déclara au Président qu'il voulait en référer à son souverain. Le Président lui répondit : „Eh bien ! faites votre rapport, moi, je ferai le mien." Cette menace l'ébranla, et la même nuit il mit à la voile pour forcer les Hydriotes à reculer. Les événemens qui s'ensuivirent, sont connus. Les Hydriotes sous la conduite de Miaulis, poussés à l'alternative, de livrer leurs vaisseaux, ou aux ennemis ou au feu, les firent sauter et se retirèrent dans leur île. La ville de Poros, fut livrée au pillage des troupes du gouvernement, transportées dans l'île par les batimens de l'amiral. Le même sort fut réservé aux bricks que les Hydriotes avaient
envoyés dans la baie de Calamata pour seconder l'expédition préparée par les Maniâtes, pendant que le Président se Imta de dresser l'acte d'accusation contre les Hydriotes et les chefs des réfugiés dans leur île, ttelàrantj qulls âevatcat être jugés par une commission du choix de. son ministère de la justice.
Avant d'avoir donné suite à ce dernier acte de son administration judiciaire, il fut atteint lui-même de son sort et laissa la Grèce sur les bords de l'abîme ou il l'avait conduite.
TROISIÈME SECTION
Sur les différentes manières déjuger le Président et sur les desseins qu'il faut lui supposer.
XotJR faire l'apologie du Président, des gens mal avisés ont accusé les gouvernemens qui l'ont précédé en Grèce * «ans comprendre, que les vices et les fautes, des autres ne justifient la conduite de personne, et qu'un homme d'état, entouré d'une grande considération et choisi pour apporter la civilisation' de l'Europe dans on pays qui en manque, ne doit, ni ne .peut être mis en parallèle avec des hommes qui ne possédèrent pat Tune et ne connurent pas l'autre.
D'autres, plus adroits, se sont appuyés sut }e..ca> ractère grec. Depuis la lettre fameuse d'un dipfoipate rosse., le comte Bulgari, écrite presque sous la dictée du Président et dans laquelle il est dit à l'Europe, qpa la Grèce ne peut être gouvernée que par un pouvpit absolu et arbitraire, on n'a cessé de répéter, qu# quelques furent les mesures prises par, le défunt Pré**» dent, il s'est vu forcé de les prendre à cause du carac* tare et des moeurs d'un peuple à la fois barbare et corrompu. On pourrait s'appuyer sur une telle suppe* lition, si le Président à son arrivée en Grèce, ou avant que son système y fut connu, avait trouva d* l'opiniâtreté ou du moins de la résistance: armée à vaincre»
«aïs comme tout se soumettait spontanément à ses ordres et à ceux de ses employés, et comme pendant deux afîB, -malgré toutes les vexations, et malgré toutes les mécontentements qui en furent excité, on persévéra -dmfir~cëtte— obéissance^ ^le manière que ni chefs militaires, ni primats, ni homnies politiques ne suscitèrent des troubles à son autorité, oïl enchaînèrent Sa marche par dés empiétemens coupables y il faut bien reconnaître quelques qualités aux Grecs, qui les rendent dignes d'un système de gouvernement plus juste et plus équitable. H teste donc à cherche* d'autres motifs à sa taanière dfagir envers la Grèce.
* Il Été tfehibiè qu'on en trouvé d'astftft ^pttîssarift danfe Son dessein* bien flaturèl, et en lui-même bien excusable ttotit tlod* avons parlé, de s'établir à jamais dans I* Grèce altiferi ^n% indus Tavofcs déjà dit et, de là laisser feu héritage à éa famille et à ses aiftitf. " ' Ctefct • poartjfuoi il tâche, dès son avériéfttént à la Résidence, de paralyser fout pouvoir, qtii le cas échéant, f&éttàt contrarier ses plans!. Aussi long- tem s qu'il crut atteindre ce but sans ; trouver béAufloup d'ebs* t&tlêi d'opposaris ,' il montrait encore dés tnénagemens pout< les personnes et irtéme quelque* égards pour le* Itefttiitieris publias { mais $ contre son attenté, le choix tftth pttntrè, qtii le tïëv&it remplacer, ftlt arrêté, et il ftftttf te. dire Cëi choix roftipà biefl brusquement, le èofr* ttfst entre lûiJ et la nation par lequel il avait été choisi Président pou*' sept ans. ;Lè même choi* mit à déèou- Vert tous tévnt9 qui aspiraient à un tel changement, persécutés qu'ils étaient en cas de la contrainte d'an éttit'fdréé. Dê! totis côtés on annonça des adresses à MVtyéf au'flôuveatt souverain, et malgré tcmteaf les ^récàtftibtts/ £riaëfr pur les autorités militarrés et civile*, en- *'eHfpfes8*:IBé lêà'inp&t: Le ^rrnce Léopold avart
accepté, é***totiiflé ^rfti^ si naturel et « légif&tt qua lié lm' exprima la joi« qûa faisait éfrttbVër s^à élection et Tatt*chrèhtéht qu**M : ^ttUt^Hta^pettoUbe^ SurtOtit vi*-à*vis d*mi «fc^, qui tt* èëtfsait <fe dfa* ^ «récrire en Europe* ^tiUl était **iis*irtr et heureux *é Voit* arriver le ternie de séB tr&Vauxrmai* tel* ne fttrelit pas léé sentimens qui l'animèrent. " • »
Il fit agir tous les fëssOrt» de «a politique ; j>ont empêcher le prihce d'arriver; La Grèce lui fût dépeinte comme un pays dévoué à la désolation' et au brigandage. PoUt donner une apparence de réalité à de ta*, bleau, oh couvrit le Péléponèse de brigands j et si de* thefs militaires non initié» dan* lé m^ftéèré da fiiëUVë*ment, comme le brave et Vertueu* Macryiàhî, se Wfr rent à leur poursuite, ils furent avertie ptttf lé* autorités, à se retiret dans d'autres positions. En niémè tems, le Président * dans sa lettre au prince, supposai^ comme chose convenue, que 8. À. entrerait dans lé sein de l'église grecque. 11 lui conseilla seulemfcùtV de se converti* avant sort arrivée en Grèce ; parce que stafi cela on ne pouvait compter sur ïien , et pouf appuyée ses assertions , lé sénat dans soft, adresse au pirîneéj devait considérer comme un malheur > <}tte sa reîigiotf ne fut pas celle dé son penple. Dan* sa lettré Utt* mi* nistafes dé la conférence signée le 21 Mai IBSOy lfe prince en déposant la couronné dé la Grèce j déclara1} que jamais l'idée hë lui était Venue de changer dtrifei Hgidrt et qn'il Savait rien dit, ni fait, qtli tatoait ptf faire présumer un tel aéte. Il ne compriè pas là pèrtég de la supposition du Président, qui connaissant là pKaM bké austère àë son caractère, lé mettait aux |>ritfe0 avec sa conscience et som intérêt, bien bût êtt jJttttfc qa'eft pareil cas lé prince prendrait • •'••■ >^
A côté dé là force et pour ainsi dire dé là tfttléhétf
jaorale que, le comte employa pow écarter lç prince, il déroula à ses yeux les difficultés de la position, qu'il repfésinit^iiuuiigtontableff. D'apis le protocole du 9 £é*r ter 183Q* qui conférait m* ^rjjice la souveraineté de — fe-ftrëçe» i'A^idUm»^au^AsprDiH>tamos étant devenu au nord la frontière du nouvel état, toute l'Àcarnanie et une partie de l'Aetolie avec la population la plus guerrière et la plus dévouée à la cause nationale, devait ètxe cédée aux Turc*, qui n'en avaient, jamais été en possession tranquille. Ces frontières, laissant ouvert lp. pays aux invasions des barbares, et que vu le désespoir du peuple et l'exaspération des soldats de ces contrées, il était impossible d'exécuter cette décision sans refouler une population de 100,000 âmes sur les pays intérieurs et sans bouleverser le reste de la Grèce. Bientôt tout le monde en était convaincu, et il ne coûta au Président qu'une simple déclaration adressée aux résidens des trois puissances, pour rester en possession paisible de ces deux provinces ; mais dans ses lettres 4U 6, 7 et 22 Avril 1830, écrites au prince, il regarda l'évacuation comme inévitable et imminente et en fit un instrument pour effrayer son antagoniste, lui montrant en perspective la désolation et la malédiction du peuple prêt à s'attacher à quiconque entreprendrait d'exécuter ces mesures sinistres. Pour augmenter les embarras, le Président déclara, que d'après le décret de l'assemblée d'Argos, les décisions du conseil de Londres, n'étaient pas obligatoires pour la Grèce, si elles n'étaient pas connues et approuvées par les représentai de. la Option* Que faire donc? Convoquer le congrès? Il xffitt plps tems, vu l'urgence de l'affaire et la manière dent on hâte son accomplissement. Mais que le congrès soit convoqué, que feront les députés? Ils ne peuvent: pas sanctionner un traité qui sacrifie la moitié de
la Grèce continentale, sans violer leurs sermens, et ils ne peuvent pas s'y .refuser, sans blesser la reconnaissance^ envers leurs bienfaiteurs. Le Président ne con* roquera donc pas le congrès, il prendra sur lui seul la plus grande responsabilité, d'accepter sans autorisation de la nation le traité désastreux; mais : il attend au moins que le sénat s'associe à ses dejiarches. Tout cela est exposé dans sa lettre du 7 Avril, chef- d'oeuvre de dextérité diplomatique, dans laquelle il presse le prince de ne pas différer un moment son arrivée en Grèce, tout en le mettant dans l'impossibilité de suivre ce conseil. Vient ensuite le sénat qui, d'après l'apostille . de la lettre du Président, déclare que les Alliés sont maîtres d'exécuter eux-mêmes leurs arrêts, et refuse toute solidarité dans ces actes. Le sénateur Aenian annonce même que le Président voulant exécuter le protocole, ne serait pas obéi: „ Votre Excel* lence, dit -il, peut envoyer des ordres aux éparchies; mais personne ne s'y conformera, et à quoi sera bon votre consentement à des mesures qu'on est dans l'impossibilité d'exécuter?"
Dans tout cela il n'y a qu'un tissu de manoeuvres adroitement enfilées. C'est le Président qui, lui-même, a provoqué la décision de son congrès d'Argos, dont nous venons de parler, pour, en faire, un instrument contre tout étranger qui voudrait s'imposer à la Grèce; c'est lui encore qui fait parler et agir le sénat , composé par lui-même des hommes les pins dévoués à sa cause; enfin c'est lui qui, tout furieux de travailler pour un étranger, se met à écrire en Europe, qu'il est près de succomber aux peines et aux angoisses de la politique, et qu'il bénira le moment où le prince touchera de sol de la Grèce,, pour le délivrer de son insupportable fardeau.
Mais qu'est «ce que fera le prisée, qui ne soupçonne pat même le secret de ces manoeuvres? D'après tonte» ces communications, il lai doit étte clair comme le jour, qae le traité qui lui donne la souveraineté de la Grèce, ne peut pas avoir le consentement de la nation, reqnis par la loi, que le sénat refuse de l'accepter au liej| de l'assemblée, et que le Président, s'il veut se charger seul de toute responsabilité et faire exécuter le protocole, ne sera pas obéi. Supposé même que le prince, méprisant lés voeux du sénat et le conseil du Président, voulût risquer d'être mal vu et peut* être rejeté comme hérétique, comment prétendre s'imposer à un peuple qui ne voulait pas de lui? comment tenter l'exécution de mesures regardées comme impossibles dans le pays même, et qui, fussent- elles possibles à lui seul, le chargeraient dès son avènement de la haine de la nation entière.
La faute du prince (si l'on peut parler de faute dans la situation la plus pénible dans laquelle un homme de coeur et d'honneur paisse se trouver placé par les calculs froids de l'égoïsme et de l'intrigue), sa seule faute, c'est de s'être fié sans réserve, aux renseignemens qui lui venaient de ce côté, et de ne pas même avoir conçu des soupçons, lorsque, dans sa lettre du 6 Avril, le comte refusa par des raisons frivoles, de désigner une personne capable de lui donner des renseignemens sur l'état de la Grèce, et s'offrit seul, s'empressant en même tems de lui en faire parvenir, et lorsque, tout en protestant de sa bonne foi et de la pureté de ses desseins, il lui demandait des choses incompatibles avec son caractère 1). Rien n'aurait été plus naturel et plus
1) Les lettres du comte, comme toutes les autres pièces officielles % concernant cette affaire, ont été présentées au parlement A'Ângletmet,
SI
profitable à- I* cause grecque et eu prkMfe, que e'il tfât pris la résolution de se rendre immédiateteeot eli Grtae d'y convoquer 1'asèemblée nationale, de faire confirmer ton cboix et de s'entendre avec elle sut le* ratyees de remédier an difficultés de la poskie», qui vues de près, ne furent ni nombreuses, ni grandes. Secondé par les grandes ressources et l'emprunte}* 60 miUioftS* pat les qualités de caractère et d'esprit qu'on; lui conr naît, il attrait trouvé facile à contenter un peuple qui l'attendait à bras ouverts et d'y fonder un ordre de choses capable à rendre heureux la Grèce et celui à qui la possession du plus délicieux pays du nord, paraissait destinée par la, providence. Mais- en prenant lea rem» seigneiuena qu'on lui adressa comme exacte», et croyant les conseils qu'on lui donna de bonne foi, il devait né»* cessairement refuser d'entrer dans une carrière, oi d' après ces avis, il ne pouvait pas faire le bien et on il devait nécessairement perdre et son honneur e£ wn peuple. Il est vrai, que dans le cas où il aurait persisté dans l'acceptation de la couronne deia Grèee^ •a lui aurait préparé des entraves; déjà en fat jusqu'à le menacer d'une ré.«ta.« ou^rt*. U. jo«r Mr. J. Bvo, alors ^niéistre de* affaires étrangères, sortant du cabinet de Président, trouva dan* l'antichambre le coienel'A*** consniandanfc de la place». Celai -es entonna avec lai une convertatioo courte maie animée, sur cette affafre du jour , et croyant que le ministre partagea teat-à-fak les sentimeas de son chef, il termina Feu* tretien en lai disant: „Peut*il penser ce CL; de prince, fie Son Excellence ait travaillé pour eés beaux yeux!
Pu le Lord Aberdeen 1* 28 Mai 1830 % et en jn4me tejns imprimées tau les feuillet anglaises et dans le moniteur de France; les lettres ■*■« ©ht été traduites eu Orèoé et imprimées dans la Gazette gé- ** grasqee^ fr Juttfa* M*fc :
WÛ ose « fouchc* • le sol de la Grèce, il sera reçu a eouprf de fbsils.?'
Mais des menaces semblables n'auraient pas >eu de 4*n$équeaces sérieuses, et les hommes qui les poussaient, auraient été les premiers à abandonner un mai* tre abandonné par l'Europe, pour saluer l'aurore du nouveau jour, qui devait luir sur la Grèce. Le. même officier me déclara plus tard pour expliquer son attachement au gouvernement du comte Augustin: „Je sais étranger- ici. Je sers tout gouvernement:. Qu'est-ce e^ie c'est que. ça me regarde s'il est blanc ou noie?19 . . Mais si tels furent les sentiment qrie la' faction nourrissait. envers le prince, on peut présumer comme on traita les signataires 'des adresses. • ,,'Cela va bien," disait le comté Augustin à un chef militaire, qui avait signé, „cela va bien, si le prince arrive, mais s'il n'arrive pas, quel sera le sort que vous vous êtes préparé?"
Voilà l'époque de l'histoire compliquée de ce gouvernement éphémère , où . son /chef en se montrant à 4éeo«yet*:avec *es 'voeux et sefe desseins, \ franchit les dernières' limites dé la: modération, parce qu'il se. crut obligé- d'agir contre tous ceux, que dans cette affaire «H avait. iréeoniiu,;, du crut,recpnnaître. opposés a. l'éta- Mîssiemèat définitif de la mafsoh Capodistria en 1 Grèbe, 'i ■< Jk étaient nombreux, :>/&. pas un seul d'entr'eux n'est échappé ,âux persécutions ^ soitqu'pn l'ait .destitué, traîbé devant le* tribunaux, mis en iprison, ou relégué. • Mais si le Président^ comme on n'en peut douter, agissait dans 4e but dé s'approprier la, Grèce, *:q«fe ne prit -il des mesures, capables de se concilier l'affection de toutes les classes dû peuple qu'il' voulait attacher au sort de sa famille 1 Je sais que- .souvent on lui .a donné des avis et des conseils dans tes sensr et je, connais des
hommes respectables qui' lai sent restés fidèle» ' jns* qu'aux derniers niomeiis et qni m'ont râpante, lui avoir, révélé tons les dangers de sa position et l'avoir conjur4 de chercher des voies sures, pour atteindre son but. ,. Il ne fut pas insensible à leurs discours, il parais** sait même convaincu que la Grèce satisfaite, sous la rapport de ses véritables besoins., et se sentant heureuse, ne voudrait jamais un autre. chef, et ne préférerait point un étranger, à un indigène qui avait. sa langue, ses moeurs, sa religion et qui avait réussi à mériter son attachement. Dans cfes uiomens il reconnut? du moins . en partie, ce qu'il y avait de cruel et d'offensant dans ces mesures, et il en rejeta l'odieux sur lé* provisoire qni ne cessa de peser sur toutes les relations sociales et de déranger ses plans. 11 se. montra même Afesireirx. de l'affection du peuple entier et disposé à admettre des changemens essentiels dans la marche de* affaires, mais ces bonnes dispositions s'évanouirent .devant les calculs de sa politique ombrageuse et les insinuations de ses. confidens. Bientôt, il se convainquit de nouveau, qu'il ne pouvait changer, ni le fond, ni même les détails de son système, et continua à marcher vers les précipices. La principale raison en fit, parce qu'il sentait, que son plan reposa et devait reposer sur un principe, qui exclut toute sympathie entre lui et la nation. Pour lui c'était une nécessité, que la Grèce resta petite et sans considération, afin qu'elle fut sans attrait pour tout prince issu d'une, famille illustre de l'Europe. C'est pourquoi il commença à intriguer, pour que les. frontières 'en fussent restreintes à l'isthme de Corinth et à quelques îles, et après avoir fait son possible pour contrarier l'expédition de Candie et empêcher celles de la Thessalie et de l'Epire, il ne céda qu'à l'indignation des Rupnéliotes en permettant au gé->
aérai drureh de chasser Ibé Torques de la Grèce *eet~ dentale, et a» prince Ypsilaati d'attaquer la Boeotie et de s'avancer Vers • les Thermopyles. Ce Ait la même nécessite, qui lé força à déclarer aux réaidens des trois puissances, qu'il ne pouvait retirer seq troupes derrière la ligae d'Asspropotanàos, que contre son attente en avldt donnée pour frontière au nouvel état
Mais lors «sème que l'idée d'un état grec avee des frontières étendues et un gouvernement vraiment na* tiohal* serait entrée dans ses conceptions, ses principes et ses opinions se seraient opposés au développement d'un système digne de l'ancienne renommée da pays et dé son avenir.
Refondre l'éducation publique d'après des principes réélûmes par l'état du pays et par celui des sciences et ée la civilisation, afin de donner une direction salutaire à l'étonnante activité de l'esprit national) aurait été In première condition d'une marche contraire à la sienne. lia gloire de la Grèce ancienne et les destinées de la Grèce moderne y étaient également intéressées. Fuis fonder des institutions capables de garantir les droits publies, pour lesquels on s'était battu, et de paralyser par leur énergie même, l'esprit révolutionnaire s'il y en avait en Grèce, aurait été la seconde.
Pouvait -on raisonnablement attendre des pareilles démarches) d'un homme à qui l'état actuel des sciences était entièrement inconnu, qui, de la Grèce ancienne ne connaissait pas même la langue et qui avait un mépris souverain pour tout ce qui entrait dans le système de la haute instruction, pour qui la philosophie était une. chimère et la gloire de l'ancienne Grèce une fan* tateie d'école inutile et même dangereuse pour les besoins aetuels de la société. — De plus, aurait*» il pu* de bon gré , fonder des institutions politiques et donner
de» garanties aux droits acquis pjur tant de **ng Tergé, loi, qui pendant toutes les cbapoes dp ça jeunesse passée à Corfu et à Venise, n'avait vu dans la société, qa'un amas d'hommes intéressés 9 contenus par la force et dirigé par la fraude et qui dans sa carrière diplo- Astique n'avait fait qu'assister aux combats dos gouver* otneng absolus, contre l'esprit audacieux et novateur fui ébranla l'£iutope jusque dans ue» foadeipensî Outre cela il méprisait, non .seulement les Grecs, mais les hommes ea général,, et il ne les crut capables d'être ■m** et .gouvernés que par .dps motifs d'intérêts persotmels et par des passions. Il partageait ce mépris avec bien des personnes de marque, qui d'après leur position sociale, ne voyaient de^ gommes que le faible et les vices, et de la société rien que le côté abandonné à la. corruption et l'intrigue. Si donc il établit un gouvernement tel que nous l'avons vu , c'est qu'à cet égard tes vues et ses principes tombèrent d'accord avec se? projets.
Il ne fut pas d'un, coeur méchant, mais perverti par la méchanceté des autres et endurci par l'expérience, ta plqs, emporté par la plus forte des passion, celle du pouvoir, et aveuglé par une vanité extrême. Sa conversation était, à la fois animée et variée. Jamais le ttot ne lui ftwnquajft, il s'en empara menie exclusive^ meot, et, préoccupé comme i| le fut de sa supériorité, Qu'écoutait presque que lui-même, sans se soucier des opinions d'autrul U désirait être aimé, de manier? ^'il goûta même avec délices, des démonstrations hjr pocrites d'admiration et d'attachement: De même, il ktàt sobre et laborieux; sa table, son ameublement et *** habitudes , tout annonçait en lui l'homme simple ejt <*dtygRan£ un tyxe, tpà sans rehausser le méftteq UHÎjt
Le jour ne suffisait pas à ses travaux administratifs et à la correspondance qu'il entretenait, «soit avec ses employés, soit avec les étrangers. Cependant cette activité resta sans résultat salutaire parce que les détails de l'administration et de l'économie politique lai étaient entièrement inconnus; et si des homnfes expérimentés, indigènes et étrangers * ce qui arriva assez souvent, lui adressaient leurs observations et leurs conseils sur ces objets, il ne voyait dans leurs démarches que des doutes exprimés contre son expérience et son aptitude aux affaires. II trhita donc ces conseils avec indifférence et même avec dédain, croyant ainsi faire preuve d'une supériorité générale , dont l'idée le préoccupait toujours tét le rendait aveugle vis-à-vis de ses intérêts et des dangers de -sa situation-. On comprendra alors comment tout ce qu'il a essayé dans les différentes branches de l'administration, à tourné contré lui et a augmenté le chaos d'affaires commencées et abandonnées, qu'il a léguées à ses successeurs.
Au milieu de tant d'abus de 'pouvoir et d'autorité et de tant de méprises administratives, il ne lui reste qu'un seul mérite, c'est celui d'avoir maintenu l'ordre et la sécurité publique dans un pays , qui y aspirait toujours, sans pouvoir jamais l'atteindre. Il est vrai, que les désordres cessèrent de la libre volonté du peuple, mais pour affermir et maintenir la tranquillité, il fallut adopter une suite de mesures, que le Président, aidé d'abord par le conseil d'hommes sages et intelligent, fit exécuter avec circonspection et fermeté. H fallut rabattre les prétentions des chefs militaires et politiques et placer la masse des laboureurs dans une position où ils n'avaient à craindre , ni les avances dés primats, ni les gaspillages des soldats, accoutumés les uns et les autres à vivre ou à s'enrichir aux dépens
dit paysan ; et le Président y a réussi. Sons l'égide de la sécurité publique, ce peuple sabre et laborieux, par» vint en peu d'années à rétablir ses cabanes et ses maisens, détruites par la guerre; à mettre à profit les ressources qu'il s'était ménagés -, ou qu'il venait de s'ouvrir, pour acheter des instrumens d'agriculture, des boeufs, des chèvres et autre bétail, et pour reprendre la culture du sol, qui dans ce pays fertile et en grande partie désert, lui rendait d'autant plus que le Président avait soin de ne pas le charger de nouveaux impôts/
H est vrai, que là se borna tout ce qu'il fit pour les cultivateurs ; du reste, point de secours en semences* en bétail, en instrumens aratoires, à ceux, qui, par leur indigence, étaient contraints de cultiver la terre avec la haéhe; point de soulagement, en cas de mal* heur; point de changement dans le système onéreux de percevoir et faire transporter les dîmes, point de routes pour ouvrir l'intérieur du pays et faciliter les commu* nications; point de mesures pour ouvrir les émissions des lacs, négligés pendant la guerre, et faire écouler les eaux en stagnation dans les vallées jadis florissantes; point d'encouragement pour faire rétablir les rigoles creusées dans les marais, et l'irrigation des terres, par les fleuves et les fontaines; point de mesures pour opérer un -changement dans l'agriculture, qui reste encore dans toute la simplicité des tems d'Hésiode. Par suite de cette incurie léthale d'un gouvernement plongé dans les projets et. les soins du plus aveugle égoisme politique, on vit des cultivateurs reprendre le chemin de la Turquie , d'où ils étaient venu pour chercher asile et travail. Bientôt ils furent rejoints dans leurs émi» grations par des Grecs indigènes, descendus des mon* tagnes ou revenus des îles vers les débris de leurs vil* lageff* puteque ceux aussi trompés dans leurs espérances,
chercher eto Thessalie en sur le* cotés de l'Asie mineure, des secours, qui leur furent refusé dans leur pays natale.
. Par Suite de ce triste délaissement, la population de ki Grèce au lieu d'augmenter sous l'égide de la paix, diminua mois par meis; mais la sécurité de ceux qui restaient, était un, bien si. grand et si inouï pour ce* hommes malheureux, il était en même teal* pour en* la éoarce de tant d'autres biens, que ce Jm»û peuple n'eut pas même la pensée de demander h *on cfeef, autre chose que cette hase indispensable à tout ordre fwcial, et qu'il Ta pleuré et le pleure encore 4omm* son père et son bienfaiteur.
Nous nous trouvons au point ou nous pourront résumer ce qu'il fallait dire sur le gouvernement du Président, non pas pour nous appesantir sur sa re* nommée, qui appartient à l'histoire, mais pour peindre l'état actuel de la Grèce, qui en grande partie est la conséquence de son système.
Le Président pour s'assurer la possession de lu Grèce, voulait s'appuyer sur la classe la plus passive et la plus tranquille du peuple, et il a réussi en effet à procurer aux Laboureurs, la possibilité de se livrer en paix, à leurs occupations utiles. Il ne voulait pa* de compétiteurs de son autorité , et au lieu de contenir les hommes indépendants, il tâcha de les ruiner ou de las détruire. Son peuple pour être plus obéissant et moins égaré, ne devait pas être trop instruit , et il alla jusqu'à déshériter la Grèce de son ancienne glpiro» eu comprimant l'instruction solide et en réduisant l'étude des hautes sciences à l'acquisition de quelques connaisr pâmer s nécessaires pour le .service public , et cela panai fin peuple, qui déjfà avant la révolution* malgré le geuy rarnament ombrageux de ses oppresseurs, avait wi oc-
ganiser et faire fleurir des éoole* helléniques, des .lycées, et même une académie, 11 avait besoin d'une autorité forte et il confisqua, tons les droits publics et individuels. Comme chef de l'état, il devait faire respecter m volonté et il la mit seule à la place de tentes le* lois. Pour y arriver, il avait besoin d'influencer les tribunaux et il les dressa de manière, que tonte justice en fut bannie-, et que lui seul, resta maître des biens, de l'honneur, de la sécurité et de la vie de ses eoncU toyens devenus ses sujets. Pour mettre ses plans à exécution, il avait besoin de collaborateurs nombreux et surs, et il alla jusqu'à chercher dans les rangs de la oorraplion, pour trouver de la fidélité, et parmi les malfaiteurs pour trouver du dévouement Fourgonnai* tre les intentions de ses adversaires, il devait faire surveiller, et il créa *a dédale d'espionnage et de dé» basons, qui enveloppa même le sanctuaire des pénates et celui des autels. L'homme devenu suspect ou per* sécuté, ne trouva plus où se sauver, l'administration, les tribunaux, l'église même étant conjurés, pour le rejeter entre le bras de fer, desquels il venait de s'échapper; et tel fat le complètement et pour ainsi dire l'énergie de cette compression, que nulle part, il n'y eut ni adoucissement ni relâche.
Un tel système an pouvait être toléré, car la dis» eolwtioa morale y était attachée à la dissolution po» litique, et il ne pouvait pas tenir, car dans la politique comme ailleurs, les ressorts se brisent quand ils sont trop tendus, et les roues de la machine se retournent contre celui qui l'a mal lancée*
Le Président ne s'en aperçut que trop tard, lorsque peu de jours avant sa mort, il me déclara qu'il était à la fin de nés mesures et de ses moyens. Il avait étouffé la confiance jusque dans le sein des fsmiUan *t
il sentit la méfiance s'attacher à ses propres pas et contrarier toutes ses actions. Il ayait organisé les haines, et les haines se coalisèrent contre lai, sa famille et ses partisans. Il s'était accroché anx abus d'une civilisation décrépite, et par ces mômes abus, il vit tomber ses affaires dans un dérangement complet. Il avait mis en mouvement les ruses d'une méchanceté raffinée, et les hommes méchans ne tardèrent pas à le perdre, lui et ses opérations , dans l'opinion publique.. Il compta encore sur la jeunesse qui devait être élevée dans les principes de sa politique, et il attaqua jusque dans la racine, le développement moral et inteléctuel des générations à venir. Enveloppé d'un tissu d'hypocrisie, de fraude et de violence, il ne pouvait faire le bien, quand même il l'aurait voulu, et même la tranquillité qu'il procura au pays, fut sans fondement et sans avenir» Mal habile, ou mal avisé dans tout ce qui regardait l'administration , les finances et la législation , il n'a laissé aucun établissement, aucune institution, aucune loi, qui pourraient honorer sa mémoire. Même la ferme modèle, instituée pour aider l'agriculture, et désorganisée bientôt après, et l'orphanotrophée d'Egine, qu'il vit encore lui-même se changer en un lazaret, et en une maison de corruption, pour les malheureux enfans qu'on y avait entassés, montraient son gouvernement comme malencontreux et pervers, alors . même qu'il voulait faire le bien. Il n'y a donc dans tout l'héritage qu'il a laissé à la malheureuse Grèce, qu'un fardeau d'abus, de désordres et de misère et, avant tout, un exemple terrible mais profitable, pour ceux, qui après lui seront appelés à gouverner le pays.
11 nous reste à dire quelques mots , sur sa politique extérieure. 11 avait commencé par afficher l'intérêt et l'attachement qu'il portait à la Russie, et faisant croire
qu'il gottv entait la Grèce dans lèU rues <Ier cfctte pois» saneejT.ii s'était aliéné la France et l'Angleterre. Potr pallier cette conduite, il déclara. et me le dit à taoimême, que la France et l'Angleterre • avaient toujours en des sentimens hostiles envers. la <ïrèce; que la France en chassant les Maniotes de Calamata, voulait s'emparer du Péloponèse, et que l'Angleterre eh proposant de meilleures/ frontières pour- la Grèce, ne désirait qu'entamer des transactions interminables avec La Porte, pour compromettre l'existence même dp: pays. Je ne sais s'il croyait cela même de la France, \ qui n'avait cessé de lui envoyer des subsides de tout genre, mais le système de son gouvernement le força à le faire croire aux autres et de prendre sa position d'après ces vues.
Cependant, cette position était fausse et même fâcheuse. On ne la pouvait " défendre qu'autant que la paix durerait en Europe; on était perdu aussitôt que la guerre viendrait à éclater entre l'Angleterre et la Russie. Le Président finit par en sentir tout le danger, nais il était trop tard pour changer de direction; outre cela, il avait mal fait sa besogne envers la Russie elle même, quelques fussent ses intentions sous cet égard.
A son arrivée dans la Grèce, la Russie avait un parti puissant dans le pays. Presque toute la nation lui fut dévouée, comme on l'est encore dans les Jles ioniennes et surtout à Corfou, et elle montra son attachement par des démonstrations non équivoques et même blessantes pour les Anglais et les Français, qui en furent témoins à Egine, à Syre et ailleurs. A la mort du Président ce parti fut détruit, et la Grèce, presqu'entière , fut animée par des sentimens opposés.
Ce fut bien le Président qui chargea l'odieux de son système sur ses protecteurs et qui dirigea le bras
tome à Perds et à Calamata, contre Hydra «et Màfim, et "devant les plus attachés à la grande puissance du nord et les plus fermes soutien* de son influence 4 en cela et sans le vouloir, il a bien mérité de la Grée*, parée qu'aucun pays ne peut arrive* è l'indépendance et au bien-être qui en dérive, s'il est dirigé par un intérêt extérieur, mais il a mal mérité de la Rmsia, qu'il a dépossédée dans ce pays renaissant, de i'inJlvence, que ses liaisons de commerce, et la communauté dit culte, que l'indépendance de la Grèce même lui semblèrent assurer à jamais.
QUATRIÈME SECTION
La Grèce soys le gouvernement du comte Augustin,
frère de Jèam Cépediitria.
Kâb premier qui aurait du profiter de ee« exemple , fat le comte Augustin Capodistria, mit par le sénat à lu tété du gouvernement provisoire après la catastrophé sanglante de son frère. Jamais pays ne fut plus disposé à oublier se* grieft et à rétablir son tfniei*, que M le fut le Grèce après cet événement déplorable. L'homme contte lequel l'opposition avait été dirigée , n'existait ptni. La manière dont il était tombé victime de la vea* geance d'une famille outragée, causa de* regrets, même à ses adversaires, et disposa les aine* les plus insen* sibles à des sentimens de réconciliation. . ^
Jamais l'opposition «'avait voulu aller aussi lofe; On s'aperçut des dangers qu'on courrait ,J si les haines ne s'étegnaient pas sur le tombeau de celui qui les avait allumées. Le pays stupéfait resta tranquille et la paix publique ne fat pas troublée. En quelques lieux, comme à Argos eà l'on craignit les soldats restée sans solde, les fcabitans s'armèrent d'an commun cNn cord, pour défendre leurs propriétés nouvellement ac* «prises, et 6» voyagea dans le Péjtoponèae et ea Rome-» lie avec la mente sécurité qu'aux jours du Président? lia Grèce pat son maintien et sa tranquillité montra
encore une fois, de la manière la plus éclatante, qu'elle ▼eut la paix et le bon ordre, et qu'elle saura le conserver, si les efforts d'une population divisée par villes et villages, sans organisation et direction commune, ne sont pas paralysés par des forces compactes et intéressés à le troubler.
Ler gouvernement provisoire, composé -du comte Augustin, de Colocotroni et de Coletti, ne devait garder le pouvoir que jusqu'à la réunion du congrès déjà convoqué par le Président. Il avait été reconnu près* qu'au même instant où il fut établi .Syta et les autres îles renoncèrent à leur opposition. Elles reçurent les nouvelles autorités envoyées de Nauplie et Hydrq* fnêrçié avec les députés de l'opposition qui .s'y. épient réunis tâchant d'entrer en , accommodement. On ne demapda que l'Oubli du passé, liberté des élections- et sécurité pour le lieu où l'assemblée devait se réunir; mais du cité opposé des sentimens d'une autre nature prévalurent. Le comte Augustin n'avait pas la réputation d'un' homme méchant. On lui reconnaissait un coeur bon et sensi* bie, mais point de capacité et de caractère,, Lancé à Fimpuoviste dtfns une carrière danger euse,.Uy apporta les prétentions de feu son frère,. sans avoir son expérience. -Bientôt, il dévoila ses passions,; sans savoir ni les: modérer ni les cacher, et, ne trouvant ni en luimême, ni hors de lui, les moyens de s'ouvrir une route nouvelle, 'il commença son gouvernement par déclarer qu'il4 suivrait la direction et même les traces de son frère, et il resta fidèle à sa parole. Aucun des. actes du dentier gouvernement ne fut adouci, aucjin de$ $fiso»niers.d!état ne fut mis en liberté,, et bientôt on s'aperçut que- l'ancien. système n'était pas ,m£me /plus accompagné de Qfifi ménagement pajr. lesqyel* la, prudence de soa aut$t*r avait m le tempérer. -Alors tout espoir
d'accommodement reposant sur des conceptions réciproques, s'évanouit et lorsque même le comte Augustin aurait voulu s'y prêter, le parti de feu son frère, qui l'avait porté au pouvoir, s'y serait opposé. Ce parti s'était plus étroitement rapproché après les violence* de Poros et les atrocités avec lesquelles on avait forcé les élections pour le congrès. Le meurtre, de, leur chef, les frappa un moment de stupeur, mais en hommes ha~ biles et . déterminés les chefs de la faction s'entendirent bientôt sur les mesures à prendre. Presque tous étaient des. hommes compromis. Les uns avaient des comptes à rendre, qui ne supportaient aucun examen, «Twtres avaient participé aux arrestations et aux persécution* d'hommes innocens, qui après la pacification devaient reparaître sur la scène. Presque tous . étaient des gens sans aveu et sans avenir, qui se croyaient » perdus si le .pouvoir leur échappait, pu du; nufia* fe'ibi étaient forcés de le partager avec leurs adveJrsaUes/ Pour eux il ne s'agissait pas seulement de garder jou de perdra les honneurs et les avantagea, de le.u* situation, mal* encore de se sauver ou de.se perdra çux -mêmes. Ua résolurent donc.de retenir par la -force, le pays qui bientôt menaçait à leur échapper, et 4'il le fallait, de pousser les affaires jusqu'à des nouveaux, bojrieversemens pour couvrir tout;, comptes, actes 4t*re«ponsah*i lité dû manteau sanglant «4e la guerre civile. La- son ciété du Phoenix subsistait dans i<>utfc m v%ueur. Pour elle et pour toute, sa légion disséminée par cohorte*, sur le continent et sur les îles, Ife comte . Augustin» quelqu'incapable et méprisable qu'il fut, s, était .l'étendard de ralliement; Us le placèrent, à leur tête et le portèrent dans la -, direction - que; lèuj intérêt, leurs passions et finalement leur désespoir les détermina à prendre.
L'étfprtt 4* ee parti se fit senti* par l'emportent**
It^êé l«|tfeï on ^rettédn dans le jugement de €«p»ge
Maur <yriiicliâtï , traduit devant un tribunal militante*
quoiqu'il appartenais à l'état ciril, par l'acbarnenient
Jkt'W ïéqtiéi oit pomstt k la éalonmie es à la vengeance.
Ce rieftit pas seulement l'opposition * mais encore deux
ëe* puissances» alliées qu'on tâeh& earelpjrper dans la
oeftipHtfité dé Tasfrassitiat da chef d'état, et 1* comte
Àugtetfri, qia* je? vis quelque* jours après cet événe-
tfeftl fatal, décria: „Qai, Monsiwmr,. c'est la France*
G'étV FAriglétéMê qui ont assassiné mon frère " Comme
je tarif ééolartris que je ne comprenais rien fr oe propos
éfotiIMMtj et que peut-être il voulait dire que «on frère
èftè/à péri! pftr sotte dé la réaction qu'on' supposa fo-
Itfetltéft0 pstf riéS dèttx puissances, il protesta contre cette
explication -40 circonstance, .. articula de ftouveau son
à-eettsàtion dan» les mêmes ternies, et osa mëirte rfl# pro*
pttftfe* de récrire à la «cetfr de> Bavière-. En lîiêuie timé
te ^itainé- R^*% passé 4» setviee russe au sartàce'dfc
PvéWidenfc i>- • pavcowrdi t le* rues «* forcené y . et . dans fe
«M-ps^ée^gUrdey fl><eri*it,'^il' brûlait de *»e Rassasier
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de la population de la capitale, que des scèneshsan*-
glatîtes aient été empêchée». Lé sénat composé», >tw.
grande partie, des iwembres tar plus dévoué» à I» fae«
ti*«, était daas fa même exaspération et frotte* bientôt
occasion de la prouver:
Une dépitssflidn composée île Mwiaîeitf Tiicernpw,,
4e Zairtiis et Mfaulift, arriva de Hydra, sous la eaftffe»
^«rde de l'alliance, pour traiter Ses lettre* ne forent?
pas adressées à la' commission 4u gouvernement^ *i*M au sénat qui l'avait îvistiftiée. Eh même éep» quelque^ réfugiés; de Hydra débarquèrent près de' $atapl$e croyant, que après la mer* du Président ils n'avaient phm> fcesoin d'en rester éleigrté. Cela gtffi* pour les jertetf daim fcs prisons et peur tëfiv&yetf a?étt' dédain les déM pâtés. On refusa même d'entendre leur* prepesitfons. Après la- séance dans laquelle- le sénat a* ait pris cette» *étf*|riitk*i *irô?ti<e, je ris Moiterieur Tartai - Mattghina^ rtembre de ce corps, homme de bteii et de aewtimétts' modérés. Profondement ému et prévoyait les* etfnsé-' quences* terrible» de telles n<esu*e*, il décria: ,/Poute la natfoft ne désire que rester en paix; c'est aVec' de%* barres- de te* que ces malheureux poussent le peuple* à ktf ré*ok# et les parti* au* désespoir. Ils' Veulent 'la guerre; et kl guerre arritée, ils n'atodtit les meyeM' de la tfettteràr? ite perdront la Cirée** et Sëtttft étf#inéme* pè?dn$."
En même) tenu* qù'ow inswlferit kl dépaeota* dë> Hydra, dite escadre passa 4ants FÀrtàéjrel ptfur fefrfci changer les électi»»* de* île», pendant que1 le»Hydriote&> meaaces d-étre anéantis par dm bfciîmensi tusses', i%fc* tarent Moqués è*m leur port.
Malgré testes les rédaflKKtioti*, dn itoista, pour que le congrès, se rirutfît à%<^, an* milieu de» force* armées du parti. On dr*e*a le» députés de Maiua à At*os, on refera 4e* passe wpçrfr Et è*a*tt*sy ou en les-
jeta en prison, quand ils avaient pénétré jusqu'à Nan~ plie on Argos. On empêcha les députés réunis à Hydra de débarquer aux Moulins, et pour faire reconnaître les élections les plus arbitraires et voiler les indignités qui y furent commises, on donna au sénat le droit d'élire une commission parmi les députés, laquelle aurait le droit de vérifier les pleins -pouvoirs de tous les autres; bien sûr qu'avec cette, mesure chaque député contraire* au parti, serait écarté
Mais telle fut la force et la détermination avec la-, quelle, l'opinion publique, dans les derniers tems du Président, avait lutté contre la violence des élections et résisté aux passions et aux projets sinistres du parti désespéré, que même dans le congrès mutilé et comprimé . d'une manière aussi inouïe , une puissante opposition commença à se développer, et qu'on rencontra des adversaires et même des ennemis là, où l'on avait cru trouver des alliés.
Cette opposition trouva un centre d'union et de force dans les capitaines. Rom élio tes choisis pour représenter les armes dans le congrès. Les Grivas, les Sftrvps, les Chrysiotis reparurent sur la scène, tous disposés à se rallier, contre le frère de celui qui les avait repoussés et relégués dans la classe des invalides. Outre cela ils avaient à faire valoir des réclamations déjà reconnues par les congrès d'Àstros et de Troezène, mais jamais admis par le pouvoir exécutif. Alors leurs amis politiques leur faisaient comprendre, que la nation seule, librement représentée, pourrait satisfaire à leurs demandes légitimes, et leur donner des garanties. VA la tête de ses confidens se trouva J. Coletti, Bomébote lui-même et depuis long -tems lié avec ces capitaines 4e sentimens et d'intérêts.
Comme membre du gouvernement provisoire placé
entre le comte Augustin et Colbcotrorii, il avait été contraint par sa position isolée de suivre la direction des deux autres; mais en homme, de grands moyens et connaissant bien les choses et les hommes, il prévit que bientôt le moment arriverait où il pouvait se séparer des collègues dont il blâmait les mesures funestes, et prendre une position indépendante ou il dominerait le mouvement politique de son- pays. C'est lui- qui réuni à Tatzi-Manghina, rallia les capitaines, et les réunit avec les députés résolus ou indécis des iles de la Homélie et de la Morée même, les primats surtout, qui relevèrent leur front, courbé sous la domination précédente.
De cette manière, toute l'opposition qu'avait soulevée le Président, reparut retrempée, plus compacte même et mieux organisée que jamais. Elle avait son centre dans le congrès et au milieu du camp ennemi, ses appuis dans les deux peuplades les plus déterminées de la Grèce, les Mainiates et les Hydriotes, et ses membres partout, puisqu'il était bien clair qu'elle exprimait et représentait les sentimens nationaux. Elle commença par protester contre la commission choisie par le sénat: aucun député indépendant du pouvoir, ne voulut lui soumettre ses mandats, et comme sur cette commission reposait tout le plan d'opération de leurs adversaires, la question qui la concernait, devint la question vitale. Le. parti Capodistria, quoique troublé et même confondu par l'apparition et l'accroissement subit du 'parti opposé, n'en fut cependant pas ébranlé. La Commission choisie par le sénat, continua à examiner et reconnaître les mandats des députés attachés au parti dominant; aucune irrégularité, aucune réclamation, aucune complication des élections, qui en quelques éparchies avaient été. faites jusqu'à trois reprises, n'arrêta
m son flèlb pi ma «éaelation» Elle voulait et «11* denraât arriver an complètement des deux tie*s du nombre (entier des députés, nécessaires pour oufrir leteongrès. Lorsqtfon eut «e nombre «le ^députés 4a pouroetr" {nkr^ ipÇot>9tQi woX xq&xqvç) comme le s appellait Th. Coleeo*- (troai dans «ne lettre écrite an préfet de Corkrtftie, ou ne s'occupa pins de la protestation des autres. Le con~ tgvès des ^plénipotentiaires du pouvoir9' commença. Le «comte Augustin tint le discours d'ouverture et déposa «en pouvoir au sein de ses fidèles. C'était ane scène (Convenue d'avance. Le lendemain il fut proposé et élu Président (nçoeêçoç) de la Grèce.
L'opposition après avoir épuisé tous les moyens de persuasion et de transaction pour amener ses adversaires à une conduite conciliatrice, avait exactement suivi leurs mouvement Les partisans du gouvernement «s'étaient péanis; les opposans formèrent aussi leur réu- -nien. À l'instar des autres ils désignent un Président; me fat Paaoutzo Noteras, vieillard vénérable de quatrevingt ane.
De même, ils s'entendent sur la composition d'un nouveau gouvernement, iswvrent leur. séance simultanéjnent avec leurs adversaires, et •comme eux publient une proclamation. De cette manière, l'assemblée d'Àrgos était m? le point d'avorter du monstre d'un double gouvernement et d'un double congrès d'hommes exaspérés, les uns contre les autres au milieu de forces armées, divisées comme eux-mêmes de sentimens et d'intérêts.
Au lieu du congrès, il y eut la garde du comte Augustin et un corps considérable sous les ordres de Zavellas, nommé capitaine de garde de rassemblée. Outre ces deux corps, la cavalerie de Calergis était ca- «ernée d>ins la ville. L'artillerie et le corps de l'infanterie régulière étaient tout près à Nauptie. De plus,
les cbefe influas 4a parti tels que Çeje^ottoni, le général Rangos et A. Me taxas, avaient «aussi d£ nombreuse* gardas privées De l'autre côté, les .capitaines Roi&é* Mates «éprenant leur ancienne coutpme , n'étalent pas ymw sans de Aojnhreuse* suites militaires., et Th. Qrir yaa avait même pris à «on service une poix^ntaine d'Albanais Turcs, venus de Candie pour retourner dan? Jeu* pays à de panière qu'Argus fut encombré 4e -mjlilaices pr£tp à se .battre pour l'intérêt ou la sûreté de? chef? auxquels ils s'étaient déjà attachés, ou #ur le point de s'attacher encore. Jusqu'à l'ouverture du,çpn~ grès pair le conite Augustin., le .plus grand nombre. 4a ces hommes était resté indécis sur le .parti jà prendre, mais' les démarches téméraires «de cet homme étonrdi commencèrent à embarrasser ses propres défenseurs, et les exhortations de leurs anciens chefs finirent par les ébranler. Le soldat grec, quoiqu'endurci par le métier des armes, reste toujours citoyen et dévoué à sa patrie» il a même des opinions arrêtées sur l'établissement des lois, puisque les Turques eux-mêmes commencent A comprendre que c'est contre le pouvoir des hommes violens et pour l'avantage de tout le monde qu'elles doivent être ;mises en vigueur. S'apercevant de la scission qui venait d'éclater, les troupes s'einpresssnt de s'informer quels sont les desseins de l'opposition. Oa Jenr dit., qu'elle veut (rMablir .l'indépendance, les lois M la justice bannie tSOUjS Le gouvernement pafëé et faire reconnaître par une assemblée libre les 4roits et le$ réclamations que leurs .chefs élevaient pour eux -marnes -et pojur tons ceux qui avaient porté les armes. Qn -an appelle à leur patriotisme et à leur dévouement à tla, casse de la patrie,, et cet appel est compris à l'instant. Le iftêwe ,jooir op le comte Augustin déposa .Je -pouvoir, tas défections comWWieiFflnt. J<e le^dej^W
elles augmentèrent d'une manière alarmante. Des compagnies entières, même de sa garde; passèrent dans les rangs opposés, et son parti se voit perdu, s'il hésite encore sur le seul moyen qui pouvait le sauver. On teint conseil de guerre. Les généraux Colocotroni, Zavellas et Rangos, le comte A. Me taxa, F. Rhodios, ministre 4® lu guerre, sont présens. Colocotroni déclare que tel est l'esprit des. soldats et l'emportement dont ils sont animés, qu'en deux jours on n'en aura plus aucun et qu'on sera livré à la discrétion des ennemis. „I1 n'y a, continua -t- il, qu'un seul moyen de salut, c'est d'attaquer, de compromettre par cette démarche inattendue, le reste de nos troupes avec les autres, et d'en finir à jamais avec l'opposition par la force." — Cet avis, suggéré, dit -on, par le comte A. Metaxa et secondé même par un grand protecteur étranger du parti, dont le nom et le conseil fut consigné dans une lettre interceptée, fut adopté par le conseil. Le même jour, les troupes régulières et le bataillon d'artillerie se mirent en route pour s'y établir. Le lendemain, l'opposition fut attaquée dans les rues et 'dans les maisons.
Elle ne s'y était pas attendu. Jamais ni Coletti ni aucun de ses amis n'avaient cru, que sous les yeux mêmes de l'alliance et en présence de Monsieur Stratford Canning, leurs adversaires oseraient venir à une extrémité, telle que d'attaquer les mandataires du peuple avec des canons, et commettre un attentat inoui dans les annales de l'histoire. C'est pourquoi on n'avait point de plan arrêté de défense, on manquait même de munitions et de fusils, et on dut ménager les coupes jusqu'à ce qu'on eut intercepté des cartouches destinées à l'ennemi. Cependant les troupes Roméliotes s'étaient accrues jusqu'à 1200 hommes. Sol-
data et capitaines, tous étaient des hommes aguerris, en grande partie des héros de Misolonghi.
Sans peur et sans hésitation sur les mesures a prendre, ils surent bientôt se concentrer dans un quar* tier de ltf' ville, et combiner leur plans de résistance. Chaque maison fut défendue comme un fort, et le soir arriva, sans qu'on eut ébranlé leur courage. Le second jour, des pluies et des orages contribuèrent à tempérer la chaleur des assaillans: on le passa en pourparlers; mais le troisième, la faction du comte Augustin était mieux préparée. À midi, les attaques recommencent, secondés par le canon; plusieurs maisons sont enlevées d'assaut par des troupes régulières , et quelques braves que furent les Roméliotes, ni eux ni les députés qu'ils défendaient, ne seraient échappés à l'extermination, si l'intercession des résidens de trois puissances et de Monsieur Stratford Canning n'avait pas fait fléchir les ennemis acharnés à leur perte. On leur accorda dono le libre passage à Corinthe. De là, les députés s'établirent à Perachora, village situé dans les montagnes de l'autre coté de Pisthme, derrière les défilés de la Mégaride. Les chefs militaires se portèrent à Mégare ^pour y déloger les troupes du comte Augustin et s'y ouvrir une communication avec la Grèce orientale. En même tems, des détachemens furent envoyés vers Lepante et Misolonghi pour entraîner la Grèce occidentale dans la même cause, qui bientôt est proclamée cause nationale de l'indépendance et de la constitution. Déjà à Argos l'opposition avait choisi un gouvernement de trois membres, Coletti, Zaimi et Contourioti, et comme les deux derniers étaient absens d'Hydra, Coletti seul prit la direction des affaires.
Le parti désespéré avait manqué son coup. Les adversaires lui étaient échappés, et bientôt ils se sont
répandu m maître» dans les «éparcbies de la Grèce orientale et occidentale. On a biea réussi m amener la guerre civile, elle ravage ides provinces qui À peine eommencèneat m sortir de leur raine; mais j(M s$ sentit frappé ah coeur, <et F opinion publiq me s'éloigna à jamais d'un howasme qui n'avait pu ^maintenu: l'autorité de son berce, ftans rorafMre avec le canon Je congrès national. Pendant qu'on se bat à Atégare, à làvadie, à Sa- Ion©-, ii Delphi et sous les mars de lapante, le» dé* pâtés «du pouvoir, rentrés à iNajuplie, ouvrent leurs séances et passent «ne suite de .décrets jttur atteindre leurs adversaires, décerner des statures colossales à feu Jean Capodistria, le Président, et des églises à S.. Jean l'E vangéliste ; frapper d'ignominie les descendons de ses assassins, qui ne sont pas encore nés; faire légaliser les comptes du dernier gouvernement et reconnaître les réclamations de la famille Capodistria , pour couvrir le vide du trésor par du papier«monnaie, -et lui donner un ooofs forcé; pour faire une. constitution, et conférer par «lie au comte Augustin un pouvoir presque absolu. Mais âme «tous ces décrets, les affaires n'en marchèrent pas mieux. Pendant qu'on lançait des anathèmes contre les Roméliotes., on vendait des canins au bazar de Aïaupifc, et lorsque les ennemis s'emparaient d'une ▼ille après l'autre, on mukipliait les membres de la police secrète, «t on multiplia même ces polices au |K»iat qu'il y en avait quatre à Syra, lesquelles jiniren* «par s'accuser près de leur chef ;à NaupUe et se détruire l'une l'autae; mais, pour pousser Je dévergondage jusqu'à son comble, et dans un tems qù on manquait de pain ipour nourrir la garnison, on paya au petit nombre des députés qu'on était parvenu ià retenir à leur poste, /la «amme de 40,000 éous, .afin qu'ils passassent les derniers ^décrets sur la nouvelle dignité .du chef de l'état
et sur retendue de son pouvoir. Les quittances des gemmes., que ces dignes représentais ont touchées, «ont encore au trésor, signées de leur propre main.
À mesure que le comte Augustin, non xehmté par le mauvais succès de l'attentat d'Argus, s'avançait dans cette direction, il se tvit abandonné peu à peu par des amis, <qni jusqu'alors avaient affironté l'indignation pu* Miijae pour lui rester attachés. La désertion com» meaça parmi les députés. Qn tâcha de les retenir mémo par la force. Le député jcTAndros, déjà embarqué, fut arrêté et ramené par la police. En Tain protesta- t-i!f «'appuyant sur son caractère d'inviolabilité. On lui déclare qu'il n'est pas blessé comme député 9 jnais x&tenu comme an jndividu gui avait voalu s'éle*giner sans permission <de la police. D'autres mandataires restèrent caehés chez leurs amis, pour ne pas être forcés de prendre par* à. des séanees , dont les travaux étalant tfaranoe marqués du sceau de la réprobation public**. Le sénat loi «-même oommença à fléchir puisqu'on commença à le soupçonner; on fitt jusqu'à attaquer la Jfomiïle de son Président , le vieux TJi. Toamades, le seul primat Hydriote qui fat resté attaché au parti des Gapodistria. C'est à son fils, jeune homme estimable contre lequel «on s'acharna. Comme gouverneur de Sym, il s'était refusé d'*e*trér dans les projets de persécution du gouvernement. Il fint donc accntsé :par la police secrète, de conspirer avec la puissante famille Contoariotâ d'Hydra. On écrivit an comté Augustin , qu'il était sur le point de se marier avec la fille de George Contourk&i et de livrer à son beau -père Pile importante dont l'administration kià était «confiée, et celui-ci sans s'inquiéter ni <de la «ouroe ni de la nature de la calomnie, fit appeler le père pour se plaindre de la parlie de «on fils. Bien tôt tant la monde s'aperçut qu'il
n'y avait pins rien dé solide dans ce parti, jadis ai redoutable, et que la catastrophe menaçante de l'autre coté de l'isthme une fois arrivée, la débâcle deviendrait générale.
Aussi long-tems qu'on avait cru possible de maintenir le comte Augustin au pouvoir, le parti groupé autour de lui resta* fidèle à ses vues et a ses desseins primitifs. Lorsque pendant mon voyage dans les îles, je me trouvai à N dans une famille des plus attachées à la maison Capodistria, un de ses membres, qui fut bientôt après nommé à une préfecture par le comte Augustin, me prenant pour un des adhérens de son parti, termina une conversation sur les affaires publiques de la Grèce, en me disant: „Eh bien, Monsieur, vous ne vous laissez pas tromper par les apparences et les protestations. Vous voyez au fond des choses, et vous savez, qu'aucun étranger ne gouvernera la Grèce, si nous pouvons parvenir à consolider le pouvoir de la maison Capodistria." Voilà le dernier mot du parti resté dans toute sa force, même après la catastrophe du comte Jean et après l'incapacité reconnue de son frère.
Mais, pendant que dans les provinces on y tenait encore , on en était revenu , au moins en partie , dans le centre des affaires. On savait que la conférence de Londres s'occupait plus que jamais de trouver au comte Augustin un successeur dans une des maisons souveraines de l'Europe, et on reconnut comme impossible de maintenir, contre le choix des trois puissances, un chef incapable et chargé de tout l'odieux de la famille et de sa faction; c'est alors que le comte A. Metaxa, qui avait proposé et fait passer à Argos la nomination du comte Augustin à la présidence, se retira du congrès, suivi de ses amis, et que même le vieux Coloco-
tioni lai tourna le dos, en proposant à l'assamblée de Nauplie nne adresse à la conférence de Londres, dans laquelle on la priait d'accélérer son choix et de combler le voeu de la Grèce en lui donnant an souverain. A cette époque on se flatta d'avoir pour souverain S. A. R. le prince Frédéric des Pays-Bas, et l'espoir de le voir arriver avec une partie des trésors qu'on supposa à son père, fit tourner les têtes à bien des personnes jusqu'alors attachées à la famille Corfiote. Le comte Augustin en fut confondu, il commença déjà à parler philosophie, et vanta les agrémens d'une vie retirée des affaires ; mais il ne désespéra pas encore puisque du parti de son frère il y avait toujours une poignée d'hommes qui lui restaient entièrement dévoués. L'administration, la flotte, les forces militaires à Eleusis, à Salone, et en plusieurs endroits de la Grèce occidentale , le corps tactique et les garnisons de la capitale lui obéirent encore et, pour retremper l'esprit de son parti, les résidens des trois puissances reconnurent son autorité. 11 est vrai, que cette démarche ne fit pas fléchir les opposans, et que des protestations arrivèrent de toutes parts,, mais au moins l'alliance paraissait engagée dans cette mauvaise affaire, et le gouvernement en décadence en sut profiter autant que possible.
Immédiatement après, la nouvelle se répandit que S. A. R. le prince Othon, second fils de S. M. le roi de Bavière, avait été élu souverain de la Grèce. J'appris cette nouvelle à Syra, de retour de mon voyage sur les cotes de l'Asie mineure, et je fus témoin de ïeffçt qu'elle produisit. L'île était agitée par les menées de ce méprisable gouvernement. Des scènes d'horreur avaient eu lieu entre la garde Hydriote du préfet et les marins des bâtimens de Canaris, débarqués pour
déluge? léftrs adversaires, A chaque testant ces àcèuea polluaient se renouveler. Le ctimterue fut paralysé par la crainte du pillage, et la consternation était pewte sur tous les visages. Dans c%* momens sinistré, oto arpprit que la Grèce avait uri souverain.
C'était un dimanche, et l'aspect de la ville changea à l'instant. On se félicite, on s'embrasse, on pleura dé joie. Lé lendemain, les Magasins fermé» depuis Çainze jours s'ouvrirent de nouveau. Le numéraire reparut comme- par enchantement sur la place, et Û w fit plus d'affaires en une seule matinée qu'auparavant i&M tftt fltoitf. Mate bien différente furti PhirpresaJoir qtte la nouvelle produisis sur presque te*s les hommes do pafrti du gouvernement. Les un* furent tristes et gileneiéto&y d'autres s'irritèrent ou se mirent en colère. L'espoir et la- confiance des tins 9e fondait sot l'attaenetnent qtfe chaque Grec* sente pour S. M. le reê de* Bavière, «f 1» oenvictiotf qu'un rejeton de sa maison? royale *é voudrait régner en Grèce que d'après «fi système» Stfge et des lois analogues aux besoins du pay*. I/éftfptfrteftiiënt et la consternation; des autres s'expliquait fttt la certitude que leur règne, fondé Sur la force, 1» frfeutie et la corruption* et? dégétferé en violence et for- „ &H* , allai* fin** H que j s'il tfy avait pour emx - même* autre moyen de salut, ils étaient perdus.
J'éfttitf tfur 1er point d* retourner eu Bavière1; mais Un événement venait sto&e&mpliy que j'avais désiré depuis trois aA& En même tè*m on anatoçet, que les- Roméliofes persistèrent dans leur dessein de porter lai gwerre €*vile dans le» Péiéponèse. Il n'y avait endrètee personne 4e> la Bavière , et je résolu* de rester. Depuis vingt ans /était* en- liolsoM avec les fireé*, deptrte le eéttimeneeftie*it de leur révolution j'avais ewbrasgé' lut» c««# et j'étais e* liaison* amfcttles ave* de» boatme»
remarquables 41e? toi» le» partis. Déjà une fois l'oppo* ftitioa réunie à Hydra, avait cherché ma médiation entre e41e et le» gouvernement : je pouvais donc espérer d'être «tire et de contribuer à tenir les- partis ei» repos jusqu'à Farrivée de la régence qb'on attendait immédiate-» ment après que l'élection du prince fat connue. Je »9embavqnaris doue pour Mauprlie. Les affaires y appreehaient à une: carise et cette, crise pouvait perdre la Grèce. Les> Roméliote* s'étaient emparés de Salona ef de* Lepawte; Misolônghi étail cerné par leoss corps! Dans 1» Grèce et ientalej ils avaient refoulé les tréupes éé gowemèmenft à. Eleusis, et ils commençaient à réu- «ir leurs forée» su* l'isthme, À ehaqwe instant on aA» tenàa leurirruptèon^ es la population effirayée pas leurs menaces gagnait les montagnes.
De l'autre esté du Péléponèse? les Màiniates avaient concentré leuvs farees et étaient prêts à fondre sur U Lasmiei Pour vehger leur princes, les MàurariiichaKsj qui malgré* Y amnistie du centre Augustin, Idngrà&aîèà* earcetre dads les prisons d'état, ils arareAt jwré de faire main basse dur tous les adhéreras des C«podi»> tria, et mettant tout à fefc et à sang, cfa pénétres jus* qu'à Arges four y donner lai mai» àœx Reiséiïotes , qui devaient attaquer l'isthme et tratersev à Vostàas» et à Patrxsi L'isthme étaii gardé par des corps des pérysanst armés, par la cavalerie de Càlergis et un bataillon ré* gulser^ arrivé d'Eleusis. Les autres tranpetf du comte Augustin étaient éparpillées àMégars, àMisolongbi» à Vostiszà et en Laconie; la garnison de Nauplie y devait rester pour garder la forteresse* L'irritation des chefs de ce parti n'était pas moindre que dans les rangs opposés i et au milieu du- choe de tant de forcer et dé frugis—j 1» Grèce entière pouvait tomber en ruine, C'est vraiy qu'il y avait m Naùplie lès* résidens ées trois
puissances qui tâchaient de conjurer la tempête, et en cas des besoins leurs efforts pouvaient être secondés par les forces de trois amiraux; cependant par la reconnaissance précoce d'un gouvernement de fraude et de violence, les diplamats avaient rompu avec l'opposition et paralysé leurs propres démarches.
Ils commençaient bien à montrer un intérêt tardif au parti établi à Perachora; mais on ne demandait plus leurs avis, on était sourd à leurs remontrances, et les affaires échappées à leur direction, se précipitaient vers la catastrophe qu'ils avaient voulu épargner au pays.
Ce fut dans ces jours décisifs d'une crise terrible, que j'entrais dans les affaires. Je le fis sans mission, mais appelé de toutes parts; sans armes et soutien, mais guidé par la bonne foi, avec laquelle depuis ma jeunesse je m'étais dévoué aux intérêts de la Grèce. Il s'agissait de sauver le Péléponèse d'une double invasion formidable. J'ai réussi avec l'une, l'autre avait déjà débordé. Il fallait donc lui donner un écoulement paisible. J'y ai réussi également. La catastrophe s'est faite sans secousse, et aucun acte de vengeance ou de réaction n'a été commis par les vainqueurs.
Je n'entreprendrai point d'écrire ici l'histoire de ces journées mémorables pendant lesquelles la famille Capodistria fut renvoyée de la Grèce, et la .guerre civile finie sous les murs de Nauplie; je me bornerai à y inférer les notices et les aperçus nécessaires pour faire comprendre la situation du pays et des partis.
Après avoir parlé avec des hommes qui d'un oeil attentif avaient suivi le mouvement des partis , et après m'être informé de leurs opinions et leurs avis, je résolus de contenir l'expédition des Mainiates par les Mauromichalis mêmes, qu'on tenait encore dans les prisons, et de proposer l'occupation de l'isthme par les troupes de
l'alliance pour en empêcher celles des Roméliotes- Dans le même but A. Zaimi, qui s'était séparé de ses amis de Hydra pour s'accommoder avec le comte Augustin, devait partir pour Vostizza et s'entendre avec ses anciens amis du côté opposé, pendant que j'écrirais à Hydra pour engager les chefs y réunis d'appuyer mes démarches et que je me rendrais en personne à Perachora pour y connaître les sentimens et les forces du parti national et renforcer s'il était possible par mes explications et protestations les mesures que les diplomates et les amiraux de l'alliance devaient prendre.
Je réclamais donc du comte Augustin la mise en liberté des Mauromichalis , non seulement comme un acte de politique, mais aussi comme un acte d'humanité et de réparation d'une injustice signalée. Elle me fit accorde sans la moindre hésitation de sa part, malgré quelques réclamations de Monsieur Moustoxidy, qui me fit observer que ces prisonniers n'avaient pas encore invoqué la miséricorde du gouvernement (to ileoç t7]ç xvfieçvrjOEcoç), et le même jour j'eus le bonheur d'ouvrir la prison de ces deux malheureux vieillards. Emus par cette délivrance inattendue, ils se mirent euxmêmes j leur famille et leurs amis entièrement à ma * disposition et aux ordres de leur souverain au nom duquel je jugais convenable de leur annoncer la liberté. Je les engageai de partir immédiatement pour leur pays et d'y employer toute leur autorité et leur influence pour empêcher l'expédition projetée par leur compatriotes, puisque le sort de la Grèce étant décidé, tous devaient contribuer à épargner au pays de nouveaux malheurs. Us comprirent, qu'en se conformant à ces conseils, ils agiraient également dans l'intérêt du souverain, du pays et de leur famille. Ils promirent tout, et ils ont tenu parole, grâce aux soins que, sjir mon invitation, Mon- I. 6
sieur rari&al Rîccotd mit à pourvoir à leur» besoin» et à aceélértir leur départ; ils arrivèrent deux jours aVant le terme fixé, ptmr le départ de l'expédition, et l'expédition n'eut pas. lieu. —
Le même jour je proposai au conseil de MM. les amiraux et résidens des trois puissances, auquel j'asistai à bord de l'amiral anglais , la mesure dont je viens de parler * de faire occuper l'isthme par les troupes de r alliance. Pour faciliter et accélérer leur décision, j'avais conseillé au comte Augustin de leur adresser la même demande au nom du gouvernement, et il avait suivi cet avis. Comme il était à craindre, que les bataillons français en garnison dans, les forteresses dé. Messénie, a' arrivassent pas à tems, dans cet endroit, il me parut nécessaire d'y envoyer, provisoirement, des détachemens de marins, tirés des bâtimens des trois puissances, et d'expédier en Blême tems trois vaisseaux 4e guerre à Calamaki pour dominer la route qui, par la mer y conduit de Mégare sur l'isthme, et puisqu'il était à prévoir que les Roméliotes avanceraient dans cette direction. Cet avis fut franchement secondé par Monsieur l'amiral Ricçord qui , était prêt à faire opérer le débarquement le jour même.
Déjà dès le lendemain les troupes auraient pu être rendues au lieu de leur destination. Monsieur Hodham | amiral anglais , dabord contraire à une mesure qui paraissait dépasser ses instructions, commença cependant à céder à mes instances, et à reconnaître qu'il pourrait engager sa responsabilité dans une démarche, qui devait préserver le Péloponè&e d'une dévastation générale. Restait encore Monsieur Uugon, amiral français, qui avec une connaissance taxe de la situation et de ses difficultés, s'opposa à la mesure projetée , et faisant entrer l'amiral anglais dans ses vues,
nous préserva d'une démarche, qui; sans empêcher la catastrophe, en aurait augmenté les malheurs et aurait eompromis les armés de l'alliance dans une cause, qui ne fut jamais celle de la pacification de la Grèce, main bien celle d'une famille qui y mettait te seul obstacle.
On résolut cependant de faire avancer des troupes françaises pour prendre position sur l'isthme, quoiqu'il fut plus que probable, qu'elles arriveraient trop tard, et d'envoyer une nouvelle communication aux chefs Rome' liâtes, pottt leur dire que tout mouvement sur l'isthme serait regardé comme un acte hostile contre l'alliance et le prince souverain de la Grèce. On résolut biend' envoyer les trois bâtimens à Calamaki* mais seulement pour y porter la dépêche qui contenait cette sommation, et je partis ce même soir pour me rendre directement à Pôrachora*.
Au milieu des occupations de mon court séjour à Nauplie, j'era* encore occasion de connaître l'impression que le choix du souverain de la Grèce y avait produite. Je retrouvai parmi les habitans de toutes les classes les mêmes sentimens de satisfaction et de confiance comme à Syra, et le même emportement dans le parti qui restait encore dévoué à la maison Capodistria. . Je n'ose répéter les propos que même des ministres du comte Augustin se permirent sur la personne du prince et sur sa jeunesse.
Les uns étaient occupés à recommencer avec le prince Othon le même jeu qui leur avait réussi avec le prince Leopold. Ceux* là étaient tellement con^ vaincus du succès, que même sur les bâtimens de la station amie du parti, on déclara ouvertement, que ni le prince ni sa régence n'arriveraient jamais en Grèce, et qu'il n'y avait qu'une seule manière de conserver
eet état, c'est à dire qu'il fallait continuer son gouvernement actuel. D'autres, moins confians et moins hardis, prévirent que le gouvernement du prince deviendrait inévitable, et tâchèrent de se l'approprier. Le prince Othon, disaient-ils, n'ayant que dix-sept ans, on mettra dans la constitution, que pour être majeur le souverain de la Grèce devra avoir vingt -cinq ans. accomplis. Yoilà huit ans de minorité dont nous saurons profiter. On leur répondit: „Cela ne servira pas encore votre cause, puisqu'un conseil précédera le souverain et ce n'est pas vous, mais un régent qui gouvernera en son nom." — „C'est bien nous, puisque le. régent sera le comte Augustin." — „Comment? Est-ce à vous, à décider cette question? Le roi de Bavière n'est- il pas le tuteur naturel de son fils, n'est-ce pas lui qui nommera à ce poste important ?" — ^N'importe! C'est bien à lui, * et ce droit naturel lui est même reconnu par la conférence de Londres." — „Eh bien!" r— „Nous dirigerons l'attention de S. Majesté sur notre chef, et nous ferons comprendre au roi , que le Président actuel de la Grèce, .reconnu par l'alliance, environné de la confiance publique, et défendu par les seules véritables forces militaires du pays, est „le seul homme possible" pour gouverner la Grèce au nom du fils du. roi de Bavière. Pour donner du poids à nos observations, nous ferons concourir leA peuple. On enverra des formules d'adresses , rédigées dans ce sens, dans toutes les éparchies qui ne sont pas occupées par les rebelles. Le peuple sera partout convoqué par nos commissaires extraordinaires, par nos préfets, par nos chefs de police, et. là où le. nombre et L'énergie des malveillans pourrait porter préjudice à. notre affaire, on fera colporter les adresses dans les maisons de nos partisans et chez les hommes craintifs. Nous avons
encore des moyens assez puissans de persuasion, et tontes les personnes qui ne voudront pas rompre avec nous, approuveront et signeront les éloges que nous prodiguerons à notre chef, ainsi que l'exposé des motifs par lesquels il faut lui laisser le pouvoir encore huit ans, en lui confiant la tutelle de notre souverain futur. L'opinion bien dirigée se prononcera généralement et énergiquement, comme elle l'a dey à fait en d'autres occasions. D'ailleurs quel souverain éloigné du sol miné et volcanique de la Grèce, pourrait résister à la crainte des explosions, auxquelles il serait exposé en voulant braver ou comprimer cette force à la fois physique et morale du peuple? Nous ferons plus. Enéojre si S. M. le roi de Bavière n'était pas très- disposée à se rendre à cet arrangement, nous avons en mains les moyens de le rendre inévitable*" — ; „Ces moyens, vomi ne les avez pas* et même, si vous les aviez, vous n oseriez pas en faire usage.", — *, Sang doute , que nous les avons. Notre Président sera investi par le congrès, d'un pouvoir monarchique presqup absolu. Rien- ne pourra se. passer ou se décider sans lui et sans le cousentiment d'un conseil, .qui sera composé de nos amis les plus zélés. Il <sera chargé et même astreint par le congrès, à garder ce pouvoir jusqu'à l'arrivée ~, non pas du régent puisque hous n'en voulons pas, mais jusqu'à l'arrivée du prince, même.' V— „Je crois bien* que tel sera votre* dessein. Mais, l'assemblée ne 4|y soumettra pas. Sûrement la majorité est dévouée. à votre chef; mais elle ne. l'est, pas sô us condition quelquonque. "Elle fera tout pour le co»i te Augustin, mais elle ne fera rien contre le prince. Peut -2 on s'imaginer qu'elle lui voudra ctéer des obstacles en gênant ou. éri forçant les résolutions' de son Auguste pète." — „Cela nous coûtera peu d'efforts,. Nous avons à faifd javeç
des hommes «fmples, qui ^e distinguent pas bien. On leur dira; C'est là mime chose, si on décrète, que le comte gardepa le pouvoir jusqu'à l'arrivée 4? prince, ou bien jusque l'arrivée de spn régent, et qae toute la différence n'est que dans les mots. — Ils nous croiront et passeront le décret. Ce point obtenu, nous ayons tout. Le roi de Bavière ne voudra et ne pourra pas envoyer son fils dans la Grèce, agitée eneope par les partis- et déchirée par la guerre civile. Pour le recevoir et loi donner quelque pea de garantie et de séour rite, H faut avant tout, que le pays 90k pacifié; et par qui! Par le régent? Le Président ne pourra pas arbitrairement déposer son autorité entre ses maips, sans annuller le décret de rassemblée. Ce sera donc le chef actuel de l'état qut établira la tranquillité de la <9rrèee, et le roi de Bavière ne pourra plus se «e* Daser dé lai fournir des fonds. Quelque? millions suf* feront pou* nous arranger avec ces gueux de floméliotes qui n'ont ni pain nt souliers, pour payer nos propres ttoupes, les marins, les- employés et les défenseurs se» ctfets de notre cause. Pendant que la paix se rétar Mira et que le pouvoir *a -comté Augustin s'affermira, la machine des adresses sera 'tenue en mouvement; même les > orphelins, réunief à Egine, quelque affectas qu'ils Soient rdaqs «ette institution glorieuse par la faim, par ropbthalmie, la grêle et la corruption, feront leur supplique pour prier l'alliance et le roi-, qu*on ne leur arrache pas leur père et leur bienfaiteur. — Et pourriez* vOUfi croire, que le roi de Bavière au. lieu de se rendre an voeu général de la nation et de placer t*au* qultllement «on fils au milieu d'un ordre de choses établies sous la f sauve- garde des hommes d'expétfieaee, qui l'ont créé, voudra déranger le gouvernement, pour hasarde» les chances àNine nouvelle création* et les dan-
«ers qa'*n » Or èoe encourra tout étranger qui se* vàikxA géra du maniement de ses affaire, eanirm Warta'r 1» langa» et s*ks en connaître les hommes: eft knr beioins. Nous jferons valoir^ toutes ces taisons , et s'il ïd. fanty dateront puissamment appuyées par no» alliés* ;o£» attendant le Président «formera le congrès, eto'jdenss ;m» disewrrs: 4e clâtur* il fera preuve d'an gragxK dénoua nent à la o&nsë ùte #*n souverain fatarj" - «» - . >."> ;i:«
^Seyea sor* que l*- prince noua appartiendra net M Grèce avec loi; lissera -l'élève de taqkve syfetèue^il'ap* pui de notre autorité* et ^+- soit dit entre taons -'v. l'est» gane de notre- pouvoir. Et qneâ espace de* te^s- qu» les hait ans de sa minorité, pour nous consolide*! : ef çuels moyens- d'agir que les soixante, millions d'emn prant! Neqs en ferons bon usage, eé ?pçès:huft èmjmkëtk, d'ouvragé on Terra qui existera enooro en Gréée et potip qui nous aufoiis^ travaillée î!:d::
Voila le ptardè Ia>ï&ctioà dans :1a dernière» phase) to son gouvernement. Tpsiydànt inon court séjovr Ai N*m+plie, je n'en aperçinr que quelques traces. Fendant mon. voyage»: et . mon séjoqrjà! Pebadiora/ ém "djoenmens et des1 ren&signqmens impartait* ra'«n dévoilèrent des» parties plus eonsidéraWetSv' Dé tetpacà Nauf*e^>les des* seins de la faction avaient déjà excité l!atteiMioh 'des iiplftmat««,:,et Isa, deniers ressorts dé b**î projets se trouvèrent 'fgfré&B 4«nsiile9)4caoàactiona iet les décrète1 par lesfnelft L'asaemblé© Sdè.-Naiiplie avait- terminer < sa cvrière legislftfiiRéj' Qh peut ?juger par là, de ht per*> ^téremee té 4e la tônsfcUt delcos, hommes déterminé». Déjà prête savoir écrouler sort pouvoir, la faction menaça encore la Grèce dn dessekt de retremper *A de la* *»pe*er:à. janwri* ua aydtàme d'arbitraire, de, fraude et <to corruption^ *i>iia< lequai. tout avenir de- justice^ de P^pèritè et de grândeyar ddvenait mpoasIMe >e* dent
raffermissement aurait mis en danger -l'existence même dé lîadolescent royal; qu'on devait lui confier. i .> .*. J'avais' quitté :Nan plie la iroit dn jour même,; de mon, débarquement .Arrivé à Argosvers minait, j'eus encore* une conférence avec le; prince D. Ypsilantiy oui était averti d'avance dé mon arrivée. De cet homme, regardé: à .juste titre comme le plus intègre et comme un des mieux instruits et des mieux 'intentionnés de la Grèce,, *je! reçus des communications sur l'état des choses cqmihç'jffttr les moyens et sûr les vues dés Roméliotes, què'ïne laissèrent douter de la réussite de mon voyage, si.'je> ne .pouvais pas leur annoncer que le comte Augustin allait se retirer des affaires. , Le lendemain j'arrivai à Corinthe. J/y . fus instruit par le préfet et le général Nichas, qui y t commandait en chef, que de l'autre coté les: monvemensî sur. l'isthme avaient déjà commencé, que Chrysiotis était entré en Xi vadie, que le corps de C. Botzaris avaifcijuifté Lépante pour se porter dans-la mêine ^direction, et qu'en çmrtre ou six jours tontes lés forces de, l'ennemi pourraient être réunies devant. les tfeteaacfyeraens ;des troupes du gouvernement. J'en avertis MM. les résidens dans une: ^première i lettre, écrite «le Corinthe > et le lendemain, 2^ Mars^: j'arrivai à PerUchbra.
Je trouvai lès campagnes qui entourent ce village dans Une profonde sécurité et TOspleadissantes d'an printemps hellénique. Le village **éme était encombré de soldats, de capitaines, de députés et de gens aeconris de toutes les parties de la Grèce pour se tféuair à cette- cause; mais la plus stricte discipliné' y était maintenue sans le moindre effort;
Monsieur Coletti était établi dans une maison de paysan un peu plus considérable que les autres, et me reçut au milieu de ses soldats , qui se pressaient- dans
sa, chambre pour me noir et pour nous entendre. Apures une conversation générale j il» les invita à s'éloigner, ce qu'ils firent aussi tranquillement . qu'ils nous avaient écouté. Je lai parlai de l'objet de mon voyage; des dangers auxquels il s'exposerait lui-même, son parti et le Péloponèse , s'il persistait dans le dessein de vouloir s'y f établir, et des avantages que sa position lui offrirait s'il y restait tranquille jusqu'à l'arrivée proehaine du régent.
11 me répondit, que quelques fussent ses opinions particulières, il ne .pouvait pas suivre les conseils que je lui adressais; que- toutes les ressources du pays, qu'il occupait,' étaient épures; qu'il ne pouvait plus y rester sans voir s'ébranler là discipline, que jusqu'à présent il avait réussi à. maintenir. „Outae cela, dit -il, Unie serait impossible de mettre d'accord avec -nous les capitaines y si je voulais' leur: proposer de suivre votre invitation et de laisser leurs ennemis dans la possession du pouvoir à Nauplie. Même si les capitaines se rangeaient de notre coté, aucun de leurs soldats n'écouterait leur voix." ->
„I1 n'y a qu'une uealéspensée, qui les anime et qui les fait supporter toutes les privations auxquelles vous, nous trouvez condamnés, c'est de retourner à Àrgos pour y prendre leur revanche contre les homme» qui y ont voulu les assommer. En. même tems il y a parmi eux un enthousiasme plus fort et plus pur que tout ce <J«e j'ai vu dans les plus beaux tems de notre révolution. Tous ont juré de rétablir le congrès d'Argos, et d'y faire fixer les droits et les destins de la nation. Ils rouent à l'anathème quiconque pendant l'expédition compromettrait, par des désordres, la pureté et la sainteté de la cause- nationale qu'ils ont embrassée. Vouloir leur proposer de se désister de toutes leurs idées et de
laisser tranquille *«n otinjeittî qu'ils détufteiit, : serait donner lé signal d- tine dissolution -gêné raie, et les hommes qnsunotts' maintenons en ordre <psi le» espéiances efeen) entretenant parai «ex de» senâmëns qlevésy se psécipite^aient çn brigands sur le Péloponès» et en piratée sur dea.mèrs«^ '> . •' — - ■ ■ - - :.;*.:-...-
i ^bttq cette nécessité-physique et, moral», il y j* néofsstté politique qui noois: .force d'en finir avec no» ennemis avant l'arrivée da régent. Nous «onnaksbas» las desseins sinistres qtte «es Jioa^e?: nourrissent envers le prines et erivess le pays» : et non» né pouvons* paa, permettre, que. le nouveau igonvwnemenfc tombe-dan* les mains ou soit 'dirige paor'àne faction* qui le par-» drait sans retour et avec lui la Grèce. C'est chez .non» qu'on trouve la nation et se» avenir, at c'est notre .don voir comme Grecs et comme Sujets du prince, que noua chérissons tous, daî vider 1» question avant sou arrivé*^ da rçéunir les partis par lé renvers«mesfc>de eelui,- qui* lui se&l vend tout àeeordement impossible jà &ire> An* sorte qu'au lieu d'une faction avide et > dépravée,, notas* souverain trouve la nation réconciliée avad eUe+auêsiéy pspt*> à La raoéveyr dans ces -feras et à, le c^éieud*6 et k^skérir eomfne le plus précieux dépôt que la p*bi&4 deo.cé lui ah confié." > « , » >: ,-hom
.:*■• Le< lendemain il y eut une saumon de; tous* lesjdét^ £atéa:pré*éns<à Peraëhorà dans 1» maiso* de leur Pcé-r stdenn,. périmer recevoir et .m' écouter.. J'y 'trouvai i m peu près las mêmes sentiment dfc la même fermeté éq* cesser fidèles à des décisions -une foisi prise»;. Je laufc parlai des Français, qui arrivaient pour occupes ViathnjéL Ils me déclarèrent que cela ne les, empesterait pas 4e retourner à Argos, et qu'ils wÀrclietoieftkf ewXf-nèmQS; à 1» tête de leurs colonnes, * fce député, de- Miaol^egol me déclara , au nom des autos* que, s'ils i^QO*jqawtfe
fil
des Français sur leur chemin , les soldats Grecs, sans se défendre, continueraient leur marche, et qu'eux-mêmes les bras croisés sur la poitrine, 'attendraient lm deati» née jfai leur serait réservée. „Si nous devons mon* ràr, continuait «-S, par les fermes dhine puissance Ues** faitrieé de la <3rèce, nous prouverons du moins pas notre mort, que noua étions dignes d'un uieilleur sert, que celui qu'on non* aura préparé." Pour voir les capitaines réunis à Mégare -et leur parler, j'y accorapa* gnai le lendemain Monsieur. Colettï, qui, avaat.de commeneer l'expédition, voulût y passer en revue ses troupes. Leur manière de penser et d'envisager lens position , ne différait en* rien des sentimeris que j'avais rencontrés * Perachdra; il y eut au contraire, encore plus d'énergie dans les 'résolutions et aane «prêté dans le langage qui révélait le mépris et la haine, dont ils étaient .animés contre leur enqemi mortal établi à Nau* plie et contre Jes hohmîes dont: il était entouré. Ce n'est qu'après m'être convaincu;, qu'il y avait, imposait bilité complète d'empêcher la catastrophe, que je re> soins de m'emparer du piouvement pour les dépouille* des eentimens de haine et de vengeance dont les esprits! étaient empreints, et pour donner à l'expédition un en* ractère digne de la cause qu'on voulait défendre.. Je trouvai bien des difficultés pour adoucir le courrons un peu à l'Achille, des Grivas, des S&rvas, des. Cas* sos, des Chryqiotis: ils en voulurent à tout prix, à kt vie des auteurs de l'assassinat d'Arges; mais enfin je réussis, et Cole^tj. me déclara, que je pouvais disposer librement de tous oes capitaines hautains, de sorte, .que même Colocotooni s*il arrivait muni de deux mots „.4e ma main, pourrait dormir tranquillement dans la chambre de Grivas, jadis le plus acharné à sa perte» Quant à l'eiepéditten • même , il n'y eut qu'une seule chose qtfon
m'aecQrda , ce fut de là différer de quatre §onw Pendant cet intervalle je dus retourner à Nauplie: et tacher d'ouvrir les yeux au comftèv Augustin sur les dadgers qui le menaçaient, et l'engager à déposer lé pouvoir quelques semaines plutôt. Au cas qu'il eût. consenti,, vn corps de 1200 hommes seulement serait entré dans le Péloponèse pour escorter le /gouvernement et les députés à Argos y tous les autres capitaines, restés dans leur, provinces, y auraient . attendu l'arrivée du régent,
De retour à Nauplie je trouvai impassible d'ébranler la confiance 'que la majorité.' de la faction avait encore dans ses forces, et au lieu dé craintes, je rencontrai de la fierté et des menaces. Le comte Augustin resta au pouvoir, et au jour fixé les Roméliotes se présentèrent à l'isthme devant la position de ses. troupes.
Portant dés branches d'oliviers dans les mains et sur les armes comme signes de la paix et dé la .réconciliation, ils demandent qu'on le laisse passer librement à Argos. On leur répond par des coujte de fusils. Alors ils se précipitent sur les positions ennemies, pendant qu'une autre colonne les prend par derrière. Les bataillons, du Péloponèse se rompent et sans être poursuivis s'enfuient ou dans la forteresse ou dans Tintérieur du pays. Les officiers de Coletti et les jeunes gens qui suivaient l'expédition protégèrent de leurs corps, les chefs ennemis les plus compromis, contre là fureur des soldats. 11 n'y eut que quatre hommes de tués et sept de blessés.
Le lendemain les vainqueurs s'approchant d' Argos en trouvèrent toute la population à leur rencontre, précédée du clergé avec les images, les croix et les bannières. Toute. la foule portait des rameaux d'oliviers. On les reçut, on les traita comme des déliberateurs. Le même enthousiasme éclata à Nauplie , personne ne veut
plus servir une cause qu'on regarde comme désespérée, et trois jours après le comte Augustin dépose le pouvoir; mais de nouvelles difficultés s'élèvent. Le sénat de concert avec les résidens des trois puissances, nomme un nouveau gouvernement de cinq membres, qui n'accorda pas la majorité des voix aux vainqueurs. C'est alors que ceux-ci résolurent de se transporter devant les portes de la capitale, pour y porter protestation armée. A Nauplie, il n'y eût plus de gouvernement,
puisque celui qu'on avait imaginé, était impossible; mais il y eut encore les débris de celui qu'on, venait de dissoudre, c'est à dire le sénat, les ministres en fonction et des chefs militaires prêts à se défendre. La ville était gardée par les corps tactiques et l'artillerie. Les faubourgs étaient occupés par la cavalerie de Calergis et par les bataillons Roméliotes arrivés d'Eleusis. Telle était la situation des affaires, lorsque, le matin du 10 Avril, on m'annonça, que l'armée Roméliote défilait dans la plaine et s'avançait en ordre de bataille sur la capitale. La garnison fut divisée de sentimens et ébranlée, la population s'agitait dans les rues avec des signes peu équivoques de l'esprit qui l'animait.
On devait cependant s'attendre à un combat de la part des hommes désespérés, et la ville prise par des soldats irréguliers dans un démêlé, était exposée à un pillage, peut-être même à une entière destraction.
Outre cela les portes principales étaient occupées par des marins des trois puissances, et les résidens menaçaient de se retirer et d'abandonner la Grèce à son sort, si les Roméliotes osaient tirer sur les drapeaux de l'alliance.
Il fallait donc sortir immédiatement de cette crise terrible. Je résolus donc de me présenter seul devant ks têtes des colonnes qui venaient d'Argos, pour les
arrêter. Les généraux Ranges et Spiromilos avec leurs ailles ée camp, étaient Tenus me trouver* et nous étfons en conversation sur les condition* d'une réconciliation générale, lorsque l'arrivée des Roméliotes mer fut annoncée. Je les avertis de ce qu'il fallait faire à l'instant, et je les engageai à me suivre. Pressés au milieu de la foule nous arrivâmes avec peine à la porte de la ville. Elle s'ouvrit devant moi. Je trouvai la cavalerie de Calergis, occupante la grande route, en ordre de bataille. L'infanterie était répartie dans les rues et les maisons du faubourg. Un bataillon arriva du côté d'Aria pour prendre position devant la ville. Derrière lui la cavalerie Roméliote de Hadschi-Christo commençait à défiler du côté des rochers qui se prolongent dans la plaine. La plaine elle-même était couverte de fantassins Roméliotes, qui suivaient en foule leurs drapeaux déployés dans un ordre de bataille plus pittoresque que régulier. Je pris des chevaux de Calergis, et, suivi de M. Mason, Anglais qui s'était réuni à nous, et de fhon domestique, je me présentai devant la cavalerie la plus rapprochée. Je fus connu par les capitaines et accueilli avec transport par les soldats, Je leur fis comprendre que leur ennemi ayant abdiqué le pouvoir, et la régence étant attendue à chaque instant, il me s'agissait plus de se battre, mais de faire la paix ^ qu'il fallait donc attendre l'arrivée de Coletti que j'introduirais dans la ville pour qu'il entrasse en négociation avec les représentai de l'alliance, dont les troupes avaient pris possession de la capitale. Lés capitaines de Hadschi-Christo- se rendirent à mes instances, de même que ceux de l'infanterie qui venaient nous joindre. Mais on eut bien de la peine d'arrêter le mouvement des bataillons irréguliers dont les rang» déréglés se pressant l'un l'autre, approchaient toujours
davantage aux positions occupées, par les ennemi*. J'imaginais donc de faire monter leurs perftea-drapeaux sur les rochers à notre gauche. Cela fait et le* drapeaux déployés sur leurs sommets, l'armée se rangeait de soi-même à leurs pieds, pendant que la cavalerie des» tendu des chevaux fermait cet ainphithéatte pittoresque et animé. Les soldats formés en groupes s'étaient mis sur kg rochers ou par terre. C'était une assemblée militaire d'une confusion un peu trop homérique * mais qui se ftit à l'instant, lorsque entouré des capitaines resplendisaans d'armes et de dorure, je poussais le cheval au milieu de ces groupes pour les haranguer. Ayant répété ce qae j'avais dit aux capitaines., je les félicitai de l'excellente conduite qu'ils avaient tenu jusqu'à présent, et je continuai à peu près dans ces termes: „0n savait, que vous êtes des guerriers intrépides, vos victoires d'Argos jusqu'aux Thermopyles et les glorieuses mines de Misolonghi l'ont prouvé à l'Europe attentive à vos exploits. A présent elle apprendra que vous savez vaincre vos haines et vos trop juste» ressenti* mens. Raillant par votre conduite généreuse vos anciens frères d'armes des rangs opposés , maintenant l'or* dre et une stricte discipline même au bruit des armes vous avez montrez, que vous voulez la réconciliation de la Grèce, que vous désirez l'établissement des lois, que vous êtes dignes du prince que la Providence vous a accordé, et de l'avenir heureux qu'il préparera à vous et à votre patrie."
Ces paroles furent reçues avec des démonstrations de joie, qui augmenta à mesure que les rangs opposés commencèrent à se débander. Des détachemens entiers de cavalerie et d'infanterie vinrent se rétonir aux taipes qui noua entourèrent, et bientôt après, toutes fatnt paisiblement logées dans le faubourg. Il y avait
cependant quelques détachemens ennemis qui gardèrent leurs retranchemens et continuèrent à menacer.
Us tirèrent des coups de fusils par les fenêtres des maisons qu'ils avaient occupés, et à chaque instant le combat pouvait s'engager de tout côté. Je me rendis près d'elles pour faire cesser la fusillade. Pour m' obéir les soldats demandèrent des ordres de leurs généraux Rangos et Spiromilos. Ceux-ci étaient rentrés en ville. J'écrivis donc au premier. Dans un quart d'heure sa réponse arriva. Il approuva mes démarches et ordonna à ses capitaines de suivre mes avis. Alors je n'y eus plus de difficultés de mettre d'accord des hommes qui ne furent jamais séparés que politiquement, et bientôt après ils burent ensemble à la santé de leur prince et à la réunion de tous les Roméliotes. Dans cet intervalle Coletti était arrivé au quartier général. Chemin faisant il avait reçu une lettre de Mr. le Baron de Rouen qui l'engageait à se transporter à Nauplie pour travailler avec lui à la pacification du pays. Les capitaines craignant la fureur de leurs ennemis enfermés dans Nauplie, s'y opposèrent, et ce fut avec bien de la peine que je réussis à vaincre leurs répugnance et à obtenir qu'ils ne s'opposassent point à cette démarche, qui devait se faire sous la sauve -garde de la légation et des armes françaises.
Déjà avant qu'aucune transaction ne fut conclue, on s'avança jusque sous les canons de Nauplie et jusqu'aux grilles de ses portes. Les remparts étaient occupés par la garnison, les canons chargés et entourés des canonniers; mais personne ne bouge, on entre même en conversation amicale de part et d'autre. Enfin les portes s'ouvrent, Coletti avec vingt -cinq capitaines, aides de camp et députés, fait son entrée, qui à l'instant se change en un marche triomphale aux accla-
mations de la capitale. Le comte Augustin ^qai derrière les rideaux des fenêtres de son hôtel avait Ta le passage de son antagoniste, se convainquit enfin, qu'ql n'y avait pins de chances à espérer en sa faveur, et -m milieu de la nuit qmi suivait ce jour orageux; il s'en»» barqua avep les dépouilles mortelles de son frère, pou* abandonner la Grèoe et retourner à Corfou. Telle fis* la catastrophe de la famille Capodtstria en Grèce, L'opinion publique s'était tellement prononcée contre elle, qu'au moment du danger, elle se trouva seule) a* milieu des ressentimens que son gouvernement avait excités. ■ La conduite du comte Augustin envers le prince souverain, qui fut bientôt après déclaré roi de la Grèce, avait fini de le perdre à .mesure qu'elle, fat cpnlraey e* je dois le témoignage aux chefs militaires de son parti, que tous voulaient le roi, et que s'apercevant des intentions de leur maître et des hommes qui le poussaient, ils l'abandonnèrent à sa mauvaise fortune et se placèrent franchement du coté où était engagé tout l'avenir de leur, patrie. Sans leur concours il m'aurait été impossible d'arrêter deux armées, prêtes ^ se' battre et de finir dans un jour la guerre civile, qui pendant six mois avait désolé la Grèce.
Le gouvernement du comte Augustin, continuant le système de son frère, en développe toutes les conséquences fâcheuses. La guerre civile qui avait ravagé quelques lieux, il l'a répandit dans toute la Grèce. Les finances étaient épuisées. Elles furent entièrement minées par lut. L'espionnage et les banissemens par suite de dénonciations, furent portés à leur comble, et pendant qu'on décrétait dans la constitution la sécurité personnelle, on envoyait des subalternes de police dans les maisons des hommes les plus respectables, pour leur annoncer qu'ils étaient .bannis et qu'ils devaient i 7
itfe • l'Ânglettrift,'. et Mi. Ifer.bàron de Rotiez président de la France, mlavouèrent qhe»deo la part : et ;1». dé? ^utatiofl>il n'y avait pa*; le moindre obstacle à; ain arrangement '■ 'des j partis, LeJsoir Mr, Tricoup* invité parj ces Messieurs, Vitait rendu à bord d'un brio anglais 'pour s'entendre: avec eiix; Pendant .qu'on est encore occupé de cette négociation, la nouvelle arrive, .que le bâtiment de la comnrissîoa est entouré de barques •canonnières du gouvernement et menacé d'être coulé à fond s'il ne partait pas à l'instant, Mr. Tricoupi tout en protestant contre la violence avec laquelle, on repoussa les offres faites sous la sauve -garde de l'alliance, déclara qu'il ne voulait pas donner occasion de faire commencer les hostilités. Les deux diplomates «u lieu d'adopter le moyen .tout simple pour le retenir et de défendre l'honneur outragé de leur sauf- conduit, ne trouvent rien à contredire à son départ, et une demiheutfè après la commission mit à . voile pour retourner à iHydra *<■ L'occasion d'amener la pacification de la X*rèce -par l'interposition de l'autorité et de la force armée de- l'alliance fat perdue,; et le parti violant «'étant .coirvàmeu par» cet essai hardi* de l'esprit, mdéeisi, pour ne [pas 'dire de la faibleise^ fie •■ses> agens ç . marcha le front ileyéi droit :à ,son but. 'Cette faiblesse ;du conseil
des trois diplomaties devint plus fatale par la divergence de f«es sous1 lesquelles ils regardèrent les évéaemens, «1 par 'lar nature de' leurs instructions. ': ; .
Jl -était . bien naturel que Mr le -barofc de Rock* manu, résident de la Russie, se montra, favorable à Tordre établi après la mort du Président, puisqu'il ne 'fat que la continuation du gouvernement .pour lequel le pavillon russe avait été déployé à: Pose» et àCalamata. Les autres agens de cette puissance: allèrent même plus loin que ce< diplomate, homme' sage
et sans , passions, politiques. .<Qétait surtout à bord du vaisseau de Mr. L'apurai Riccdrd, dans son hôtel à Nanplie et dans la nrçaisen de Mfe< Blresopula, .consul-général de la Itiiasie; en4jitfè<&,<>qué les '.hommes les pins violens dit parti se rencontraient et où. les têtes s'échauffaient: sur des projets ^capables de soutenir le pouvoir vacillant dé. leur parti,, et de contenu; les démarches de ses ennemis.. Tel fut le centre d'une opposition passionnée et peu scrupuleuse qui se forma contre les projets timides des résidens de l'Angleterre et de la France. L'embarras de cette position augmenta par les instructions émanées de la conférence» qui, leur, défendaient d'agir séparément; Mr. l'amiral Riccord en avait bien donné l'exemple, mais les conséquences, avaient été très-fâcheuses et la conférence en blâmant sa conduite, avait réitéré avec plus de. sévérité ses or? dres, d'après lesquels dans tous les cas ou il y eut dis^ sentimens, le troisième des diplomates ôti des amiraux devait suivre l'avis sur lequel les deux autres. s'étaient unis et signer les actes conjointement, ave^ eux. C'est vrai que dans le cas dont nous parlons, il y eut la, majorité de deux voix contre une;, mais la position des .deux résidens de la France, et de l'Angleterre les força de mettre beaucoup de réserve dans leurs démarches, en faveur d'une opposition à laquelle le meurtre du chef de l'état fut imputé, et de ne pas hç urteç Içs pro~ testans déclarés du parti. dominant, qùij \$ cas échouant, pouvait se tourner contre eux f£ confondre tous les calculs de leurs intérêts; • v . /
Les embarras de position joints au dftfeu* dç, résolution et de plan arrêté de leutf «été fait r comprendre la marche et la conduite des représentais ,4? ralfiance lorsque l'opposition centie» >le> gwvfemejjfiçpt établi, entra dan» los rang» des députés réunis, à, Argo*.
Un he prit pas la moindre mesure pour amener le gouvernement à se rendre au* réquisitions juste* «t raisonnables de ses adversaires , pendant que leur* rangs grossissaient journellement et qu'il ne fttt plu» possible de méconnaître de quel côté était l'opinion publique de toute la Grèce, (i y eut la même impassibilité lorsque tout annonçait que rassemblée d'Argoa était sur le peint, comme nous venons de le dire, de mettre au tnonde un double congrès et un double gouvernement. On ne fit rien pour empêcher ce malheur et polir prévenir les horreurs qui en devaient être les conséquences. Tout se borna à dès pourparlers, à des conseils adressés, à des Individus, et la patience des diplomates ne fut pas même ébranlé lorsqu'ils apprirent que la Jaétion dominante* encouragée par ses amis, poussait presque 'Ouvertement à la violence. On sut que des aVfcs, venant pour ainsi dire de leur quartier*gé<néral, ooflSeiHèrerït aux meneurs de la grande intrigue de ne pa* laisser échapper une si belle occasion pour en finir 6 j&im*is avec les adversaires. Bientôt après qiie ces conseils- furent suivis, et que l'un parti fut Attaqué avec foreur: par l'autre , on laissa accomplir le plus graftd forfait de toute l'histoire de la Grèce, et ce rféét qu'après d'eux jours' de combats et de déceptions ,' qu'ils se décident à écrire an ministre du comte Augustin, pour lui déclarer qu'ils nu peuvent plus rester spectateurs indifférées de ce qui se passe et qu'ils rengagent de faire cesser les hostilités. Il n'était pas impossible, même dans ce moment extrême, d'arriver à un arrangement* puisque le parti assaillant n'avait pu encore ■ ébranler té courage de «es adversaires, il Allait dotic instruire les autres dtis déitfOroketi qn'oti avait faites «trteii* faveur*, pour les engager à rester en place et pour forcer par lm présence les as*éilla*ft de rc*-
Ma
trer dan* les voies légales: Ceux -il s'dpeoçurent tout* de suite du danger qui les menaçait et «lurent le détourner, Le secrétaire qui porta la lettre des résidons adressée an ministre dû comte Augustin, avait l'ordre d'avertir Jes Rbméliotes de son contenu ; mais à peine le comte, qui au lieu de son ministre, reçut la dépêche, avait-il entendu quel fut la commission du secrétaire,, qu'il s'offre de faire lui-même parvenir aux Roméliotea les conseils d'accommodement, qu'on leur, adresse.
On lui donne la commission réclamée et en ne s'inquiète, s'il s'en était acquitté. 11 se garda bien dt le faire, et pour éloigner aussi tôt que possible les Roméliotes et avec eux la nécessité de faire des conqes« «ions, il leur accorda les otages, chevaux et vivres, qu'il leur avait refusé auparavant. L'espoir seul des démarches faites en leur faveur, les avait retenus à leur porte, et avec un peu plus de circonspection et d'intelligence on aurait épargné à la Grèce la guerre civile, qui a déchiré ses entrailles. Les événemens d'Argos étaient de nature, qu'on aurait dû s'abstenir de toute communication avec un gouvernement installé sous de tels auspices; mais les résidens ne restèrent pas seulement à Nanplie, ils renouèrent même peu à peu les anciennes liaisons; et à peine un nouveau protocole, celai du 7 Janvier 1832, fut -il arrivé à Nauplie, qu'on •e hâtp de reconnaître l'autorité du comte Augustin, En même tems on somma ses adversaires de déposer leurs armes et à se soumettre à des hommes qui avaient manqué de les assassiner. Le protocole ordonnait bien de reconnaître le gouvernement institué par le ooqgrèf ^ Argos, mais il supposait ce gouvernement institué d'après toutes les formes légales, chose qui était contestée par- l'opposition avec bien du droit. Cette contestation fat même la balte de toutes leurs réclamations contre
; gouvernant <fle fait. Jamais ses adversaires n'avaient cessé» de demander vu congrès libre et un gouvernement légalement établi par lui; ils s'étaient toujours refusés à tout arrangement , qui ne reposerait pas ssr cette base. MM. les résidons n'ignoraient pas cela, et en . n'admettant pas cette réclamation fondamentale de l'opposition, ils devaient s'attendre, que l'opposition aussi ne se conformerait pas à leurs invitations; mais il n'y eut que Mr. le baron de Rouen, qui sur tout cela voyait juste. Mr. Dawkins avait changé de direction en se joignant à Mr. le baron de Rûckmann. Alors la reconnaissance du comte Augustin et la sommation des Roméliotes furent résolues. Ce à quoi il fallait attendre arriva. On reçut des reraercîmens du parti qu'on avait reconnu et des protestations de l'autre. Personne ne pensa à se soumettre ou à déposer les armes, et au lieu de tranquilliser la Grèce, on avait compromis l'autorité de l'alliance. Pour être reconnu, le comte Augustin avait dû signer un décret d'amnistie. Au moins on aurait dû s'attendre à voir veiller les résidens, pour que ce décret reçût une exécution franche et complète. Cependant pas un seul prisonnier ne fut relâché, et on se souvient, qu'il fut réservé à moi d'ouyrir la prison aux Mauromichàlis, dont la détention avait, dès son commencement, excité la compassion de toute la Grèce. Il y eut même des protestations contre l'accomplissement de cet acte de la part de Mr. Dawkins, qui quoique consentant à faire cesser la réclusion des deux vieillards, la voulait changer en une relégation temporaire. Il demanda, que ces malheureux au lieu d'être renvoyés dans leur patrie, en fussent tenus éloignés, soit dans Argos ou dans une île. —
Cependant l'élection du prince Othon avait été an-
àoncée, et la diplomatie se vit dé nouveau mis en train. On attendait immédiatement la régence ou du moins quelque communication directe de (a Bavière, puisque l'état critique du pays y devait être connu. On était alors au mois de Mars. Au mois de Mai tout pouvait être arrangé. C'était le moment d'user de toute l'influence de l'alliance pour préserver le Péloponèse de l'anarchie, mais on s'aperçut que cette influence était usée elle-même par la manière dont on l'avait exercé. C'est alors qu'on sentit faillir ses forces diplomatiques. En conséquence on ne somma plus les Roméliotes de déposer les armes et de reconnaître le comte Augustin. On veut seulement que chacun reste dans sa position. Sera- t- on obéi? Les trois bâtimens de guerre envoyés à Calamaki, devaient déclarer aux Roméliotes, que leur marche serait regardée comme une hostilité contre l'alliance. En même tems je devais, sous main, promettre en leur nom à Coletti des subsides suffisantes à nourrir ses troupes, sous condition qu'il resterait à Perachora. Même le comte Augustin auquel je crus convenable d'en parler, avait consenti qu'on fit ces promesses à son ennemi, pourvu qu'elles se rapporteraient également aux forces armées de son gouvernement; mais on n'en voulait plus de leur *part à Mégare et à Perachora, on ne croyait pas même à leur paroles; et pour toute réponse à leur dépêche comminatoire, on donna récépissé aux. officiers qui l'avaient apporté. Le lendemain on se prépara pour entrer en campagne. „Nous savons bien, me disaient- ils, que ce n'est pas l'alliance qui parle, mais des agens mal avisés. Nous sommes en notre droit en nous refusant à leur obéir, puisque tout ce qu'ils on fait depuis la mort du Président a tourné à la ruine de la Grèce, et nous aussi, nous serions
perdus «i nous restions exposés ici à leurs procédés réunis aux machinations de nos ennemis,"
La dispersion complète de l'armée du comte Augustin sur l'isthme et l'arrivée des Boméliotes à Argos jeta les résidons dans un embarras pénible à Nauplie, Les reconnaître après avoir été désobéis et même méprisés de leur part? Chose impossible! Les attaquer et les refouler sur l'isthme? Impossible encore! On ne pouvait pas compromettre les troupes de l'alliance, au milieu des combattans, au profit d'un parti. Dans cet embarras il n'y avait qu'un miracle qui put sauver l'honneur des résidons, et ce miracle s'opéra. Un nouveau protocole, celui du 7 Mars, arriva ce jour même. C'était bien la condamnation de leur conduite, puisqu'au lieu d'approuver la reconnaissance du comte Augustin et de son pouvoir usurpé, la conférence de Londres les chargait de faire composer un gouvernement mixte des deux partis: „Cela nous sauvera," s'écria Mr. Dawkins, et il se mit à oeuvre pour l'exécuter. Nous allons voir, comment il s'y prit, et si, en tâchant de se sauver, il n'a pas perdu la Grèce.
CINQUIÈME SECTION
Sur l'établissement du gouvernement mixte et les difficultés de sa position*
.Depuis la mort du Président tous les plans de réconciliation avaient pour base de faire entrer dans le gouvernement des hommes de différent partis. Une telle combinaison était mauvaise . puisque dans un pays travaillé par l'intrigue et déchiré par les passions, elle mit encore la désunion dans le sein du gouvernement même ; mais elle était nécessaire, aussi long -teins que les partis étaient en présence et en force, à peu près égales. En l'adoptant au risque d'embrouiller la marche des sffaires publiques, on évitait au moins la guerre civile. Ce furent sans doute ces réflexions qui avaient amené les décisions du 7 Mars, conseillées par Mr. Stratford Canning dans un excellent mémoire sur l'état de la Grèce, que cet homme d'état supérieur avait adressé à la conférence de Londres. Cependant l'invasion des Roméliotes avait changé la position des partis. Après la dispersion honteuse de ses forces sur l'isthme et après l'apparition de l'ennemi à Argos, le parti Capodistria fut frappé au coeur. Le même enthousiasme, qui avait accueilli ses adversaires à Argos, éclata à Nauplie; presque tous les officiers de la garnison donnèrent leur démission) et il fut reconnu, que le comte Augustin ne
pouvait plus compter sur cent personnes. C'est pourquoi il se rendit aux instances des résidens et abdiqua son pouvoir entre les mains du sénat. Avec lui son parti était tombé et perdu sans retour. Il n'y avait donc plus de contestation d'autorité, et n'ayant plus qu'un seul gouvernement à reconnaître, celui de Perachora, on aurait dû céder à la force, seule arbitre dans les guerres civiles, et accepter ce gouvernement, vainqueur de l'autre, au moins comme gouvernement de fait. La seule chose qu'on avait droit de demander des vainqueurs était de s'abstenir de toute réaction et de marcher strictement dans les voies légales: là -dessus tout le monde était d'accord, et la Grèce fut sur le point de se reposer après tant d'angoisses et attendre tranquillement l'arrivée de son roi. Mais tel ne fut pas le chemin qu'on jugea convenable de suivre. On avait le protocole. 11 est vrai, qu'il était écrit sous d'autres circonstances, et que rien n'existait plus de l'état des choses, sur lequel il reposait. Cependant il demandait un gouvernement mixte, et un tel gouvernement fut résolu par les résidens. Cette résolution fâcheuse une fois arrêtée, on crut, qu'au moins on aurait jugé nécessaire ou convenable de s'adresser aux deux partis, qu'on voulait fourrer dans la même commission gouvernemental. On avait à Ârgos le gouvernement de Perachora à la tête d'un parti palpitant de vie et d'une armée remplie d'enthousiasme, qui augmentait journellement; à Nauplie, on n'avait plus de gouvernement ni d'armée, mais au moins on avait le sénat et des troupes. Au milieu des deux partis il n'y avait que le golfe et la plaine de quatre lieues qui sépare les deux villes. Tout le monde s'attendait qu'on les inviterait, les uns et les autres, à envoyer des commissaires, et on désigna même la ferme-modèle situé au
milieu de la plaine, comme l'endroit le plus convenable, où ils devaient se réunir. Mais an lien de suivre cette ligne tracée par la nature des choses et indiquée par l'attente générale, on s'adressa au sénat seul. On s'entendît avec loi sur le gouvernement à former, c'est à dire on autorisa les vaincus à dicter la loi aux vainqueors. Le sénat n'était qu'un corps administratif, il n'avait pas même reçu sous le Président l'organisation et le développement voulu par la loi. Outre cela il n'avait ni racine dans le pays, ni précédens dans son histoire, puisque il n'exista que depuis trente mois. De pins, il était méprisé par le peuple comme ayant associé son nom à tous les actes fâcheux des Capodistria, et avant tout détesté par les vainqueurs, qui l'accusaient d'avoir amené les malheurs desquels ce pays malheureux avait été accablé depuis six mois. Cependant Mr. Dawkins le reconnut pour le seul corps légalement constitué et sanctionné par le teins, et qui conséquemment pouvait avoir seul le droit de nommer un gouvernement. Souvent en politique comme en matière judiciaire on est forcé de procéder par une fiction de droit; mais jamais on n'a marché par une fiction de pouvoir et de force. Cependant il fallait au sénat de la force et du pouvoir pour faire accepter ses décisions, et il n'avait ni l'un ni l'autre. Du moins le sénat aurait du être libre de choisir parmi les hommes des deux partis, qui devaient composer le gouvernement provisoire. Point du tout! Il les proposera donc. — Pas plu»! MM. les résidens s'abouchent avec le Président démissionnaire: celui-ci les propose et le sénat les accepte. Le même soir ils sont proclamé, et reconnus par les résidens. Le public reste ..stupéfait en apprenant leurs noms, et le lendemain l'armée Roméliote urive devant les portes pour protester. .
Le nouveau gouvernement devait se composer de Théodore Coloeotroni, d'André Me taxa, de J. Coletti, d'A. Zaimi et de D. Buduri.
Dans cette composition Coletti restait seul au milieu des hommes hostiles ou suspects. Coloeotroni et Metaxa étaient les chefs les plus haïs de l'ancien parti, et regardés comme les auteurs de l'attentat d'Argos. Zaimi s'était séparé à Hydra de ses anciens amis et avait fait sa paix avec le comte Augustin. Revenu à Nauplie, avant le retour des Roméliotes, il avait renoué ses anciennes liaisons avec Coloeotroni et Coliopoulos. Enfin Buduri était animé des sentimens d'une ancienne aversion contre les Contourioti, appuis du parti Boméliote à Hydra. Il était donc facile de prévoir, que Zaimi s'arrangerait avec ses nouveaux amis Coloeotroni et Metaxâ, et que Buduri suiverait la même direction. On avait donc l'ancien gouvernement dans toute sa force replâtré par quelques nouveaux noms, et Coletti eût été perdu s'il avait voulu y entrer, parce que ni député, ni capitaine, ni qui que ce soit de son parti, ne lui aurait plus obéi; pas même le dernier soldat n'aurait voulu supporter la honte d'un tel gouvernement, ni après la victoire subir le sort de vaincu.
On se demandera, quelles furent les raisons, qui engagèrent les résidons à une composition si étrange et si propre à compromettre encore une fois le sort die la Grèce qui, malgré leurs fautes et méprises, allait s'accomplir.
A entendre Mr. Dawkins, qui était l'auteur de ces combinaisons diplomatiques , il y fallait faire une bonne part à Mr. le baron Rûckmann et à la Russie, afin de se ménager une coopération franche de la part de cette puissance, pour obtenir les frontières de la Grèoe à Constantinople. Sans les frontières on n'aurait point eu
d'emprunt, Ban» l'emprunt point de prince, et sans prises «{emprunt la Grèce était perdue. Mr. le baron Rouen exprima bien quelques doutes sur la possibilité Je faire accepter ces membres par les Roméliotes, mais os lai dit que ceux-là n'avaient jamais protesté que contre le comte Augustin dans les affaires, et qu'étant débarrassé île sa présence ils ne feraient pas grande difficulté pour le reste.
Mr. Dawkins était bien homme à comprendre que la coopération de la Russie reposait sur tout autre basé que sur quelques noms de la commission gouverner mentale ^ et que. la lutte du pays contre la famille Capodistria n'avait pas été une lutte de personnes, mais bien de principes et de système. 11 y avait donc quelque chose de caché au fond de cette politique du diplomate anglais, que ces prétextes devaient voiler: c'était la crainte «lé l'influence française.
Avant que le traité de Londres fut conclu, il y avait trois partis bien prononcés dans la €frèee; le parti anglais, conduit par A. Maurocordato qui tâchait d'obtenir la délivrance de son pays par la protection de l'Angleterre sous laquelle les îles Ioniennes se trou* vaient déjà placées ; le parti français , concentré autour de Coletti , qui voulait avoir S. A, R. le fils aine du doc d'Orléans, pour souverain de la Grèce; et le parti rosse, composé de la masse de la nation, qui, sans avoir des vues arrêtées, espérait tout et ne craignait rien de ses coreligionnaires du nord. . Les deux pae» miers de «es: partis n'avaient jamais été puiaaans puisque la masse de la nation leur étaient étrangère, et eux* mêmes se paralysaient l'un l'autre. Ils se dissolurent «rtièrement aprèîs la conclusion du traité, qui excluait fa trône de la Grèce les membres des trois maisons «mterainfefl de l'alfianoe. Depuis il n'y eut plus d'in-
téréts compacts ni anglais ni français: il n'y «en* q**e des. individus, «pà cultivèrent leurs ancienne* liaisons; et si même après le traité quelques tentatives furent faites par utfe coterie phaaariote pour rénouer des Itaisons politiques en faveur à\m prince français, elles échouèrent à la déclaration de Mr. le baron Rouen, antérieurement approuvée par Mr. Casimir Périer, chef du cabinet français. Celui-ci hti écrivit, qu'à l'egàrd de la Grèce 8. M. le roi Louis -Philippe ne s'éearterait jamais de la ligne de conduite, tracée parole traité de Londres ; et? > que ' le baron * Rofuen avait bien faSt non seulement dé rejeter les propositions qui lui 'étaient parvenues dans un sens contraire, mais aussi de les qualifier comme contraires aux vues' de l'alliance et 'en conséquence au véritable intérêt de la Grèce et *de 'la France même.
Cependant Mr. Dawktns, qui savait très-bien, qu'il n'y avait plus de parti anglais en Grèce, était encore dominé par l'idée de l'influence française: Il avait cru la reconnaître dans tous les mouvemens de l'opposition ; et en voyant les Roméiiotes établis à Perachora, et Coletti à la tête de presque toutes les forces «réelles du pays, ses appréhensions s'éveillèrent Elevé dans (es principes des Tories de l'Angleterre et dans leurs préjugés contre la France, il s'effraya de cette réapparition et changea de conduite pour en prévenir les conséquences. Le premier acte de ce changement fut la reconnaissance du comte Augustin i pour laquelle il se réunit au résident russe, contre Mr. le baron Rouen et les mesures prises, en même tems, potir diviser l'opposition d'Hydra et affaiblir par contrecoup celle de Perachora, puisque c'était bien loi, quiayait su séparer Mr. Tricoupi, son ami, du parti établi à Hydra^ le mettre d?aceord avec Zaimi et leur joindre Buduri , pour
lit
«éer an tiers parti à lai dont ©es tfftâtpefMftM*; devraient former le centre, et dont Tottftit était de dissous dre les forces du parti de Perachora et dlemMier Hvdi» à un arrangement avec le comte Augustin. Trompé dans ses calculs par la rentrée des Roméliotes à Argos, te àà$>Xomate anglais s'aperçut enfin, qu'avec le comté. Augoatife on n'arriverait plus à rien. Il se réunit de*c de nouveau à Mr. le baron de Rouen, pour sacrifier le comte » et parvint, au moyen de cette démarche, à Caire agréer par le diplomate français la composition d'an gouvernement, destiné à ruiner la cause des hommes, qu'on regardait comme dévoués à la France; «tais ceux-ci n'étaient pas si faciles à tromper, et éclairé* *nr le danger qui les menaçait, ils arrivèrent, comme nous l'avons raconté, avec toutes leurs forces, devant les pertes de Nauplie pour trancher avec Tépée le tissa de la diplomatie étrangère. Il en coûta beaucoup à la susceptibilité de Mr. Dawkins de reculer et de voir détruire l'ouvrage de ses mains; mais il fallait céder à la force des' choses, qu'il avait méconnue trop long* teins.. Après avoir accablé de menaces Coletti dans la conférence des résidons et lui avoir, dit tout ce qu'un long ressentiment lui inspirait, il se vit forcé le lende* main, d'en appeler au patriotisme de cet homme supérieur, pour. l'amener à accepter le principe.de la composition du gouvernement mixte. — Coletti même et ceux qui l'entouraient, sentirent bien les dangers, que l'on courrait de nouveau, si l'on était forcé d'admettre dans le sein du conseil , des hommes implacables et compromis; mais telle était l'opiniâtreté avec laquelle on iri» lista sur ce point capital, qu'il fallait ou céder, ou recommencer la guette civile. Il fut donc convenu, que le gouvernement de Perachora, composé de Coletti» Z*imi et Contonrioti, servirait de base à la nouvelle I. 8
ut
uéi— liwl— j «< <w*y wm»1é ■■iii<iiw<fi df-onatsa wnAnm. -ëm > <deè* < seraient ^reposés fat b seaat , et deux «bmmé» m* «Utile 4* Cftktti. .
* •" : Il y avait ênceee bien des difficultés à vaincre^ 4es prétention* à rabattre, des> intrigues à déjouer, et peu» daat an des plus opiniâtres combats d'intérêt, 4e pasik>n H de malignité, on fut poussé plusieurs foie «a désespoir. De la part de* vainqueurs on avait proposé Des*. YpsUanti et Zogsaphes, qui dan»; le nouveau gouvernement réunie à .Coletti et à. Coatourioti,; devaient fermer la majorité de :qaatra voix contre Zaimi, qne l'on craignait comme un transfuge, et contre les deux membres que le sénat avait à choisir. Le .sénat, peussé par ses propre» ressentimeas et les haines qui s'agitaient au*omr de loi, dérange» cette oorabiaaison, en substituant à Zographes le nom de Triceapi, que Ton regardait comme l'allié de Zaimi. De pins, le sénat ne voulait paa accorder au nouveau gouvernement le pouvoir de couva*» ijuer* l'assemblée nationale) et se réservait à lui-même le ^drok de nommer, aux places, vacante* dans son aei». De» le commencement de ces entraves, les capitaines campée devant les portes de Nauplie se remuèrent, et voysnrt 4a majorité échapper t lent cause, voyant que l'on contrariait la convocation . du congru, pour lequel ils avaient pris* les armes , ils menacèrent de recommencer la guerre et de mettre le Péloponèse à fou et à sang plutôt qne d'être joués et perdus par la seéléfcatess* des séoaieurs et la mauvaise foi des étrangers. Cdtetti se sentant affrété par» des mains perfides» à l'instant eà il pouvait couronner son ouvrage par la pacification de sa patrie , reconnut dès le premier jour la position terrible, dans laquelle l'intervention étrangère Pavait rejeté. U ne pouvait pas accéder à ce qu'on demandait, sans se perdre lui-même et ses amis,
us
et il m poarvaii pas rccoaiaeéaeor la gaawo étoile,
sans consommer la raine de la Grèce, il réeftlet deae dé se retirer, et ton*' en ^rotestaaé- devant la aation et l'Europe contre te» atifceurt- des nouvelles calamités > d'abartdomier aux résidera fofatdftatf des «flairée, et la responsabilité' accablante dea* ile c'ctaieat chargés. Cependant le sénat oentmenç* à âéehit, et aprèe quatre semaines, battu dans tons stoë- retranchement, ttatdf par les capitale**, ta**** pWWndignatio* pa- Hiqttto,1* iV atréédafc là composition* «Paît gouvernement, qui, bien qV forme cTéttraea* hostiles, paraissait 4a ntfns;"àce*itfèr ank vainqueurs la majorité d'ode voi*. Pea après * il accorda également a la oemmlssio* goamaemeintale le droit de convoquer le eongtès-natieael, et de nommer- dee% sénafetafc aa* plafcee vacante*; et dors le* affaires commencèrent à marcher. La nouvelle cemmiesiett gouvernementale se composait de G. Coch toarioti, Président, de J. Golettt, de D. YptUaati et 4e Costa Botsari, dVn côté, et dé* A. Zaimi, d'Andréa* Métarxa et1 de Ptaputaàs dit CoKepalo* de l'autre. Pea à pea, le ministère et le personnel de t'adaiulUtratieil forent changés, et les hommes tes plus marquant delà foècc reparurent dans les aflakes. On avait obtenu deux grands résultats* le pays était délivré d'une dominattotr odibuee, et *a gn erre civile paraît cessé ftaf tous les points. Quoique défectueux daas '«on* principe** et entouré d'obstacles, le nouveau gouvernement y rèoctaaa par les résidons et par le pays, paraissait eri état de aarener et de maineentr la tlanqallHté^ jiieatfK l'éuvertaie du eengrès, «pill devait ; convoquer imtnédiateiaeat «t t)ni avait à décider' Wm son organiaatian dé&aMve,
Mais bientêt les difficulté* ^ufair rsbeaataa, rcoaar toeneèrent à' devenir alarmantes. L'embarras le plus sirieux fat l'encombrement du< Pélaponès» par les
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troupei Roméliôtes, elle manque absolu de t^oyens* pour
lot payer.' : : *' -: * * *•"••• » - -y
Le gouvernement de Perachôra avait en le projet de faire l'expédition d'Argôs seulement avec son* 'premier corps d'armée. La sWconde colonne devait prendre position sur l'isthme, et les corps de la Grèce oceidentale devaient rester dans letfrs càntôrineriteb*. En eela, on avait cédé aux instances des primats du Péloponèse', qui, reunis presque tous au gouvernement de Perachora, voulaient préserve* leur' pays , âàttitit <Jùe possible, des maux inséparables VTuae occupation armée. Cependant ce plan Teposàit su* la supposition que A. Zaimi se réuniraîtfà Ses anrfëtuf dùils, qui étaient en grande partie ses parens et qui avaient éprouvé avec lui les persécutions du Président. Cette réunion effectuée, on n'aurait eu à combattre dans le Péloponèse que la garnison de Nauplie et les débris des troupes des Colocotroni. Pour cette expédition, les deux corps à établir à Argos et à Corinthe, renforcés, en cas de besoin, pair les troupes que les primats pouvaient mettte sur pied, eussent été suffisons} et le Péloponèse aurait nourri et payé sans difficulté Quelques milles1 combattons'Roméliôtes, accourras pour le délivrer d'une oppression désastreuse.' Les primats écrivirent de.Lépantè à Zaimi, qui venait* d'arriver à Vostizza, pour lui exposer leur plan, et l'inviter à venir lies joindre' sur l'isthme; mais leurs desseins échouèrent par le refus de celui sur lêqtael? ils avaient compté.
A. Zaimi, homme d'état' d'une capacité reconnue, et qui avait toujours exercé une grande influence dans les ôfiaires du Péloponèse, était devenu suspect au Président aussi bien que les autres ; mais il s'était soustrait pur la fuite aux agens du gouvernement, envoyés pour l'arrêter. Lorsque, sur l'invitation des Hydriotes, je
me *efcdis la première (ai* dm»* leur Jlt^ pour tteher de les réunir an gouvernement 4e NaupUe, j'y troarmi Zaimi, parmi les chefr de r<ippositi<?o. Elu membre du gouvernement de Peracbora* il pœçptpi ce poète; maie U ne voujtat jwtaii **y re pdre . Comme ennemi du Préside*U il avait souscrit aux conseils et aux mesure* prises contre lui; mais comice Péloponésien, et attaché aux intér&s, de son pays; il avait été toujours qpposé aux Bomélip tes. Une invasion du Péloponèse lui faisait horceur parce qu'il, en avait éprouvé les, çonsé» quences. fâcheuses pour luf et son parti, qui dpns ia première gqerre civile de 1625 y .succomba. Voyant donc up événement semblable *e préparer, il s'éloigna pei^ à peu de sessynis d'Hydraet de Perachora,,et sq i&pproçh^ de Colocotropi et,du gouvernement du comte Augustin, .pour détourner par, des accommodemens la cp» tastçftfbé. mftpaçan^ Çpst pourquoi, de retour d* mon vayage ai}*, îles, je le trouvai entièrement séparé, du parti contraire* ej établi à Nauplie. au milieu, de tea .ancien^ euperai^.r ; Comité je partageais les vues et les craiAtes.de Zaii^i sur Jiny^sion du Péloponèse, nous 50u*. entendues sur Je* usures à prendre pour la pré? venir; et le le/jdejnain, après mpn départ pour Perachora, il sç mit. en çhenûo pour Patras et Vostizza, déterminé, à renouer ses liaisqns j*yec Jes primats, réfugiés et réunis aux/Roméliptes à Lépautç et à Perachora.. Mais ^ ne réussit pas mieux que moi à les contenir dans leur* positions. L'invasion accpmpl^ep il vit ses conseils mér prisés, js^ susceptibilité jjlessée, et fies intérêts comprpmia, .11 forma donc la. résolution de se réunir adroite* ment, à Colocptrprçi, et dp; combiner avec lui les moyens de débarrasser le Pé^qp^nèse^ de ceux qu'il regardât eomma ses plus cruels ennemis. Au lieu donc de passer * l'isthme, $n allait à Nauplie, il prit le chemin
Il»
dl 'Ctarjttètfé, f tettttNtaK* Jtofg «v<w*«p >*o«*ai allié* et arriva à NtfupHe, fo*r+j*fmii*w s* ffaMedm Je goïfvefttatfehi: V e*téf#A. rftfétrtxa «t Coliopvtq. , D«u NHWnd, fl y ÉVriir encore He Mtr* Sentiment ^«ft opéra* Surles ritiohtttofeë d* ce chef* tétait it jnO** caefcéê, <nïë , depui* la prèrtiiêtt rgtfttré civile, «I portait *<&»• lëttf; ' «bat H ' avait été ' le t>tf aofcnier. Cette passion, pa* raïysié par I«^ crahiies que le Pté»M«mt l«i avait msjH^é^cr, Reparut dans tuiite^a force, forsqu*l^^ du cet ennemi fclus dungereu* ^&e tous les auttttëfbt détruite. II p&td«i#tt infeapptottfbte % l'orgueil biesaé dé Zfafmi de ïéèohnaîtré là Supériorité i^ «o* <taMtan «val, quelles érôtféttétt* 'tftatëfit »^ëtté * fà^têt^ de la riàtfon/ Wi -dk 'coii^ibùe^* IliW^iif iitté âtottftfl»'/ p*é+ jtidiciâMe , * la W»; % «M* pttKttal"4M' # «te*»tmértlft. fflau cbhtrauè, » réus*ié**if à fttfiiéft itojteirt ' pétfti dé* Capodistrias, à > fondre tonte le* éléitteni itf#*rtaitt* et tout (ce qu'on pouvait détacher 4fu pattr V*tequ**r, il était a prévoir, qu'il contrebalancerait le pe^roir d*un antagoniste hâiïy et qtfH le culbutètaitr peat-ëlt». Quoique l'irisnè de eèsf -démarches fftt incertaine, au itfetas Zttfmi nie *ftt plurf fàttè de suivre la dirtectieti tracée par un àdvèrtotfè; mdi* il lâarcha lui- mente ^ cotant* chef à là tété d*un pouvoir renaissant, qui »e*l pouvait compter sur la coopération franche ttoa agene russes, comme «ut l'assentiment ■ secret de fogetot de FAngleterte. *
; : Aussitôt que 1res anciens àmfs et ses narens Vaperr curent de la marche qui! suivait; il* ne purent plw douter qu'il ne s'agissait pas seulement de combattre les forces de Colocotroni et les intrigues de M* taxai aussitôt dès ordres furent expédiés à tous les cerf» restés de l'autre côté de l'isthme, pour qnÙb entrassent dans le Pélopenèse. Veu k peu, ils ^échelonnèrent ato
• ,- V*îtt4*ipi*»to4^^
part. 4 J*tGt4M paM^cgflUHNp* 4p 1 ^raog^ » V ,Jjp*
*m*mM ta* iP«rii% afe « ta» ainfcf*Pg<lgé» à. déploya* t*tf<*h Iftgrfl fcrpas e* à. gwq<ta)<de§, portions bqetita** Qw* le,^wy*wwej»M« Pwiehara^ SWaM , ,jjyi wMftft fe.£fttatti;tt,d* Çortoojripti, qe j^iiv^pai mûre* .**** uM<nb«if4o gPH¥^W«*wnt dfs.japft, ,tt y *pp*rut, À I* tèto ft*+9Wi *t d'wilfitWiwwWt ^^pp«^m *•*'** ap#HlP 4P* teppr.tofc f*t eu étal, d* pwdy^.la .«0*4)14 de & m*jwMé.et<çeUehta^ ,. *»
-,M V<WM,4*<4uU*:4M)lflB tarant 1** oMigajioue que, cet** #tlua4u>i* importa gouvernement, et q*fb &<* *** , le», «Myeat ;par .lefgmta U dçF?e*t J Mtieftww Ui,l^Mil^:||f|Q|]oj;^ et ç^Hw de NwplU, tofni UM:40pfotap«M lu flbpw* d» nouveau gpuverneuieiitj ****{*** fti payé**, aj babillé?», im , régal^remaii^ emuorioe» Lo vtrtMK ét^it; vide. Qj> ji'y. trouva que la mmm* 4» 4A **»* (Mk* j^âm*) *« cpfrrt,, *t ft$ pfc4n aï* #H fftptff^mwaaie, ,.Laa jtoiaM* étaient do* née* i'avanc** m gag* w* créancier» du derwejr gpuvan^ ***fc 9Û* P&W ^«ii^e n'avait pa* »euUment 4faw4 te ptAtenfr» maie aueei l'a,veapr«*
On ne J»w#*i* abyie* A cette diiftc^é eu'e» ejjH ptuatatt Us . gommes a&caieaire*, et le gQav&taemeQt» bers 4'ta* 4'<obteair 4e l'argent dan* le paye mém^ »'*4xaa»a a*i* ré**4ei**r H Je*r ex|M»a le daeojdjça 4pu* lapai *L, avait trqfwt. le» ftpatHjeg^ il ne .tap caçh» ptajaan plu qa*, Wfeé.W* r*M0arca^ilt4M*t incapable de maintenir To^re {^bJtic; et comme Je* ifoutym» Uk arMMt ymmi« Uw* U* mm»: qu'Ua pourraient, lai, ffwwpw» 9H fcw 4twi*4a\ le* w4 «maro ,cafat4e>4*
etatav*r4e p*J* *è* d*ng*r^^
on subside* CetitFihiHfc é«ttSMdtiiiei«tot'«tl& pegîriaatoten^acm 'uurdrité:' ♦ rAveè ' câtf * somme-? u *n -«"«rak^pajré *eis 'mois nie solde an* troftpès^ W»ett 1er front— iwàtit M*Tàriie,*'0»"Biirà*^ dfalo-
cation*, * toéart"IMhi >>du 'Péîopo Bèm.^ Oh savait aloiv^K* gagé- les ^ressources "de**tf mes* qui* bientôt inmrt «b- «orbéés par 1er rériâmatrons do* «apitiAnerf/ et>oir rt*ait pirriMid^latecr>le«9^pi«idatoidr subvenir wàx besoin* dés sertieee pubKos. - Gomme ' 6 i%r dinuire ; il * y* «Mit < dis» eidence AdVpinio» finir 4ea'géeiéë—$i «éoaeéquwre »aé» 60iJntfrto'de<4attâiveigeiito douleur» -pnafci^* apolitiques et 4a>l«or >pe«îtiottHpeipe^Te^d,âg»d(dii'iidVTel ordre 4éfetfàsfe*.'<<il»* palier deri4*»Hiiegie»r|àTmlB|i^tftak<'lear pùtwtHë»pôàr*dttteiïWïte parti Capt*Mi^afeefcT^«: Mis-' battre ks Koméliotes. 'Mé^e5 «pt è* l^vjrtkm; • lettre b&timens avaient détrait fia flaëUè «omélioW^nqwt'dUM le?- golfe <*e Lépaote* devait sedesriefr ItM^ftmatimmé» tierce,' et ce ne fbt que pur les démonetratfons *émrgtques de la légatiotret de'la« station* IFrançèise^àNsmpile y que l'amiral ^EHcooré *tt «empêché » de 4éba*q»er attx^mc^ntty et<de< cOm^ les corpsr arrivés de Pervéhoratà Argoé:* H' était dtatc naturel»' et >toa*»à»dîiit conforme à-ses*vues* et à ses 'intérêts, quefle *éaid*nt 4e la Russie se refusa k?*n secours pécwtftokè réclamé par* tin' gouvernement, qui fut' institué» trories débris du parti qu'il avait' soutenu-, pendant «qtte le résident de la France était disposé * à fourni* son contingent. *■ La décision revenais donc à Mr. • Dawkftis y * et «encore • une fbis| lés destins éVlar Grèce ftttentJ'plaeétf* entrai uea mains , puisqu'il était reconnu <de tout le monde ^pe^ la question des subsides était devenue la question vitale dupais: là» dessus reposait tout eapofo < d'éviter 4taar> éMe et 4e comprimer les sédhkms, déni les f toraitts
signent* >t*mÈàm»ïM>téê ^*m$ÊàkÊim#s <Mate 4lr Jkto*lmkdtoât<*iÊjfrt totutfe -A* fartr* edééiv-il était fttoe^tfs*qtt«r<j^^ ft*Àm*4*
Itonm^dotrt l'èôtél fa* désigné pai«>Iny eamiae'fe ^Mptké géftéwd des *HottiélàQta«,< <pam que le opinante ft%ao.*fcry taons to satffre«g*ttf* dnqeel €ok*ti était -Vent* se pkocfcj avait ouvert sa< maison >à «c^réfagié pan* le Mettre è Vabri 4m «ni^twe» «rael^t dè»efcs ^adversaires, Cependant Mr. Dawkàut ftf*tqatapp*aé ; qu'il ftk a t poa-> y&i* établi j' ne-pofr pas 'la*>*ra*teef *ottVert«t«se«t ha *<tye«s< d*&è dépend*i^<oa'»e*iB*«»^ppiaqnV»r deiuftsi
fièe^BÔdgiéfAsltte^itil tHK*vettes*taodiÉ<x4tosv^?oa~ wfar tbktterélait< ami ofcroagt^ et ^ue poar^ea^aaw^dtt
ses iqftrôn&40»litfi|j C^Mt-péOT^t^^ ne' rafatii ç*» directement ^<tm«n« i'atftfite, daftuittfcéae ^aertqnacfci ttcbîon lfc*.réitnay^Af'»ax stotoweaden»» 4** iroia^aai*a*«t^€«nWatrtUépJe^ qnoiqqe* luaafi
rirt é «etèmt* ie gétfvefocweat >reeoanb <pa*> temfdeq s*y%n* < de 'l* alliance, > il ****po(i*dît parlai tydrttif de* sab&tar sta#^MHrrMtbi*iattitfa^q»èdttl^i< H é<*it tafa}4y 4a#4ea msà&WMàmmi éloignée é*>tbé6tae»d» oee tfét ratons, *** {MMiralent pkp> prendre snrr^OK *ne-'aii*ifn( tatfttaqnell* le* réeidtns, jbgoaat de -paèa lea ' Waoiaè 4a kr akuélÉap^ avaient * refcisé d'engager 3ea*i responsaJ hûbàpiét bientôt* oe; s'aperçât quiavee <t*«* la bonde*; eeadanfe* poasiM* ptenr kprfc'-Tnaay on - était abandonné aux chances d'une position alarmante, i t. •-'-•<•> A l'arrivée *da *s&is «ks antbaBsadetirsv las eboses taient déjà emparée** JDee * désordres avaient en;iitu/ H des vexations avaient » été ««empiiise* pèr ' les '■ tmqpei «ntera rie» kabitaaai > Le gonvememeitt - nf ayant" Main ••yen1 de*étprime# l'avidité dea <*fkwÊ*mj>twx+tk*i*l pi**ftlli|^iiifnt^
JfjfttaM* ttfflift U,*p»hr* frf^bjyitkw JiwyniH^fi, j»
jiï^^^w ' ''P^^^* 'l^^^l ^W^^P^^P^^WW' tpWw ■^WPBW 'JHVHKp. •^WHflR. ffn^
jfcwtfft •« iiirttôpfepreftt, «^tom à WgM 4» wp* 4* {friret^ établi là^Aigw, •"•■» ** Thw*M«l**> ftw* 4«l* gMra* 4* P»**i< Cf$«ti*t«î*»j >^» «aF«*^*M 4'ép wçWft
m*mml*fr «maptawid© itir^q^i ^4* *Uhrf *ir«< ta-çftt* ■ijntii<iniftihHMi#. - ^taiti J*i vMto^e^jiJkM^^iwfibyiiîl
waiB^ii'dHM» tMmvaiei* «étck éyntoiéuti MiflfrOÊft A«ii tesm liai» 4«r*ife «IHicfiiyé^VîÉalMfac CtptudMfc p»tr tffoavef da^ï^^ëettui» ii^W^<garft»titHta jnétutt
^fc^jjlîf» ji» «r<H)p*a>4^BflfftlJ«t#ft) l*m<éf**cl*i*fc 4**JRékN pèftèaftt* tCbltej4iilpi)#ip#rfc^^ 4^^4^f»^ »ft g*a*4*
4* i«Mvrki ir«i»ée* «t < 4%J* £*■& tfeih*Ji *Mfefe*i » lAl#a* 1» iiwIij 4— odî^w >rffefct»Ae^ > nom» Wt m&h**kèê 1* tMÉqpullifté uéteWUuetf nv» J'ejqneoUiti^r^fgpuTèftt^
€9iMtdérableftMf>ou^ubi»fpigrtor^' un*»»? *• s.-r * *r iin-u-j aul r.<y,,Cm «pla** *Oftt*M> pu ttaft* te utiiaiiifcw jfirt vt-
nivnt km* j»e«nsc* f«i meaaçait 4*,âB»iê** toitf i* Pén If cMièaei» ta iiMéri^ni daMi4Qii îi^^îa^, #t* tond** fÉijjÉfi^ygiignt a^féesà dkml ^# ««el 9Mft if**|
ditea. Bu vriU^a*<lai**pp<MNi -fimlmmaà tarit «*fcn de raggtomfaatfotfodeë ttoaye*'** lywpaii Km ftifcifeiit à la» tenir eweeifftétf* dan* dei Heu«â£<ib3a^*Ileree répandraient, iras eadr» >d« geammeniea*^ p aateofeti elle* tnrawraieat de quoi vivre* <et4dé*o*e*aiea*«oi des sauterelle» *out' ee «> mfallea* y# fapOhieeraictt*
^ Zai&ii persieta ,■ alliai qoe les deux -aHpnhtea 4» aen parti; il menaça raême.de;e«* satina ayea <éux^ et^pdar Bé'îptt* ét****tti*J***Éei* raptray^ee aaftea»tiiittaltfeii <aè dtekrtà**ii*4&4aJ«*iiié meam«ppaa Jaqaelle Jik taraient eaèei»^«*«in»* IkiMIéfMiH^iiit iÉninljfcnir<tHwi<aili *^g»WM^iatttt>«> flattai faritaÉÉtapài hiiaaÉi AfieaïaeéH ptetoii^aa^^^npa^ctfifei^eyritt^MdiWff^ 4tariei4lt*t*i ^laU>âà^4?WttVfr* du flatièiaf irti jiioi faiireafc» fcift diasoaâre, ett Uadoptèeti'iUi* aMatttatfmyefetftsVamll eM«dSifry> LiM'mkiavbé agiiri^4doiio> tqafeà jfirifa date ItMaena ^ridriaeAtét Ae feax*qafelle vpémamàÈynL a!«fH peotffttsà i^e#aiiipUlNbmeatMdeM«eté^iimHrarQ:r ! ii)^ ..;m,: •■• Il^e^ww^yto^^rtfe'itiaKittoM arittgaif dia^ÉÉ^ q«é tfm»angt»i*> katrei** dMtfttmaj tceiaaie dl ,b»|»aaMito BU**» £t *4ee*p*i*u4lepjiaÉ6»t ipa»llà*cBainie<dî»#dfci aatiw^i^^liwftcMinÉattdaéa.'iiefli diÉHw*i»<^eipè^o M»* d'éfereMpeyéa^pér Iei>géa*qiaeaftçav4raulMit ipei vafar *der aaketew» **> «premier tiMa^a fp^i^dteaba^ oeanae qH pakwoqut i fc*poMipee<f > poa^ eaa'fitf lear*«ak data; -•• Mniflew* aiéme "figaraifi parant laa «qhetèon» auria lea nna et lés aafcrts, ^preaqiae eana* aoeeptiapp gatfdidant-VifgMCtpon epiir Lee la— paa^aatAtahtahpnâ K^eiea^étÉ^ ^««liiatlttie^ péqdffr ye4aai«apMaipaÉ etalflftHNèaei*^*» ee 4étaoher » dtaii vpMvai* qai atetaii fhtil riea^leat dofinetr^ n > -.. -v: ,»jî,m- ; »>:i « ^ i ■«
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