SECTION
fr{> ^»v . j ».) »-: i • *fc
JLim «aux l de cette sitottthm (furent! aggwréa, par les ■wvNUM*«li* n^hiaaèîon»^cUsiwaiaf««m JUu*<parti avast'iiAiiampu pai»eesjceaa snditig é* e*ata*t*ou eau**** niai* «a<*disaelntMm t complète avait été, i empêchée par He*tri*a4a*r ^jraugère. « Sséutééi ii^etfaV 4e «a prêt» mièi^rJra^ûry.et? tâthai 4e-|(e réorganiser; Lfft géné~ rajettMfcéSas et.RfogQS, làiptpxis pat» le*>érôue«iensy m eoncertèfffinfe^BiiachU&tiaacBènstimm &aar
Jin^aunft>le«j««ïtaàa«<a^^
*u*fly aiuai^d'tiij— itu i détevmméti y»d* J'amftea**, >etideila patinêu; Leur» nmiramtti*,far#at swoné^ par .1*» tioifr rèeai^ gnpite**
Maeqt. :<£*<«ênat, -campeeé de* ïéeusY> Aîajre , idsfc pins ftvÉnttftfUf^taidi**;^^^ leur était dé-
rfaué^ etibtentefr o«<«'apeffQat<^i]Alsopoit^pùpnt c<^^er aa> JanipuaAefdtioa > e^ Aa^aie> tu^ip]e4i reMôui^ès 4** aajeiawaétaiaiftrojTfia^ fibâta d* icojftj*
At^eftia^amme^nam atteinte ipoiftéaj aux^intélétti** * a^pelètfanchateinsari pgbpeq payeyita^i^i^nftètt^ib^ta ftléteitt .nainne: eeadajimatioii 4e Jjâirscojfcdujlft i^mMMM à l'influence politique et moral» ae*fc foRvtsfjft iay#fft nwûi^ sur las destinées de la Grèce. On m'aura sans doute rendu dJj{à la justice do croire, qu'en parlant de
la maatète :4mi ..{et agea*. 4* c*Kr ptt&Man** m comportée dan* 4e* fûTafecgs #t &**&*>, j* *«î» loi* vouloir soit £u:;pn*ssant! monarque du nord, qu*a
jours etitre tenu, des gentimen»b4eavei)leas>peur InGftértt soit à ton gouvernement, trop éclairé, pour, ne pas s'apercevoir, que partout en Orient^ son 'i&frrëftct aéra compromise si,' 4m, lie*: d'être exercée kUiniWniArét général, elle n'es* déployée qu'au profit dea partk» «Je ne blâme que quelques agens de cette ;puiasaqc*, qui, crof yftut»*aA« (foute "Wlfvk *a*oaiiee> de^ttettcupey^nfoi^ véritablement rien fait autre chose que de lui nuire en ruinant la*€te$W. ^' • >»1 uoiIshîm «»m> *«>> ^ .«^? #<**%
*jfc'lrôfcl«Btf*"lA ntéfti* 4tS£ia»tiaov ^à ^parlantr <Ui^ cotfdfhe ^uv^fMlfciW'lhitiis^ ageèsjsie #atiéan*e\ nu»* tout Mr. Dawkins, y ont terni*. Tonten veenonais* saat les vues favofaWes de leurs Jgeuverneulaasi pour c*;?£ay*} je suis à peu près de l'avis du ^commandant #an brick russe, qui* quoique opposé* au nouvel ordsa de choses, avait cependant la» francWse ^dedéolarer, cm le peuple gt*0 ne «eyak paslfanquttte, taussi lsraj tenus qae des agctos 'étranger** seroient pam»* quelque obono dans fcetf affaires, et que leini»y«nile ]4tt»wr d-aviimv à sa pacfftcation, serat'deks rappeler <tou«s •-• »
Ma» rentrons «dan» l'objet *<de • nos aperçus. .
Bientôt *n apprit qu'à l'aider de se» appuis' étsu» gets* le parti vaincu venaifcd* renouer ses liaisons tes province», nveo » les corps «formée de Pancien> reniement restés dans quelque endroits /du I^potfèje et hors l'isthme, avec les chefs^mtKteires y abandonnés parleurs soldats, enfin avec les garnisons de toute* lae place» fortes, et avec 1» flotte. Les premiers aymptesase de cette vaste machination éclatèrent sur la flotte. Os était parvenu à persuader aux contre ^nmtrattx Canasta *t Andrunào', de ne pas se hâter de mettre leurs bAti~
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MM de «* feàdt* i*N*ltplfo, IHtH s^ir 1*1** Egtne, ^Mmr etèmparer des'fbuds re*t*r* !» me*****, 'l'autre sfa*. *êm*ik>&im*****'*êmmA* à-éitt: payé, pfcadent que
MU «tflV «îèniparalt dfctis Mb «*• i***rtoriféy dont H ettttdt dépeuplé datie le premier moutement. I* y *«t de# *etiées MntfMafeAe* èr Sjrrà * mai* ,* là , loi luéeomens fareat décW*fcét*é* par le nouveau gouverneur,' Sabhtnrf, tomme d'ane probité» et tiNu** capacité reconnue dans toute la Grèce. »*Eir éotiséquence;*'ila''*e retirèrent à T*- «es- et tâchèrent <Ty résister au* îmtt***êe autorités', envoyées dé Nauplie. Bientôt, il» forent ëutvto de téu* lee p*rtfaatis; du pouvoir 4é*ha dewa PArcttpèl, qufrj reprenant; ctmfiswte, *# hâtèrent de fbraier là "leur eeatre d'union. < - * •■-•■■» j > ."«•■,-*-:«*
Ou^éuit^parvetro à paralyser autorité du gbtrver- BetaenT, *ar mer, par la désobéissance de la flotte; M espérait le compromettre encore envers TEtirope, en knçaat de tous côtés des pirates, parce* qtfov rtè k ereyai* plus on état de lés pouf suivre. En même temS, •fe projeta* do s'empare* des* forteresses ot d'organiser tw guerre« civile , qui devait embraser toute la Grèce.
Le gouvernement en fat instruit, et, tonjoufs sans moyens de -payer lés corps réguliers et de rassurer par 1* de» leur ^obéissanoe , M réclama l'intervention de Pal- Haote. Les résidons consentirent à «flaire oecuper Bah ma et NaapHtTpa* teattoupes françaises, A lent «*ilrie è Nau^iey 1^ «iwwpr^atiott était srtle ptâfct*d?M*te». Les Français trouvèrent la ptfrtë d* là forteresfre 1 mais le* offleier*, ett* grande partie Corfol**, de l^eute, Se tinrent cachés. Lee autrelrtkedadéspar plusieurs de leurs camarades de Furtillérfe et par fc» mbtfetre de la guerre même, accouru à tema, pu*^ riftrtnti sans difficulté k tranquilliser les soldai égarée,
et i bu* entras ^,£aaitçaiMa*s J»fa& Im ratipa éobee^ésslaew* à Çot»», /Cetfe iy*imm*v fet*aota. Jtack*Âsfe;po*r foMW »ajC#lrtBi4^tioiii^0to von] ni ternir daa* ion part, laa «osaarises ^ 4a. flaiiariÉuaS d'iUdraxKQ, et)>par la vente dtapie tpa****„d* ses tumap eahronxe, ou ernt pouvoir amusas* ana<*fm|aie t4*t£0 ailla, écas, «Mfewwte pow payes Jk* i^asins M\m y» sisan, : Ua capfteia* 4n> yiwix pm^ wwp^ EfradidU^ peposâ,,.pa* Jeattw^iaambres, da^lfM^inQrM^ d* gaafr» veraerneat, an eomwaiMlwaeat 4a C<W^n , ^t,iv»qit4 ftf^ les enteçs, Jet 4e*tii\é à axicater e* plan.,* Il «a 4isfr> gwt *nr Cary tèae pour s'entendre» avee /Coloeetroai* ai à p«ia*' arriva Cavoa, il aa,,mi* à lîoewrve. » Jl oa»» vaatpil la #ar|iiapi^,.âalfadniait 4andeetin#meat.?ua élut Msiaiat avec sa bande* et dirigea les canoaetcbsageatMr la t*U*; niais les .habitaua *'en*ape«QMept,<< Us, f rirent ki armas, s'emparèrent des» batteries* ,at aprè* eaair ckaisé le commandant avec, «e*. gens* il* fiaatoJUaaaft» mènes Le service delà, garnison., , B1. ,Vt .*'
La même scène arriva à J}|i*elo*ghi,u où les bah* tas parTÎpreDt à iaire sortir les soldats, et sa o|ia*t gèrent *uxnm4me* de, ,1a gasde* de lajiqrtotosae^ La générai I^ngoa, qui avait ranrçm^eest Uajaon» arec la geevautemeet, . et çei y arrivait pour prendra la cons* asedement de oe^ ville importantes, aa4riaar?ft las paataa feintes et se Fetir* seul à AnatoUea . *
Legrand plan de jréaetiûn, «ençn avec habjtaftA, fobffm «tr fana, l*n points, par la^eal* 6wœ de l'efptifi pubtifi le général , Mamans Ini-méroe* ,we Jçqntl ftsHamrit <*«f46> testa 4mraobile dans saa cantemwtnenaA Salon* Cependant à Patras,i las partisans de la feetioo, vnipwi* l'mipastef en* sar leora adversaires par l'apparition de Z»< ▼•Uss. C* chef militaire appartient à l'une des premier** taillas Sealiotes, qui, avec les Servaa avait disputé
Jq «em si la prééminence à l'illustre maaùm éei Botzatu, et comme les Botsaris, qui avaient >péaéfré l'esprit <ta Président, bientôt après ion arrivé, se tenaient éloignés de ion gouvernement, ce fat une raison de plue pour leur adversaire de s'attacher à sa famille et de se réunir étroitement aux hommes influons qui l'appuyaient. Il donna donc sa soeur en mariage à Gennaeos, fils de Colocotroni, cultiva des liaisons intimçs avec les Métaxas et l'amiral Biccord, et après la mort du Président, il embrassa sans restriction la cause de son frère. C'est lui, qui exécuta les mesures sanguinaires contre les. députés dissidens d'Argos, et par son dévouement comme par son ambition, il paraissait an parti renaissant, l'homme le mieux fait pour ouvrir la ■cène de la nouvelle réaction, pendant que Colocotroni était. encore contenu par la proximité des Boméliotes, Zavellas avait ces cantonnemens à Vostizza, avec un corps de 500 hommes, et après la rentrée des Borné-» liotes, il avait envoyé comme les autres sa soumission au nouveau gouvernement. Bientôt après il fut attiré dans le plan de la grande réaction, et jetta ses yeux sur les forts de Patras et de Bhion. Ces deux forts étaient occupés par des troupes . régulières mécontentes et «abandonnées par leur commandant dans le moment oà< sa présence, aurait pu empêcher bien des .malheurs^ Ce fut sur ces troupes que ses émissaires, secondés, par leurs alliés étrangers, commencèrent à exercer leur influence. Lorsque les Français se mirent en route pour occuper les forts, on fit croire à la garnison, qu'elle allait être congédiée sans être payée, et que le gouvernement, vendu aux Français, allait leur, livrer toutes les forteresses du pays. Sur. ces bruits la garnison s'émeuta. Elle jetta en prison le commandant nouvellement: arrivé de Nauplie, et invita Zavellas à la
renforcer parmi détachement de son corps. Celai -cl n'attendant que cette invitation, qu'il avait su préparer; mais ail lreu (f envoyer une partie de ses hommes, il lesfcihena lui-même et tes atàëna tous. Bientôt il est maître de la forteresse et par elle de la ville, et il reK fuse d'en ouvrir les pottes aux Français. Ceux-ci auraient du moins pu éprendre position dans les* alentours de la ville, pour contenir l'insurrection, et faciliter par leur présence les opérations des troupes' du 'gouvernement, mais leùir commandant, qui d'ailleurs ne .manquait ni d'énergie, ' ni dlntéHigence, jugea autrement sa position. Arrivé suriun bâtitaent de guerre avant son corps, qui devaittetoir par terre, il lui ordonna de retourner, dans ses cantonnement. Alors Zavellas jeta le masque. 11 déclara le gouvernement de Nauplie illégal, l'appela usurpateur' d*un pouvoir qu'il avait arraché à des mains habiles et légitimes, pour jeter la Grèce dans l'anarchie. 11 l'accusa de livrer les forteresses du pays aux étrangers* de conspirer contre le prince, et de vouloir empêcher son arrivée. C'est pour le souverain de la Grèce, qti'il prétend vouloir garder la forteresse, qu'il appelle aux armerf tous les amis du bon ordre, et qu'il se déclare prêt à combattre les révolutionnaires et leuis principes Subversifs. Pour ne pas laisser de doute sut le 'véritable sens de ces déclarations , il relève le Phé- Jiix ^symbole dû gouvernement déchu et de là société secrète, qui ; était ; conjurée de le* défendre contre tout étranger; -et îf* écrit à Mrl lé Baron de Rouen, qu'il s'est emparé de la forteresse, comme d'un gage pour la solde Oqrie son corps aura à réclamer du prince.
Instruit de cet acte de défection et de résistance ouverte, 'le gouvernement invité les résidens à appuyer leurs décisions et à foire comprendre au chef mutiné que I. 9 '
les troupes françaises arrivent comme troupes de l'alliance, envoyées par ses représentant 4 pour maintenir là tranquillité compromise à Patra*. Les résidera se tendirent aussitôt à cette invitation; mais dans In lettre qu'ils adressaient à leurs consuls à Patras, pour être Communiquée à Zavellas, tout en exposant ce que le gouvernement demandait d'eux» ils continuaient en ces termes:
. \.x. #Votm lui déclarerez *.* que dans le cas, en le généra^ Zavellas persisterait dans son refus de remettre la citadelle aux troupes françaises, il doit être con* vaincu, que nous ferons tous nos efforts pour détourner le gouvernement d'employer èontre lui des mesures coercitives, qui seraient contraires aux directions pacifiques %t (conciliantes que nous avons reçues de la conférence de Londres; mais en même tems, que nous le rendrons responsable de ,sa résistance et des conséquences qu'elle pourra entraîner."
On sera frappé du contenu de cette lettre dont In déclaration inattendue n'est ni modifiée, ni adoucie par la fin, puisqu'il s'entend de soi -même que chacun est responsable de ses actions La déclaration reste doive dans toute sa force, c^est-à^dire, que si ce chef persiste dans sa rébellion, les résidons empêcheront le gouvernement de le réduire par les armes. On doit maintenir la paix. Telle est la volonté des puissances, MaSs ici la paix est rompue, la guerre civile a rteoom*mencé. Les capitaines sont invités à suivre l'exemple donné à fatras. Un embrasement général, fomenté de touts côtés, en sera la suite. Il s'agit donc, ou de le pire* Tenir par le renversement du chef insurgé, on d'en su* bir les conséquences. Et c'est dans une telle alternative, que les résidons déclarent qu'ils empêcheront le gouvernement de combattre l'insurrection. Pour donner
plus de solennité k une telle infraction du droit 4*4 peuples, île ordojuient que leur dMafatioj* dqit ?tre eeaunuiiiquée au chef mutiné» pat h* consuls de* froie puissances, et pour 1» aanotjonner» ils en appellent au* intentions bienveillantes des cours protectrices de lj| Grèce. On dira peut-être, que les démarches de Zavellas étaient des faits isolés, qu'il fallait tolérer pou* ne pas amener de complications plus graves. Msôm personne n'ignorait, que la conspiration ayant pour but de détruire le gouvernement à peine recpnnu, était rer pandue par tonte la Grèce» qu'à chaque instant il fallait l'attendre à de nouvelles éruption*, vu l'activité et l'impudence dn parti renversé. On ne pourra donc mé* connaître la portée de la mesure exécutée par les rési-r fan. On leur dit avec raison: „Ce que vouç faites pear Zavellas, vans ne pourrez, pas refuser de le faire pour d'autres, qui suivront son exemple. Vous pro* posez, au nom de l'alliance, l'impunité aux chefs prêts à se soulever, et vous serejc compris. An nom de la paix yons prêchez la guerre civile p et vous serea obéùw" *-
Voilà la marche de ces diplomates, poussée jusqa'an terme extrême de la mauvaise foi qui l'avait di* figée. Aussi leng-tems que le comte Augustin était an pouvoir, ils n'avaient que du mépris et des menacée pour ses adversaires, A peine ceux-ci sont «ils snr le point de renverser un pouvoir devenu désastreux pont le pays, et dangereux pour son prince , qu'ils s'interpor sent poux faire sabir aux vainqueurs le sort des vain* es; et parce qu'on est parvenu a introduire dans leur oeuvre quelques modifications, ils commencent à refuser aa gouvernement les moyens d'existence, et finissent P*r pousser a la résistance armée contre lui. On peut
bien -se douter de ce qu'ils voulaient faire; mais on ne Gë douterait pas de ce qtr'ils ont fait: ils ont empêché la Grèce ^'arriver à la tranquillité , et ils ont contribué à la replonger dans l'anarchie, à laquelle elle était sur îe J)oint d?échàppèr; • v
J'ai 'déjà plusieurs fois rendu justice aux sentiitàens honorables de Mr. le baron de Rouen , et cette justice, je la lui dois aussi en cette occasion. Comme je lui communiquais à peu près les mêmes observations, que je viens d'exposer sur la lettre fâcheuse qu'il avait signée avec ses deux collègues, il me répondit: ^Comment voulez-vous que je fasse? Vous savez quelles sont nos instructions, ' et que je dois suivre l'avis de mes deux collègues, dans tous les cas, où 3s sont unis entré eux. ' Quand des choses semblables nous sont soumises, je dois toujours m'attendre à voir prendre une. décision sinistre , et j'ai toute la peine possible à obtenir au moins des modifications."
Que Mr. le baron Bûckmann, comme résident de la Russie, ait agi dans un sens opposé à celui de Mr. le baron de Rouen, cela se comprend. Mr. Rûckmann n'a jamais caché l'intérêt qu'il a pris au gouvernement des Capodistria, et il n'a pas changé de conduite, eh refusant sa bienveillance au gouvernement opposé; mais que Mr. Dawkins, résident de l'Angleterre , ma par son aversion pour ce qu'il regarde, quoique bien à tort, comme parti Français, et par des ressentimens peu dignes de son caractère public se soit laissé, entraîner à seconder des mesures calculées pour rallier le parti Capodistria , et pousser là Grèce encore une fois, dans une direction opposée aux véritables intérêts et à la politique de son cabinet, voilà' une chose qu'on peut bien expliquer, mais qu'on ne peut comprendre.
Malgré les démarches officieuses dp ces trois age#s, et malgré; Imposition de trois jnçmferes d$ la comnpission administrative, cette ooirçmis^on, spmmée par le conseil unanime de tous les ministres et, popr ainsi diga, par l'indignatiqn puMi^e qu,'ui*e t'ejle démarche, de? représentans de l'alliance avait excitée au plus l$aut degré, se décida à mettre en mouvement des corps Roméliotes plus que suffisans pour réduire les insurgés de Patras. Il y eut bien des lenteurs, de la désobéissance même, de la part des capitaines et peu d'ensemble dans l'exécution de ces mesures arrêtées; mais enfin Zavellas fut enfermé pair eux dans la citadelle, et abandonné par le plus grand nombre de ses soldats, qui ne voulaient pas se battre contre le gouvernement. Cependant au lieu de le réduire, ees capitaines s'entendent avec lui. Il 7 a des agens, qui leur font comprendre, qu'ils n'ont rien à espérer, ni à craindre d'un gouvernement auquel on refuse .les moyens de payer leurs services, et auquel on conteste même le pouvoir de punir leur désobéissance. On leur montre les débris des richesses de l'éparchie de Patras, et les richesses encore intactes des opulentes éparchies voisines, de Gastuni, de Calabrita et de Pyrgos. On y joint la perspective d'honneurs et de récompenses d'une puissance, qu'on dit protectrice du nouveau mouvement contre des hommes, qu'on désigne comme révolutionnaires, et comme ennemis du pays et de son prince, et on finit par les * amener à une transaction - avec celui qu'ils devaient combattre.
En conséquence, le blocus de Patras fut levé et une députation envoyée au sénat, pour demander un changement de gouvernement. Cette délégation téméraire n'eut point de résultat, mais elle dévoila l'état dans lequel les affaires publiques étaient déjà tombées.
Zàvellas resta mattrë do Téparehie ile fatras et de Se* riches técolte* de raisins de Corinthe; et Etadschi» 3*etros, lé principal des capitaines qtti lai autant opposés, tautti de se* lettres de recommetidaCion se dirigea sur l'épaïchte de Gasttmi et de Pyrgw p**r les rançonner.
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SEPTIÈME SECTION
Du congrès national de Pronia et de l'opposition
contre lui,
Jt endant que les difficultés crées par le manque d'argent, par la révolte et la licence des troupes rendaient la situation du pays chaque jour plus désespérée, 1# commission du gouvernement, qui seule pouvait en*» core y apporter quelque remède, était tombée dans une paralysie complète, non seulement par sa mauvaise composition, mais aussi par suite du décret organique du sénat qui l'avait constituée. Il y avait bien dans I* commission la majorité d'une voix pour les vainqueurs; mais dans l'instruction que le sénat avait donnée au gouvernement, comme devant définir ses droits et régler «et devoirs, il y avait deux clauses qui paralysaient entièrement son action. D'après une de ces clauses, cinq membres au moins, devaient être réunis en séance pour prendre une décision; d'après l'autre, les décrets devaient être «ignés par les sept membres qui formaient la commission. Au commencement on s'était peu aperç* de ces dispositions conventionnelles.
Aussi long-tems que les intérêts vtiaux du parti ae furent pas blessés, les trois membres 4e la minorité ne poussèrent pas les choses jusqu'à eu venir à une «ciis ion, mais bientôt il fallut s'y résoudra Us protestèrent alors, et» pour rendre toute décision imposa
sible, ils quittaient les séances, ou n'y venaient pas du tout, ou refusaient de signer les décrets qui ne leur convenaient pas. Par ces procédés fâcheux, la majorité dans toutes les questions essentielles fut à la discrétion de la minorité. Les affaires s'arrêtèrent, se confondirent, le public s'impatienta, les hommes les plus confians commencèrent à désespérer du salut de la patrie, et tout le monde s'aperçut enfin de la perfidie, ou de l'ineptie insigne avec laquelle on avait organisé l'anarchie dans le gouvernement, au lieu de mettre l'harmonie dans les affaires publiques.
Dans cette situation malheureuse où l'anarchie régnait dans le gouvernement, dans les troupes et dans les affaires , les regards des gens raisonnables se tournèrent vers l'assemblée nationale, qui était convoquée pour continuer le premier congrès prorogé d'Argos, puisque l'assemblée seule avait le droit de changer le gouvernement, et avec lui, la position insoutenable du pays. Depuis la rentrée des Roméliotes, on avait travaillé à sa réunion. Le sénat, comme nous venons de le dire, avait bien voulu y mettre obstacle, en refusant au gouvernement le droit de convoquer l'assemblée, mais bientôt cette résistance, quelque opiniâtre, qu'elle fût, fléchit devant l'emportement public, qu'elle avait provoqué. Le sénat réuni en séance, et toujours refusant l'assemblée, s'y vit entouré par une foule immense. Les Démogerontes, et les plus respectables propriétaires de la commune la précédèrent. Introduits à la séance, ceux-ci déclarèrent, qu'il n'y avait pas un moment à réfléchir; que personne n'était plus en état de maîtriser l'exaspération générale, et qu'en se refusant plus longtems à signer, les sénateurs pourraient bien sortir de l'enceinte, mais traînés par les pieds, pendant que leurs têtes seraient jetées par les fenêtres. — Alors l'autori-
ftation fitt «ignée. Coletti qui avec Zaiini était vetror de la part du gouvernement pour négocier, se montra an balcon pour avertir le peuple, que l'affaire était terminée, et la foule, sans dire un mot se dissipa tranquillement, comme si elle eut arrangé une affaire de famille. Quelques jours après, l'assemblée fut convoquée, et les mouve» mens defetinés à l'accélérer, ou à l'empêcher commencèrent. Le congrès pouvait être regardé comme intempestif et même comme dangereux dans les circonstances présentés. Il ne pouvait en effet procurer au gouvernement ce qui lui manquait avant tout, c'est-à-dire de l'argent. Il ne pouvait pas non plus délivrer la Grèce dès plus grands maux qui la déchirèrent, c'est-à-dire des passions. U était même possible, qu'il les excitât davantage par la crainte des réactions.
Outre cela il était à prévoir, qu'il prendrait des mesures qui auraient pu gêner la marche du nouveau gouvernement, parce qu'on demandait de tout côté une loi sur la répartition des terres nationales, et avant tout une constitution. '•"•'»•
Par la répartition (ixnofyatç) des terres nationales, ou n'entendait pas là cession gratuite de ces terres à des individus qui y prétendaient, mais le changement d'une partie de ces terres en propriétés particulières, moyennant une somme convenue, qui devait être payée à des termes fixés au trésor, et la cession d'autres terres à des personnes qui présenteraient des titres et des droits Reconnus.
Presque toute la nation avait été déshéritée par les conquérans, qui partout s'étaient appropriés les terres fertiles, les vignes, les oliviers et même les moulins. Après qu'on les eut vaincus, et chassés du sol de la Grèce, le peuple se regarda comme rentré dans les propriétés de ses ancêtres, rachetées par son sang, et
il s'agissait seulement 4e combine* cette op érajtion de manière, qu'elle fut à la foi* profitable h fo nation et aux besoins urgens du trésor.
Cette importante affaire avait été traitée dans tous les congrès, même dans celui du comte Augustin, et aucun gouvernement ne pouvait plus la différer, puisque Tordre public en dépendait essentiellement; niais après le choix du roi cette opération ne pouvait, ni ne devait être entamée, sans la participation de son gouvernement, et la conférence de Londres, avertie i tems, par les résidons, des desseins de la faction de Nanplie, était intervenue, et avait chargé ses agens de s'opposer à toute mesure de ce genre comme contraire à la réalisation du nouvel emprunt.
Ce fut, à peu près, la même chose avec la cou* attention. Aucun des partis qui s'étaient adressés à la conférence de Londres, pour lui demander un prince» n'avait eu l'idée de rétablir dans la Grèce un pouvoir sans borne, contre lequel toute la nation avait combattu. Le comte Jean Capodistria avait été le premier à préparer une constitution, lorsque la conférence commença à s'occuper du choix d'un souverain réclamé par la Grèce. Le choix s'étant fixé sur le prince Léopold, il fut convenu entre lui d'une part, et entre le Président et le sénat de l'autre, qu'en arrivant en Grèce, il signerait et jurerait l'acte constitutionnel du pays. Et telle fut la force de l'opinion publique qui tendait à l'établissement des lois et des garanties politiques, que même le comte Augustin et son parti se virent forcés d'y accéder. Pendant qu'on faisait de nouveau parvenir à la conférence de Londres, la demande d'un prince du choix des trois puissances, on s'occupait à Nàuplie, dans le congrès de ce parti, à rédiger une constitution libérale, qui n'était pas «ans mérite en théorie; mais qui en gé-
nêral fat pr éjudiciable an pays et inexécutable. Cela n'empêchait pas cependant Mf. l'amiral Rlcoerd, d'assister à toutes les séances du congrès de son ami le comte Augustin, dans lesquelles cet acte important fut débattu.
H était à peu près convenu, que ces constitutions, entre les mains des Capodistria ne Seraient autre chose, qu'un moyen de gêner la marche du nouveau gouverne* ment, ou de rendre impossible son établissement; mais il était aussi naturel, que le nouveau congrès, cassant les actes de celui de Nauplie, s'efforçât, avant tout, dé remplacer sa constitution par une autre. On pouvait mimé craindre qu'il ne l'envoyât à Munich pour la faire accepter à la régence, pour arriver à l'établissement simultané du trône, et des droits politiques de la Grèoe.
Cependant une constitution débattue et rédigée à In hâte, dans un tems de troubles et d'anarchie, par «ne assemblée dont le caractère ne pouvait pas être défini d'avance, était une chose incompatible avec les véritables intérêts de la Grèce. Personne n'y était préparé, les idées politiques fermentaient dans les esprits, sans que ces esprits fussent plus éclairés. Il n'y avait pas même les bases d'une administration communale et départementale, ni d'un ordre judiciaire sur lesquelles en put élever l'édifice politique.
Ou aurait donc dû, peur ainsi dire, commencer par le faîte pour descendre ensuite aux fondemens, et l'on eut crée des difficultés nouvelles, au lieu d'en applanir quelques unes, que présentait déjà ee bouleversement 4e l'ordre social, et des intérêts privés. Outre cela, le choix du prince étant connu, personne ne pensa à s'y opposer. Il était donc nécessaire de lie rien préjuger **t les grandes questions politiques avant l'installation * sans la participation de sou gouvernement.
Voilà bien des raisons qui devaient faire craindre la réunie» du congrès et qui déterminèrent les résidens à s'y opposer. Cependant il était facile- de prévoir, qu'aucun pouvoir et aucune influence étrangère ne pourraient empêcher sa réunion, parce que le rétablissement de l'assemblée d'Argos, qui devait fonder les droits légaux du peuple, et faire valoir ses réclamations légitimes, avait été le* but de tous ces soûle vemens contre la famille Capodistria, et que l'espoir de réussir avait fait toute sa force. C'est -pourquoi le sénat se vit dans la nécessité d'accorder au gouvernement la faculté de réunir le congrès, et c'est aussi pourquoi celui-ci dut 'se bâter de publier l'acte de convocation. Ce fut même à cette condition que les capitaines Roméjiotes, et les députés de Perachora s'étaient enfin décidés 'à reconnaître la commission du gouvernement instituée contre leur gré; et si le sénat où le gouvernement avait hésité à s'y conformer, le congrès se serait réuni en vertu dé la proclamation du président No taras, qui -fut publiée le même jour que celle du gouvernement à Nauplie, Bientôt le mouvement se répandit dans toute la Grèce, les choix des députés furent, ou confirmés ou renouvelés, et si le congrès était un inconvénient, il fallait au moins reconnaître qu'il était un mal inévitable. Mais d'un autre côté, il y avait bien des raisons puissantes, qui forçaient d'y regarder à deux fois, avant que de contrarier sa réunion.
• Les décrets de Nauplie et la constitution rédigée et adoptée par le parti Capodistria existaient encore. Pour le bien du pays et du gouvernement royal, il fallait abolir les décrets et la constitution, avant même que la régence arrivât en Grèce. Cet acte ne pouvait être fait que par l'assemblée «nationale ; et n'eut elle fait que cela, elle aurait bien mérité du pays et du trône.
De même, il était impossible de marcher long-tems avec la commksion mixte du gouvernement, «an* boule* verger de fond en: comble Tordre déjà gravement cent» promis^ et sans rainer la .Grèce. Mr. Dawkins s'était aperça lai -même des dangers dont on était menacé, et il me déclara^ qu'il /fallait penser à un changement, si l'en était assuré de rester encore trois mois sans la régence; et tel était en effet le malheur auquel il fallait; ^attendre.
-tjes résidens étaient dans la conviction que la réagence ne tarderait pas à arriver, et cette conviction fat partagée par bien des gens, parce que; le sénat et le gouvernement, dès son installation, s'étaient adressés directement à sa Majesté le roi de Bavière, et en }ai exposant l'état critique dn pays,, avaient réclamé l'envoi immédiat du représentant du roi, comme le seul, moyen de préserver le pays de maux incalculables.. On csuf que cette demande, répétée à différentes reprises par le gouvernement,' et appuyée par lés résidens mêmes piéîi de la conférence de Londres, et près de leurs cours respectives, ne pourrait > manquer .- d'avoir; un- résultat favorable, mais l'espoir de: voir Ibientdt arriter cçtte régence s? évanouit de jour en 'jouir.": On ^coinmeuca à craindre de ne pouvoir pas 'compter sur une. iriter* vention immédiate de la Bavière , avant que les <£r**i» tières du. nouveau royaume ne fussent consenties p*? la Porte. On regarda la possibilité de réaliser l'empruntj comme liée à la décision de* Çonstantinopte,, et l'on apprit que l'acceptation de S. M. le roi Louis, pou* «on fils mineur, dépendait de v ces deux conditions p*ii*> cipdès. Alors l'arrivée de la régence ne pouvait pjps être calculée d'avance. . Bientôt je faa informé qu'avant 1« mois d'Octobre, . et que même avant la fin de l'année, on ne devait pas y compter avec certitude. Lorsqu'au
arts do Juin, j'avais désigné le moi* d'Octobre comtne le terme probable jusqu'auquel on serait condamné à reste* dans cette situation, Mr. le baron de Rouen me trouvant sa? le point de partir, par le bateau à vapear pour la Mes* sénie, me dit tout franchement: „Je suie bien aise que roua tous en allies; voua jetés tant le monde dans la consternation avec vos prévision» sinistres. Peurquoi dire, que la régence ne pourra pas arriver avant le mois d'Octobre? lors même que vous en seriez con* vaincu, vous devries dire le contraire. Mentes plutôt, mentez; dites à tout Je monde, que vous l'attendes à chaque instant Voilà ce qu'il nous faut pour faire supporter cet état déplorable." Sur quoi je lai dis: Que je n'étais pas assez charlatan pour conduire mon malade à la mort par des illusions et des mensonges, et qu'avant tout, il fallait qu'il connut «on état» pour qa'il avisât aux moyens d'en guérir.
JX n'y avait qu'un seul moyen, et c'était la réunion da congrès. D'après le droit public de la Grèce, l'assemblée nationale seule avait le pouvoir de décider si» la forme du gouvernement et sur l'extension de ses prérogatives. Avant l'arrivée du Président, tous les gou* vevnemens n'avaient été que des commissions adminis* tratives instituées jusqu'à la réunion de l'assemblée sni* vante. Austf, le comte Jean ne tenait» il son pouvoir que des congrès de Troezène et d'Argos, et le comte Augustin devait le sien à celui de Nauplie. Lorsqu* après la mort du comte Jean, le sénat forma la comfctissioa administrative, ee ne fut que par une fiction de droit, qu'on accorda un pouvoir constituant à ee corps administratif Cette fiction était commandée par la né* cessité, perce qu'il n'y avait pas de congrès réuni, et parée que la Grèce ne ponrait pas rester an seul jour sans gouvernement Le pouvoir constituant, attribué
par fiction au sénat» dotait cesser arec la Aéetsské qui Tairait fait naître. II y aurait donc en confusion de tontes les idées de droit public, ai, aveo oti geut verminent provisoire, qui avait proclamé la réunion du congrès d'Argoti, et au milieu des députés qui arrivaient pour la former , on eut voulu continuer au sénat un pouvoir qni n'était ni dans sa nature, ai dans la loi à laquelle il devait son origine; et en outre, il y aurait eu la plus ^grande témérité, si par une prétention tout» à -fait déraisonnable en faveur du sénat, on avait réveillé les passions destructives, qu'on était à peine parvenu à assoupir, par l'espoir de la prompte réuntoh du congrès.
Mais, outre la force de l'opinion dominante qui rendait l'assemblée inévitable, et la modification dû gouvernement qui la rendait nécessaire, il y avait une entre cause toute aussi importante, qui réclamait sa prompte réunion. Elle avait encore une antre mission de la plus haute importance à accomplir: c'était la re» connaissance et la confirmation du choix du souverain.
Noris avons dit, que la Grèce demandant nn rei à la conférence de Londres, n'avait pas touché la question des droits à lui» accorder, et Vêtait toujours réservé l'éta» blimement as» garanties politiques - pour la conquête desquelles elle avait pris les- armes* Le président Jeu* Capodistria était même allé plus loin, et se voyant meoaeé d'un suteoesseur, il avait fait passer une loi par le congrès d'Ârgos, d'orprèS laquelle les décisions de la ettrférooae de Londres concernant la Grèce, lie de*, raient pas être obligatoires pour la nation, , si elles tétaient pas fecsmues ot ratifiées par %e» représehtaqt thmi* ou congrès dlàrges. Ce droit réservé 4 cette «semblée fat lu cause pour laquelle elle ne fut pat dis» *Ntv mais •ûaftamènt prorogée: le tems venu, eHe dut
se réunir de nouveau pour s'acquitter de cette mission importante. • Or, les décisions da. conseille! en ihêmp tems le cas prévu par la loi d'Àrgos étant arrivée, il fallut agir de suite, réunir le congrès, faire ratifier ces déoisibqs, et reconnaître le roi de la Grèce, si l'on ne Voulait pas laisser son trône, sans lui donner pour base le- droit public de la nation même, qui devait l'affectionner et le défendre, et sans le couvrir /«lu plus solide bouclier- contre ces ennçrais intérieurs, qui ne manquent jamais d'attaquer ce qui existe.
■ ' IL est vrai, que le roi ou le régent arrivant, sans être appelés par le congrès , auraient été reçus avec le même empressement; car telles étaient les. calamités du pays, que tout soulagement devait être, accueilli avec «joie et reconnaissance, et telles furent les. passions et les* méfiantes des partis, qu'il n'y. avait qu'un gouvernement étranger à tous les partis, qui < put, les apaiser et pacifier la Grèce; mais après .des jours et Aen mois de. fêtes., on eut. vu naître des jours fâeheux de difficultés,, d'oppositions, de dissidences; des ennemis .même se. seraient présentés et auraient demandé: de queL droit' êtes -vous venu en Grèce f qui vous y a appelé!, qui a: confirmé l'érection du., trône étranger? et. qu'aurait -on eu à opposer à ces questions .importunés, excepté le pouvoir, c'est, à dire la force se dé~ battant contre le droit ?
On, peut, avoir des idées divergeantes sur: lès convenances politiques, et sur les accessoires des questions importantes, sans que le fond des choses en soit altéré ; mais ici, JU s'agissait: de ce fond des choses mêmes; la question était de savoir, si l'on voulait établir un trône:8ur la. seule base des protocoles en écartant le droit public sur. lequel la natûm l'avait voulu .fondes, ou plutôt si l'on voulait renforcer la décision des puissances, par
l'assentiment national et assurer par cette combinaison la sécurité de la dynastie qu'on venait de donner à la
Grèce. U nie parait que dans de telles occasions il faat faire abstraction de ses penchans, et de ses idées favorites pour pouvoir comprendre ce qu'il 7 a de positif et de nécessaire dans les choses et pour y conformer strictement ses actions»
Dans ce conflit de vues et de passions il y avait deux. partis à prendre. On pouvait tâcher de résister au mouvement universel, qui portait vers la réunion du congrès, ou s'en emparer pour le maîtriser. Pour justifier la résistance, on pouvait bien alléguer son im> portunité et les projets dangereux qu'il formait; mais on devait être sûr d'échouer et d'embrouiller encore davantage les affaires de la Grèce, déjà si gravement compromises. Voilà ce que firent les résidons, et ce qu'ils éprouvèrent. En s' emparant du mouvement, on pouvait le diriger de manière à ce que le congrès commença ses opérations, par apaiser les craintes et par garantir l'avenir du pays, en donnant un décret d'amnistie générale et complète et en reconnaissant et confirmant l'élection du roi. Voilà ce que je tâchai de faire conjointement avec les hommes les plus mor dérés et les plus respectables. Nous ne nous dissimuT lions nullement les difficultés, qu'on éprouverait de la part d'une assemblée législative dans ces jours de trou* Mes, ni ce qu'il y avait de dangereux dans les pas* aions anarchiques, ou démocratiques d'un certain nombre de députés: mais nous regardions comme chose déraisonnable de vouloir lutter contre le torrent, et nous étions surs qu'on pouvait avec le congrès lui-même, consolider le pouvoir royal, et débarrasser le gouverr nement actuel de ses vices radicaux , sans heurter ni les susceptibilités du parti opposé, ni les décisions du L 10
conseil de Londres, ni enfin les convenances à observer 6 régttïd iu prochâîtt gouvernement dû roi.
Le décret d'amnistie était dans torts les coetfïs, et àtec ce décret lotit prétexte d'opposition était levé. Les JiBsidefts hé pouvaient plus accuser l'assemblée nationale de revenir sur le tehis passé, de pousser aux réactions, et de nourrir des haines préjudiciables à la $&ft publique. La reconnaissance dii roi n'était pas plus douteuse, malgré tout ce qu'on avait dit des sentiment» et dés projets de la majorité des députés; et le gouvernement ïo^al tirie fôià reconnu et existant de droit, lé congrès aurait abdiqué son pouvoir législatif: il ne pouvait plus faire de lois, ni donner à la Grèce tatié constitution sans la coopération du souverain, on de sa régence, et son autorité eût été légalement restreinte à satisfaire aux besoins du moment et à prépare* les projets de lois et les institutions qu'il aurait crûs nécessaires à là Grèce.
Telle fut sur le congrès la question qui devint si complice, et si désastreuse pour le Jrajs. Soit mauvaise volonté, ou impossibilité de l'èmbràSsé* sotis tentes ries faces., <*n l'embrouilla au lied de la résoudre , et on en fil née question tte fc&rti et un instrument dé guerre civile, ait lieu de s'en servir pour padifier là Grèce, et eoittfolidèf d'avance î'atdrè dé choses qui devait y être ihtMdftit.
Mais r opposition dès diplomates s'éclipsa bientôt devant une résistance plus dangereuse, qui se liait an plan dé la grande réaction, échouée à NaupHè, à Coron, à Mïsolonghi et qui réussit à Patras.
Les! chefs tant cil Ils que militaire^ du parti vaincu craignaient le congrès, à cause de leuitf action* et de leurs intérêts. Lès uns se méfiant dès promesses d'amnistié craignaient qu'on exposât au grand jour les
vexations et Iris persécution* qu'ils avaient commises ) les aitrei redoutaient là révisioa de leuss comptes; puis* qu'il y avait bien des députés qui ne voulaient pas état» dre l'awnisiie aux écus. Tons attendaient une. coa* détonation solennelle du système déchu; quelques .unp tremblaient métnepour leur vie. „Caxj comme la vieu* général Rangos me le disait, ît y à eu entoe «es gens etnovs, de» emprisonnement des spoliations et des attentats, il y a eu des têtes mises à prix et du sang versé) et aucun de nous ne peut plus se i|er à l'autre. D'un aiitre côté1, rassemblée» sous le comte Augustin avait bien fait ses affaires dans l'intérêt de la faction. Elle avait légalisé toutes les actions et redonuk tous les comptes. Elle avait confirmé, ou décrété de$ doua* tionr et des indemnité*, en distribuant ou en vendant d«s terres nationales, des: vignes, des champs d'oliviers à us gens. Tout le monde, qui était d'accord avec le parti, y avait gagné. Il fallait donc maintenir à tout prix la solidité de ces décisions en empêchant rétablissement d'trn pouvoir qui devait commencer par les casser.
Parmi les opposans, on voyait en première ligne l'amiral étranger, qui, comme on le savait, avait pris trop d'intérêt aux affaires d'Argos et s'était trop intimement lié avec le comte Augustin pour ne pas re* garder comme des dangers qui lui étaient personnels *ux dont la réputation et les intérêts do son ami étaient menacés.
En négociateur habile , il commença à chercher des partisans dans les rangs opposés à son parti. Il n'y *v*it pas d'hommes infiuens politiques, ou militaires, auxquels il n'adressât des messages et des invitations! B^* te laissaient aborder, on avançait par des projettes et par des espérances brillantes et on montait kl têtes qu'on croyait faciles à tourner. Les Mainiates
et parmi etfx la famille des Mauromiqhalib, : étaient, surtout les personnes Vers lesquelles il dirigeait ses manoeuvres. Il leur avait à différentes reprises témoigné de l'intérêt dans leur adversité et une bienveillance, qni, sans doute honore le coeur de ce marin russe. Stappuyant sur la reconnaissance que toute cette famille lui témoignait, il tâcha de gagner Elias Maùrbmichali&, nommé Kazakos, fils de Jean, nommé Razis, sans être rebuté par l'admiration que le jeune homme manifestait pour son oncle Constantin, et pour son cousin €feorge, qui avaient tué le Président. Le trouvant peu docile et peu accessible aux promesses, il envoya son aide -de -camp au chef de la famille, Pierre Mauromichalis, vieillard également vénérable par ses vertus et ses souffrances, et qui, avec les députés do Maina demeurait à Argos au milieu des autres membres du congrès qui y arrivaient de tout coté, et en grand nombre.
Son projet était d'en détacher les Mauromiehalis et de les faire retourner chez eux, parce qu'on était bien sûr, qu'ils seraient suivis par tous les représentant de leur pays. Cela s'exécutant, la confiance des autres députés aurait été ébranlée; et en engageant les uns à s'en aller, les autres à né pas venir, on espérait tenir la réunion au-dessous des deux tiers du nombre requis par la loi pour que le congrès fût constitué.
L'envoyé de l'amiral, muni d'une lettre de recommandation, fit valoir envers le vieillard tout ce qui pouvait fléchir sa constance et convaincre sa raison. ^Depuis la grande Catherine, lui dit-il, nos souverains ont témoigné un haut intérêt à votre famille influente, jparce qu'ils ont su apprécier les services qu'elle a rendus à notre cause commune , et les vertus que vous avez toujours déployées , en administrant et en défendant votre pays. L'empereur actuel est prêt à en re-
nouveler les témoignages par des bontés et des dans convenables à vos besoins et à votre dignité., si vous voulez suivre ses conseils. Ni lai, ni le père de votre roi ne veulent cette assemblée: ils la regardent, comitie nuisible au bonheur de la Grèce, et comme hostile à son souverain, parce qu'on voit qu'elle n'est composée que de mauvais . sujets , et qu'elle se mêlera des affaires de la Grèce pour y fomenter l'esprit révolutionnaire et y rendre impossible l'établissement des principes monarchiques. Les ami? du bon ordre et de leur souverain se sont rangés de notre coté, bien décidés, à ne pas souffrir cette réunion de démagogue* et de brigands. Vous. devez à votre dignité, à votre patrie, et à votre famille, de seconder. nos démarches; et soyez sur, que de cette manière vous r aurez bien mérité du gouvernement qui viendra s'établir, et que vous y. occuperez une des premières places." Il l'invita de suite à retourner dans son pays, et lui offrit un brick et même la frégate de l'amiral pour y être reconduit.
Le vieux Prince de Maina, encore tellement souffrant de sa longue captivité, qu'il ne pouvait pas marcher sans être soutenu, lui répondit: qu'il n'avait jamais douté des sentimens paternels de l'empereur envers sa famille, et que si Sa Majesté avait permis, qu'elle fut. persécutée et opprimée dans les derniers. temS, lui, et le pays étaient bien convaincus , que la faute en était entièrement à ses agens en Grèce qui, s'étant trompés eux-mêmes, avaient dû tromper leur souverain sur les sentiitiens des hommes nés et nourris dans l'attachement dû à son auguste famille. „Je suis disposé même à présent, continua -t -il, à me conformer aux vues, et aux conseils de Sa Majesté impériale, mais avant tout, je dois les connaître d'une manière positive.
Sûrement, isi telles sont le* intentions de F empereur et du roi de Bavière, ils les adresseront immédiatement et ofieielfemeat an gouvernement grec, qu'ils ont- reconnu. Alors on saura à quoi l'en tenir. Jusqu'à 4» qs'use telle communication ait eu lieu, «on doit acoorder foi aux renseignent eus qu'on a d'une autos part, et foi disent que 8. M. le roi dé Bavière ne "veut nullement imposer son fis à la «îattibn, -qu'au contraire il veut que ce choix obtienne notre assentiment. Cet assentiment ne serait ni complet, ni valable, s'il n'était pas donné dans les formes prescrites par la loi, et en Grèce, ces formes légales n'existent point hors de rassemblée qui doit se réunir, il ne peut donc être donné que par le décret de reconnaissance avec lequel nous avons promis de commencer nos travaux législatifs. — Outre cela, je ne pals pas tne séparer de la cause de mes amis, dent je suis entouré à Argos. Oui, Monsieur, ces hommes, que vous qualifies de mauvais sujets, sont mes amis. Je les Mnnais comme des personnes, dignes d'estime, et dévouées comme ma famille à la cause de la Grèce. Nous avons supporté ensemble les adversités de notre patrie, ensemble nous saurons aussi vaincre tous les obstacles qu'on ae cesse pas de noire créer de *•■* côté, pour nous empêcher de lui préparer un awit leur avenir."
En vain l'envoyé de son excellence tâcha le lendemain <de se mettre sur un meilleur pied avec „les mauvais sujets et les brigands" assemblés à Argos. Ayant été introduit dans une 4e leurs réunions, qai devenaient à chaque instant plus nombreuses, il déclara* qu'eu Savait trompé sur leur compte, que se voyant en* tewé de pères de famille, de aégtcians, de propriétaires et 4e marias, qui jouissaient de la eonfiam* *• leurs concitoyens, il ne pouvait douter, qne **** ceS
hommes respectables ne fassent intéressés au maintien da bon ordre. Il ajouta, qu'ayant acquis cette conviction il devait désirer de les voir travailler ensemble, à rétablir bientôt la bonne harmonie ? qui jadis avait existé entre la Grèce et la Russie ka-<}essiu8 on lui répondît, qu'il se trompait singulièrement s'il regardait la Grèce comme ennemie de la Russie. „l<es Grèce, lui dU un député Psariçto, n'ont jamais méconnu ce qn* dans leur dernière lutte, ils doivent à la Russie et à l'intervention de son empereur. Ils n'en veulent qu'à ws sgens, xjui par une méprise étrange, ayant dévoua leurs sçfvip.ep aux derniers gouvernemens, ont participé aux plana les plus pernicieux de ces gouvernemens et ne cessent pas d'appgyer de toute l»eur influence ef de tous leurs moyens, des mesures qui amèneront pptfe ruine. Que ces Messieurs changent de conduire, et lesf seutimtns des Gr$cs changeront envers enpc, Mais il oons faut des actions, puisque fers protestations et les promesses ont perdu tout <§édit depuis deux ans que nous avons été si souvent et ai cruellement trompé*" «L'occasion de ypps montrer, coptiuqa«-t-il, est favorable. Secondez par vos efforts la réunion de l'assemblée au lieu de lui créer des obstacles. Amenez h reconnaître le gouvernement les homme^ .qui, «'appuyant sur tous, le combattent, ou se préparent k le combattre. Affermissez avec nous la tranquillité publique* seul but 4e nos efforts, et protégez nous quand nous préparons ta institutions et des lois à notjre patrie, et vous berces qi#l changement s'opérera pur yotre compte dan» toute !#. Grèce. Nous savons ce que vous craignez; uais rassurez von? «or nos intentions. Les loix et Les wttfntityn? que jppu* préparons à notre patrie serojtyt fortement monarchiques. £lles n'auront rien de rév.o*htiwwwre .et de dangereux. Nous connaissons et nous
aimons trop notre pays, pour vouloir lui procurer autre chose qu'un ordre durable, et nous sommes assez formés par l'expérience, et le malheur pour savoir que cet ordre doit coïncider avec les lois fortes d'un pouvoir royal, capable de commander la soumission et de forcer à l'obéissance. Fiez -vous donc à nous, et à nos démarches , et je vous répète qu'en peu de tems tout le passé sera oublié et que l'harmonie entre les Grecs et leurs anciens amis sera parfaitement rétablie." —
L'envoyé n'avait pas la mission de s'engager dans une telle discussion; il dirigea la conversation sur le feu Président et sur les torts prétendus qu'on faisait à sa mémoire; mais, accablé parla quantité de faits qu'on lui opposa sur le compte de cet homme d'état, et ému jusqu'aux larmes , il rompit en toute hâte cet entretien et s'en alla, pour ne plus revenir à Argos.
Aussi long -tems qu'on avait cru possible d'empêcher le congrès par A persuasion, par des promesses et des intrigues, on avait gardé quelque mesure et la paix ne fut plus troublée que par la défection de Zavellas; mais quand on vit qu'il était impossible de maîtriser le mouvejnent par des moyens occultes, on résolut de recourir à la force. Pas un seul membre du congrès n'avait fléchi, pas un seul capitaine n'avait encore déserté la cause nationale, pour arborer le Phénix, et quelques uns, qui l'avaient tenté à Yostizza, s'étaient vus abandonnés par tous leurs gens, sans en excepter même les valets, ,qui soignaient leurs chevaux, ni les jeunes garçons, qui leur portaient et leur allumaient leurs pipes. Les députés de la Grèce occidentale, qui manquaient encore, s'étaient mis en chemin après avoir applani les difficultés élevées parmi les chefs militaires de leur pays et avoiif affermi la tranquillité publique. Leur arrivée à Atgoà élevait le nombre des mandataires
au-delà dès deux tiers nécessaires, pour ouvrir le congrès, et c'est dans ce moment, que ses ennemis se mirent en campagne.
Le gouvernement jugea convenable d'éloigner la force année d'Argos, où le congrès allait s'ouvrir; et Ton proposa, d'envoyer le corps de Grivas, qui l'occupait, cantonner dans l'intérieur du Péloponèse, à Léontari et Phanari. Comme on devait le prévoir, cette mesure éveilla l'opposition de la minorité dans le gouvernement et fut ajournée. Avant même qu'elle fut reprise et mise à exécution , une déclaration de Colocotroni annonça qu'il avait pris les armes pour combattre le gouvernement et pour sauver l'intérieur du Péloponèse de l'invasion des brigands et des Turcs.
Ce vieux chef de Carytène, qui déjà dans la première guerre civile avait été battu et fait prisonnier par les Roméliotes, ne s'était pas hâté d'aller à son poste et comme général en chef du Péloponèse, de prendre le commandement de l'armée établie sur l'isthme. Enfin il part de Nauplie, avec une trentaine de chevaux, mais à peine arrivé dans les défilés derrière Mycène, il est averti par les fuyards, de la déroute complète que son armée, commandée par Nicitas, avait éprouvée le même jour. Alors il se retire en toute hâte sur Argos et Tripolizza, et s'enferme dans le fort de Carytène, son pays natal, qu'il avait armé "et approvisionné déjà sous le gouvernement du Président, et fortifié davantage sous celui de son frère. Le nouveau gouvernement lui avait témoigné tous les égards dus à son âge, et à son rang, et l'on ne nomma point de nouveau gouverneur pour Carytène afin que ses soupçons ne fussent pas éveillés. Mais ces précautions et ces ménagemens ne pouvaient en rien changer ses sentimens, ni apaiser ses craintes. Il vif ses ennemis en majorité dans le gou-
vtrntroent, et Théodore Grivas, leur général en chef, était eonftdvwHtire le plus intraitable et le plu* passionné. Etabli à Àrgos avec un corpp 4e quelques mille houtifi**, il le menaça de près, et il pouvait à chaque instant. feu*U$ *ur *e& éparcbie. Bientôt on eut que, malgré su résignation apparente, il était le centre, da moevement qui commençait à agiter lourdement le Péloponèee* et des bandes de brigand*, lancé* dans tontes les directions contre les corps détachés des Roméliotes, en indiquèrent le but et les moyens. On voulait ébranle* le pays, pour que les députés, effrayés sur le sort de leurs familles, ne se rendissent pas au congrès. En même tends, il était en correspondance, suivie .avecjfc* vellas, avec les chefs militaires du Péloponèse, ^vec les membre* de la minorité du gouvernement, ajrec leurs alité* étrangers, et avec tous, le* honnnes influens du parti. Averti par eux, que malgré tous ces efforts combinés, le congrès devenait inévitable et pressé d'agir ouvertement, il augmenta ses préparatifs, et le même jour on il fat averti, que Grivas devait se rapprocher de Caiytène, il lança son manifeste contre le gouvernement et le congrès. Le même jour, Gennaios, son fils, fat envoyé avec un corps de troupes pour prendre la position de Baldezza, par laquelle la plaine de Tri* poltzza est dominée. Le gouvernement de Nauplie comprit très «bien l'étendue de ce nouveau danger, Le ministre de la guerre lui soumit aussitôt le manifeste à publier, et les mesures à prendre contre cette insurrection ; mais les trois membres de la minorité se retira* rent des séances, et leur retraite empêcha In commission de se réunir en nombre suffisant pour prendre une résolution quelconque. Cependant «et affaiblissement du pouvoir exécutif ne faisait pas encore marcher les affaires de Colocotroni , parce que les chefs Roméliotes
établis à Argos et à Tripolissa, quoique «ans ordre supérieur, n'en étaient pas moins disposés à le cojnbattre; mais on réussit à mettre là désunion dans le corps de Grivas, dont les deux tiers l'abandonnèrent sens la prétexte d'être mal payée 11 ne lai resta que ciaq à huit cents hommes, avec lesquels il se mit en marcha de sa propre autorité , et. s' établit à Tripelizsa; mais n'étant plus en force pour déloger les troupes de Gennaios, il se vit ea quelque sorte, Mequé dans la plaine par elles.
£a même tents le général Nititas, que les Borné* Ilotes avaient batte sur l'isthme , partit du château de Colncofooni, avec vingt soldats seulement et se psé-» senta en M asseoie pour y remuer les paysans.
Tette la plaine de Measénie est composée de terras nationales, dont les cultivateurs paient le quart des produits au gouvernement. Nicitas leur promit qu'à l'ave? air ils ne paieraient que la dune, s'ils voulaient prendre les armes contre les Tares et centre les brigands de Crrivas pour défendre la eanse de leur pays et de leur roi. On le comprit et bientôt ce chef fat entouré de 2000 «nions armés, avec lesquels il marcha contre Kazakos, envoyé par le gouvernement pour surveillât le mouvement de Messénie.
Ce chef Mainiot abandonna «a ennemi, qu'il te-? sait bloqué dans la tour de Pétala, et se porta à la rencontre d'an adversaire plus redoutable. Chemin faisant il se vit déserté par presque tous ses gens, plus propres à pïHer qu'à se battre. Il n'avait plus que soixante hommes, lorsqu'il fat attaqué par toutes les forces do Nicitas et «alarmé dans quelques .maisaas du village Micramaina.
Comme cela se passait tout pnès des caatonnemens des Français, ceux-ci s'interposèrent, et les paysans
attaqués pendant la nuit par un autre corps mainiôt, et croyant que les Français allaient, tomber sur eux, se dispersèrent aussi vite qu'ils étaient venus. Ce corps qui arriva pour dégager ses compatriotes, avait été ramassé et amené par Germanos, frère cadet dëfiaza* kos, jeune homme de dix -neuf ans, d'une rare intelligence, et d'une intrépidité héroïque.
D'autres émissaires, envoyés de Nauplie et de Carytène dans la Laconie et la nouvelle Arcadie n'eurent pas plus de succès, et tous ces troubles n'aboutirent nullement* au but principal qu'on s'était proposé. En portant la confusion et l'anarchie dans le pays, ils empêchèrent bien le départ de quelques députés,, dont on menaçait de brûler les maisons, s'ils allaient à Argos; mais leur; retard ne pouvait plus contenir la marche des autres, qui, réunis en nombre suffisant, comme nous l'avons dit, avaient tenu leur première séance préparatoire, et choisi la commission pour vérifier les pleins pouvoirs. Il ne restait donc plus rien à faire aux opposans que de disperser le gouvernement et le congrès en attaquant le centre de leur activité à Argos et à Nauplie. En conséquence, il fut dressé un plan, d'après lequel un eorps de troupes devait tourner la position de Tripolizza et prendre poste aux Malins, vis-à-vis de Nauplie. Des bâtimens armés de Spézia, devaient sortir en même tems pour seconder par mer cette manoeuvre, pendant que des mouvemens partiels devaient éclater à Argos et à Nauplie, pour être soutenus par deux généraux péloponèsiens, qui avaient armé, depuis quelque tems, des corps de troupes qu'ils tenaient cachés dans les environs de ces deux, villes.
Cela fait, le sénat dut déclarer que, vu le danger de la patrie, le gouvernement devait être confié à des hommes plus capables. Le nouveau gouvernement éta-
bli, il devait débuter parreirVoyér rassemblée nationale. Ce plan était hardiment conçu et bieii combiné, mais il manqua dans l'exécution confiée à G*lergie.> Ce jeone militaire entreprenant, mais étourdi, après «a défait* sur l'isthme, avait vu son "corps de cavalerie se dissoiir dre par la défection et la. cupidité de plusieurs chefs Roméliotes, qui s'emparèrent de ses ohevaux et de sef armes , et il avait fini par reprendre le» fustanelles» habit grec . porté far. les capitaines dés troupes irrégulières. Bientôt il recruta presqpe ouvertement des soldats, et les' dirigea sur Carytène, puis, luimême, il s'embarqua sur un brick russe pour côtoyer le Péloponèse. Ses gens furent attaqués sur le chemin de Tripolizza par la cavalerie de Hadschi-.Cbristos et ramenés en grande partie prisonniers à Argos, lui-même arriva devant Coron; mais y trouvant le coup manqué, et la forteresse entre les mains dçs habitons il débarqua à Pétala avec six homtaes et se ctîrigia par la Mèssénie sur. Carytène. C'est ici' qu'il organisa un nouveau corps d'expédition; en attendant le* ordres de Nauplie pour se mettre en campagne. -Ces ordres ayqnt été apportés par quelques déserteurs du corps régulier, il tourna la position dé TripQloaa, et sans trouver de difficultés, il s'établit vis-à-vis de Nauplie aux Mu* lins dans une position, qui communique avec la rade; mais là son succès s'arrêta. Il y eut bien deux bâti» mens armés, qui arrivèrent au teins convenu, de Spézia et se placèrent sous les panons de la frégate dis l'amiral Riccord; maïs comme ils étaient sans papiers du gouvernement reconnu, les amiraux de France et d'Angleterre menacèrent de les traiter en pirates, malgré la présence des contre -amiraux Canaris et Calandruzzi, qu'ils avaient amenés à leur bord; et comme ils s'avancèrent néanmoins vers la position de Calergis pour lui
porter ' secours , ttn brick français et an autre anglais leur eowpéreut le chemin, mirent à découvert leur* batteries et forçaient les Spéciale» de se réfugier dans feur asyle. La position de Calergts fut attaquée du côté dffia tette, par le corps régulier et les troupes de Chry- Siotis, {tendant qu'âne goëlette hydriote da gouvernement la battait da edté de la mer. En vain Catergis espéra se voir sceon4é - par NaupH* . et Argos. Ses pactisant, interdits par l'interventip» catégorique des deux ami* raàx restèrent tranquilles, et des capitaines de Colocotroni , qui osèrent arborer l'étendard de L'ancien gouvernement h Délamanara près d'Àrgos, furent arrêtés et maltraité* par les soldats Roméliotes, accourus ponr lé renverser. Après s*être défendu pendant deux jours dans sa ' position avantageuse ,; Calergts fat ponssé à l'extrémité et Renfort avec quelques partisans pendant là nuit. On sut, que pendant le combat, de* barques russes avaient commaniqaé avec les Mutins, et qu'elles y avaient pris lès blessés pour les porter au bord des bâtimens de letir marine. De plus, il fut déclaré dans un rapport, adressé par tin officier grec da génie an ' ministère de la guerre, que le* munitions trouvées dans les positions de l'ennemi étaient tontes do calibre tusse , et le. pain de la même sorte que celai, qu'on donne aux matelots- dé cette nation, et que pendant la dernière nuit une barque russe, sans connaître la retraite de Calergîs était Venue ponr lui apporter des munitions, des provisions et àen transfuges. Parmi les lettres interceptées , il y en avait d'écrites par des déserteurs du corps régulier de Nanplie. Ils vantaient la bonne réception, qu'on leur avait faite à bord de l'amiral, et invitaient leurs camarades à suivre leur exemple.
On pouvait prévoir, que le* tentatives guerrières
ii'éa resteraient pas là, mai» ptffr lé moment ffcfe àe s'opposa plus à l'ouverture du congfrè*. Il y avait Me* encore une prefè*tàfion dans laquelle le aénat exjloftaif, payant été forcé pa* lé Mouvement dé la capitale d'accorder ail gottreftièntent le droit de convoque* le congrès, et ce congrès étant «tir le point de se constituer, il prête**daifr au droit de nommer la commission pour lfetfamen des plein» pouvoirs*, et se refusait à reconnaître un* assemblée autrement consttfuée. Le sénat savait bien que lui, côrnhitr corps administratif, n'avait rien à dé^ mêler avec le pouvoir législatif, et qu'en Cfrècë comme en d'autres pays, le cohgtiè* avait seul le droit de faire examiner les pleine pouvoirs par une commission de son choix; maïs il fallait au sénat de nouveaux cfmjriéitemens. Il se souvint, qu'avec cetfe mestrie, «laquelle aucun député indépendant n'était soumis, ori avait rompu le congrès d'Argos, et qu'en la reprenant 6n pouvait réussir encore ifrié fbis, du moins en partie. Repoussé de ses prétentions par le gtruverneiriea v 11 s'avisa plus fard de diclaWt toute rassemblée illégale, s^appnyiirit fctir dérf protestations envoyées par seé adversaires, et prétendant que les élections avaient 'été forcées. Il y avait encore de sa1 part la th&në trsiïrpàtioa d'autorité, et la même incompétente & jagfer cette question. Outré delà il était bien Connu, «t Trtêmer bien naturel, que fe gouvernement, constitué comme 1P Fétaït. h*eût eu ni la Volonté, ni lé pouvoir d'influencer les élections, qui jamais h'aVaiént été plus libres et nioitts contestées , et tjfie là tJ6fnriiià*iôn qui vérifia féà pleine pouvoirs, avait re£u du côhgrès le nntndat de se conformer en tout, jrotîr l'àdinission des députés, au règlement adopté par le ptaiiilëi? congrès d'Argos.
Sous ce point de Vue, une seule chose pouvait être objectée contre le congrès; c'est qu'il ne représentai!
pas les 4e*ix opinions qui divisèrent le pays. On n'y trouvait qte des hommes opposés au parti;Çapodiçtjriaj et dont une grande partie avait été même persécutée par ce partie, et avait tout récemment quitté les. prisons pour siéger dans l'assemblée. La cause en était que le parti Corfiote n'avait point de racines dans la classe intelligente du pays, qui fait les élections, et que ges hommes les plus marquais . étaient généralement les plus haïs.. L'opinion publiquç s'était même prononcée avec une prédilection remarquable pour les personnes persécutés sous l'ancien gouvernement, et la plus grande partie n'avait pas même trouv,é de concurrens. Il y eut bien quelques adhérans des Capodistrias parmi les élus., et même des membres. du congrès de Nauplie, mais aucun ne s'était présenté pour faire valoir ses titres. En vain déclara- 1- on que c'était par crainte, puisqu'on savait que ni le gouvernement, ni le congrès ne méditaient de réactions, C'était l'esprit de parti, qui les tenait éloigné))», ,^t même un sentiment honorable: après avoir associé leurs noms aux actes. du congrès de Nauplie, ils ne voulaient pas figurer dans une assemblée qui devait détruire ces actes, et prendre une direction opposée.
Il y avait bien à cela quelque inconvenance : Toppo^ sition n'était pas représentée; mais rien d'étonnant et moins encore d'illégitime, parce, que des assemblées li? brement choisies, représentent toujours dans leur majo? rite l'opinion publique. Si , dans cette occasion la minorité était petite, et si elle finit par s'écljpser entièrement du congrès , ce fut bien sa faute et point du tout celle de l'assemblée, ou de la nation»
Cependant le sénat menaçait toujours et méditait des changemens. Depuis le commencement du nouvel ordre de choses, c'était un ennemi déclaré, et le gou-
Terminent n'était pas encore parvenu a faire ehanger la majorité de ce corps psr le choix de^nouveanx mem* bres, puisque telle était l'aversion pour lui, qu'aucun homme de quelque distinction du parti national n'y veu* lait siéger?, et qu'on avait reçu des refus partout où on avait fait des propositions. Pour, surveiller le sénat, et pour se mettre à l'abri de ses ennemis entrés en icam* pagne, les députés résolurent de transporter le congrès à Nauplie. Les résidons après avoir combattu en vain sa réunion^ ne pouvaient pas le voir indifféremeat s'avan* eer jusqu'au milieu d'eusi. Sans droit comme sans pouvoir de s'y opposer directement, ils menacèrent de retirer la garnison française si on persistait dans ce dessein: Pour éviter au gouvernement et à la ville l'embipra* qui devait résulter de cette mesure, on résolut de tenir les séances devant les portes de la ville dans Prunoià* faubourg de Nauplie et ùàe maison en bois y fut con* struite. pour recevoir l'assemblée nationale.
Tontes ces démarches hostiles envers le congrès avaient irriter bien des esprits, et à peine pouvait- on calculer la ligne de conduite que lès députés. allaient suivre se voyant attaqués' par leurs ennemis du dehors et repoussés par leurs ennemis du dedans, expulsés de la capitale même de leur patrie, pendant qu'on leur répétait sans cesse,: que ni l'alliance, ni leur roi né voulaient d'eux. L'irritation s'étaii déjà fait remarquer dans leurs réunions particulières , et les débats s'en ressentirent dès le commencement.
. H y avait .bien des nouvelles rassurantes de l'Europe, mais elles ne pouvaient plus changer le cours des événemens.
Immédiatement après l'ouverture du congrès, on annonça que le traité de Londres, érigeant la Grèce en royaume et! lui garantissant un emprunt de 60 mil-
lionfld* frririks* était ratifié et qu'ira cofmtfer defiavière m^tardeaaft ipas 6 jràrrfriei , .pour «sraaiice* la r%eaoe> VastatppK al- fut qonnù, que les flégwiatàM* 4e cGan* «iM^iç'Qpk^éiaMnt/Bgfiktoifiiii terminée* à lavantag». dit nouàraau. royfume, etaïuçste les hommes leç pjà&siis* aeptiWeS' fcur* le point dïonjaeur nationfl, déclàrènen* «jne ier.sortdje la Grèce était fixe d'une manière brillante^ ;• » laos grandes qnestiaas étant ainsi décidées, tet^ l'uite* nir /de ia aiaâon mis; à T*farj de nouveaux chari&emeûa, heracetup de dépiMés rdéskbienjt différa* les travaux- da œefrèa ]<&q«';à ttàerivée de la régeaefe pour matfchet aanjeinéèmaat asee elle .dans .la confection de» Ibis et dana»! -établissement das institutions nationales; îjkaia Isa :pi&r*atkins des autres oonine toute mesure dilatoire étaient iderbimes *ti»p psdssantes par saké dés érénemenp pt\des soaip4on« ^i-comntMicèireHt d«ns ces jours là à planer su? les esprits Aê§k sa irrités, pft qui tendaient il faire croire qu'une raonaachie aJbséluè devait éûrq établie eu Çmèce/ Ces appréhensions, deart onriie mnaafssait pas raine jie fc&fU cimtjribibèfaent 1b pkia à déranger Je* fM«&ftaaîsèiiaj des hoimnea modéré», et le cosignes pro* ekma, que lai «nnfeetian de la opnststiition et la népâr* t&ioé Aeç biens nationaux ««raient «éa'noinbre {tes objets dont dl B^ocoafheaaift. On jetia»châ memei une phiasa d'après laquelle âan^ paftidpadcm coBYenable;(àH^aiovKrci owf$çsp3?)> à là açdacfcon de là. constitution était **4 serrée au geuretaenient flu Mi; .Cea demat ohès déplurent aux hommes las plus Masquatts de l'assemblée. De même elles furent généralement an! 'vues du public, et la désunion connnença' à se- éorelopiper bian vfto dans le sein même de l'assemblée. . * ,.,
Le décret 4'anuoiséie &*avaifc pastixnnrté te moindre obstacle, et ce point obtenu ilj fallait encore feâtejr celui de la reconnaissance du soi- pour remédier aux confié*
qnenees fâcheuse» , qui pouvaient résulter île la narchs indiquée dans la proclamation de; l*afaemblée. Le eau* gréa était prêt à faire passer' cet acte iiapertant, 6a était même d'accord qu'il devait suivre immédiatameat le décret d'amnistie. On s'aperçât bien que pas eèl acte le congrès déposerait son pouvoir législatif, puis* qu'ayant reconnu le roi il ne pouvait pbia prétendre à faire des lois sans la participation de son gouvernement; mais de l'autre coté l'arrivée de la régence étant attendue en peu de semâmes % en peu de jours même, on crut, qu'en ne pouvait pas finir la constitution avant Téta* blissement de la nouvelle autorité, et on prévit, qu'un* fois établie, celle- ci devait nécessairement prendre part à ces travaux, et en prendre même Hnitiative. De plus , la reconnaissance même du roi devait consolider l'autorité politique de l'assemblée et confondre ses ad* ▼ersaires armés pour le combattre.
Ces derniers s'aperçurent bientôt eux-mêmes du danger qui de ce côté menaçait leurs projets» Il faU lait donc faire échouer ce décret pour ne pas abandonner aux ennemis le grand avantage de jeter le fon* dément légal du nouveau trône. Mais comment pour* ra*t-oa les détourner d'une démarche qui était si con» forme à leurs propres désirs et si profitable à lésas* intérêts, puisqu'elle devait les mettre en harmonie ares la conférence de Londres et avec leur roi? Voici comme on s*y prit.
Déjà, avant l'ouverture du congrès, les députés avaient travaillé à une réconciliation générale des par*, tis, et dans la séance préparatoire d'Àrgos, Coletti l'avait conseillée comme devant être le premier acte dent il fallait s'occuper. À peine les adversaires s'aper*. çurent-ils que l'acte de reconnaissance serait mis à l'ordre du jour et passerait sans opposition 7 qu'ils se basèrent
d'entrer dans lai. voies conciliqtoires et de proposer des bases- très» raisonnables de pacification; mais la pre* mièré condition; fat ,: que l'apparition du décret sur la reconnaissance du roi serait différée de quinze jours. On déclara,, que cet acte était d'une telle importance et pari*oi->ïmême et par les liaisons, qu'il établirait parmi: Ife roi :ét les signataires, qu'on y devait laisser participer .aussi, les chefs du' parti opposé, qui alors ne balanceraient, plus à venir ' se joindre au congrès, ï/amnistie proclamée, ces quinze jours suffiraient pour qu'ils arrivassent à Nauplie, et la perspective d'y être à tèms pour apposer leur signature à ce décret fondamental du. flroit public de leur patrie, les engagerait plus pùissainënt que toute autre, chose à . entrer . en réconciliation, tandis qu'une. fois le décret . signé . et envoyé à Munich il n'y avait plus de raison pour les amener à Nauplie, et qu'an contraire ils feraient leur possible^ pour faire regarder- le congrès comme illégal et séi actes comme non avenus. >
•Ces argumens étaient d'une telle force . apparente, que presque tous les députés furent sur. le point de différer le décret, ou plutôt, de l'abandonner. Car il était impossible que l'autre parti pensât à une réconciliation' quelconque aussi long-tems qu'il avait encore des;: chances de bouleverser ses ennemis et de maintenir l'autorité .compromise du congrès du comte Augustin. Bientôt on apprit, que Calergis préparait une autre expédition, et que Mainouris était invité à venir de la Phocide pour forcer les troupes du gouvernement dans la Boeotie et passer l'isthme. On ne voulait donc que gagner du tems. — Après les quinze jours passés et en cas de besoin on aurait encore demandé un; antrte déliai,; et si lé congrès ne pouvait pas être renversé, on espérait du moins traîner son décret jusqu'à l'arrivée do
là régence. La régence arrivée on se serait passé du reste , > puisqu'on croyait être sûr qu'elle commencerait par renvoyer les députés. A la vérité ceux-ci préoccupés des préventions) et des craintes, que nous avons signalées, venaient de donner par quelques actes, dès «ignés d'une marche contraire à la prétendue volonté de la conférence de Londres et du roi de Bavière. : Quelque* uns avaient même traité comme des . mercenaires et comme des gens de cour (avXtxot) les hommes raisonnables qui dans les débats sur la proclamation de l'assemblée avaient défendu la prérogative du roi.
Il fallait donc rallier les députés à leur première décision, en leur faisant comprendre la mauvaise foi de leurs ennemis et la mauvaise! position dans laquelle ils se trouveraient si l'acte de reconnaissance ne passait pas avant que la régence se mit en chemin. „Vous êtes accusés, leur dit -on, par vos adversaires dé ne «pas vouloir du roi; ils déclarent avoir pris les armes. pour défendre sa cause contre vous. Leur parti qui a ses affidés à Corfou, à Constantinople, à Odessa, à Pétersbourg, à Munich même, ne cesse pas d'écrire dans ce sens. 11 a rempli de ses calomnies les feuilles françaises et les portefeuilles des ministres étrangers ; ses émissaires adroits et accrédités ne cessent d'exploiter l'aversion des souverains. contre des mouvemens regardés comme populaires. Pendant tout ce teins, où vos ennemis sont en train de. vous accuser et de se jouer de vous, vous n'avez rien fait pour vous défendre et pour rompre le tissu de leurs intrigues. Ni Hydra, Syra, Maina et Perachora, séparées du pouvoir central, ni les primats du Péloponèse et .les chefs militaires de la Homélie n'ont signé un seul aéte pour manifester leur adhésion à l'élection, du souverain de leur pays. Il ne vous reste qu'une seule occasion de, réparer cette faute
grave* Faites votre décret et vos adresses y sans le moindre délai, 'perce que telle est la crise des affaires publiques que personne né pourra garantir l'avenir pour un seul jour. Même dans la supposition peu vraisemblable, que le congrès puisse continuer paisiblement «es travaux, la promulgation de ce décret ne doit pas être différée, puisque s'il ne devance pas le départ de la régence de Munich, il sera sans utilité pour veu». Publiez «le plus tard, et vos ennemis déclareront, que vous n'avez cédé qu'après avoir vu, que votre opposii» tion ne pouvait plus empêcher l'accomplissement des destinées de votre pays; ils vous accuseront même de lâcheté, puisque vous sembleres vous changer en adu* lateurs pour éviter les conséquences d'une conduite qu'on qualifie de contraire aux intérêts du gouverné* ment royal. Enfin la régence arrivant avec ces préven» tions sinistres, comment pourrait-on V empêcher de se détourner tout' à fait d'un parti qu'elle doit regarder comme suspect, si non comme ennemi, pour embrasse» la cause de vos adversaires, qui feraient valoir leur fidélité à l'ancien gouvernement, quelque intéressée qu'elle ait été, pour faire croire à leurs protestations d'attachement au roi?" .
Ces réflexions ne manquèrent pas de faire impression. On se décida à revenir sur la première résolu-* tion et, après avoir proclamé l'amnistie, à procéder immédiatement au décret de reconnaissance. Pour ne pas rompre les négociations commencées avec le parti opposé, on résolut de faire deux exemplaires d« déW cret fondamental, dont Ton devait être expédié à l'instant an roi de la Grèce, pendant que l'autre, destiné à être déposé aux, archivés nationales, resterait ouvert aux signatures des députés dismdens, qui se réuniraient -plm; ;tatfl au eengrès. Cette
faite,, et te déenrf. ainsi* que le* àthreùpes wçc meMp Çnes mfwùt été «limâtes «hmlès iéwaidn» des eedtioà&, )'*£ Un fat portée dans la séance? de ¥aKtfémb)&dui& Aoâft Le choix ée» la conférence àm Loadtfes . fut. una-àimei ment reeoiimr et eoafivjné; Tonte Fàssieihbté* de leva dftni mouvement unanime pour Saluer sen sbuvOTain avec des transports de joie partagés pur ler pénale qiii remplissait en grande foule les avenues do congrès; » Je n'avais attendu que cet évéfinenvent pont quitter le pays. Après l'entrée de Coletti; à Naupiifr qui éê-* okba de kr paix, j'avais participé* à lu latte langue et pénible*, amenée, par F intervention des résidons et l'opiniâtreté dn sénat, et j'avais contribué à élôlgttf les difficultés, fui s'opposèrent se la oetnpesition> et k l'installation du weuveao géuvernenretat. Plu» taud va» yant la factien vaincue ressusciter par le? moyens et les personnes que tfou» cotfnaisstoras , je sentie se* paralyse» ne» activité,, puisque ce n'était pas sur dette faetio» que j'avais exceicé de l'influence ;, et quoique jfeasse réussi k détourner éee têtes ée sses ebefs le trop, juste courras» des vainqueurs,» je devais me résigner à Subir au moine la haine de leurs protecteurs. H y avait bïen* un moyen ée sortir encore' dfembarras. Je devais me mettre1 à ta. tête dee affaires et commencer le gouvernement dis roi En; vérifié* je fus invité de tesrt ceté à la fairey surtout par les députés réunis pour le' congrès, et les» résidens me voyant dans: une direction? entièrement* op*-* posée à leiM démarche funeste y commencèrent & reden* ter on tel dénouement et à agvr conformément à ïéuv» craintes. Entré ans pouvoir, j'aurais su vaincre* leèr intrigues des ennemis et les foeces peu redoutables1 qu'il* pouvaient mettre) en campagne ; maie pour suivre detttf marche j'avais beSqto de deux choses, d'une autorisai tien: quelconque de Sa Majesté le roi de Bavière, ©fc
quelques moyens pécuniaires. Avec deux lignes de Sa Miyesté et avec cent mille écus la pacification de la Grèce aurait pu être maintenue; mais comme j'étais sans mission , je restais sans communication de la part du toi, et qriénd je tâchai de me procurer des fonds, pou* nourrir les troupes et empêcher le relâchement de leur discipline, je n'y réussis qu'en partie et autant que mon crédit, particulier s'étendait. Etant sans autorisation et sans ressources et en conséquence hors d'état de maîtriser les affaires, je ne pouvais pas m'y mêler sans les compromettre. La seule chose que je pouvais encore essayer, était d'empêcher le congrès de faire une constitution sans le consentement de la régence, et de l'engager à confirmer l'élection du roi d'après les formes prescrites par la loi. Ces deux mesures étaient essentiellement nécessaires pour l'établissement du nouvel ordre de choses. Une constitution faite dans un tems de passion et de dissolution et sans le concours du roi n'aurait pas été acceptée, et un trône érigé sans la sanction de la nation légalement exprimée n'aurait pas été inattaquable du côté du droit. De même ces deux mesures se lièrent ensemble dans le congrès , puisque l'établissement du pouvoir royal reconnu, l'établissement de la constitution sans ce concours du prince était impossible. On vient de voir de quelle manière le décret de reconnaissance fut contrarié par les ennemis mêmes du congrès. L'affaire déjà préparée, j'eus encore à soutenir. une lutte continuelle de trois jours pour confondre leurs machinations et voir éclater cet assentiment unanime avec lequel le roi fut salué par l'assemblée légitime de la nation, qui depuis six mois lui tendait les bras. Je sentais bien, que restant encore je pouvais continuer mes occupations, tendant à apaiser les haines et à rapprocher des hommes > qui n'avaient plus
aucune raison de se troubler et de se persécuter; mais de l'antre, «côté je vins à être instruit des retards, que l'accomplissement des destinées de la Grèce éprouvait à Munich. H était donc essentiel d'y appuyer: en per* sonne les renseignemens détaillés que je n'avais -pas cessé d'envoyer en Bavière , et je résolus de partie. L'assemblée me chargea de porter le décret et les adresses à LL MM. les rois de Grèce et de Bavière, et d'être l'interprète des voeux unanimes dans lesquels se rencontraient et se confondaient toutes les classes et toua les partis: c'était de voir arriver enfin le roi sur le sol de la Grèce y ou il était attendu, comme le dernier, comme le seul espoir de salut.
Bientôt après mon départ, la catastrophe qui avait si long-tems menacé le pays, éclata sur le congrès, et comme on n'était pas parvenu à le vaincre par la force, on eut récours à une scène d'horreur, digne d'être placée à côté des actes violons avec lesquels on l'avait rompu à Argos. Le même jour où le choix du souverain fut reconnu, le congrès supprima le sénat. Cette mesure fut accueillie par le public avec les mêmes sentimens et les mêmes acclamations que la reconnaissance du roi, puisque excepté la faction renaissante du vieux gouvernement, là nation était unanime dans ses sentimens de haine contre ce corps malencontreux. Outre cela son ahimosité contre le congrès et les plans sinistres qu'il fomentait, étaient notoires et l'assemblée, en usant; de son droit pour le dissoudre, n'avait fait qu'un acte de défense et d'utilité publique. Cependant sa suppression était impolitique. Car s'il y avait eu quelque espoir de rapprochement avec le parti contraire, cet espoir était détruit par la coup porté au conseil qu'il chérissait le plus. En même tems on donnait l'occasion aux résidens de se prononcer ouvertement con-
tre l'assemblée nationale - perbè • qu'il» ségesdtisnt die -se* nat comme la tfeufo, aaàérké constituée du pays» «i'flcjb tTarairoeils àvaierit déclaré que la conférence de. Lonl . ares les avait chargés de le défendre. Lear. protesta* tien , adressée a» gouvernement, . ne se fit pae attendre et encouragea le sénat à se regarder encore eotftmè ex* istant et à continuer èlandestiitement Ses séance». :
Apres, le sénat vint le gouvernement. O. Yp&Hanti n'existait pins, Sa mort avait privé la Grèce do pluà iHostte et da pins vertueux de ses citoyens. U fallait le remplacer. Le congrès ne s'en tint pas à ce rempla* cernent et, irrité surtout centre le comte À, Afétaxà, il décida de le faire sortit de la commission gouverne* mentale. A peine cette résolution fut* elle prise que le congrès fet assailli par des bandes années-. Elles pénétrèrent dans sen enceinte, les députés furent me* nacés et maltraités, le président, vieillard de quatre* vingt ans fat tiré par les cheveux. Tout lé monde s'en-» fuit effrayé d'an attentat* qui manquait encore à L'Iris* toire de la Grèce, et les bandes qui l'avaient commis emmenèrent une douzaine de députés dans leurs cam* tonnenen* Comme le président qui fut dut nombre était prêt à succomber à la fatigue et aux mauvais traitement, le député de Tino» fut forcé de le porter sur ses épaules.
Une partie de ces brigands appartenait an corps du général Chrysiotis, qui s'était mutiné parce que le gouvernement ne leur avait pas payé le» services rendus aux Mutins contre Calergis. Pour le» IrattquiHieen en avait promis de les payer dans trois semaines , et ils attendaient l'expiration de ce terme à Aria, village près de Nauptîe, tout ea protestant, qu'ils n?e|t. voulaient pas su congrès, qu'ils le défendraient même s'il était attaqué. Le jour où la commission administrative
attok êtr* opxUAé*, le Utme était «mfilht Mti U geavernèmeat n'avait pas w 4ou».et4$ns l'état de; dis» solution, od il était tombé, il n'avait pu prendre) au* eone mesure pour amasser des fonda et peur les oon* tenter. Cependant des membres de la comlaîftsièn et des hommes qui partagaient leur vaes , déclarèrent aux soldats, qui se présentèrent pour recevoir leur argent, qu'ils devaient, s'adresser au congrès, qui avait ohaagé le gouvernement, et mis ses anciens membres hoifc d'état de satisfaire à leur sengagemens. Où s'était en* tendu avec plusieurs de leurs officiers, ceux-là con* duisirent les mutins contre le congrès : chemin fusant ils furent renforcés par dés hommes armés, appartenant i la ga^de d'un des membres du gouvernement et à la garde du congrès môme, /commandés par ,N. Servas» Heureusement pour les députés il y avait quelques centaines de Cretois, logés dans le faubourg. Ceux-ci prirent le» armes et accoururent pour défendre le con* grès, ils empêchèrent au moins, que son enceinte ne fat souillée par lp meurtre et le sang des représentans du pays.
Telle fut la fin d'une assemblée qui était digne d'un meilleur sort. Convoquée d'après toutes les formes de la loi et librement élue, elle réunissait un grand nombre d'hommes éclairés et amis de leur pays, qui avaient figuré avec éclat dans toutes les phases de la révolution grecque ; il y en avait même qu'on pouvait regarder comme des martyrs de la cause publique, a£» ftontant tous les dangers et supportant avec résigna* tion toutes les privations, quoique déjà vieux et souffr&n* et n'ayant plus de quoi s'habiller et se nourrir. Il y eut bien dans cette assemblée, des hommes sans aveu ayant des vues outrées et des desseins pernicieux, conséquence nécessaire de sa composition, qui donnait des
représentai» an* corps armés et à des pays retombés sous la domination musulmane; > mais leur nombre était petit comparativement avec les antres. ■ Constitués en eongrès national, les députés avaient commencé à faire ce que la Grèce attendait d'eux, en proclamant l'amnistie, et en travaillant à l'union; et par la reconnaissance unanime du roi ils donnèrent au trône de la Grèce la seule base de droit public, sur laquelle il pouvait; être élevé d'une manière durable. S'ils ne réussirent pas. à remplacer le sénat par un. corps plus digne de sa mission et à délivrer la Grèce de la honte du gouvernement anarchique, ce ne fut pas sûrement leur fauté. ; On n'a pour accuser le congrès que des projets, qu'on lui suppose et qui même, exécutés ne formeraient, pas des cas réels d'accusation. 11 voulut régler la distribution des terres nationales et travailler à la constitution, parce qu'il crut, que sans l'une et l'autre la Grèce ne pouvait pas exister et qu'on ne pouvait - pas. abandonner ces mesures à la discrétion, du pouvoir, futur. Sous ce rapport il y eut manque de confiance de sa part; mais qui pourrait en faire un reproche aux Grecs, après qu'ils ont été si cruellement trompés par lés derniers gouvernerions et par presque tous les étrangers, qui dans le pays même se sont mêl£s de leurs affaires? . ,
Actuellement le congrès appartient à l'histoire, qui ne tardera pas à prononcer entre les hommes dévoués à la cause de leur patrie et entre leurs ennemis tant nationaux qu'étrangers, qui, .usant de tous les avantages de leur position et de leur ascendant, sont parvenus à les ruiner.
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HUITIÈME SECTION
Dissolution du gouvernement mixte*
JLiA catastrophe du congrès mit le comble à 1* eonfu* sion et à F exaspération des partis. lié peuple de Naor* pBe était dans une effervescence alarmante,) et malgré la présence des Français il menaça de prendre d'assaut et de brûler les maisons des membres du gouvernement accusés d'avoir fomenté cette trahison. Les réside** voyant oit leur conduite avait amenfe les partis, étaient eux-mêmes ébranlés, et l'un d'entre eux, qui déjà dans plusieurs occasions avait fait -preuve dé franchise, s'ac* casait lui-même, et accusait ses collègues d'avoir été la cause de la perte de ce malheureux pays.
Dans ce moment de frayeur le courrier de Bavière attendu en vain depuis cinq mois. arriva. Sa présence» les lettres qu'il apportait au gouvernement, et les nouvelles qu'on supposait .débitées par lui sur l'arrivée immédiate de la régence donnèrent, une direction salutaire à l'opinion. L'effervescence se calma, les espérances commencèrent h renaître et les esprits les plus Opposés tâchèrent de *e rapprocher. Les députés, emmenés par les soldats et tenus pendant trois jours sur des
rochers, forent mis en liberté moyennant une rançon qui ne fut pas trop exorbitante, et il parut, qu'alors du moins chacun allait attendre le dénouement prochain; mais cette pensée n'entra pas dans la tête des hommes, qui, résolus de s'emparer de nouveau du pouvoir, et ayant déjà réussi à moitié, ne voulaient ni ne pouvaient s'arrêter en si beau chemin. La nouvelle de l'arrivée immédiate de la régence ne pouvait pas leur faire illusion, parce que instruits très -bien de ce qui se passait à Munich, Hs savaient -que la régence n'était pas encore instituée, que le corps militaire qui devait l'accompagner n'était pas formé, et que l'an 1832 pouvait finir sans vote -ïfc ïégéttoe toucher le solde la Grèce.
Rassurés sur les sentimens de leurs amis hors de le/ Ghnècci lés- tibe£r de* 1b faetïon se concertèrent sur les Mftgurefe à prendra. Une; députatidn du gouvernement étutfr su* le point die sa rendre à IVfunick, lelle devait part» avec frets bâtçneas de 4'alttanée. Les amirau* avaient Tordre de tenir ces btfrtim^ns i la disposition de la pégencie , et de les envoyer dans le port , qui leur Serais 'indiqua peur la recevoir et pour la transpercer eiiGrèpe; l Depuis l'arrivée de ce* ordres les amiraux aWient attendu les communications annoncées d'avance, et comme le courrier de Bavière ne leur apporta ni lettres, ni nouvelles, il» résolurent d'envoyer «ans plus de délai tes 'bâtiment à T«este, et d'en avertir les ambassadeurs de leurs cours à Munich pour ne pas assume* Sur- toux la responsabilité èe», retards ultérieurs et de la continuation (Je l'état déplorable de la Grèce.
Comme membres de la députation, on trouva désignés thms les communications de Munich l'amiral Miauïis et les généraux C. Betzaris et Nieitas; mais Nickas étant à la tête des paysans insurgés de Mesaénie, eu jogt» à ptopos démettre à sa place le; gé*
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A* |»p*f 4' Yps&wti <>t i^ départ Ift la imputation avait réduit, ia ^ommtesioa ; dji g^ver^p*^ it quatre lïettJbree, 4iY#39*. e& 4eax fwfti* égWX p*r Jenr print «#•»* CwiffwiPti et Çoletti 4 un joâ^^ et faim *i M&axa 4a l'autre. U y avait donc jmpqe»ibtiité de HVttehar et impossibilité de remédier h .% e mûuyei|i*nti l* congrès ,ff*l *«*4 avait; eu U dwt d* mQdi&W 1* g^v^n^iwt, était 'Minime pw.Ja viotalMfe; ,fe aélltft qni • prétendait .^ <;e , 4roit , avait été toi- Weiue *upprwé
pw te: cçngsès, > G$pftndi*nt s'app^yant wr »eu pwrti \et sgjr le»' ^*Î4&W, 4 4pfét#j&4& *aHJftuç* aa.popFofr d* reconstruire lq jg9ftmnttw*t» qni tf existait plu* aide fajt »i 4« 4**iV .
Pandwt œtte agaaie d'an , pwvoir expirant, la parti militaire de, To^oiMMoa ^tait aiur le. point d'eu finir nfec »*#', adversaire. D^jà ayant la dispersion du eastgréa, Çrfofofcraûi: é<*it parvenu à délogée Th. Grit vas de la position de Tripoliaza. Se» ami* avaient tetfe**; h' U itemtilm ■ -w« H^sehi^Ctaisto, général de la càvaluri? légère, qui mu» :1e gouvernement du tonte Anguatia «'était r**^u à l'inyitad&a, d* Coletti et ayant pas*é: fc¥ea «a teonpe aguerrie d* l'antre ««lé ià l'isthme, .avait rancit possible l'expédition .de» Borné;* liotes, maiq vayfnrt) que le* affaires 4u parti » qu'il ay ait embraaoé / tournaient apal , çt «n même tenu irrité pafc la conxht^e de Th. Grjvas, qui était venu, se loger a*eo son <caBps 4a*s se* cantmmeoneas ,. il pcêt* Portille aux promenés do: Calocotooni et dé acte alliés étrangers , et ahainkianti le général Roraéliote à son aart, faraçae eelai~di fut ; assailli par ses ennemis. Après un combat de deax joare, Grive» *e vit forcé d'abandonnés Fîaéérieur. du Pélopenèaa et 4e reioarfl^r avee la» dé**
bris de ton conta à Argos ; '• dV>à II était venu. Ce
succès paralysa les forées du seul chef, qui avait été inaccessible aux brillantes promettes du parti -renaissant. Golocotroni arriva dans le port de Nauplie et fut re$u à bord de Famiral Riccord an moment, on il s'agissait d'envoyer la dépûtation en Bavière. St'éfrat concerté avec ïseâ alliés et avec les hommes de feon parti il était tellement sut de son succès qu'il déclara à l'amiral anglais, auquel il était allé faire visite, que dans dix jours il aurait huit mille -soldats sons ses ordres, dans la plaine d'Argos. Ce n'étaient point de vaines ; menaces/ telles que Famiral Hodham, homme ferme- et intègre, mais abusé par les vues et les conseils de Mr. Dawkins, les avait voulu prendre. Après la désorganisation du pouvoir à Nauplie lès capitaines qui -levaient soutenu, : se trouvant sans «Erection et Sans appui, se- tournèrent presque* louer sans exoeption du côté, ou» ils voyaient de l'union, de l'activité et des alliés disposés à tous les sacrifices pour les attacher à leurs desseins et à leurs, intérêts.
Bientôt oto apprit que Zavellas s'approchait de Fatras, et que Maiflouris avait menacé de passer l'isthme. Les corps (fui s'étaient réunis à Colocotroni défilèrent dans la plaine d'Argos, et pendant que Orivas s'ouvrait avec les armes le chemin pour se retirer à Misolonghi et y rejoindre son frère, qui s'était emparé par la force de cette ville malheureuse, les postes avancés de Colocotroni, commandés par Calergis, arrivèrent jusqu'aux portes de Nauplie et y tinrent bloqués les restes du corps régulier, les débris du gouvernement et les résidons eux r mêmes, arrivés aux termes de leurs démarches. Aucun de ces agens ne connaissait à fond les affaires, des Grecs, parce qu'aucun d'eux ne savait leur langue et ne possédait leur confiance. Divisés eotra
eux de principes et de position, ainsi que de caractère et de sentimens ils ne pouvaient pas mettre les autres d'accord, puis qu'eux-mêmes ne Tétaient pas. Se méprenant sur leurs propres moyens, sur leur mission, sur la Grèce et ses partis, ils s'étaient chargés de conduire à travers des obstacles et des bouleversemens les affaires d'une nation qui ne voulait pas d'eux, et imposant aux vainqueurs un gouvernement de discorde, le délaissant ensuite et encourageant la sédition contre son autorité, combattant le congrès et lui opposant le sénat, ils avaient vu, sous leurs mains, tomber la Grèce dans un état d'anarchie et de misère, dans laquelle ni les Turcs, ni les Arabes n'avaient pu la plonger.
Les affaires étant poussées à cette extrémité, G.Contouriotti, Président du gouvernement, homme d'un caractère respectable, qui s'était dévoué à son emploi avec le plus grand désintéressement personnel, déposa son autorité et retourna à Hydra. Comme A. Metaxa était frappé d'interdit par le décret du congrès, il n'y eut plus que J. Coletti et A. Zaimi, qui restèrent de la commission des sept membres, et ces deux hommes étaient tellement opposés l'un à l'autre qu'il fut impossible de les réunir pour une seule mesure. Il n'y eut donc que les ministres, qui formés en conseil pouvaient encore remédier aux besoins les plus urgens du service public. Ils rendirent donc des ordonnances, auxquelles obéissait qui voulait. Ils vendirent tout ce qu'il y avait à vendre à Nauplie, édifices publics, armes, jusqu'aux canons même, pour nourrir la garnison et entretenir quelques bâtimens armés, pendant que les capitaines, maîtres de toutes les éparchies, formèrent entre eux une commission administrative, présidée par Coloco- I. 12
-troni, qui distribua les provinces aux corps de l'armée et à leurs chefs, donnant à chacun la liberté de se nomv rir et de se faire payer par les habitans. La peuple fut soumis à leur glaive sans la moindre défense des lois, dont le pouvoir avait cessé entièrement. Alors on écrivit en Europe, que tout était arrangé, que le pays était enfin tranquille et que la régence n'y avait plus à craindre la moindre résistance.
NEUTIÈME SECTION.
Jugement sur le gouvernement mixte et sur
le parti de sa majorité.
"n se sera déjà aperça que sous le rapport des calamités publiques, le gouvernement mixte ne devint qu'une continuation du gouvernement du comte Augustin. Les principales sources en étaient dans sa composition, dans ses embarras financiers, dans l'intervention ma* lencontreuse des résidens et dans l'opposition de la faction vaincue, qui secondée par les conseils, les promesses et les subsides étrangers passa des intrigues aux conspirations et ralluma la guerre civile à peine éteinte par la catastrophe de la famille Capodistria.
Mais en distribuant à chacun sa part de ces griefs fâcheux il ne faut pas oublier les fautes du parti même qui était parvenu à délivrer la Grèce du joug ignominieux des Corfiotes. Aussi long- teins qu'il marcha le front levé contre l'oppression, la corruption et la violence et qu'il rallia sous ses drapeaux l'honneur, les droits et tout l'avenir de la Grèce , il paraissait uni et repipli des meilleures intentions. Il le fut peut-être, puisque la noblesse d'une cause que les hommes ont embrassée, les élève souvent au dessus d'eux-mêmes, et il n'y a pas de doute qu'à peu près tout ce que la Grèce comptait d'hommes patriotes et vertueux, ne se
fut rangé de leur côté, ou du moins ne s'y fut rallié par ses désirs et ses intentions; mais à peine l'ennemi commun fut -il renversé, qu'on s'aperçut de quels divers partis l'opposition avait été composée, et de tout ce mélange d'intérêts privés, de passions, de corruption même, qui en avaient formé un des principaux liens.
Les primats du Péloponèse, terrassés par le Président et relevés par le succès des armes Roméliotes, reprirent leurs anciennes prétentions. Au sein du congrès ils se réunirent aux hommes de la seconde classe pour tâcher d'introduire dans les institutions qu'on méditait, un patriciat dont les avantages devaient appartenir tout- à -fait à eux, à leurs familles et à leur clientèle. Ils parlèrent de la puissance politique que le roi ne pouvait trouver que dans la noblesse à établir en Grèce, et quelques uns allèrent jusqu'à déclarer, que le gouvernement futur ne pouvait pas durer s'il n'était pas établi et dirigé dans l'intérêt de trois à quatre mille hommes les plus influens du pays. Dans l'administration, dont ils s'étaient emparés en partie, ils remirent en pratique les anciens abus, qui avaient défiguré les époques antérieures à l'avènement du Président.
Les capitaines reparurent à côté des primats sur la scène et furent les premiers à imiter leur conduite. Ils absorbaient le peu de moyens que le gouvernement pouvait amasser, par leurs demandes exorbitantes de provisions et de paiemens à compte, et ils s'emparèrent des dîmes de provinces entières, s'obïigeant à payer leurs troupes avec ces revenus; peu d'entre eux s'acquittèrent de cette obligation, et gardant l'argent pour leur propre compte, ils furent forcés de laisser à leurs soldats la liberté de se dédommager eux-mêmes par des vexations.
Le gouvernement composé comme il était, ne pouvait inspirer aucune confiance aux partis , • et ses membres à peu d'exceptions près, incapables de se maintenir dans une. position élevée et de maîtriser les événemens, tâchèrent au moins de profiter des circonstances pour eux et leur clientèle. Pour comprendre la nature de cette clientèle et les obligations qu'elle impose aux patrons, il faut connaître l'état, dans lequel des siècles peut-être des milliers d'années ont laissé la société en Grèce. Comme il n'y a pas eu de pouvoir central, capable de contenir et de défendre les hommes, chacun a été forcé de chercher ailleurs de l'appui et de la protection. Le plus naturel et le plus sur soutien, il le trouve dans la famille, dont les membres et même les parens jusqu'au second degré ne sont nulle part si liés et si prêts à s'aider entre eux qu'en Grèce. En second lieu l'homme isolé doit prendre position au milieu des autres. Selon qu'on se sent faible ou fort, on se fait le partisan de quelque homme influent ou Ton grouppe ses partisans autour de sa propre personne. De cette manière chaque homme distingué a un nombre plus ou moins considérable de personnes plus subordonnés qui le fréquentent, l'écoutent, demandent ses conseils, exécutent ses volontés et défendent ses intérêts, toujours attentifs à mériter ses égards et à gagner sa confiance. Voilà l'origine et la nature des coteries innombrables dont la Grèce est couverte. Leurs chefs quand il ne se sentent pas assez puissans pour se suffire à eux-mêmes et à leurs affidés, se rangent avec ces derniers sous un chef supérieur et augmentent par cette accession sa force et son influence. Ceux-là combinent donc le rôle de patron envers leurs cliens avec celui de client envers le patron placé dans une sphère plus élevée. C'est par cet agroupement
des coteries que se forment les partis. Au lieu de s'en étonner il y faut reconnaître la marche et l'organisa* tion naturelle et nécessaire de la société politique abandonnée à elle-même. . On ne pourra donc ni connaître, ni influencer la marche des affaires du pays, sans avoir le secret de cette organisation et sans en connaître et faire agir les ressorts.
Dans le tems dont nous parlons il n'y eut en apparence que deux grands partis avec leurs cheja connus; mais en y regardant de près on voyait, qu'il y en avait autant qu'il y avait d'hommes influens. Cependant ces partis furent tous échelonnés, de manière, qu'ils supportaient et augmentaient la puissance de quelques hommes éminens qu'on voyait figurer à la tête des mouvemens généraux.
Ceux-ci connaissant les élémens et les conditions de leur force et de leur ascendant, tâchaient de leur côté des atisfaire les intérêts de ceux qui se dévouaient à leur service. On comprendra alors la position des hommes qui formaient le gouvernement, et de ceux qu'ils avaient appelés aux ministères. Il s'agissait pour chacun d'entre eux de placer ses parens, ses amis et ses affidés, et de penser en même tems à leurs cliens, et comme chacun était dans le cas de réclamer de tels services de ses collègues et même de ses adversaires qui participaient au pouvoir, on vit parmi eux un échange de complaisances officieuses pour les emplois et les honneurs, et partout où il y avait quelque chose à gagner sur les revenus publics. Les plus grands désordres apparurent à la vente des dîmes où il y eut' un commérage de capitaines, de primats, de hauts employés et pour ainsi dire des compagnies organisées, qui pénétrèrent même dans quelques ministères et jusqu'au milieu du gouvernement. Les mêmes procédés
forent observés dans les emplois publics. Il e&t vrai, que le gouvernement se vit dans la nécessité de changer tout le personnel de l'administration, parce que celle** ci était tellement, détestée que partout où il en restait quelques débris* lé peuple ne se croyait pas délivré; et tellement compacte, liée d'intérêt et dévouée à l'ancien parti, que presque partout où un de ses membres fut conservé dans un emploi le gouvernement pouvait compter qu'il avait conservé un ennemi,* mais sous bien des rapports les hommes nouveaux ressemblèrent à leurs prédécesseurs, en quelques endroits ils les surpassèrent même en incapacité ou en gaspillage, de manière que les gens les plus raisonnables se répandirent en reproches amers déclarant que ces misérables, loin d'avoir été corrigés par l'adversité, étaient devenus pires; que leur mauvaise conduite faisait chaque jour l'apologie du Président et que celai- ci avait bien fait de les mépriser et de les persécuter.
Néanmoins on serait injuste de méconnaître ce qu'il y eut de bon dans le gouvernement, dans ses actions et dans les individus qui lui étaient attachés. A l'exception de quelques individus la commission ad-* ministrative, le conseil des ministres et en partie aussi la haute administration réunissaient dans leur sein toutes les illustrations du pays, parmi elles il y avait des hommes profondement versés dans les affaires du pays et intègres, et même des caractères dignes de l'ancienne Grèce, qui autant par leur capacité que par leurs Vertus, auraient honoré les pays les plus civilisés de l'Europe.
L'armée quoique entièrement désorganisée, garda des ménagemens en beaucoup de cas. Au commencement la discipline des troupes fut parfaite. Bientôt elle s'ébranla par le contact avec les bandes irrégu-
lières du comte Augustin et plus encore parla faiblesse du gouvernement et la mauvaise foi de leurs capitaines ; cependant cet ébranlement- du bon ordre parmi les troupes fut loin d'être universel. Il y eut parmi les capitaines des hommes, qui se refusèrent tout à euxmêmes pour contenter et contenir leurs soldats, et il y eut des corps qui attachés à des officiers bien pensans ne cessèrent pas d'être les gardes fidèles des districts qui leur furent confiés. En général cette armée sans solde, sans habits et souvent sans pain commettait moins de dégâts qu'une armée européenne n'aurait fait dans de semblables circonstances.
Le. gouvernement était faible , mais il était en même tems doux et par fois très-indulgent. Presque tous les hommes qui le composaient, ou qui étaient en rapport avec lui par leurs fonctions, avaient été persécutés et proscrits ; mais pas un seul acte de vengeance ne fut commis, et les plus outragés d'entr'eux, tels que les membres de la famille des Mauromichalis, allaient tranquilliser eux-mêmes leurs adversaires qui croyaient avoir à redouter leur vengeance. Il y eut même une indulgence qui approcha de la faiblesse: on conspira sous les yeux de la commission administrative, et Calergis avant de partir pour Coron, enrôla ouvertement son monde. Le jour avant son départ je vis son hôtel, situé dans le faubourg, encombré de soldats sans armes, qu'il avait pris à son service, et si Hadschi-Christo ne s'était pas avisé de leur couper le chemin de Tripolizza, ils seraient allés partout ou ils auraient voulu sans en être empêchés par le gouvernement.
Ce fut avec les mêmes ménagemens qu'il se conduisit envers l'opposition de Spézia. La plus grande partie des habitans de cette île florissante était prête à reconnaître le gouvernement des sept membres , mais
ils furent contenus par la faction de la famille Mexis, qui, secondée par les Androuzzis, s'était emparée de la garde municipale, de la flotte et de la douane et avait renvoyé le gouverneur venu de Nauplie. Trop circonspect et trop âgé pour agir en personne , le vieux Mexis avait mis en avant ses alliés, les Cal-Andruzzi, dont le frère cadet était contre - amiral , et l'autre gouverneur de l'île. Celui-ci ayant déposé son autorité, lorsque la famille de ses protecteurs fut renversée à Nauplie, l'avait reprise sous prétexte de maintenir la tranquillité publique. Il la maintint de telle manière que ses adversaires à la tête desquels était Tombasis, fils du vieux amiral Spéciot, avaient fait occuper leurs maisons par des hommes armés, de crainte de les voir incendiées, et qu'ils n'en sortaient pas, de crainte d'être assaillis et assassinés .par les bandes armées du vieux parti resté au pouvoir. Lorsque je m'étais rendu à Spézia pour tâcher d'amener un accommodement, on me montra les ruines encore fumantes de deux maisons, que ces bandes avaient incendiées peu avant pour se venger des propriétaires connus par leur attachement à la cause nationale. A peine la femme de l'un avait /elle pu se sauver avec son enfant à travers les flammes et les hommes armés qui étaient là pour surveiller l'exécution et piller les maisons. Quant au gouvernement qui ne savait comment nourrir les milliers de Roméliotes à son service , il lui aurait été facile d'y transporter quelques corps et de ramener l'île à la soumission; mais comme le combat, auquel il fallait s'attendre, aurait pu amener un pillage général , il ne pensa pas même sérieusement à prendre une mesure extrême contre la plus riche ville de la Grèce, qui seule dans les trois derniers mois avait gagné par le commerce des graines 4£ raillions de piastres turcs.
La même longanimité existait pour les journaux qui commençaient à s'établir à côté de la feuille du gouvernement. Il y eut un journal d'opposition libérale, la Minerve, rédigé par Mr. Antoniades député Cretois et dont les correspondans censuraient sans aucun ménagement toutes les fausses démarches de l'autorité. Souvent ils n'observaient pas même les convenances et ils descendirent quelque fois jusqu'aux calomnies et aux injures personnelles. Cela n'empêcha pas le gouvernement d'en acheter un nombre considérable d'exemplaires pour subvenir, en quelque sorte, aux besoins urgens de la rédaction. Bientôt cette feuille trouva un antagonîste du vieux parti dans le Miroir, rédigé en Grec et en Français par un jeune homme, qui, sous le gouvernement du Président, s'était distingué comme un des accusateurs publics le plus zélé et le plus dévoué au pouvoir. Encouragé par la liberté pratique, dont la Grèce jouissait sous son gouvernement chancelant, et soutenu par les alliés étrangers de son parti, il alla jusqu'à attaquer la légalité du gouvernement, du congrès et de l'administration. En même tems il se chargea de la défense des mouvemens de Kitzo-Zavellas et de ses amis et souffla presque ouvertement la guerre civile et le renversement de l'ordre établi. Ce ne fut cependant pas le gouvernement, qui perdit patience, mais bien l'imprimeur. Celui-ci déclara au rédacteur, que, quoique bien payé, il ne pouvait plus prêter ses presses pour imprimer des choses semblables, qu'en continuant il craignait de soulever le peuple et que samaison serait alors la première qui serait brûlée. Malgré toutes les promesses il persista dans son refus et comme il n'y avait point d'autre imprimerie à la disposition du Miroir, ce journal cessa de paraître. Si dans la conduite du gouvernement envers les partis opposés,
il faut reconnaître un esprit profond dé modération, on sera également obligé de lui reconnaître des capacités administratives. Dans plusieurs branches du service public il y eut une activité et une intelligence, auxquelles il fallait s'attendre de la part des hommes en grande partie distingués, qui composèrent la commission administrative et les ministères.
A peine le gouvernement fut -il installé que les pirates reparurent sur les côtes de l'Attique, du Péloponèse et dans les eaux de Syra.
Bientôt on s'aperçut qu'il y avait des desseins cachés sous ces désordres, on apprit, que même un parent du ministre de la guerre sous le comte Augustin, s'était emparé d'une felouque du gouvernement et était allé en course. Ce qu'on voulait était donc clair. Il s'agissait de compromettre le nouveau gouvernement avec les puissances, comme incapable de maintenir la sûreté des mers. L'autorité quoique sans flotte et sans argent, parvint cependant à armer une petite escadre hydriote, qui commandée par le contre -amiral A. Kriezis, un des marins les plus intrépides et les plus expérimentés, détruisit ou chassa les pirates, et la sûreté maritime fut maintenue pendant tout l'été, malgré les embarras du gouvernement. Ce fût un des cas, où le gouvernement ne fut pas contrecarré par des agens étrangers, mais bien secondé par leur autorité et leurs moyens. 11 y eut des résultats semblables dans différentes branches des finances. Autant que les exigeances du moment et la désunion du pouvoir le permirent, le chaos dans lequel on les trouva, fut peu à peu débrouillé par les soins d'A. Maurocordato , l'homme le plus capable en Grèce, qui en fut chargé. Les douanes Je Syra, les plus considérables du pays, reçurent une nouvelle organisation, et on dût surtout à l'intelligence
et à la probité du nouveau gouverneur de File, Sachinis, et aux personnes qu'il s'associa, de voir cesser les graves abus qui sous les Capodistria avaient défiguré cette branche importante des revenus publics.
Les écoles se ressentirent aussi des soins de leur chef éclairé, Jakobaty - Riso , connu en Europe par ses ouvrages historiques et à juste titre respecté en Grèce, parce qu'il sut dans de hautes fonctions sous le Président conserver intacte la considération dont il était entouré, jusqu'au moment, ou il se vit forcé de suivre l'exemple des autres hauts fonctionnaires qui lui ressemblèrent, et de se retirer des affaires. L'école d'Egine, dissoute par les conseillers stupides du comte Augustin, fut rétablie sur un meilleur plan, et la maison des orphelins fut débarrassée des enfans pervertis; la bibliothèque restée jusqu'alors sans catalogue, ainsi que le musée, et ensevelie dans son local, fut mise en ordre et ouverte aux professeurs et aux élèves. Pour subvenir aux besoins des instituteurs, restés depuis cinq ou six mois sans paiement, les magistrats et les préfets furent autorisés à les payer des revenus communaux.
Si l'administration de la justice, malgré l'état déplorable dans lequel l'ancien gouvernement avait réduit les lois, la procédure et les tribunaux, ne reçut pas des améliorations analogues, la faute n'en fût pas à Mr. Clonaras, jurisconsulte habile et actif, qui dirigeait le ministère de la justice, mais bien au sénat. Le ministre avait rédigé un travail important, qui tendait à réformer sans secousses les vices et les abus de l'ordre judiciaire. Son ouvrage reçut l'assentiment immédiat et unanime de la commission administrative, mais arrivé au sénat qui le devait confirmer,' il fut enseveli dans ses archives et y resta malgré tous les soins du ministre pour l'en retirer et malgré
l'indignation publique qu'un tel délaissement devait exciter.
Nous pourrions augmenter cet aperçu de l'activité du dernier gouvernement, par l'exposé des mesures sages et pleines d'humanité, que plusieurs administrateurs prirent pour relever les îles et les éparchies de l'état d'oppression et de dépravation dans lequel ils . les trouvèrent: mais ce que nous avons raconté suffit à notre plan.
Le gouvernement n'avait pas la même base que celui auquel il succédait; il ne voulait pas l'oppression et conséquemment il n'avait besoin, ni du mensonge, ni de la délation, ni de la corruption, ni de l'arbitraire ou de la violence pour parvenir à faire le bien du pays. 11 le voulait, et partout où son organisation vicieuse ses embarras financiers et l'opposition armée ne le paralysèrent pas, il réussit à le faire. Pour nous résumer: malgré l'ignorance, l'égoïsme et les intrigues de beaucoup de gens qui entrèrent dans ce système du gouvernement, les hommes éclairés et raisonnables qui y figurèrent aussi, surent donner aux affaires une direction, qui montra de l'intelligence et qui ne fut pas dépourvue de probité. D'après ce* qu'un gouvernement hétérogène et assailli d'adversaires, a pu effectuer dans des jours de désordres et d'angoisses, — on comprend ce qu'aurait pu faire une administration unie qui pouvant disposer des moyens du pays et maîtresse de ses propres mouvemens, aurait mis à profit le patriotisme, les lumières et la vertu, qui ne manquent nulle part parmi les hommes et qui ne manquent pas non plus en Grèce pour quiconque sait les trouver.