‹ De l'état actuel de la navigation par la vapeur et des améliorations dont les navires et appareils á vapeur marins sont susceptibles; (volume 2)Chapitre 5 sur 6 · INSTRUCTION · texte numérisé non relu

INSTRUCTION

«un

l CONDUITE, LA lÂNŒUTBE ET L'ENTRETIEN DES lÂCHINES

A BORD DES BATIMETVTS A VAPEUR (f).

StufreHUiiMe k exercer pmr le eapltalne*

Assiette da I^e devis d'armement d'nn bâtiment à Tapenr doit renfermer tous les élém^nra?» 'r\*ac's ^®D*s de calcnls nécessaires pour assurer les dispositions de chargement et Leîih** r"' ** d'arrimage les plus favorables au développement de la pleine puissance de Fap- ^*'' pareil moteur, et procurer la meilleure marche au navire.

Une trop grande comme une trop faible immersion des roues à aubes, lorsque le navire est trop chargé ou ne Test pas assez , influent d'une manière très sensible sur l'effet utile du moteur. L'immersion normale des aubes ou la plus favorable à la marche du navire est celle qui, en général, est mesurée par un enfoncement de 1d centimètres (A pouces anglais) du bord intérieur de l'aube

(1) Sous ce titre , nous ne prétendons donner que des préceptes généraux sur la conduite, ia manœuvre etTentretieD des macbines à vapeurs marines. Les devoirs et fonctions des mécamciens à bord des bAfimeots A vape«r , sous les rapports de Tordre du travail et de la discipline, doivent être détaillés dans des instructions oq règlements particuliers à cJiague service : nous citerons comme modèle, le règlement surle personnel des machines y par M. le capitaine de vaisseau Yerninac-St-Maur, pré* sident du comité de service des paquebots- postes du Levant. Les opérations relatives ^ la conduite des feux des chaudières , varient aussi selon la nature du charbon ; et , â ce sujet , nous citerons encore Tinstruction |?otir f emploi des charbons de la Grand'- Comhe , par M. le capitaine de vaisseau de Lasseaux , commandant supérieur des bâtiments A vapeur de la marine royale dans la Méditerranée.

la plas basse aa-dessons de la flottaison normale correspondante à Ta moitié de l'approvisionnement ordinaire en combustible. Il serait donc avantageux d'avoir un moyen de rapprocher à volonté les anbes du centre des roues, lorsque le bâtiment est trop chargé, et de les en écarter lorsque îe bâtiment est lège, de manière à conserver autant que possible l'immersion normale des aubes.

La conduite des chaudières exigé une surveillance particulière^ dans l'intérêt conduite de leur conservation et de l'économie du combustible. Un chaufl)êur habile ne *** ''•pp"'* charge point trop ses fourneaux, il dégage de temps en temps les grilles pour livrer passage à l'air qui arrive des cendriers, ne tourmente pas le feu et l'aiilimente convenablement. Ces opérations doivent s'exécuter avec intelligence et célérité , et réclament les soins constants des mécaniciens.

Pendant la marche, il faut observer attentivement la pression de la vapeur dans les chaudières, et faire lever les soupapes de sûreté, lorsqu'elle dépasse la pression ordinaire, qui est, en général, de 10 centimètres (ft pouces anglais), mesurés à l'indicateur du manomètre à syphon, et en réalité de 20 centimètres (8 pouces anglais), différence de niveau du mercure dans les deux branches du manomètre; cessoupapes pouvant prendre de l'adhérence sur leurs sièges et ne pas s'ouvrir d'elles-mêmes.. On observe avec non moins d'attention les robinetsjauges, flotteurs et tubes indicateurs du niveau de l'eau, qui ne doit dans aucun cas baisser jusqu'à découvrir les surfaces de chauffe. C'est la meilleure garantie contre la négligence des mécaniciens dans le service des chaudières, et le moyen le plus certain d'éviter toutes les chances d'explosion. Les mécaniciens s'étudient aussi à faire disparaître les chocs et autres causes d'échauffement dans les mouvements des machimes, lesquels consomment sans utilité une partie de la force motrice et finissent par gripper les coussinets ou user les diverses articulations. Le capitaine recherche lui-même ces défauts, les signale aux mécaniciens et leur enjoint d'y porter remède.

Un bâtiment ne devrait jamais marcher avec les soupapes levées; c'est-à-dire, que la pression de la vapeur dans la chandière devrait être tenue constamment au-dessous de celle d'après laquelle le constructeur a réglé la charge des soupapes de sûreté. C^est ce qui n'a pas lieu ordinairement : en sorte que, lorsque la machine ralentit son mouvement par l'effet du vent ou de la mer contraires, la chaudière produit de la vapeur en excès, qui se perd par le tuyau de dégagement, et la consommation du combustible est alors à peu près la même que ' si la machine fonctionnait a sa vitesse de règle. Cependant, une grande économie de combustible peut être obtenue en dirigeant convenablement les feux.

On doit laisser tomber ces feux, lorsque raccroissement de résistance qu'éprouve la machine ralentit son mouvement ; abattre un , deux fourneanx » en mod é"" rant ou annuiant leur tirage au moyen des registres des cendriers, et (la chaudière ëtaot divisée en deux corps indépendants) ne chauffer même qu^un seul corps de chaudière, si la vitesse du piston ou la consommation de la vapeur par la machine est réduite jusqu'à la moitié de celle de règle.

En donnant moins d'activité aux feux, par le moyen indiqué ci-dessus, et réduisant en même temps la pression de la vapeur ou la force de la machine» on peut aussi, dans les circonstances ordinaires et lorsque la destination du bâtiment ne réclame pas, à tout prix, la plus grande vitesse, obtenir une grande économie de combustible dans le parcours d'une distance donnée. On sait que la vitesse d'un navire varie, théoriquement, comme la racine cubique de la puissance effective développée par le moteur. D'après des expériences ordonnées par Tamirauté anglaise pour vérifier l'accord de cette loi avec la pratique, on a reconnu qu'en réduisant la puissance et par suite la dépense de combustible d'un sianème, la vitesse était seulement réduite d'un vingt-qua* triime: ou, en d'autres termes > qu'on pouvait parcourir une distance donnée à raison de 8 nœuds, avec e de moins de combustible que si la vitesse était maintenue durant toute la traversée à 8 i nœuds par heure.

C'est encore ici le lieu de signaler le parti avantageux que le capitaine doit savoir tirer de l'action des voiles, en la combinant à propos avec l'action de la machine. Lorsque la vitesse, due au seul emploi de la vapeur, se trouve trop réduite par la résistance du vent et de la mer, on peut, en augmentant cette vitesse par le secours des voiles, atteindre en moins de temps un point situé directement dans le lit du vent. Par exemple, si la vitesse, à cause du vent et de la mer contraires, était réduite à 3 nœuds par heure ^ et si la distance à parcourir en route directe était de 2309 milles, le temps employé à cette traversée serait de 767 heures; tandis que si , en faisant de la toile et portant à 4 quarts, la vitesse s'élevait à 4 i nœuds, le même point d'arrivée serait atteint en 723 heures et en parcourant une route oblique de 5253 milles. Si le vent permettait au bâtiment de porter à 2 quarts, et qu'on obtint aussi le même accroissement de vitesse , c'est-à-dire 4 4 nœuds, la traversée serait de 668 heures et par une route oblique de 3005 milles. On pourrait étendre ces exemples à d'autres vitesses ; et Ton voit qu'il sera toujours extrémei&ent facile de dresser un tableau indiquant, pour une distance directe donnée, le nombre d'heures correspondant à chaque route oblique, en raison de l'accroissement de vitesse obtenue par le secours des voiles. Les bâtiments à vapeur de la ma-

riDe «lilitatre sent gréés de maaière à pouvoir louvoyer entre 11 qaairts du ht du y%nX, à la vitesse de 8 aœods^avec les roues libres; à 6 quarts,, le vent deviendra donc portant pour la route à faire. A ce pointl et au ddà , les voiles procureront fréquemment au navire une vitesse dépassant le maximum que pourrait imprimer la seujie action de la machine ; on. économisera le comfaus* tible, et l'on ménagera en même temps la solidité de l'appareil.

Quelques heures après que l'appareil a commencé à fonctionner, pour empocher quic le sel marin: ordinaire ( hydrochlorate de sonde ) ne se dépose dans les chaudières, et n'ohstrue les rehinets-jauges , tubes indicateurs, manomètres, etc., les mécaniciens doivent faire une extraction partielle de Peau des chaudières, d'une tranche d'environ 10 centimètres d'épaisseur; c'est-à-dire qu'après avoir fait préalablement monter Feacr de 5 centimètres, ils l'abaissent jusqu'à 5 centimètres au-dessous du niveau ordinaire, qu'ils rétablissent ensuite promptement au moyen des pompes d'alimentation à eau chaude. Cette opération est répétée de 2 heures en 2 heures, ou au moins de /ï en 4. On. parvient ainsi à éviter les dépôts de sel marin. Mais, pour prévenir les dépôts de sels calcaires, il faut y joindre l'usage d'un autre procédé. L'argile, épurée de matières étrangères, injectée dans les chaudières au moyen d'aune des pompes d'épuisement de la cale, pouvant servir à volonté de pompe d'alimentation à eau chaude, a produit jusqu'à présent les eflets les plus certains.

En arrivant au mouillage et après avoir fait tomber les feux, on doit, au moyen de là pression de la vapeur restante, opérer une forte extraction de l'eau des chaudières, mais de manière cependant à ne pas refroidir trop brusquement leurs parois; on ouvre ensuite le trou- d'homme; on visite soigneusement leur intérieur, et on les nettoie le plus souvent possible pour enlever les dépôts calcaires, dont le moindre inconvénient est d'augmenter la consommation de combustible, car ils peuvent devenir assez épais pour brûler ou fendre les tôles et exposer aux plus graves accidents.

Il est nécessaire que les garnitures des pistons et des tiroirs soient souvent visitées et renouvelées, pendant les temps de repos de l'appareil. C'est, en général , par suite du mauvais état des garnitures, que la condensation est imparfaite, que les condenseurs s'échauffent et que l'appareil moteur perd une grande partie de sa force. On s'assure que la condensation s'opère d'une manière convenable, à l'inspection du baromètre qui indique le degré du vide, ou simplement au toucher, la chaleur du condenseur devant produire à la main la même impression que celle du lait tiède. La force des machines peut être encore considérablement altérée par des dérangements dans le parallélisme ou les dimen-

sioDS rdatives de l^rs organes de mouvement , par des défauts de masticage ou des fuites qui laissent échapper la vapeur ou donnent entrée à Fair dans les compartiments où doit s'opérer le vide.

Manœuvre Tous les commaudomeuts doivent être précédés du mot : Machine, afin de ne •pparei . ^^ ^^ coufoudre avec ceux relatifs aux autres manœuvres du b&timent. Dans le même but» les commandements adressés au timonnier seront exprimés par : La barre = à tribord. La barre = à bâbord, etc.

Les commandements du capitaine doivent être transmis par un homme de la machine, placé à la claire-voie des manivelles , et répétés à haute voix' par le chef mécanicien.

Un peu avant le moment convenable défaire fonctionner l'appareil, et afin de laisser aux mécaniciens le temps suffisant pour s'assurer qu'aucun obstacle ne s'oppose au libre mouvement des diverses pièces du mécanisme, pour purger les machines, les balancer et prendre toutes les dispositions préparatoires, lo capitaine commande :

Machine = Soyez paré.

Lorsque le chef mécanicien annonce que tout est prêt et que ses hommes de service sont à leur poste, le capitaine fait précéder ses commandements de celui-ci qui n'est qu'un commandement d'avertissement : Machine =: Attention.

Il commande ensuite, suivant les circonstances de la manœuvre du navire : Machine = En avant ; Machine = Stop ; Machine tu En arrière;

ilfacfttne = Doucement (les registres fermés en partie); Machine ^=: V\us doucement (les registres presque entièrement fermés); Machine = A toute vitesse (les registres ouverts en grand); Etc. *

Ces commandements s'exécutent d'abord au moyen des pédales ou leviers de mise-en-train ; et les mécaniciens n'accrochent définitivement le bras de l'excentrique sur le bouton de la manivelle du tiroir, que lorsque le capitaine fait le commandement de :

Machine =r En route.

DeYOlra éLu. cfeiaufiéur.

Allamer U feu.

Le chef nëcanicien ayant donné l'ordre de chauffer, le chauffeur doit premièrement examiner l'état des fourneaux des chaudières, s'assurer que les

barreaux des grilles sont à lear place et ne sont point engagés. Il charge ensuite les fourneaux avec une légère couche de charbon éparse sur les grilles ; il y met du bois par-dessus » qu'il recouvre également par du charbon. Il allume à petit feu ; car, sans cette précaution, les parois des foyers, surprises par une vive chaleur, éprouveraient un changement trop brusque de température qui occasionnerait ,des fissures aux tôles des côtés et du dessus des fourneaux. Il ne doit pas tourmenter son feu, jusqu'à ce qu'il soit bien embrasé. Après quoi, il charge définitivement les fourneaux d'une couche de charbon (1) d'environ 10 centimètres d'épaisseur, jusqu'aux deux tiers à peu près de la longueur des grilles, à partir de l'avant, et à une certaine distance des parois latérales, pour éviter qu'ils ne viennent se coller sur ces parois , principaîement dans les chaudières en cuivre, où les parties sulfureuses du combustible auraient une action nuisible sur le métal. Il ferme les portes des foyers et laisse le feu brûler avec ardeur, ayant soin de temps en temps de dégager les grilles pour que l'air qui arrive par les cendriers vivifie la combustion en passant librement à travers ces grilles.

Il faut que le chauiTeur observe bien la hauteur de la basuette du mano- Entretenir

° le leu

métré. II connaît que son feu se ralentit, lorsque la baguette |descend; ce qui l'avertit de pousser plus vivement le feu, pour qu'elle reprenne sa hauteur ordinaire, ayant soin cependant de ne pas mettre, dans ce cas, une couche de charbon trop épaisse sur les grilles, afin de laisser à l'air le passage nécessaire pour la combustion.

Avant d'alimenter les fourneaux, il faut premièrement dégager les grilles. Le .J^^^J^f" \l^ charbon n'ayant pas été répandu jusqu'au fond des foyers, mais seulement jus- fourneaux.

(1) Ce charbon doit être préalablement réduit en morceaux de la grosseur d'une pomme ordinaire ; il ne faut pas lion plus qu'il soit assez menu pour passer à travers les barreaux des grilles, dont Vécartement est, en général^ de 12 â 13 millimètres.

« Les grilles des fourneaux doivent être espacées de 25 à 30 millimètres , afin de faciliter à Vair un passage que l'expérience a démontré nécessaire pour activer la combustion du charbon Grand-Combe , dont les deux espèces Ayrolle et Champ-Clozony mélangées en parties égales, fournissent, sous le nom de motte-vapeur y un combustible reconnu propre â la navigation. U Ayrolle est d'une contexture grenue, et sans éclat, très friable , lent â s'allumer ; mais il chauffe bien. Le Champ^Clozon est lamelle et brillant , moins friable , et a de l'analogie avec le charbon anglais de JSewcastle -, il s'enflamme assez promptement , brûle vite , mais développe moins de chaleur que Y Ayrolle. » ( instruction pour l'emploi des charbons de la Grand^Combe^ par M. Delassaux. )

qu'aux deux tiers environ , à compter de Pavant, afin que la flamme trouve moins d'obstacle à 'se précipiter dans les carneaux et soit moins susceptible de brûler les parois des autels ou des traverses, il résulte en même temps de cette disposition plus de facilité pourle nettoyage des grilles. Le chauffeur pousse donc le charbon qui reste, dans le fond des foyers; les scories ou mâchefers viennent alors se présenter à sa vue; il les retire promptement, et ramène ensuite sur le devant le charbon embrasé qu'il avait poussé au fond et qui sert à allumer le charbon frais qu'il jette sur les grilles pour alimenter les fourneaux. Aussitôt après, il ferme les portes des foyers; et, en général, il doit tenir ces portes ouvertes le moins longtemps possible , pour que l'introduction de l'air ne refroidisse pas les parois latérales et supérieures des fourneaux et ne fasse baisser la tension de la vapeur.

Nettoyer Les ccudrcs et escarbilles qui tombent dans les cendriers , conservent une assez forte chaleur pour élever la température de l'air nécessaire à la combustion et diminuer le tirage ou l'action du feu. Il importé donc de nettoyer souvent ces cendriers ou d'en retirer les cendres et escarbilles. Suspendre mo- H esl uéccssairc que le chauffeur ouvre les portes des foyers, lorsque la

inentaDémeQC

le feu. machine est arrêtée momentanément; qu'il ferme les registres des cendriers ou de la cheminée, pour suspendre le tirage ou une production de calorique inutile et même nuisible pendant ce temps d'arrêt de la machine. Il ferme en même temps les soupapes ou robinets d'alimentation des chaudières. Eteindre le feu. Lorsquc la machinc est arrêtée définitivement et que le chef mécanicien a reçu l'ordre de faire éteindre les feux, le chauffeur doit fermer les registres des passages de l'air et ouvrir les portes des foyers; retirer lentement le charbon , pour ne pas faire éprouver aux barreaux des grilles et aux tôles des chaudières un changement trop subit de température, qui pourrait y occasionner des fissures et des gonflements; le faire tomber devant les cendriers , et l'éteindre au fur et i mesure.

Devoirs du m^cAnlcIeii , chef de quart*

puposiiioDs Le mécanicien qui prend le quart pour conduire la machine, au monent de la

préparatoires et

mite gënéraià misc cn marchc, doit s'assurer en premier lieu si les dispositions préparatoires •pp«r«> ' qu'exigent les chaudières ont été bien observées; si le niveau de l'eau est à la hauteur convenable; si tous les objets adaptés à l'appareil évaporatoire sont en état et fonctionnent librement.

Il ordonne ensuite aux chauffeurs d'allumer le feu, ayant soin d'ouvrir une soupape ou un robinet pour donner issue à l'air renfermé dant la chaudière ;

cet air, échauffé par la vapeur, pouvant par sa dilatation produire âes faites très grandes dans les divers joints et quelquefois des engorgements d'eau dans les cylindres à vapeur. Lorsqu'il n'y a plus d'air dans la chaudière^ ce dont on a connaissance aussitôt que la vapeur commence à sortir par l'orifice laissé ou'vert, le chef de quart ferme cet orifice et laisse monter la tension de la vapeur jusqu'au degré du manomètre déterminé par le constructeur. Pendant ce temps, il visite les divers mouvements de la machine et des roues, pour examiner s'ils sont en bon état et ne peuvent être engagés, au moment de fonctionner. Il s'assure aussi lui-même si les injections et toutes les prises d'eau de la mer sont telles qu'elles doivent être, et si leurs robinets ou soupapes peuvent être manœuvres librement. Il fait graisser soigneusement les articulations des diverses pièces du mécanisme.

Aussitôt qu'il a reçu l'ordre de se préparer à faire fonctionner l'appareil, il ouvre la soupape destinée à envoyer la vapeur dans le fond du tiroir, du cylindre et du condenseur, et purger la machine jusqu'à ce que l'eau et l'air qui s'y trouvent renfermés en soient chassés par la vapeur à travers le reniflard ou soupape depurgation. Il balance la machine, en lui faisant faire quelques tours en avant et en arrière, pour être sûr de pouvoir la lancer à l'instant même du commandement. Ces quelques tours de roues ont lieu lentement, afin que l'eau qui se trouve au-dessus du piston du cylindre à vapeur et qui n'a pu être chassée à travers la soupape de purgation . ait le temps de s'écouler par la botte à tiroir dans le condenseur.

Toutes ces précautions ayant été prises, le mécanicien chef de quart se trouve Machine

* en mouvcnicDf.

prêt à mettre la machine en mouvement et à exécuter promptement sur elle les manœuvres commandées par le capitaine. Au commandement de : Machine = En avant, ou de : Machine = En arrière, il ouvre à l'instant le registre d'admission de vapeur dans la boite à tiroir et, dès que la machine a commencé à prendre du mouvement, la soupape ou robinet d'injection d'eau froide dans le condenseur; et, se réglant sur la position des manivelles de l'arbre de couche ou sur la position de la traverse du piston , il gouverne à la main le levier du tiroir, de manière à introduire à propos la vapeur au-dessus ou au-dessous du piston, et ainsi de suite alternativement^

Au commandement de : Machine j= Stop, il arrête la manœuvre du tiroir et ferme au même instant le registre de vapeur et l'injection au condenseur. La machine ayant été mise en mouvement au moyen du levier de mise-en-train, aussitôt le commandement de : Machine zrz'Rn route, le mécanicien embraye définitivement le bras d'excentrique avec le bouton de la manivelle du tiroir.

Il (tonne ensuite la marcbe ordinaire an mécanisme, onvrknt pins ou moins te registre d^admission de vapeur selon la vitesse du piston et la pillssaùce pro-^ duetive de la chaudière» et i^ soupape d'injection selon Pélat de la conden" sation.

It doit faire ouvrir les soupapes de sûreté, si elles adhèrent à leors sièges et ne se lèvent pas d'elles-mêmes, lorsque la vapeur dans la chaudière est indiquée dépasser la tension requise. Mais, dans tous les cas, il faut les ouvrir lentement, afin que l'eau ne soit point entraînée par la vapeur dans le tuyau de dégagement ou même dans le tuyau de communication aux cylindres de la machine; pour ce motif, les leviers à vis et à écrou qui servent à manœuvrer ces soupapes sont préférables aux leviers à tiroir que les mécaniciens peuvent faire agir brusquement.

Pendant tout le teipps que l'appareil fonctionne, il surveille avec une attention particulière le service des chauffeurs ; il s'assure que l'alimentation entretient l'eau des chaudières au niveau convenable; il fait une extraction partielle de cette eau saturée de sel marin, au moins une fois dans son quart, ou mieux encore deux fois s'il est possible; et, lorsqu'il fait usage d'argile pour prévenir les dépôts de sels calcaires, il doit en injecter dans la chaudière la quantité nécessaire pour remplacer celle qui est entraînée par l'extraction. Les fuites ou les gonflements qui se déclarent beaucoup trop souvent aux parois des foyers, et que les mécaniciens désignent communément par le nom de coups de feu, proviennent en général ou d'une couche trop épaisse de dépôts salins sur ces parois, ou d'un abaissement du niveau de J'eau laissant à découvert les surfaces de chauffe. Lorsque ce dernier cas arrive, les conséquences peuvent en être beaucoup plus ftinestes ; et aussitôt que le mécanicien chef de quart s'en . aperçoit , le meilleur parti qu'il ait à prendre est d'arrêter d'abord les pompes alimentaires et surtout de ne pas employer la pompe à eau froide pour rétablir le niveau; afin d'éviter les détonnations qui auraient lieu par l'arrivée de l'eau sur le métal surchauffé et qui produiraient au moins des tissures dans les tôles, si la grande quantité de vapeur qui pourrait se développer instantanément n'était même capable de faire éclater la chaudière. Il faut que le mécanicien, après en avoir prévenu le capitaine, ordonne immédiatement de fermer le registre de la cheminée ou mieux les portes des cendriers pour arrêter le tirage; qu'il se garde bien d'ouvrir les soupapes de sûreté; qu'il fasse retirer les feux sans trop de précipitation; qu'il continue de faire marcher la machine le plus longtemps possible, pour consommer la vapeur produite, et qu'il attende d'avoir refroidi lentement les parois des foyers, pour pouvoir alimenter de nouveau la

chaudière et pousser ensuite assez vivement les Ceux qu'il vient de rallumer^ afin d'obtenir au plus tôt de la vapeur.

II doit faire observer aux hommes de servic%de la machine, (pii sont chargés de graisser les mouvements/de ne point employer de la graisse ou de l'huile sales et de ne laisser glisser aucun corps dur dans les diverses articulations; sans quoif les coussinets ou garnitures en cuivre éprouveraient une prompte détérioration. Il porle également son attention sur le travail de la.pompe A air et des autres pompes de service de la machine. Il examine si l'injection se fait bien et si le condenseur ne s'échauffe pas. Il recherche enfin si des choc^ qui se manifestent dans quelques organes et si des fuites de vapeur ou des introductions d'air y annoncées par des sifOements, ne viennent troubler le jeu du mécanisme et réduire notablement sa puissance motrice. La plupart des chocs peuvent être corrigés pendant la marche, et souvent il suffit de donner le serrage convenable aux clavettes des articulations. Les introductions d'air dans les compartiments où se fait le vide, et qui proviennent de défauts de masticage, se reconnaissent en promenant une bougie sur les divers joints; et l'on doit garnir de mastic les endroits où la lumière est aspirée et éteinte.

Toutes les fois qu'on arrête momentanément la machine, le mécanicien ordonne aux chauffeurs d'ouvrir les portes des foyers et de fermer les registres des cendriers ou de la cheminée. Il fait fermer aussitôt les soupapes ou robinets d'alimentation adaptés à la chaudière, pour éviter les chocs qui auraient lieu dans les tuyaux alimentaires par le contact de l'eau froide avec la vapeur provenant de la chaudière. Les robinets sont préférables aux soupapes à siège qui , sujettes à s'engager, donnent plus souvent lieu à ces chocs, semblables à des coups de marteau, produisant la prompte détérioration des soudures et des brides des tuyaux. Si le temps d'arrêt de l'appareil se prolonge, on entretient le niveau de l'eau dans la chaudière, au moyen de la pompe à bras.

Le capitaine ayant eu le soin de prévenir qu'on approche du mouillage^ les mécaniciens doivent laisser tomber les feux et ne conserver que la vapeur suffisante pour atteindre le point d'arrivée. La machine étant définitivement arrêtée et l'ordre d'éteindre les feux ayant Macinno

' aa repos.

été donné , le chef de quart fait boucher soigneusement les trous de graissage des principales articulations, fait couvrir les dessus des boites à étoupes des cylindres, boites à tiroir et autres, de crainte que les cendres soulevées par l'extinction des feux ne viennent se loger dans ces parties et ne s'introduisent dans les coussinets et garnitures en cuivre; ce qui occasionnerait par la suite des

gorges aux tourillons et des canelures aux tiges des pistons.

Après avoir opéré, au moyen de la pression de la vapeur, une forte extraction de Peau de la chaudière, mais de manière à ne pas refroidir trop brusquement ses parois ( 1 ), et après avoir fait- ouvrir le trou-d'tiomme , on doit s^oceuper de suite de la mise en bon état de toutes les parties du mécanisme, et du nettoyage ou fourbissage de ces parties, pendant qu'elles sont chaudes. On attend que le refroidissement de la chaudière permette de pénétrer dans son intérieur, pour procéder à la visite des grilles des foyers et au nettoyage général des conduits de flamme et des bouilleurs ou lames d'eau.

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