‹ De l'état actuel de la navigation par la vapeur et des améliorations dont les navires etChapitre 53 sur 125 · DANS LES CHAUDIÈRES A VAPEUR · texte numérisé non relu

DANS LES CHAUDIÈRES A VAPEUR

n'avons pu y découvrir aucune trace des effels de la graisse ou de la plombagine 3 les sels de chaux, trop adhérents pour avoir pu être détachés à coups de burin des coursives entre les conduits de flamme, étaient aussi forts et aussi blancs que d'ordinaire. Dans les chaudières du Cerbère y auxquelles on n'avait pas touché, pour ne les ouvrir qu'en notre présence, nous n'avons trouvé sur les surfaces précédemment mises à nu qu'une poussière composée d'argile très fine, et, dans les coursives, une grande quantité d'écaillés d'anciens sels qui s'étaient détachés des parois, ou qui tombaient à la main , sans aucune adhérence, et que l'humidité, favorisée par la pénétration de l'argile, avait presque ramollis.

Les dépôts ou engorgements d*argile dans quelques parties des machines qui n'ont été signalés que par un très petit nmibre de bâtiments n'ont pu être occasionnés , selon nous , que par un inconvénient qu'on doit soigneusement éviter, et qui a lieu lorsque, tenant le niveau d'eau de la chaudière trop haut, celle eau est aspirée et transportée dans les cylindres par l'admission de la vapeur au moment de la mise en marche. La vapeur seule peut aussi abandonner de l'argile lorsque la chemise du cylindre ou les autres parties de la machine sont encore froides; mais on conçoit que cette portion extrêmement légère d'une argile déjà épurée qui accompagne la vapeur ne doit exercer aucune aclion pernicieuse sur les organes des machines ; par sa qualité savonneuse, elle ne peut que contribli^ à lubrifier les bottes à étoupes des tiges des pistons, sur lesquelles on ne s'aperçoit en eflet de sa présence que par la couleur un peu plus foncée que prend le graissage de ces tiges, de celles surtout des pistons des pompes à air. Le peu d'argile transportée par la vapeur est évidemment abandonnée presqu'en totalité dans l'eau de condensation , et entraînée avec elle dans le tuyau de décharge.

On doit conclure des observations qui précèdent que les bons effets de l'argile préparée suivant le procédé de M. Chaix sont bien constatés , et que, lorsqu'on en fera l'application avec les soins et les précautions convenables , on en obtiendra les meilleurs résultats, tant pour la conservation des chaudières que pour la consommation du combustible. D'autres procédés peuvent produire quelque effet, mais pas avec un succès aussi complet et avec plus d'économie. L'adjudication qui a eu lieu en 1838 au port de Toulon pour la fourniture de l'argile épurée ne porte le prix de cette matière qu'à 3 fr. 20 c. les 160 kilogr.

176 NOTE V. — EMPLOI DE l' ARGILE

Nouveau mode (T emploi de C argile adopté pour les chaudières des bâtiments à

vapeur du port de Toulon. (Juin 1839.)

Pour injecter Targile dans les chaudières des bâtiments à vapeur, on peut disposer de l'une quelconque des pompes de service des machines (1); mais la pompe d'épuisement de la cale est en général celle qui se prête le mieux à celte installation; elle est moins susceptible de dérangement et plus facile à visiter.

Le bassin en cuivre contenant l'argile délayée ou simplement versée en poudre est placé dans la coursive, entre les deux machines , sous Tune des plaques amovibles du parquet en fonte. Ce bassin a un double fond ou crible à travers lequel l'argile déjà épurée se débarrasse des racines ou autres corps étrangers qu'elle pourrait encore renfermer. Le tuyau d'aspiration delà popipe d'épuisement , qui est aussi muni d'une lanterne ou crépine, plonge sous ce crible, à quelque distance du fond du bassin où les parties siliceuses vien* nent se déposer. On peut même suppléer ainsi à une épuration très imparfaite de l'argile; et nous avons eu l'expérience qu'à défaut d'argile préparée , de la terre glaise ordinaire, qu'on trouve à se procurer partout, produit à peu près les mêmes effets, les soins. d'entretien de la pompe d'injection pouvant seulement en être augmentés.

Le tuyau d'aspiration de la pompe d'épuisement ordinaire porte donc une double branche, et au moyen de deux robinets cette pompe aspire à volonté dans la cale du navire ou dans le bassin à argile. Le tuyau de refoulement de la même pompe est embranché avec le tuyau de la pompe à bras qui sert à remplir oa à vider la chaudière, ou bien avec le tuyau des pompes d'alimentation ; et au moyen de deux autres robinets l'eau de la cale sera refoulée à la mer, ou l'eau chargée d'argile aspirée dans le bassin sera injectée dans la chaudière. Cette pompe , ainsi disposée , ne sera employée à ce dernier usage que pendant quelques instants , au moment des extractions néces-» saires pour diminuer la concentration du sel marin en dissolution dans l'eau de la chaudière, et seulement pour y entretenir la dose convenable d'argile ,

(1) A bord da Fautour^ on a établi pour cet usage une pompe spéciale dont Iq piston est mis en mouvement par la machine. A bord du Castor ^ ou se sert de la pompe à bras, mue également par la machine.

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